DE VANNES A SAINT-6XLDAS DE RHUIS. [ROUTE
mare de la mer ou ses mugissements pendant la tempête viennent aents troubler le calme de cette retraite , dans laquelle ce Jérémie des deux nrotngnes composa son tiittoria calamiiatum ou Qvmrula de eseiâto Briio/tmim, La monastère qu'il fonda en ce lieu, ravagé par les Normands au x« s., fut relevé, au xi«, par saint Félix, abbé de Rhuis, qui mourat en f 03S. Abélard gouverna catte maison au XII* s., et l*amant dHéloise espérait trouver dans ce lieu sauvage la paix après laquelle il soupirait. « Mais, dit M. A. de Gonrson, ce po§te de la aeolastiqae n'était point fait pour diriges, une armée de moines bas-bretons dont les mœurs grossières, la férocité et Tincontinence ne recoonaiwaient ancan frein.
11 eût fallu un saint Bernard, et un saint fiernard bretormant^ pour dompter ces Ténètes au caractère de fer. » Le doux Abëlard comprit dèe lïd>ord qae cette tâche était au dessus de ses forces. « J'habite, écrivait-i! k Hcloise, un pays barbare dont la iajigue m'est iaconnue et en horreor; je n*ai do eoœmerce qa*avee des peuples féroces; mes promenades sont les bords inaccessibles d'une mer agitée; mes moines n'ont d'autre règle que de n'eu point avoir. Je voadrait qae vous vissiez ma maison, vous ne la prendriez jamais pour une abbaye: les portes ne sont ornées que de pieds de biches, de loups, d'onn, de sangliers, des dépouilles hi* dcusGs des hiboux. J'éprouve chaque jour fie nouveaux périls; je crois à tout moment voir sur ma tète un glaive suspendu. ■ Bflëctivemeat les religieux em»
ployèrent pour se débarrasser d'Abélard non seuli mcnt le fer, mais le poison, et force lui lut de s'enfuir. A ces moines ferooes- ont saeeMé aujoard*lini des religieuses de la charité de Saint-Louis, qui élèvent et instruisent des jeunes liiles pauvres.
L'ancienne église abbatiale (mon.
hist.), aujourd'hui église paroissiale, a conservé, du xii« s., le chœur, le transsept N. et quelques parties de la nef. La tour, du xyii" s., ornée de pilastres ioniques, a. remplacé une tour romane détruite par la foudre.
Sur imc pierre incrustée dans le mur extcrifiir de la chapelle ali<i«]alc, une seul plu rc en relief représente deux guerriers à cheval revêtus de cottes de mailles, du casque normand ,
i à la forme cnni'fiio. armés de boucliers oblongs termines en pointes et de lances à longues hampes. Ces deux guerriers sont dans l'attitude du ', combat. Les corniches qui surmon* • tent le mur extérieur des chapelles , sont ]iortces sur des modillons ou corbek'is sculptés, dont un grand nombre représentent des têtes grimaçantes d'hommes ou d'animaux. Le mur du transsept N. qui regarde le couchant offre l'appareU en feuilles de fougère (optff fptcotum) si rare en Bretagne.
Le chœur, enveloppé d'un collatéral qui se termine eu hémicycle, est entouré de lourdes colonnes, surmontées de chapiteaux à feuillages fàn* tastîques. Les trois chapelles du chevet sont voûtées en cul-de-four.
Deux chapiteaux de dimension colossale, provenant de la colonnade de la nef, ont été creusés et servent de bénitiers. Leurs corbeilles sont couvertes d'animaux à tètes bizarres et de rinceaux caprideux. Le maître-autel, en marbre; est orne d'un retable de la Renaissance. Dorricre le chœur, se trouve le tombeau de saint GildaSy * fondateur de l'abbaye; dans le croisillon N., se voient trois autres tombeam appartenant à deux abbés et à saint Gunstan. Le pavé de l'église est presque entièrement formé de pierres tombales, dont phisieurs remontent à une haute antiquité. Cinq d'entre elles recouvrent, dans le chœur, les sépultures de cinq membres de la maison de Bretagne (xni* et xiV s.). Dans le transsept S. y se voit un tableau votif du xvi" s.
Le trésor de l'église possède plusieurs reliques importantes (le chef, le bras, etc.) de saint Gildas et d'un autre thaumaturge, dans de précieux reliquaires du xv* s., une chftsse de saint Gildas en argent (1731); une mître en soie brochée d'or (xv* s.), un calice do la Renaissance,/ une croix très-curieuse en vermeil, etc.
Les ro^ieuses qui occupent aujourd'hui le couvent de Saint-Giklas