‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 221 sur 257 · DE PARIS À LA FLÈCHE · texte numérisé non relu

DE PARIS À LA FLÈCHE

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le prisnent è amoent icigr.ûi le dcsiroent. »

Hélie fonda, à une portée d'arbalète de son cbàteau, le jprieuré de Saint»Thomas. Autour de l'élue te fornui bientôt une ville qui s'entoura de murs et dont le comte fit sa capitale dans le Maine. Mais, quand il voulut partir pour la croisade, «près avoir pris la croix à Clermont, il ne trouva aucun seigneur qui consentît à se charger de la garde de son domaine pendant son absence. Le roi d^Angleterre, Guillaume le Roux, auquel il s'était adressé, fit même valoir des droits sur le Maine et attaqua Uélie, qui fut obligé de faire hommage de son comté à Tancien ennemi de son père. Foulques le Réchin le protégea, mais ne put l'empêcher d'être pris et emmené a Rouen. Hélie ne recouvra la liberté qu'en cédant ses possesfdons, mnnsla Flèche; la mort de Guillaume le Roux mit fin à leur querelle peu de temps après. Henri I*"^ rendit le Marne à Hélie, qui accompagna le roi, en 1106, à la bataille de Tinchebray, où il contribua beaucoup à la défaite de Robert, frère et compétiteur d'Henri, en mettant en fuite l'aile que commandait le comte de Belléme , et en tusmt de sa main , dit la chronique, vingt-cinq fantassins ennemis D'autres expéditions, moins imporiauteb, occupèrent la vie dn comte Hélie, qui mourut le il juillet 1110. U fut inhumé au Mans, dans l'église >otre-Dan-:e de la Coulure, et son tombeau iuLdccure d uue épitaphe en lettres d'or, qui a disparu. Ëremibur^e, son jjniqne enfant, ayant épouse Foulques le Jtunc, comte d'Anjou, fit passer ic iMaine tl la seigneurie de la Fiêebe en la possession des plantagenets. Modèle de grâce et de piété, elle mérita d'être mise au nombre des l)eaulés nationales celtiiii cuis par Villon :

La royne Blanche comme un lys Qui chantoit à voix de sereine, Bertbe afl grand pied, Béatriz, AlJys, Ëremburge qu) tint le Maine, Et Jehan ne la bonne Lorraine Qu'Atiglois bruslêrent a Rouen, Où sont ils, Vierge souveraine....

Mais où sont les neigea d'autan 1

L'éclat dont avait brillé la Flèche sous

la domination de Jean, d'Hélie et de la conU( ?se ^reniburfrf cessa à la mort de celle-ci. eu 1 iu6. Des ce jour Thistoire de cette villa n offre rien qui n'appartienne à l'histoir« générale du pays. Attribuée successivement aux maisons de Beaumont, i

de Drienne, de Chamaillart et d'Alençon, elle passa, parle second mariage de Françoise d'Alançon, à Charles de Bourbon, duc de Vendôme, mort en 1536. Saveave se retira h la Flèche, et y fit bâtir en 1537 une maison de plaisance nommée le Chdteauneuf, où elle mourut en iW, Dixhuit mois environ après la mort do la mère , Antoine de Bourbon, vint avec Jeanne d'Albret, habiter le Chàteauueof.

Ils y demeurèrent depuis le mois de février 1552 jusqu'à la mi-mai 1553, date qu'il faut rem.uquer. En le quittant, ils se rendirent à Pau, où leur fils Henri vint au monde le 13 décembre suivant, « Fiéchois aviint cT avoir été Béarnais, » observe avec raison M. J. Clère. Cette circonstance, Ici pensée que la Flèche était un fief de ses ancêtres; plus tard, le souvenir d'un séjour qu'il y fit à l'âge de vingt-trois ans; enHn la reconnaissance que lui inspiraient les services très-divers de son favori, Guillaume Fouquet, sieur de îa Varonne, né à la Flèche, expliquent Taffection particulière d'Henri IV pour cette ville, à laquelle il légua son cœur.

A la demande de Fouquet, Henri IV donna son château de la Flèc he pour y établir un collège : la direction en fut confiée Wox Jésuites, qoi venaient d'être appelés en France.

Au mois de décembre 1793. les débris de la grande armée vendéenne, poursuivie par les colonnes da Marceau, de Weatermann, de Klél>er, qui leur avaient fait lever le siège d'Angers, se portèrent par Beaugé sur la Flèche. Ils trouvèrent le pont coupé ec 4<MN> bommaa rangés en bataille sur la rive dr. du Loir. Les insurgés étaient à la fois en présence de deux ennemis : l'un qu'il fallait attaquer dans une position très^vantageuse, l'autre contre lequel il fallait se défendre. «NOQS nous crûmes perdus, rapporte Mme de la Bochegaquelein , l'un des témoins oculaim, car dans ce moment même on attaquait M. de Piron à l'arrière -garde.

M. de la Kochejaquelein ordonna de tenir ferme eu avant et en arrière, et de continuer le feu : M. de Verteuil y fut tue. Henri prit trois cents braves cavaliers, qui mirent trois cents fantassins en croupe ; il remonta la rivière à trois quarts de lieue, trouva un gué, arriva vers la soir aux portes de la ville, fit mettre pied à terre aux fantassins et se précipita dans les rues h la tète de sa troupe, en criant : Vive le roil Les Bleus, surpris et afirayéa, prinMit îa fuite par la route du Mans. Henri fit en hâte rétablir le pont, et cou-

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[ROUTE 86] LA. FLÈCHE. — LE PRYrANÉE,

rotiëgager rarrière-gaide, où il repoosAi

les hussards ennemis. Une partie de Tarmée entra dans la ville ; les canons et les bagages restèrent sur la route jusqu'au jour; je couchai dans ma vdtare.... Le lendemain, quand les bagages furent ren très, Henri fit de nouveau conp<^r le pont et procura vingt-quatre heures de repos i Tannée, qui se dirigea sur le Mans. »

La Flrche est la patrie des deux Baïf, de i astronome Picard et du physicien SauTonr.

L'édit do fondation du collège, aujourd'hui Prytanée, do la Flèche, fut public m 1607; rinstilutinji ctait déjà cil iikin exercice depuis 1604.

tes lettres de fondation attribuent au coUége de la Flècbe uae rente de 20000 livres à prendre sur les revenus de certaines abbayes et autres droits du roi en Brela^Mie.

Le collège do la Flèche fut diilx^rd installé dans le château rosal cL ne prit possession des nouveaux bâtiments qui lui étaient destinés que vers 1622. Cet établissement continua de prospérer jusqu'à l'expulsion des Jésuites de France, en 1762, et compta quelquefois plus de 2000 élèves. Parmi les professeurs qui se distinguèrent durant cette période, on doit citer : le P. Musson, auteur de plusieurs tragédies dignes do précéder celles de Cftnicille; le P.

JDucerceau ; lo P. le Tollier, confesseur de Louis XIV; Gresset, qui avait été exilé à la Fièclic par î>es supérieurs, à cause de ses premiers poèmes, et qui ne tarda pas a quitter l'ordre des Jésuites où il était entré à I'Al'o de seize ans* Gresset a dépeint ainsi la Flècbe :

Un climat asaes agréable,

De {>ettts bois assez mîfrr.ona, Un petit vin asse;^ potable, De peUts concerts assez bons, Un petit monde atses passable; La Flèche pourroit être aimable^ S'il éloit de l)eUes prisons.

Parmi les élèves les plus distingués, figurent le maréchal de Ouébrlant, le P. Mcrscnnc et son ami

René Descartes, Voysin, chancelier de France, le prince Eugène de Savoie, Séguier, etc.

Après Pexpulsion des Jésuites, lo

collège véprcta pendant deux ans : il fut remplacé, en 176^, par une École préparuluire à l'École militaire de Paris; mais cette école fut licenciée en 1176. Parmi les élèves de cette période, nous citerons la Tour d'Auvergne, le premier grenadier de France, et les deux frores Dupetil- Thouars. Le collège de la Flèche était à peine licencié que Louis XVI songea à le rétablir (1776). Destiné aux jeunes gens qui se croyaient appelés à l'état ecclésiastique ou à la magistrature, il fut confié à la congrégation de la Doctrine elî rétienne.

Ce nouveau collège comjita parmi ses élèves le général Bertrand et le comte de Bourmont, qui commandait les troupes françaises à la prise d'Alger en 1830. Il fut fermé en 1793.

En 1808, Napoléon transféra à 1.»

Flèche, où les cours avaient éîr' rlcjîi rétablis, un prytanée militaire, auquel un décret du 8 novembre 1859 a donné son oirganisation actuelle.

I r marécbal Baraguay-d'HiUiers, es généraux Noël, Fririoa, Bedeau.

DamoMiie, etc., ont été dans ces derniers temps élèves de la Fl'ehc.

Le prytanée de laFlèeiio est anjour d*bui destiné aux lils d'officiers moi l> sur le champ de batoille ou ayani bien mérité de ki patrie par leur»

longs et bons services. Les enfants y sont admis de 10 à 12 ans, à la suite d'un concours. Ils y reçoivent une excellente inslruclion scientifique e( littéraire, qui leur ouvre les iJortes deSaint'Cyr ou des différentes écoles du gouvernement. Le prytanée admet 400 élèves, dont 300 boursiers et 100 demi -boursiers. Il a, en outre, des élèves entretenus aux frais des familles: CCS derniers ])euvent v entrer après 12 ans. Le [u ix de la" pension est de 850 fr.

La chapelle du prytanée, la première des constructions promises pai-

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