QUINTIN
aux femmes enceintes pour en « estre ceintes avec révérance et obtenir un facile et heureux accouchement. Or, 11 advint, en l'an 1600, dit VBistorùa de la bienheureuse Vierge, que le sacristo de l'église collégiale de Notre- Dame de Ouinlin , qui dormoit au lieu oi\ se gardoit ce trésor sacré, se mit à reposer sans ssteiudre sa chan< delle, laquelle se prit au lit, y brusia le pauvre homme tout net; et le feu gagnant toujours, consuma tous les meubles de la sacristie, jusqu'à fondre les calices, patf'iies, croix et reliquaires d'or et d argent. Mais voici un cas bien étrange. Dlen, d*un mal tira un grand bien ; car^ comme trois ou quatre jours après Tembrasement, on se mit ;\ remuer les cendres, on V trouva tout an hnn.ii milieu, ceste précieuse ceinture de la beiioisLe Vierge, tout entière, sans avoir esté aucunement endommagée, sauf qu'en témoignage du feu , elle en retient quelques vestiges sur les bords qui sont jaunâtres. Kt le fait est d'autant plus admirable, qu'estant ceste ceinture gardée dans un coffret de bois, garni de fer, et couverte de trois enveloppes de riches étoffes, le coflVet et ses enveloppes furent bruslés sans qu'il en demeura rien. Mais le leu n*Osa loucher le dépost sacré. »
La relique est aujourd'hui renfermée dans un reliquaire d'or, fermée sur une de ses faces par une glace à travers laquelle elle peut être vue facilement.
Sur remplacement de Tanciennc église Saint-Thuriau est établi un cimetière qui contient un curieux ossuaire du XVH" S-
Le chdteauy démoli après les guerres de la Ligue , fut reconstruit en 1662 par Amaory de Gouyon et Henriette de la Tour d'Auvergne, qui y établirent un prêche. L'évôque de Saint-Brieuc obtint une ordonnance du roi pour interdire ces réunions.
Nous ne savons &i le château neuf fut achevé^ mais il n'en subsiste aujourd'hui qu'un pavillon dont rarchiteo*]
ture rappelle le palais du Luxembourg, à Paris. Il s'élève à l'entrée de la ville du cOté de Saint>Brieuc^ sur une partie des votUtes souterraines trèsfortes et très-vastes, dont le terreplein devait porter une façade et un pavillon semblable au premier.
Les autres bâtiments du château, au N. de la cour, ont été construits vers 1775 par le vicomte de Ghoiseul.
Ils n'ont aucun caractère' arcbitectu* ral, mais on y trouve quelques meubles du XVII" s., le lit ducal et la chaise armoriée du maréchal de Lorges, et de belles tapisseries des Gobelins, aux armes de France et de Navarre, représentant les Jardins d*Àrmide, VEhUfiement de Proserpinc, Phcvbus mmluisant le char du Soleil, Ncptnnr sortant des eaux.
On doit visiter aussi, au château de Quintin, une galerie de portraits de la famille de Lorges, portrïiits que nous classerons chronologiquement.
î" Marguerite de Gramont, femme, en 1580, de Jean de Darfort; — 2° Marie de Montgommery, damé de Lorgeà, mariée en 1603, à Jacques de Durfort, marquis de Duras, capitaine d-^s gardes d'Henri IV ; — 30 Le maréchal de Turenne, frère d'Élisabeth de la Tour d'Auvergne, marquise de Duras*, — 4° Marguerite de Lévis-Ventadour mariée en 1668 au maréchal de Duras; —5" Le maréchal duc de Lorges et de Quintin, fl^re dtt précédent; ~ 6*LcfUis lie Durfort, comte de Faversham, capita-ne des gardi s de Jacques II d'Angleterre, frère du précèdent; — 7" Heririulte, sœur des précédents , mariée en 1653 au mar» quis de Bourbon-Malause; — 8" JuHo do Durfort, pelite-filie du maréchal de Durai, mariée en 1717 a Frocope PignatcUi , comte d'Egmont; — 9» Guy-Nicolas, due de Quintia-Lorges, fils du maréchal d - cf\ nom; — tO" Marie-Henriette de Mesnies mariée en i7^u au précédent, veuf de Geneviève Chamillart; 11* Éllsabeth* Philippine de Poitiers , mariée , en 1728, à Guy-Michel de Durfort de l.orges, duc de Randan, maréchal de France, fiis du précédent et de OenevièTe chamillart, sa première femme; — 12» Marie-Geneviève, leur fille, duchesse de la Trémoille; — 13» Charlotte Maserin éponse en t7SS d*Bmmannel-Félicitét doc de Dans,
biyilizûu by GoOglc
478 DE SÀINT-BRIEUG A NAPOLÉONVILLE. [ROOTB 69^
de Jean-Baptiste, maréchal de France en j^^j. — 140 Louise-Jeanne de Duifort, fille des précédents^ duchesse de Mazarin, de la Meilleraye et de Mayeane, princesse ' de Chftteaa-Portien, mariée en 1747 an due d'Avmont.
Nous n'ajouterons pas h cette énuméiation les portraits d'ancêtres du s., parce que, peints au xvti* s., lis n'ont aucune valeur historique;
inai'^ nous signalerons, indépendamment du portrait du minisire Choiseul, les quatre toiles consacrées à la gloire de Mme de Pompadour, dont ce ministre avait su se concilier la fo^eui. Louis XV avait fait espérer sa visite au duc de Lorç'^^, lequel, en adroit courtisan , s'empressa de faire peindre la favorite avec les allégories de mode à son époque. La célèbre marquise est d'abord représentée assise sur un monstre marin, entourée des divinités de la mer, nymphes et tritons; puis, sous la figure d'Amphitrite, la fille de l'Océan, peut-être par allusion au nom de la marquise, née Antoinette Pow- «m; un Cyclope, appuyé sur un arbre et tenant un chalumeau, la contemple de aon œil ardent. On la retrouve ensuite nonchalamment couchée dans un splendide jardin, où les Amours lui font un lit de roses ; enlin enlevée au ciel, au milieu d'un coftége d'âmours portant des flambeaux et suivant le char du Soleil.
Cette curieuse galerie provient en partie d'un second château récemment aliéné par les Clioiseul , et qu'un duc de Lorges avait fait bâtir en 1730 dans la forêt tie Quintin, aujourd'hui de Lorges (F. ci-dessous).
La ville cloâe de Quint in formait un quadrilatère , dans lequel on pénétrait par (luatre portes. La pnrtp Nrnrr. à l'entrée de la roule de .Saint- Brieuc, est le seul débris de ces fortifications.
« Parler de Qnintin, dit M. Gaultier du Mottay dans sa GéoQraphie des Côtes-du-Nordj c'est rappeler l'industrie des toiles, dont cette ville a été
le centre principal pendant plusionr-; siècles. Bien qu'elle ne soit plus <\uo l'ombre de ce qu'elle a été, celte industrie est encore vivante et occupe en ce moment plus de 300 tlaserands qui luttent avec courage contre le travail des machines, et entretiennent notamment une fabrique do linge œuvré, créée il y a vinj-^t ans, et qui donne des produits dignes de rivaliser avec tout ce qui se fait de plus beau et de plus élégant en ce genre, idémâ dans les pays étrangers. »
[A 4 kil. au N. 0. de Quintin, à g. de la route de Chfttelaudren, dans la e. du Leslay (283 hab.), 8*éléve le château de Beanmanoir , dont quelques parties datrnt du xvi' s. On remarque à l'intérieur , dans une va^te salle, une haute cheminée décorée de belles sculptures.
Le château de Crénan (3 kil. an N. B. de Quintin), dépendant de la c. du Fœil (1760 hab.), est bâti sur le bord d'un bel étang . au milieu d'un parc de plus de 20 heclarr'^-. Ce château est flanqué d'une charmante tourelle du xv* s.
La route de Quintin à (14 kil.) Gorlay, longe à dr», à 2 Ul. de Quintin, les murs du château de Hohieriy beau spécimen du style du xviii"' s\ R'^lïi^'n -ippartenait dans les conimciiceiiients de la féodalilé à la maisui) d^Avaugour. Jeanne d'AvdUgour l apporla en mariage en 1214 à Jacques Boschier, chevalier anglais qui prit le nom de Robien et leurs descendants possèdent encore cette terre. — Pour Coriay, F. R. lO.i
La route de Quintin à NapoléonviHe
se détache de celle de Saint-Brieuc, 1 kil. de Quintin. Après avoir laissésur la g. (2 kil.] le v. de Snint- Brandan {WM liai) ), elle atteint 264 mèt. d al lit. et traverse la forêt de Lorges, sur une longueur de plus de S kil., du N. 0. au S. E. Sur la dr. (I kil.), à l'entrée de la fovH, se trouve le haut fournrnu du Pas ^ tt qui emploie, dit la Géographie des
ri(;nle
(HOUXE 70] UZEL. — SAmT-GARADEG.
Càte$-4u^Iford , des minerais (33 à
25000 quintaux par an) pris au lieu
dit le Pas et le Bas- Vallon, commune de l'Hermitage. » Il met en œuvre une partie de la fonte qu'il produit pour la fabrication de poteries très-rechercliées en Bretagne.
Vers reztrémité S. de la forêt de Lor$es (2676 hectares], que coupent un grand nombre de hirges allées, s'élève, à f:. de la route , lf> beau chôlmn de LorgeSy précédé de magniri<]ues avenues. La façade E oflVe un péristyle à quatre colonnes, supportant un large baleon et flanqué de deux hauts pavillons. L'intérieur est orné de curiOLises t;iiiisseries des Gobelins, encadrées dans des boiseries.
On rejoint la route directe de Saint- Julien -de -lu- Cote à l'Hermitagc, à 1 kU. environ en deçà de ce village.
30 kil. UHérmUâge (inshab ).
[Une route, longue de G kil., relie THermitage à PÎcbuc, ch.-l. de cant.
de 5] 14 hab., qui possède plusieurs monuments celtiques, entre autres le beau menkir de la Roche-Bayo.\
33 kil. Les Forgps , hameau.
31 kil. Uzel, ch.-l. de c. de 1653 hab., situé à 220 mèt. d'altit. et à 1 kil 1/2 à l'E. de l'Oust, sur une colline d'où Ton découvre un charmant panorama. Du cbamp de foire, la vue s*étend à plus de 40 kil.
Au centre du bourg se voient les restes d'un château fondé au s.
et re jijnstruit depuis.
[Sur la route d Uzel à (19 kil.) Corlay, qui traverse la vallée de rOust, se trouve (3 kil. d Uzel) le V. de MerUae (1739 bab.), dont dépend, au hameau de SahU-Léon, la chapelle Saint'Jacq^ies (xv* s.), ornée de vitraux représentant des s'X'ues de la vie de l- Vierge et du patron de la chapelle. Les peintures des lamUris (xv s.) figurent des épisodes de l'Ancien Testament, la légende de saint Jacques le Majeur et des Anges tenant des instruments de musique.]
A moins d'un kil. à 1*B. d'Uzel, se montre Saini-Htrvi (989 bab., château de Deauregard , entouré de belles futaies). La route, décrivant de nombreuses couriies, desrend, à partir de la lande du Loup (207 mèt.), vers la vallée de TOust, où l'on aperçoit è dr. (2 kil.) Sa^t-Théh (1408 hab.), et que Ton traverse près de
49 kil. Sainî-CnradeCy v. de 1838 hab., agréablement situé. Véglisey reconstruite en 1664, renferme un beau maitre-autel orné de dix colonnes en marbre, des statues, des fonts baptismaux remarquables et le tombeau de la ftunilie de Carcado.
De Saint-Caradec à Laudéac et à Carhaix, par Mur-de^Bretagne, R. 74.
Après avoir croî.sé deux fois une d'alimentation du cnnal de .Nantes à Brest, la roule passe du départ, des Gôtes<lu-nord dans celui du Morbihan, francbit le canal et se raccorde (63 kil.) à la route de Lou^ déac.
68 kil. Napoléonville (R. 71).
DE GUINGAMP A NAPQLÉONVILLÊ.
Si kil. Route de voitorei*
La route de Guingamp à [Napoléon- ^ ille traverse une contrée très-accidentée et très-boisée, surtout dans la