DE SAINT-NAZAIRE AU CROISIC. [ROUTE
demander des guérisons à la fontaine voisine; le saint a notamment la confiance îles femmes stériles. Les jeunes filles qui veulent savoir si elles se marieront dans rannée viennent au«si, assure-t>on, essayer de faire passer une épingle entre les rinceaux de la fenêtre septentrionale de la chapelle, sans toucher le mur.
Le Croisic possède une école d'hydrographie,
Âu de la YÎlle, au delà du port, s'étend le Mail, ancien court de Broc, promenade plantée d'arbres et protégée à son extrémité septentrionale {lar le Mont-Lenigo , butte eu pente douce que couronnent deux petits phares à feu fixe signalant l'entrée du port. Du Mont-Lenigo, la vue est à peu près la môme, à TE. et au S., que du Mont-Esprit; mais, au N., on domine la baie du Croisic et l'on découvre l anse de la 'f urballe, les rochers de la pointe de Pirlac, l'ile Dumet et, àPhorûEon; Tembouchure de la Yilaùie et la côte du Morbihan. A ro.
se montrent les îles Hœdic e^Houat; enfin, plus près. Vile du Fowret son phare, dont le feu tournant, h éclats de 30 en 3Û secondes, a Ib milles de portée.
Au delà du Mont-Lenigo, près de la jetée du Croisic, s'élève rétablissemut des bains de mer, renfermant
Tin système complet d'appareils hydrothérapiques et précédé d'un petit jar- (lin avec gymnase et chevaux de bois.
Les baigjieurs trouvent, dans cet établissement, des appartements et une table d'hôte; pendant la saison, il s'y donne, comme dans la plupart des villes de bains, des fêtes, des bals et des concerts.
Au-de>?>ous de la terrasse de l'établissemeiit des bains, s'étend la baie duPort-Lain, ou des cabanes de bam sont installées sur la grève (une cabane seule se loue 20 C. j avec le costume de bain ei le linge, AO c).
Des omnibus conduisent de l'intérieur de la ville à rétablissement des bains.
A 1 kil. au S.-E. du Croisic, non loin (le la route du Bourp: de Balz , il existe une autre plage de bains, également très-fréquentée et desservie par des omnibus. Elle s'appelle plage Vakniinf du nom de l'industriel qui y a établi des cabanes. Cette plage est plus belle que celle de l'ctaidissement, mais la mer y est plus dure.
Le port du Croisic, situé à l'O.
du bassin du Traict, est défendu par une chaîne dllots nommés les Jonehères et se termine par un petit bassiu appelé la chambre dis Vases.
Il est bordé de beaux quais, que fit ref!r("iser et achever le duc d' Aiguillon au xviii" s.
Le bassin du Traiet s'étend entre la mer et la ville à l'O., et les marais salants du Croisic, du Bourg de 13a(7. et de Guéronde au N.. à TE. et au S. Du côté de la mer, ce bassin est presque entièrement fermé par la chaussée de Fembron ou cap de la JfamsUe, promontoire artificiel (1! mèt. d'altit.) construit dans la direction du N. au S.» au commencement du xvni* s. pour préserver les marais salants de l'envahissement des sables. Entre cette langue de terre et le Croisic, s'ouvre le canal du Traiet (400 mèt de largeur), au milieu duquel est un rocher dan* gereux appelé le rocher du Traict.
A l'O. de la cliaussée de Pemhron, la chaussée du Trèhic ou jelée du Crohic s'avance dans la direction du S. au sur une longueur d'un kil.
filev^ au iviu*" s. par le duc d'Aiguillon pour protéger le bassiu contre les tempêtes du large, elle a été reconstruite en granit, en 1840.
C'est près de la jetée du Croisic que se trouvent l'établissement des bains et la chapelle bami Goustan.
Au delà de la chapelle s'élèvent une redoute et une hatttrie ; la côte est bordée de roches découvertes à marée basse. En suivant le bord de la mer à l'O., on arrive à la pointe du Croisic (2 kil. 1/2 de rétabiisscmeni
LE GROISIG.
des l)ains). «De cette pointe au corps de garde que l'on rencontre en s'avançant vers le S., dit H. Btieimcz, à qui nous avons déjà emprunté tant de renseignements utiles, la côte se redresse, les rochers entassés, fendus comme au lendemain d'un cataclysme, affectent les formes les plus étranges, les plus inattendues ; là ce sont des murs droits, sur lesquels la vague s'épuise en attaques impuissantes; ici, ce sont des aiguilles, autour des> quelles tourbillonne une écume éterternelle; partout, entre nux , s'ouvrent do larges et proloudes crevasses.
Par moment, le sol tremble sous les pieds; on sent que l'on marche sur le plafond d'une grotte; la mer s'y engouffire avec le fracas du tonnerre.
J.p <pecîacle continue, en s'agrandissant encore, au delà rîu corps de garde, en remontant ce que l'on appelle la Grande côte. Bientôt on . arrive au grand autel, sorte de promontoire renommé pour la pèche des homards; un peu plus loin est le trou duKourican, cavité profonde, dont la mer assiège inre^^samment l'entrée, et autrefois habitée, dit la chronique, par des pygmées. Enfin, la côte commencé à s'affaisser; les masses de rochers, plus divisées, laissent entre elles de petites anses sablonneuses , où l'œil et l'oreille se reposent avec délices. Ici, c'est l'anse du sable menu, particulièrement affectionnée par les baigneurs solitaires; plus loin, c'est la haie det Dameff tristement célè* bre par la mort d'une jeune fille qui s'y noya sous les yeux de sa mère, en 1845; une croix de granit y rappelle aux promeneurs ce funeste événement. Au delà on rejoint la falaise de Batz.
« Un chemin spécial, le eh&min
des Motilins, conduit directement du Croisic à la plage du sable menu; entre ce chemin et le corps de garde, s'élève, dans les terres, une aiguille isolée qui attire inévitablement les regards. C'est Pierre-Longuet cette pierre druidique, autour de laquelle,
le 14 aoilt , ainsi que nous l'avons dit plus haut, les jeunes Croisicaises avident coutume, autref<^, d'allerdanser des rondes. •
« Le vaste terrain compris entre le Croisic et la grande côte ne se compose presque partout que de champs cultivés , interrompus seulement, du côté de la ville, par uii petit nombre de marais salants. Des murs à hauteur d'appui et en pierres sèches y remplacent les haies. Une seule baldtation apparaît sur cette terre rase; c'est Tunique ferme de toute la commune : la ferme de Pclamer (ia carte de lÉtat-Major l'appelle
Près-la-mer). »
[C'est du Croisic que la plupart
des touristes et des baigneurs vont visiter Escoublac, le Pouliguen. le Bourg de Batz {Y. ci-dessus) et Guérande.
Pour se rendre du Croisic à Guérande, il fallait autrefois (avant 1840)
traverser en bateau le canal du Ti aict, suivre toute la chaussée de Pembron et prenîlre nne route qui, au delà des marais salants, passe, au hameau de Touletan ét entre à Guérandc par la porte Bizienne. La distance entre les deux villes n'est ainsi que de 9 à 10 kil., mais le mauvais temps rend souvent difficile ou dangereux le-pas^ sage du canal du Traict.
La route actuelle, longue de 12 kil.
environ, est plus sûre et plus agréable. EUe se détache, au hameau de.
(5 kil. du Croisic) Kervallet (Y, cidessus, p. 532), de la route du Pouliguen et de Saint-Nazaire**— 1 kil.
plus loin, elle atteint Trégaté, puis s'engage à travers les marais salants, où elle se raccorde au chemin direct du Pouliguen à Guérande.
8 kil. Saillé, V. de 1130 bab., o« fut célébré, en 1386, le mariage de Jean IV avec Jpanne de Navarre. Ce fait historique est rappelé par un tableau sur bois qui décore Véglise Saint-Clair de Saillé.
Saîllé est relié i (7 kil.) Escoublac,
DS SAINT-NÂZÂIRE A GUÉRÂNDE. [ROUTE 84]
par un chemio qui traverse (/. kil.) Careil (160 bab.; château de ia Renaissauce iiosscdé par M. du Martray et offrant (^elques débris de fortU fications plus ancieimes) et (4 kil.) Beslon (130 hab.).
Au delà de Saille , la route s'élève insensiblement à travers des vignes t't des cbamps cultives. Les fortiiicalioDs de Gufciande attirent de loin les regards. On entre (12 kil.) dans eette ville par le faubourg Saint- Armel et la porte de Saille (pour la 1 léser iption de Guérande, F. ci-dea~ sous).]
Da Croisic à U Roelie-Bemard, R. 85.
DE SAINT-NAZAIRE A GUéRANDE.
20 kil. — Route de voitures. — Serv. de corresp. — Coupé, 2 fr. $o intérieur et iMtnqoette, il fr«
13 kil. Escoublac {V. p. 530).
La route, s'élevant sur des coteaux d*où Ton domine à ^r. la mer et les
marais salants, atteint ô3 mèt. d'altit. au sommet de la butte Saint-Scrvais, d'où l'on commence à apercevoir au loin Guérande et ses vieilles fortifications. On laisse à g. le château de Mérionnee, puis celui de Kerfiu, à M. de Sécillon, en face du hameau de ViUenetive (à dr.) , avant d'entrer dans le fauhonrg de S aiîit Michel.
20 iiil. Guérande (1 ùt. : du Commerce (bon); des Guérandaùes^ daii.s U viUe; delà Croi»*Yerte^ dans le faubourg), ch.-L de e.y V. de 6749 hab., l)âtie sur un coteau qui domine de loin rOcéan et remboucl-ure de la Loire, a coiiscrv?» longtemps sa pliysionomie dumo\cji Age. Ses remparts à mâchicoulis, flanqués de Louis imuosantcsj ses manoirs, ombragés d'arores, qui s'élèvent dans Penceinte même des murs et qui ont conservé leur nom féodal, enfin les costumes i)ittoresques des habitants, la rendent encore une des villes les plus cutieuses de Touest de la France; mais la reconstruction d*un certain nombre de maisons dans le ttyle moderne tend
cbafjue jour à lui faire prendre son caractère original.
L'ancienne ville de Guérande s'étendait, dit-on, jusqu'au plateau qui porte les moulins de la Place (1 kil.
au S. E., entre les routes du Croisse et de Saint-Nazaire\ Le périmètre de la ville actuelle n'est plus que de 1300 à 1400 mèt. Les belles et curieuses nrarailles de granit qui subsistent de nos jours furent bftties par le duc Jean V, en 1431, avec les deniers provenant des fouages et octrois de la cité, tlles étaient flanquées de oiizc tours; dix sont encore debout; la onzième, la tour Sainte- Catherine, a été démolie en 1816.
Le château, qui occu|>att l'emplacement actuel du marché au bois^ fut démoli en 1614, sur la demande dr^ Etats de Bretagne. On entre dans la ville par quatre portes placées aux quatre points cardinaux. Les portes Bitienne (à l'O.) et de SailU (soi S.) ont la forme d'un arc de triomphe an< tique. L2i porte Vannetaise (au N.), plus ancienne, se compose de deux tours en ruiue. La (juatrièine, la porte Saint-Michel (à lE.), est plutôt à elle seule une forteresse qu'une simple porte ; elle est défendue par deux tours élevées et imposantes, et cnn tient les archives, là prixon et l'hôtel de ville. Ces tours sont couronnées de mâchicoulis et de créneaux fermés, surmontés de toits en pointe couvert'^ en ardoises; l'entrée est en cintre surbaissé. Au-dessus s'ouvrent d'étroites baies, traces de la herse, encadrant un large cartouche aux armes mutilées de Guéran«le (un écu en losange soutenu par des lions casqués et semé de mouchetures d'hermines).
La porte Saint-Michel est de plus couverte, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, de signes lapidaires taillés en creux, que l'on pense avoir été des marques de tâcherons pour la facilité des apjiareils. L'enceinte eutitre de la cité forme, dans son ensemble, une sorte de cintre ovoïde, ou ])lutôt affecte la forme circulaire, sauf qud-