GUÉRANDE
qucs pans coupés à peine indiqués.
Un manteau de lierre, de chcvrefeuille et d'autres plantes grimpantes recouvre la plus grande partie de ces murailles, au pied desquelles régnent . des fossés dont l'eau croupissante n'a point d'écoulement. Des boulevards, planté^ d'aibics, environnent, en outre, la ville d'un rideau de feuillage, et forment dans la pailic E., nommée le Mail (entre la porte Saint- Michel et la porte de Saillé ) , une terrasse d'où Ton découvre toute la république des marais salants , le> dunes envabissantes des sables d Escoublac, l'oasis bas bretonne du Dourg de Batz, le port du Croisic, et, pardessus ces aspects variés, rhorizon sans bornes de la mer.
Quelle que soit l'origine de Guerande, dans laquelle certaint historiens eroieot retroQver la cité galio-romalDe de Gmn* nona, située solon d'autres à l'embouchiire de la Seule, dans le Calvados, il est cer- Uin que le pays environnant fut évan-
flUsé au s., par saint Clair, premier vêque de Nantes, qoi est resté le patron de SaiUé.
En S50) Actard, évéque de Nantes, favorable à la France, fut chassé de son siège par le roi de Bretagne Nominoë, qui le remplaça par Gislard ; mais, à la mort de Komtnoê, en 85S, Srispoè, son sneeesseu, rétablit ActarJ dans ses droits. Gislard, se trouvant sans çifpe. s'établit à Guérande, d où il continua d administrer nne partie du diocèse que cet éTénement fit appeler la .^fée, c'est-à-dire la moitié, et qui forme depuis rarcbidiacuné du même nom.
Après le sac de Kantes par les Nor* minds, vers 90'', ces barbare? se ruèrent sur Guérande et lui li rèrent des assauts sifuneuA el si fréquents que its pauvres assiégés furent bientôt réduits au désespoir. Toutefoi»*, après avoir invoqué le secours de saint Aubin, leur patron, ils firent, sous la conduite de ce saint, dit la 'légende, une sortie qui fut pleinement couronnée de succès et mit en fuite les ennemis.
L'histoire de Guérande ne commence à prendre une importance réelle qu'à 1 époque de la pu rre de Charles de Blois contre Jean de Montfort. Pendant la captivité de ce dernier, les liabitauts se ral-
lièrent à Jeanne de FlandrOi sa femme, il se frappait dans lenr vlll^, an nom de et
prince, des monnaies qui portent au revers le lion de Montfort et la l»'„'<'nde : Monela Ouerant. Ea 1342, Louis d Es* p3gne, du parti de Charles de Blois , ?int assiéger cette place qui, après quelque
I résistance, fut pri^c fl'afîsnuT. lîiiit mille Guérandais furent, dit-un, massacres par les Espagnols; les ans forent égorgésdao» les rues, les autres brûlés dans leurs maisons on liaiis l'église Saint-Aubin où ils
j s étaient i^iugiés. GucrauUe lut ainsi l'une des premières victimes de cette guerre civile qui désola la Bretagne pendant vingttrois ans, mais elle eut 'a consolation de voir la paix se conclure dans sou enceinte. Ce fat, en effet, devant le grand autel do Saint-Aubin que fut si^îné, le samedi saint V2 avril 1S6S, le traite qui mit fin à la querelle. Seize années pins tard (1381), du nouvelles conventions étaient jurées snr la vraie croix dans l'église de Notre-Dame de la Blanche. Ces conventions, connues sous le nom de ratification du traité de Onérande, achevèrent d*asBarer à la maison de Montfort la possession exclusive de la couronne. Guérande ouvrit ses portes au connétable da Gaesclin, en 1378, et soutint, en un nouveau siège contre rjisson, qui fat obUgé d'abandonner son entreprise.
Pendant la Ligue, Guérande fut la senfe ville du diocèse de Nantes qui s'attacha, avec le pays de Retz, au parti du roi de Navarre. Lorsque le duc de Mercœur eut
établi un parlement A Nantes, en 1590, le présldial de cette Tille se réfhgia A Ooé* rande.
Le 18 mars 1793, les royalistes de la rive g. de la Loire forcèrent la porte de
Saille et s'emparèrent de Guérande. L'approche du général Beysser, arrivant de Lorient avec des renforts, la leur fit évacuer. Le 7 juillet ISIS, une division de l'armée royale de la rive dr., commandée par M. du Cambout de Coislm, tenta une nouvelle attaque qui dura tout un jour.
Guérande est la patrie du général Bedeau.
« Dotée, par les rois de France, dit Émile Souveslre {En iiretagne) , d'un siège royal dont reloTaient soixante-treise
juri lictions de hautes, moyennes ba'^ sesjustices, elle enfermait dans son t ssort quatorze paroisses. Le temps, ce ministre de Dieu, et le fisc, ce ministre du diable, ont fait de l'opulente cité ce que vous voyez aujourd'hui, c'est-a-dire an simple chef-lieu de canton. •
54fi DE SÂiNT-NAZAIRE A GUÉRANDE. [ROUTE 84J
« Le0 jours de foire oa de marché, du i toa toor If. fitlennei , rien de plus attrayant que d'aller étudier successivement à chacune des portes de Guérande le contraste des diverses populations de la commuoe dam laquelle tout diflire, type, expression, habits, mœurs. Maise*est surtout le dimanche, à la sortie de la grand'messe, alors que les fidèles, rassemblés de tous les points du pays, se précipitent à flots pressés |<ar toutes les issues de rêi'1ise et s'entre-croisent sur le parvis, qu'il est curieux d'observer cette foule bariolée. • Vers les portes occidentale et méridionale de la ville se dirigent les élégants paludiers de Saillé, vêtus, comme ceux du iiourg de Bat^, d un costume aussi ricbe et éclatent qu^original ; tandis que, par les deux portes oppo?cr^, se rei'went 1rs métayers, race toute ditierente, d uu type moins noble et moins beau, fidèle aussi cependant à son costume tni^ ditionnel. mais dont toutes les parties sont moins amples, les formes plus étriquees, les couleurs moins vivt>s. Ces deux populations ne se trouvent mêlées qu'à l'église; elles vivent, du reste étrangères l'une à l'autre, la première dans ses marais, la seconde dans ses champs, sans jamais sellier entre elles par des mariages. Comme la mer et la terre leurs nourrices respectives, elles semblent devoir se toucher éternellement sans se confondre*
Les parties les plus anciennes de l'église Saini-âiibiii remontent au XII* ou au zui* s. Les arcades des nefs,
en lancettes, reposent sur des colonnes à chapiteaux romans d'une grande variété (oiseaux, monstres, chimères). Deux de ces chaiiitcaux offrent des sujets très-curieux : deux personnages en scient un troisième étendu sur une roue; un pauvre patient étendu sur un gril se débat dans d'affreuses contorsions au dessus d'un feu ardent que deux bourreaux alimentent au moyen de forts S(jufflets. Le carré central est aujourd'hui surmonté d'un mauvais docber couvert en ardoises, qui a vraisemblablement remplacé une tour romane. Le chmir, ('levé de plusieurs degrés au-dessus do. la nef, est prismatique, avec des amorces de voûtes non exécutées, terminées en consoles
(|ui annoncent le xvi* s. Le transsept est aussi du xvr, ainsi que la façade de TO. et la tour, surmontée d'un affreux campanile moderne (1833) en enc(n4>eilement. Dans l'épaisseur du contre- fort, à g. du ])orche, se voit une chaire à prêcher, à laquelle on accède par une petite porte ouverte au dedans de l'église.
 rintérieur, les trois nefs voûtées en bois (le chœur seul est voûté en pierre) offrent, à leur extrémité E., des fenêtres garnies d'anciens vitraux.
Les panneaux de la fenêtre du côté de répître représentent la Vie de saint Julien; ceux de la chapelle absidale figurent le Couronnement de la Vierge, au milieu de la cour céleste. Dans la fenêtre du côté de l'évangile, les panneaux de couleur ont été mêlés de façon à rendre le sujet iuintelligihle. Letranssept de dr. renferme un vitrail neuf^ mais les deux transsepts contiennent des autels de mauvais goût (xvir s.).
La ehap«UeNoir$'Damedi la Blanche, construite en 1348, vendue en 1796, convertie en remise, puis rachetée et restaurée en 1853 par M. Sorin, curé, et enfin bénite de nouveau et rendue au culte en 1854, est uu gracieux édifice de 24 mèt. de longueur sur 7 mèt. de largeur. Elle comprend une nef unique, de cinq travées, dont les arcades simulf^es retomîjcnt sur des colonnes engagées que couronnent d'élégants chapiteaux. Notre- Dame de la Blanche est ornée de jolis vitraux (Vie de JétUê-Chriit et Vie de la Vierge) , d'un autel et d'une chaire en pierre (style du xiv* s.), et d'un groupe (à g. de Faulel] représentant l'Apparition de la Vierge aux deux bergers de la Snlette (la Vierge est habillée en bretonne).
A l'entrée du faubourg Bixienne, se voient les ruines de l'ancien couvent dee Dominicains ou Jacobins, fondé au commencement du xv* s.
Le couvent des Ursulincs (faubourg Saint-Michel) a été converti en un petit séminaire.
[ROOTS Hk] GUÉEiÂND£. — PIRIAG
Guérande possédait autrefois deux ljô}»[taux : l'hôpital Saint -Jcaii , en et l'hôpital Saint-Louis, dans le faubourg Saint-Hicbel. Un nouvel hôpital , construit en face de Saint- Louis, de l'autre côté de la route de Saint- Nazaire , les a remplacés tous les deux depuis 1856.
La commune de Guérande compte environ 35 GÛO œillets de marais salants, occupant une superficie de 2293 hectares et produisant , année moyenne, 80 000 000 kilogr. de gros sol , sans compter le sel blanc. Les droits de la douane sur cette production s'élèvent à 13 ou 14 millions de fr.
[A 12 kîl, au N. 0. de Guérande, se trouve le ])etit port de Piriac, visité chaque année par quelques baigneurs. La route qui y conduit, sortant de Guérande par le faubourg de Bizienne, traverse successivement les hameaux de (3 kil.) Clî$ (558 hab.), de (4 kil. 1/2) TreseaOan (2T9 hab.)et du (5 kiî.) Grand-Chemin.
1 kil. plus loin, se détache sur la g. le chemin de la Turballe, par Trévéré (218 liab.). ^ La Turballe est un petit port de pêcheurs de 300 hab., dépendant, comme les hameaux précédents, de la commune de Guérande.
Apres avoir laissé à dp. le château de Lauvergnac et son parc, appartenant à M. de Mondoret, la route franchit un petit ruisseau près de Saint-Sébastien (220 hab.; château de Kervédoué), dépendance de Piriac.
Piriac est une commune de 1200 hab., qui possède un petit -port défendu par une jetée en pierre et pouvant recevoir des barques de 25 à 40 tonneaux. Suivant une tradition, le bourg était autrefois situé plus à Î'O., sur un point de l'espace compris aujouniMini entre la terre ferme et 111e Duiru l. L'agitation extrême delà mer sur cette partie delà côte, où les tempêtes prennent un caractère particulier de fureur, rend assez vraisem-
blable cette tradition. Quoi qu'il en soit, le bourg actuel de Puiac fut un des premiers en Bretagne où s'établit le calvinisme. Pendant les guerres de la Ligue, en 1590 , 4000 Espagnols occupèrent Piriac au nom du duc de MerctBur.
La côte de Piriac, qui forme, à l kil. au S. O. du bourg, la pointe du Castelli j est bordée de rochers élevés, d'un aspect pittoresque et * sauvage, dans lesquelles s'ouvrent de.
nombreuses grottes. Les principales de ces grottes portent les noms de Trou du Moine [ou, de Grotte à Madame j de Grotte du Chat. Cette dernière, dans laquelle on peut facilement s'avancer jusqu'à une profondeur de 30 met., se prolonge à plus de 2 kil. dans l'intérieur des terres, s'il faut en croire les habitants du pays. Un bloc de rocher, de 300 met.
environ de circonférence, recouvert de gazon, s'appelle' la Cowite; deux autres plus petits sont désignés sous le m ni <V Oreillers,
Au S. (\r- pointe du CasteîU , près de la pointe de Ppnbnrenq , oii a été découverte en 1813 une mine d'étain oxydé demeurée inexploitée, se voit un bloc de granit de 4 à 5 mèt de longueur sur 1 met. 60 de hauteur et presqu'autant d'épaisseur dans sa partie supérieure. Excavé à l'K. en forme de grotte, ce bloc est ])rofondément sillonné de raies longitudinales, qui, partant de 10 trous circulaires (8 cent, de profondeur), creusés au sommet, descendent sur toutes les faces. Ce monument s'appelle, on ne sait pourquoi , le tombcaud\ilinanzor: queltiues personnes pensent que ce n'est autre chose qu'un autel di uidique.
De Piriac dépend r<2e Dumet, située à plus de 6 kil. du continent. Cette île, couverte de pâturages consacrés à l'clcve des chevaux et des bestiaux, renferme les restes d une citadcUc détruite par les Anglais.]
De Guérande à la luiche>Benuad, R. ss*
544 I)B PÂBIS A
DU CROISie A U ROCHI-BEBIIARD.
37 kil. — Roule de pjste,
11 kil. Du Croisic à Guérande (R. 84, p. 539).
Après avoir laissé à g., à 2 kil.
de Guérande, la aouvclle route de la Roche-Bernard par Sainl-Molf et Assérac, on dépasse (à dr,) Crémcur, (à g.J Kerlatiy et le ehdieau de Ker- (^timnec, appartenant à M. I.eChauff; puis on traverse les landes de Saint- Molf ( 25 met. d'allit. au point culminant), la route descend ensuite vers un cours d eau , écoulement des marais de la Grande-Brière, qu'elle franchit {6 mhi. d'altit.) à {n kil.) Pompas^ hameau d'Herhlgnac.
[Un chemin relie Pompas à (4 kil.
N. 0.)Assérac [V. ci dessous) et à (4 kil. E.) Saint-Lyphardy v. de 16?9 hab., bâti près de la Grande-Brière, et sur le territoire duquel se trouvent plusieurs monuments druidiques et des vestiges d'une fortification romaine.]
Laissant à g. le hameau de Sarre, il faut gravir et descendre encore une colline couyerte de landes, avant d'atteindre
28 kil. Herbignac, ch.-l. de canl.
et d'une commune de 3Î84 hab., situe sur une hauteur qu'entourent des marécages cl des laudes, dont une partie a été livrée à la culture. A 1 kil. au S. E. du bourg, se voient les ruines du château Ranrouet, qu'un aveu de 1680 décrit ainsi :
a Un grand château composé de six tours, d'un corps de logis et son donjon avec dehors et boulevards, dix bastions et fossés autour. » 11 n*en reste que des débris de tours, un bastion, une porte en plein cintre et des fossés pleins d'eau.
D^Herbignac à la Ror-he-Bernard, le pays est presque partout couvert de landcî.
32 kil. Brésenvé, bam. d'Herbignac.
lA FLÈCHE. [ROUTE 86]
— On passe, du liépait. de la Loire- Inférieure, dans celui du Morbihan, et, dominant à g. la Vilaine, on franchit un petit affluent de cette rivière, an r]ri;\ du hamcau de la Grée (à g.), en armant h
37 kil. la Roche-Bernard (R. 83).
[Une nouvelle route, plus longue de 2 kil., relie aussi Guérande à la Poche-Bernard, par Saint-Molf. Cette route, se détachant (à g.) delarout«
de poste, à 2 kil. de Guérande, dessert (8 kil.) Saint-Molf, v. de 1369hab.
(presbytère installé dans un ancien manoir de la duchesse Anne; église romane renfermant des vitraux et une chaire sculptée).
On traverse ensuite de vastes marais salants qui dépendent en partie de Saint-Molf, en partie de la c.
d'Assérac. — Au delà tlu(12 kil.) Pontd'Armes, on laisse à dr. Assérac, v.
de 1018 hab. (tumulus ; dans l'église, vitraux irès-ancicns) ; puis, passant du départ, de la Loire-Inférieure dans ( clui du Morbihan, on atteint (21 kil.) Férel 11646 hab:; église offrant des vitraux et des fresques du xvr s.). h.nim, on rejoint la route de poste,.
ànOOmtît. environ de (28 kil.) la Roche-Bernard.]
ROUTE 86, DE PARIS k Ik FUCHE.
2, ,4 jçîi. — Chemin de fer en exploitation de Paris à Noyen (î40 Wl ). — Trajet en 5 h. par trains express; en 5 h.
35 min. par trains semi-directs; en 8 h. 30 min. par trains omnibus. — l" cl.
26 fr. 90 c; 2" cl. «0 fr. 15 c; 3« cl. 14 rr. 80 C. — Chemin de fer concède et route de voitures de Noyen à la Flèche (74 k il.). — Serv. de corresp. Coupé, i fi. &0 c.^ intérieur et banquette, 1 ir. ai c.
2'iO kd. Noyen (R. M. - La route de Noven à la Flèche descend la rive dr. de" la Sarthe qu'elle franchit à
8 kil. de Noyen, MalIlMirne, cheflieu de canton de 1509 hab., agréablement situé sur la rive g. de
[EOUTB 86] MÂUCSORNB. -
la Sarthc. Cette ville portait dans i qrigine le nom de Condé. Elle fut possédée au moyen âge par de puissailtesfomill«s. L'un des seigneurs de Malicorne, Gui I**, c^iambellan de Charles VII, contribua à chasser les Anglais delà Normandie, suivant ces vers d'un auteur contemporain :
ToQB étoient venus luy aider ▲ cooquester ce beau pals, ne Nonaandle, et en vaider Les Anglois» qa'estoient envahis.
Le feu seigneur de Malicorne Bt d'antm seigneurs va millier Ponr heiller «nx JUiglois sur eome....
Mme de Sévigné reçut souvent rbospitalité au château de Malicorne, qui se trouvait sur la route de Paris
aux Rochers.
Véglise de Malicorne date eu grande j)artie du xii' s. — L'ancien château . qui fut pris par les Anglais au XIV* s., a été détruit; il n'en reste que les communs qui eux-m6mes ont été reconstruits au xvni' s. et qui forment îe château acluel. Ce château, décore avec goût, est entouré d'un beau paie; ses environs offrent de jolis sites.
A 4 kil. de Malicorne, on laisse à g. une roule qui conduit au (29 kil.) Lude (R. 87), par: — (7 kil. de Malicorne) CourceUes, V. de 520 hab., siège autrefois d'un fief important (vaste ciiàieau qui appartint, sous Louis XIV, à Gbamillard, ministre des finances, qui s'y retira après sa disgrâce) ; — (9 kil. 1/2) £191*011 (905 hab.; châteaux de ^aint-Lomcr et de Vardé; inunument druidique (lit le Palet de Gargantua) ; — (15 kil.) Saint- Jean-de-lorMoUe (1774 hab. ; église du nu* s., restaurée); — et (30 kil.) Luché (F. R. 87, p. 530).
15 kil. Boiissc, v. de 912 hab., situé à dr., près de la routo. - On traverse un bois appelé k (iarenne des Cerfs.
21 kii. Saini-Gennaifi-du-Valj^oïi v.
de 9^ hab., pittoresquement situé âur les pentes qui bornent au N. la
BRETAGNE
- Là FLÈGHB. 545
belle et riche vallée du Loir. Le clidteau d'Yrandeau, qui dépend de Saint - Germain , poss'd* une petite salle de spectacle creusée dans le roc.
Descendant vers le Loir, on longe à dr. le cimetière de Saint-Germain;
à ^. s'étendent des champs bien cultivés.
24 kil. 2()4 kil. de Paris. La Flèche (hôt. : de tÊtoUe, d» îAm-d^Or, de:t QwUrê-VenU), V. de 9292 hab. , ch.-l.
d'arrond., est agréablement située sur \r Loir, dont les deux rives y sont réunies par un pont en pierre récemment reconstruit.
Au XI» s., le premier ?ei-r!er,r Je la Flèche, Jean de Beaugcricy, mari de Paule, petite-fille du fameux comte du AJans Herbert ÉvHiU'Chim, éleva sur la Loir une forteresse toute différente des autres constructions de ce genre alors en usaa;e. Portée par des arches bâties sur pilotit» au milieu des eaes, eette forleret«e présentait une lourde masse quadrangulriire, protégée en amont et en aval par le lit de la rivière, et sur les côtes par des tlots et des canaux profonds. La vie de Jean de Beaugency se passa presque entièremen à lutter contre son redoutable voisin Foulques le Réehin, comte d'Anjou, qui détrolsit par le Teu, en togi, le château élevé sur le Loir. Sîx années après, en 1087, Jean mourait à Cbâteaugontier. Son flls aîné. Hâte, rétablit le fort.
a Ce seigneur, devenu comte du Maine par rachat qu'il fit de ce fief à Hu,;Hes d'Est, son cousin, est, dit M. Cière il' Anjou j, one des plus belles et des plus poétiques fi^^iîrcs féodales de la fin du xi* s. et (lu comiri(T)cemerit d;i \n«. On le voyait presque luujouiâ i>aide de iVr, mais, sous cet extérievr redoutable, sa figure était • douce, ses mœurs pures; locile dans sa jeunesse aux pieuses leçons de si mère, il mérita, devenu homme, le surnom Je Chevalier Candide. Orderic Vital, SmoUet etSismondi lui ont consicré d'honorables pages, le trouvère Uenoit de Sainte-More l'a chanté dans sa chronique en vers des ducs de Normandie, et Robert Wace dans son fameux roman dn MnU d'AngUierre :
Hélies fut de grant poeir :
MoU eut grant terre è grant aYOeir Cil del Mans à li se teneient.. .
É U barons de la contrée Orent par U mainte meslée