‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 193 sur 257 · première partie de son parctiur · texte numérisé non relu

première partie de son parctiur

Apres a\oir rroisé le chemin de fer de Paris à Brest (R. 3), elle dominé d'abord la rive dr. du Trieux, près duquel se montre à dr. Sainte-Croiir, Sur la g., on aperçoit Pkumoffoar} ch.-l. d'une c. de 2268 hab. Le Trieux décrit bientôt de p:randes courbes à ro.. enti-e Saint-lffrtn'n et le r/(d- Iran (ht liais dp la lincfte, entonr(^ de bois. La roulu, qui avait atteint 140

mèt d'altit., descend vers. la rivière pour la franchir au (6 kil.) Moulin- Neuf^ à 81 mèt. d'altit. et remonter à 211 mèt, en deçà de

480 BË GUINQAMP A

NAPOLÉOiSViLLE. [ROUTE 70]

9 kil. Saint'Àârvmf y. de 665 bab., bâti dans une situation pittoresque, sur la rive dr. du Trieux, entre les bois de Kerauffret auN., de Ck)at-Liou,

à rO., et d'Avau^^our, à VE.

Le château d'Avanyaur^ près du bois de ce nom, sur la rive dr. du TrieuXy fut démantelé en 1420 pour punir les Penthièvre, ses possesseurs, de leur révolte contre le duc de Bretagne. I.a chapelle d'Avnugour (une nef et un transsept) s élève dans un site sauvage, au bord d une vallée, à peu de distance. C'est im joli monument de 1576, renfermant un cbarmant retable d*autel, en marbre, d'une époque un peu antérieure.

A 2 kil. de Saint-Adrien, se détache sur la dr. le chemin de (ô kil.) Bourbriac, ch. -1. dec.de 4421 liab,, pittoresquement situé à 200 mèt.

é'altit. et à la base S. d'une colline de 270 mèt., couverte par le bois de Coat-Liou. Les maisons de Bourbriac sont rangées autour d'une prande place, au milieu de laquelle s cleve une église monumentale. SaiuL lii iac, ayant quitté l'Angleterre vers la fin du T* s., s'établit au lieu où est le bourg qui a gardé son nom. Sa fcte se célèbre le troisième dimanche de juillet, et de nombreux pèlerins viennent invoquer le saint contre la folie et l'épilepsie. Bourbriac acquit promptement de rimportance et fut ravagé par les Normands, en 878.

VéglisCf une des plus remarquables de la contrée , présente quelques i)arties romanes qui dépassent les dimensions ordinaires des édilices de cette époque. La crypte qui règne SOUS le chœur renfermait le cercueil en granit dans lequel le corps de saint Briac avait été déposé. L'emplacement de la t&te y e^t indiqué par un rétrécissement de la cavité intérieure. Cette espèce d auge est aujourd'hui placée dans l'église supérieure, au bas du collatéral N., à côté du tombeau plus moderne de saint Briac, surmonté de sa statu'v Deux autres chapelles basses , en i^uise de

collatéraux, flanquent la crypte principale. Leurs portes, suivant Albert

le Grand, étaient fermées de grilles en fer. et Vnn y renfermait les fous furieux pendant que la messe était dite à leur intention. Le transsept est éclairé par de vastes verrières du XV* s. ; enfin le docher, du style de la Renaissance, est une imposante masse carrée de 27 mèt. d'élévation, divisé en trois étages et bàli en 1535.

Saint Briac avait, dit-on, coutume de faire tous les ans, le jour de l'Ascension, une procession solennelle autour des terres qu'il avait reçues du roi Déroch, et la procession de Jj'o-Dro (d'une lieue de tour) se continue depuis 1200 ans, à pareil jour.

Après avoir franchi un af Huent du Trieux et longé le ham. de JTeransquerj à dr., la route monte à

14 kil. Plêsidy, v. de 160Î hab,,

dont Vôjiise offre un fragment de vi'rriëre du xvi*"s. Sur le feriifoire de celle commune se trouvent les /aiincs du chdleau du Medtc (2 kil. 1/2 au S. 0.), un menhir au hameau de Caé" louan (3 kil. 1/2), et des vestiges d'un camp romain*

17 kil. On traverse le Trieux près de VÊfanij-Nrufy qui .se déver-e en cascades pittoresques. Un i>eu j»lus loin, a g., près de laroute, lesrumes de Vabhaye de CoëttnaUmen se dressent au fond d'une gorge déserte dominée par des mamelons et des bois touOus. Cette abbaye, fondée en 114'2 par Alain le Noii-, comte de Penthièvre. a compté parmi .ses abbés quatre princes de la maison de Lorraine. En 1709, elle était gouver^ née parLanguet, archevêque de Sens, de l'Académie française, prélat célèbre par sa lutte contre les Jansénistes, et à qui est due la reconstruction des bâtiments claustraux et de la chapelle.

La route atteint 260 mèt. d'alttt.

près de la cAapeUe de Notte-Dame de la Clarté (à g.), autour de laquelle se sont groupées lea maisons d'an

biyilizûu by GoOglc-

GORLÂY.

hameau dtpeudant de Saint-Gilles- 1 1 Pligeaux (c. de 1124 hab.), village i situé à dr. , sur une hauteur. Végliit \ de Saint-Gilles est surmontée d'une ] tour en granit (1644), très-élevée et qui s'aperçoit de fort loin. La cha- ] pelle SaintrLaurenty dans le cimelière, i-enferme un û'r*mpe de statues fi'^m-AniVEnsevelisisemmt du Christ.

Ou remarque, en outre, sur le territoire de Saint Gilles, une fontaine monumentale, au 5. de l'église ; deux menhirs^ dont Tun de 7 mèt. de hautevir, au hameau de Kergornec (;î kil.

S. E. du villftp^e, de l'autre côte de la route); euûu les manoirs de Kert ilio (1 kil. au S.) et de KergorneCf convertis en fermes.

Parvenu à 262 mèt. d'altit., on d( -cnnd vers un affluent de li rivière de ( orlay, que l'on franchit pour gravir une colline et descendre à 30 kil. Gorlay, ch.-l. de cant. de 1495 bab., qui doit son origine à un ehdieau possédé pendant six siècles par la maison de Rohan et dont les ruines dominent un bel étang. « Cette forteresse, dit In Bretagne contemporaine, très- suiide ment construite en m dçonnc n e i e s ètue de pierres de taille, ne para! t pas remonter au delà de 1^ fin du ziv* s. Son plan affecte la formed'un trapèze ayant à chacun de ses angles une grosse tour cylindrique; une cinquième tour placée en avant du portail, percée d'une voûte ogivale et appelée tour du PoM-LeviSj défendait rentrée du chflteau. On peut considérer comme le donjon ou habitation principale, le bastion encore couronné de mâchicoulis qui baigne sa base dans l'étang. La four dite de Miséricorde domine la place du Château et offre ceci de particulier, que ses parou intérieures, divisées en deux étages, affectent une Ibrme rectangul^re.

« Le donjon, dont nous veTions de parler, se nomme tour des Amours; le quatrièuie bastion porte le nom de tour de U. de fonteneUey et le cin« quième se nomme tout simplement

la Prison. Des inscriptions ^ravf'es à ia pointe du couteau indiquent, en effet, que cette tour servit de prison pendant les troubles de la Ligue.

« Les courses de Corlay sont le^ plus intéressantes de ceUes qui, en Brcta;?i)e, ont pour objet principal la production et l'essai des chevaux du pays. Ceux-ci, désignés sous le nom de doubles bidets, sont très-recherchés dans les foires; d^eureux croisements opérés dans cette race, au moyen d'étalons anglais pur sang, ont augmenté la taille et allégé Tallure des produits, tout en leur conservant leurs qualités natives. Ils rivalisent maintenant d agiiné avec les meilleurs coursiers et, ainsi amé liorés, présentent de très-grands avantages aux cultivateurs, en offrant à In cavalerie légère et aux amateurs d excellentes montures, d'un prix généralement peu élevé.»

Sur le territoire de Corlay s'élève un dolmm appelé le tombeau de Gargantua, Au V, de (I kiL au N.) Haut-Corlay (1061 hab.; mine de fer) se trouvent : la chapelle de la Croix (1715), renfermant les sépultures des Bocozel; les ruines du château de ce nom et un camp romain de forme quadrangulaire (100 mèt. de côté), dans le bois de la Hue-au-6al.

[Une route de voitures relie Corlav ■ à en loi.) Quintin (F. R. 69, p. 476).

Après avoir traversé la petite ri-

• \ière du Daoulas, on voit se dresser à s dr. le signal de Bourdousson (316 I mèt. d'altit.), au S. de Rohan nn et ; presque en face du V. de Saint-

• Mayeux (1633 hab.), situé à g. et à ! 500 ou 600 mèt. de la route. L'église L de Saint-Mayeuz (1835) n'a aucune I valeur architecturale; sa tour est

celle de l'ancienne abbaye de Bon- I Repos, transportôp pierre par pien-e.

: Dans le cinn Uere, s'élève une belle ! croix en {granit. — On croire la

• route de Carhaiz à Loudéac (B. 74) : |à 1 Idl. environ en deçà de

4B2 D'AURAT A JNAPOLÉÛN VILLE* [ROUTE 71]

45 kii. Mui de-Bretagne, cli.-l, de eant de 2534 liab., situé sur une hauteur, à peu près au centre de la commune dont il est le chef-lieu et dont le territoire, très-accidenté, est limité au S. 0. parle Blavet, qui prête piLMjtie con?;tamment son lit jusqu'à r\apuiconviiie au canal de Isaiites à Brest.. L'église f décorée des armes de Roban, est sans valeur.^ Du châ- .eau de Ldunay-Murf il ne reste plus que des douves.

La tradition rapporte qu'un seigneur de Launay-Mur, du nom de Keiguézaugor, ayant surpris quelque signe d'intelligence entre son épouse et l*un de ses éouyers, fit murer Tun dans une cheminée et enfermer l'autre dans une barrique garnie de clous à l'intérieur; après quoi il la fit jeter dans l'étang. En démolissant en 1845 une cheminée murée, au château de Launay, on a retrouvé les ossements dé i'écuyer encore recouverts de son armure.

La chapelle Sainte -Suzanne (xvii* K.)? à l'entrée du bourg en venant de Guingamp, s'élève au milieu de chônes séculaires. Elle est surmontée d*un élégant clocher et ornée à Tintérieur de peintures représentant l'histoire de sa patronne.

L'extraction de Taidoise constitue la principale industrie de Mur-de- Bretagne.

De Mur-de-Bretagne à Carhaix et à

Loudeac, R. 74.

On croise deux ou trois affluents du Blnvet et l'on passe du départ, des Côies-du-ÎSord dans celui duMor- Jùhan, entre Mur et Keui^lac.

54 kiL Neuillac, v. de 192G hab., dont dépendent la chapelle Saint- Drédeno, qui renferme des restes de vitraux à devises gothiques, et la chaprUc Nutre-Dame-de-Carmès, flant[uée d'une tour can ée que surmonte une flèche. — Décrivant de nombreuses courbes, la route se tient à 1 kil. environ du canal, jusqu'à ce qu'elle s*en rapproche pour le fran-

chir et se raccorder à la route d®" Lamhalle (R. 68), près de 61 kil. NapdéonviUe (R. 71).

ROUTE 7K D'AURAY A iAPOLÉONVlLLE.

55 kil. — Chemin de fer. — Trajet en t h. 50 mb. — cl. 6 fr. £5 c, 2« cL 4 fr. 65 e.;«S«ai. 3fr.40e.

Le chemin de fer de Napoléonvilîe se sépare sur la dr., au hameau de Kervalh (4 kil. de la station d'Auray), de la ligne de Nantes à Bresty ^t, se dirigeant vers le N., à travers un pays plat, couvert de Im des sauvages, laisse à dr. la route de terre de Napoléon ville.

12 kil. Pluvigner, ch.-l. de c. de 4872 hab., situé à plus d'un kil. au delà de ]& station, possède des débris de l'époque romane et du moyen âge.

VégHse (1S46) communique par la sacristie avec la chapelle de Nofre- Uame-des-Orties^ dont la nef a été démolie pour rélargisseraent de la route. Le chœur de cette chapelle, en partie roman» a été modifié en 1426, et Ton y remarque, tant sur les ar* cades qu'au chevet, des écussons aux armes des Peillac de Botévcn, des Jégado et des d Acigné, familles possessionnées au xv* s. à Pluvigner et h Grand -hamp. Saint Guigner, pairuji de Téglisedé Pluvigner, qui conserve ses reliques, était un prince irlandais martyrisé au v* s. ; la tradition le fait vivre à Pluvigner. oi'i il aurait fait surgir la fontaine qui a gardé sou nom.

Le château de Keronic, à 2 kil. au N. 0. de Pluvigner, possédé au xv« s.

par la famille de Launay, et au xvix* par la famille Eudo, appartient aujourd'hui à M. Harscouét de Saint* George .

La commune de Pkivigneresf bornée à l'E. par la rivière du Pont du Loc'h ou de Tréauray, qui sort de V4iang de Lanvaux (9 kiL du bourg de

BÂUD

Pluvignor). entouré d'une forêt domaniaie de 252 hectares, ancienne propriété des barons de Lanvaux. Le château a été démoli, ainsi que Tabbaye du même nom, remplacée par un haut fourneau.

Charles de Blois campa dans ces lieux avec son armée au mois de soptembro 1364 et y rejeta les propositions de Jean de Montfori. Traversant ensuite les vastes landes de Grand* ehamp et de Plumergat, il alla prendre position dans la vallée de Kerso, sur la rive g. du Loc'h, où se livra la fameuse bataille d'Auray qui mit fin à la guerre civile (F. p. 250).

La voie ferrée, s'éloignant de la ro.ute de terre, traverse un pays coupé de bois et de landes qu'entourent des baies ou des ajoncs, puis s'engage dans In forêt domaniale de Camors (1138 hectares), sur la lisière E. de laquelle se trouve le v. de Camors (219() hab.), qui fut, ainsi que tout le pays voisin , le théfttre de la guerre civile pendant la Révolution. Dans la sacristie de l'église de Camors , se conserve une table de marbre qui recouvrait la tombe de Claude de Laimion, mort en 1695.

Sur le territoire de la commune se voient plusieurs mehhirSf notamment dans la forêt de Camors et dans un bois de pins dépendant de la forôt de Floranges.

A l kii. au N. 0. de Camors, sur une langue de terre qui s'avance dans l'étang du moulin de la Mifikj exista jadis un cbAteau fort dont il reste encore (]uelques substructions nommées Porh'kouët-er-Saîcn (la cour du Bois des Salle-). T a tradition fait de ces débris l'enipiacement d'un des châteaux de Comorre, dit le Tyran et le Maudit, comte de Pober, au vi*" s.

Le pays devient plus accidenté ; à dr , se découvre le petit vallon de l'Ével, bordé de beaux roshers ; sur la g,, cette rivière va se jeter dans le Blavet, dont la vallée est plus large.

2G kil. Baud, ch.-l. de c. de 5599 hab., occupe une position pittoresque

à 4 kiî. à TE. de la station et au point d intersection des routes de Ploërmel à Lorient et d'Auray à Napoléonville.

« Les eaux de l'£vel et du Blavet coulant au fond des ravins : la forêt de Camors se massant au loin, et présentant un immense rideau de sombre verdure ; des mamelons aridns et rocheux s'élevant de toute pan sur ce sol tourmenté et lormanl eiiirc eux de profondes et fraîches vallées ; tout cela, dit M. Cayot-Délandre, offre à chaque pas au voyageur les sites l3s plus variés et les plus curieux. » Mais la ville elle-même n'a aucun intérôt.

— LV^fwe paroissiale est moderne.

— La chapelle de Notre-Dame-de-la" Cla/riiy dominée au S. par une flèche, est un édifice du xvi* s., où Ton se rend en pèlerinage, ainsi qu'à la fontaine de la ('hrté, pour obtenir la guérison des maux d'yeux.

A 1 kil. au S. de Baud, sur la rive dr. de TÊvel, les ruines du château de Quinifnly renferment» au-dessus d'une fontaine, une staUie, .barbare échantillon de l'art anti^jue sur lequel bien des systèmes ont été hasardés, bien des dissertations ont été écrites; ligure gauloise suivant certains érudits, romaine ou égyptienne d après quelques autres. Tout ce que Ton peut affirmer, c'est qu'au hameau de la Garde, oùelle s élevaitd'abord, au sommet de la montagne de Castennec,quc contourne le Blavet, près du pont de Saint-Nicolas (15 kil.au N.; F, ci-dessous), cette statue portait le nom de Groac'h er Gùuard (la sorcière de la Garde) et qu'elle y fut, jusqu'à la fin du XVII» s., l'objet d'un culte grossier que lui rendaient les paysans. On lui apportait des offrandes, les malades allaient la toucher pour se guénr les femmes relevant de couches se baignaient dans une vaste cuve placée à ses pieds ; enfin, les jeunes'genset les jeunes filles qui désiraient se marier se permettaient devant la déesse certains actes répréheiisibles.

Transportée en 1696 avec son auge au château de Quinipily, parles soins

4!4 D'AURAY A NAPOLÉONVILLE, [Roui£ 71

de M. de Lannion, cette figure, de 2 mèt. de hauteur, ne trahit aujourd'hui en aucune manière le culte lubri^iue dont elle a été Tobjet ; on ne peut être plus modeste sans vêtements que cette Vénus hottentote. On ne sait s'il faut attribuer à M. de Lannîon, auteur des inscriptions en l'honneur de Venus victnrinu'^e et de Jules César gravées sur ie piédestal de la statue, les trois lettres 1 1 T (ou LIT pou r ceux qui prétendent que le croehet de VL a été cassé) inscrites sur la bandelette qui lui ceint le front.

L'interprétation de ces trois lettres a mis aux abois les archéologues et a donné lieu à des discussions trèsvives et sans résultat.

De Ouinipily, on .i)eut revenir à Baud par un sentier ombreux tracé dans les bois.

La chapelle Saint- Adrien, à 6 kil.

au N. 0. de Baud, sur la rive g.

du l^lavet, jadis ornée de beaux vitraux doiiL il reste quelques débi is, passe pour avoir appartenu auzTempiiers. EUe est un but de pèlerinage pour les malades atteints de tranchées ou maladies intestinales.

Deux /bn/amcs jaillissent dans l'intérieur de la chapelle; une troisième, au dehors, est ornée de la statue.de saint Adrien et surmontée d'un cal* vaire curieusement sculpté. Si Veau de ces sources n'agit pas suffisamment, le malade se frictionne avec une pierre arrondie j lacée snrle bord de la fontaine, et, lorsqu'il ne peut s'y transporter, il fait du moins plonger sa chemise dans le bassin. Si le col et les manches surnagent, il recouvrera la santé ; dans le cas contraire, il doit mourir.

Dans les environs de la chapelle , près du moulin de Kernars^ s'élôvenL deux menhirs, dont Pun a 5 mèt. de hauteur, et l'autre 3 mèt. 50.

[Line route, longue de 17 kil., relie Baud ;\ Locminé (R. 90). Se dirigeant vers l'E., retle route franchit l Évcl près de (3 kil. 1/2} la cko^k Saint-

Julien, d'où elle monte, par de nombreux lacets , à 132 mèt. d'altit., avant de laisser sur la g. le chemin de (6 kil. de la biiuication) Remungol (1261 hab.; dans le cimetière, croix en pierre à personnages sculptés ; fontaine très-omée).]

Avant dp se réunir, an Pont-Augan, le Blavet et l'Hvel courent parallèlement et enclavent une petite iangue de terre trèa-élevée et très-étroite entre le V. de Botehosse (débris de fortifications) et récluse de Trémùrin. Le chemin de fer, en quittant la station de Baud, franchit l'Ével, traverse celte langue de terre dans un tunnel de 130 mèt. de longueur, enfin croise le Blavet qu'il' côtoie sur la rive dr, pendant 3 kil.; il passe ensuite sur la rive g., en face de la chapelle Saint- Adrien (V. ci-dessus). La vnllée du Blavet, d'abord étroite et encaissée entre des rives boisées, s élargit et offre de charmants paysages. On francbit deux fois encore cette rivière dans un repli étroit qui a né»

cessité le percement d*un petit tunnel de 95 met. de longueur. La roule de î.oeminr ;\ Gué méné contourne le faîte traverse par le tunnel, que dominent la ferme de la Garde et le hameau de Casîennec, .C'est à la ferme de la Garde que se trouvaitprimitivement Tidole de QuiulpUy.

C'est aussi dans cés lieux que le-^ antiquaires, s'appuyant sur le^ distances marquées dans la table Iheodosienne, placent la station romaine de Sulim sur la route de Vanner (Doriortflfiiin) àCarhaix ( Vorganium).

Tout autotir de Castennec, on trouve une foule de débris romains, et il y a éle découvert, outre des monnaies et des fers de lance, une borne milliaiie poi taut ie nom de Trébuiiieii- Galles, proclamé empereur en 252. La moitié de cette borne sertaigourd'hui de linteau à une porte de la métairie de la Garde . Aux Romains succédèrent deux apôtres de l'Armorique, saint Criidus et saiut Biouzyi son disciple,

Digitizcd by (

[HOUTB 71] SAINT*mGODËHE. 4B5

quis'* I il lirent, au vi*s., sur la nvedr. du Biavei, dans une groUe naturelle, creusée dans un amas de rochers.

Ils la convertirent en un oratoire, où se conserve une pierre qui, suivant la tradition, servait aux deux ermites pour appeler les fidèles aux offices.

Cette pierre, frappée sur une autre, rend, en effet, un son d'airain dont 4a cause est restée inexpliquée. La station romidne de Castennec devint plus tard, sous la féodalité, unchAteau faisant partie des domainf"; de la maison de Porhoël. En 1 124, Alain dePorhoët, vicomte de Castennec, concéda aux moines de Redon, sur sa terre de Castennec en Bieuzy, remplacement du prieuré dit de la Garde ou de la Couarde, où saint Gildas partagea pendant des siècles, avec l'idole que nous avons décrite, la vénération des Iialiitants.

40 kil. Saint - Nicolas - des - Eaux, bam . de 200 bab., sur la route de Locminé à Guéméné, et sur les bords du Bhvet, fait partie de la c. de Pluméliau ('i286 hab.),dont le chef lieu est à G kil. à 1' E. Saint-Nicolas est un pauvre village qui s'était formé autour d'un prieuré de Saint- Gildas de Rbuis, dont la chapelle, élevée en 1524, existe encore , mais n'offre pas l'intérêt d'une chapelle voisine consacrée à saint Nicodème.

La chapelle Saint-Nicodème ne remonte, dans ses plus anciennes parties, qu'au rvi* s. et l'on a peine à s'expliquer que son architecte ait pu établir dans une espèce de fondrière des fondations assez solides pour supporter la masse d'une tour carrée, surmontée d'une flèche en pierre, d'une hauteur totale de 46 met. A la base de cet élégant clocher, divisé par deux plates-formes garnies de balustrades flamboyantes, s'ouvre un riche porche dont l'intrados est festonné en trilobés à jo jr. Au fond, deux portes jumelles avec tympan à jour figurant une grande fleur de lis donnent entrée dans la nef, séparée d'un bas côté au N. par deux arcades

en'cintre brisé reposant sur des piliers prismatiques.

Le côté N. du transsept renferme une tribune en pierre avec ornements de la Renaissance et un autel de la même époque surmonté d'un retable aussi en pierre, représentant la Résurrection et décoré des armes des Prévost de Kerascouët. Le retable du mattre-autel, plus moderne, porte en supériorité les armes des Guengat, sieurs de Tal\orn, écartelées de Rimaison, et, au-dessous, les armes de Toussaint Cormier^ recteur de Pluméliau en 1666.

La chapelle Saint-Nicodème, achevée en 1539, est accompagnée de deux foniainety dont Tune, construite en 1608, s'écoule du milieu d'une enceinte garnie de bancs de pierre.

Trois piscines sont abritées chacune par un petit porche à fronton aigu, chargé d ornements flamboyants.

Des niches, à l'intérieur de chaque compartiment que séparent des pilastres de la Renaissance, renferment de grossières statues en pierre. Ce sont: saint Nicodèrae auquel nn conduit un bœuf; saint Gamaliel entre deux personnages, l'un en prières, l'aiitre qui lui présente un porc; saint Abibon, accosté de deux autres personnagesy l'un à cheval, l'autre invoquant à genoux sa protection.

Les habitants du pays viennent faire des ablutions ;l retf'^ fontaine pour se préserver des lûaiadies épidémiques. Plusieurs semaines avant la féte patronale, ils laissent croître leur barbe, et, le matin même de cette fête, ils se font raser sur le banc de pierre qui borde la fontaine.

jour du pardon, qui se tient le premier samedi du mois d'août, tous les bœufe des environs, ornés de ru* bans, sont conduits processionnellement à Saint-Nicodème, au son du fifre, tambour battant et bannière déployée. 11 est d'usage d'offrir au saint quelque jeune tète de bétail, en échange de laquelle les marguilliers présentent au donateur un petit pain,

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