JOSSELIN
chœur et le carré central furent reconstruits vers 1400 par oïlre du connétable, qui; à titre de 'fondateur, avait sa tombe au milieu du chœur.
On voit, p:ir trois inscriptions gravées sur les contre-forts extérieurs de l'église, que la nef el les bas côtés furent élevés de 1461 à 1491. Au-dessus de la date de 1461, les armes de Jean de la Bouère, abbé de Saint-Jean des Prés en 1452, prouvent que cette partie ét iit (]\ie à cet abbé, mort en 1461. Les armes de Jean l'Épervior.
évùquc de Saint-Malo. mort en 1486, se voient sur le viliail d une ienèlre voisine.
Le tombeau (mon. hlst.) d'Olivier de Glisson et de Marguerite de Ro> han, sa compagne, mutilé et gravement endommagé pendant la Révolution, a été rpstauré en 1858 seulement et replacé dans une chapelle latérale, sur le mur de laquelle se voient en peinture les restes bien effacés d'une danse macabre.
Les deux- statues du connétable et de sa femme, exécutées en marbre blanc, sont couchées sur une table de marbre noir. Le connétable est représenté la tête nue, et son armure rappelle les statues des ducs à Ploérmel. Marguerite de Hohan a les cheveux tressés et retenus auv les tempes dans un réseau orné de perles. Sa coiffure carrée, nommée escof/ion, sa longue robe flottante ou coflMiardie, et le sureot fourré d'hermines qu'elle porte par-dessus, fournissent le modèle complet du costume des dames de la plus haute condition, h la fin du xiV s. Des statuettes, représentant des moines en diverses attitudes, ont repris leur place dans les arcades découpées qui décorent le massif du tombeau, oû ces personnages en marbre blanc se détachent sur un fond do méritée noir.
Des restaurations maladroites ont dénaturé l'ancienne église du prieuré de Saim-Martinf édifice du xu* s., qui a servi de temple aux protestants pendant le xvi* s. Le bâtiment votdn
a conservé le nom de ia Huguenoterie.
A g., en montant la rue, au delà de la fai^e 0. de Notre-Dame, on
trouve une maiffon en bois, du xn^s., parfaitemement conservée. Sur la frise, on dislingue une chasse au iièvre, et sur les côtés du pignon, à corbeaux saillants, des écussons chargés d*un chevron accompagné de trois roses et la date de 1538.
Le château de Josselin(mon. hist.), construit sur un roc escarpé au bord de rOust, présente encore mal^^ré les mutilations qu'il a subies, une masse imposante quand on le découvre en débouchant du faubourg de Sainte^ Croix. Sa façade du côté de la rivière, qui baignait le pied de ses murailles avant rétablissement du chemin de halage, est llanquéede trois fortes tours rondes à toitures coniques, dont la hase est taillée dans le roc vif ar> rondi comme ces tours elles-mêmes. Les courtines qui séparent les tours sont surmontées de miVhicoulis dont les intervalles sont remplis par des arcs trilobés avec archivolte en talon.
Les linteaux des luçarnes reproduisent la même couirbe en talon, tes autres tours, ^i ont été successivement détruites, étaient également assises sur te roc, en sorte que la fortification extérieure du château présentait une ligne tortueuse et irrégulière comme le rocher lui-même , dont elle suivait exactement les sinuosités. Cette façade offre le type de Tarchitecture militaire du moyen âge dans sa sévérité, tandis que la façade donnant sur la cour d'honneur, présente le- type de larchitecture civile de la dernière période ogivale dans tout son luxe d'ornementation*
L'entrée du côté de la ville est pro* tégée par des fossés et les restes de deux tours qui flanquaient le pontlevis et que le duc de Bohau lu laser en 1760. Il ne reste plus de ce cÔté qu'une seule tour à toiture conique, détachée du château; elle est située au N. E. prés du pont.
DE RENNJES A NAPOLÉON VILLB. [ROUTE 66]
Le corp» de logis intérieur .
qtt*un étage, ctr on ne peut appeler de ce nom les combles dont les dix
splendides lucarnes, à deux étagei avec pinacles et dentelures à jour disposées en arcs-Uouianis, s'élcvcnL jusqu'au i'aîte du toit. Les intervalles de ces chambranles sont remplis, k U naiss mcedu comble, par uiio galerie à jour, dont les détails infiniment variés soiit traités avec une dética tesse et une patience incroyables. La motif change entre chaque Içnêtre, mais c'est ordinairemeut la de?ise à ptiif quien fait le fond : U s'y trouve des travées flamboyantes à fleurs de lis florencées; une autre travée présente des mouchetures d'hermines nyaut pour crête des hermines allroniées; une troisième, composée des iellres A et y eetrelacées , a pour crête des couronnes ducales ; les mêmes couronnes sont reproduites au-dessus de la de\ ise à pluff formée de serpents cnti elacés.
Les fenètiesderéta{:,'e principal sont régulièr. ment ouvertes <iu-dessous de chacun des chambranles des combles, mais les ouvertures du re^e-chaussée, percées à des interviilles inégaux, présentent un certain désordre. «Toutefois ce défaut freusemble et de régularité disparaît, comme le fait remarquer M. Cayot Delandre, sous la richesse des détails de sculpture qui couvrent cette magnifi«}ue façade, où le ciseau du sculpteur s'est exercé avec tant de hardiesse, où la richesse et le caprice de rimaginaiion se tlécèlent àcliaque découpure dans les élégiïjts festons des fenêtres et le long de la riche balustra4e découpée comme «ne dentelle de pierre.»
Dix gar^cou Mes immenses font saillie sur le fût d'un pareil nombre de colonnes cren;ées en spirale et terminées en déversoirs j/our les eaux pluviales. La quauième fenêtre du côté g. de U façade porte un écusson en losange aui armes mi-parties de Rolian et de Brelague; la sixième fenêtre, un écu de Rohan plein; et la
{ première des quatie portas du res-de-
chaussée, un écu mi-parti dont le premier parti est fruste et le second j)oilo l»s armes de Rohan (7 macles posées 3, 2 et 1) au cÔLé ré.^ervô aur femmes. Ces données héraldiques ne sont pas sans utilité pour retrouver la date du château de Josselin et le nom du puissant personnage qui le fit élever. L'édifice actuel n'est point, en effet, celui dont Jean de Beaumanoir était capitaine en 1351, lorsqu'il en partit avec ses trente compagnons pour aller combattre ks Anglais de Bembro, èt dans lequel mounil ClisQon en iéOî. Les fortifications nouvelles et surtout le donjon formidable ajouté par le connétable, après avoir servi de place d'armes aux Ligueurs depuis 1589, furent dé-.
molis par ordre du roi en 1629, e^ rien, si ce n*est peut-être la base des tours du côté de la rivière, n'annonce plus le xiv° s. Le connétable laissait de son premier mariage avec Catherine de Laval deux hlles; l'alnée lut mariée à Alain VIII, vicumle de Uohan^ dont hérita Alain IX, ^ussi vir comte de Rohan et comte de Porboêt, qui épousa en 14U7 Marguerite de Bretagne, fille du duc Jean IV. C'est évidemment ce seigneur, mortes 1461, qu'on doit le corps de logis oA les initiales A et V, plusieurs l'ois re? produites sur la piene. doivent s'iq.* terpréter par les mot$ Amn^ vicomte; les armes mi-parties de Rohan et d|» Bretagne qui décorent les lucarnes viennent à l'appui de cette interprétation , conliruiée de pijus par le style général du cnàieau où rien n'4nnoaca encore la Renaissance.
Le château de losseiin appartleol; aujourd'hui au prince de Léon. U 88| actuellement (1867) l'objet d'importantes restnurat ions. L'intérieur n'olTra de remarquable (jue la grande rhetiiinée du salon, dans le t,iy\e du chnieau et surmontée de ia devi^ 4 plwf-
On peut faire, dans les enviDons dt Josselin, d'agréables |URomeQadâ9 les boidis de la rivière d'OusU