‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 237 sur 257 · O'AURAY A QUIBERON · texte numérisé non relu

O'AURAY A QUIBERON

38 kil. — Route df voitures.

A la Sui t le d Auray, on laisse sur la g. le domaine de Kerléano^ uu uaquit, en 1769, Georges Gadoudal, et le monument élevé à ce chef de chouans. Ce monument est une rotonde italienne, avec un portique appuyé sur deux colonnes corinthiennest.

. A 15Uy mèt. d'Auray, la route de Port-Louis par Bclz se détache à dr.

3 kil. plus loin , après avoir franchi

le ruisseau de Pont-le-Roi, on aperçoit (lu môme côté (49 mèt. d'altit.) le manoir et la chapelle de Loemaria.

Cette chapelle renferme la belle tombe de Pierre de Broerec, chevalier, mort en 1340. 11 est représenté les mains jointes, les pieds appuyés sur UTi lévrier, et entoura de huit encadrements à y/macles renfermant chacun un perboniia^e dans l'attitude de la douleur. Les angles dç la pierre, les pilastres sont ornés d'écussons diversement armoriés, et répitaphe marque que le corps du seigneur de Broêrec fut rapporté de Saumur à Loemaria en 1340.

La chapelle de Loemaria est située sur le territoire de la c. de Plœmel (1262 hab.), dont le bourg est ^ 2 kil. plus à ro. De Plœmel dép«n-' dent aussi : (dans le bourg) la chapelle Notre - Dame - de - Recmir ra nce (tourelle carrée avec clocheton ; porte occidentale décorée de sculptures, fragments de vitraux) ; — (2 kil. 1/2 à l'O. du bourg) la ehor pelle Saint'Cado (bel autel en pierre, menhir à côté de la ehn]Hdle) ; — (3 kil. à ro.) la chaprllo Saint-Lmt' rent, visitée par les personnes attcialcs de rhumatismes (clocher carré avec escalier extérieur; au fond du chœur, grandes fenêtres avec figures sculptées); — et (3 kil. au N.) la chapelle Saint-Méen, fondée par les Templiers (vitraux bien conservés; dans une niche ornée de sculptures et de statues, fontaine oîi Ton plonge les enfants racbitiques).

Au delà de Loemaria, la route gravit une petite côte au sommet de Iruiuollp s'élève, à g., un petit chû trau moderne, et d'oîi Ion aj>erçoit au loin la chapelle du Mont-Saint- Michel et les clochers de Carnac el de Plouhamel. &ur la g. se détachent successivement (6 kil. 1/2) Tancienne et (8 kil.) la nouvelle route d'Auray à (Carnac, au delà desciuelles on franchit le ruisseau de Ciouyandour,

la kil. Plouhamel (hôt. du Commerce y bon et propre), v. de 1371

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QUIBERON. [R0DTE dS]

hab,, possède sur son territoire de nombreux moiiunionts druidiques. A l'hùtel môme, tenu Le bail,

OQ peut voir un cuneux torque ou collier celtique en or, découvert sous un dolmen au N. et près du bourg, plusieurs celtse en jadeïte et en bronze de toute diniensi<»ii, provenant, ainsi que deux bracelets en or, des fouilles exécutées dans d autres grottes. — On visite, près du village, un tumnlug renfermant trois chambres inégales et précédées (rime allée couverte. — Là chapelle de Notre-Dame des Fleurs, surmontée d'un clocher carré avec rinrhetons , renferme un bas-relief eu alijàtre {[ Arbre de Jessé^,

[De Ploubamel, on peut faire une

intéressante excursion à Erdeven (6 k\l iiKffM au bonrp, 10 kil. jusqu'à la nvu re d Êiel, qui limite la commune à 10.), en suivant la route d*Hennebont, « où les monuments celtiques, dit M. Henri Martin, ne cessent plus d'occuper Thorixon. Des groupes de hauts et larges menhirs, de })eaux dolmens s élèvent de distance en distance, principalement siu: les hauteurs. »

A 1600 met. de Ploubarnel , au Viem-Moutin (5 menhirs de grande dimension) , on laisse à g. un ]ietit chemin conduisant au v. de (1 kil.) Sainte-Barbe, où les pierres debout couvrent un espace de 300 pas environ de longueur.

« C'est là, dit M. Cayot Délandre, dans ce misérable hameaux à demi enseveli sous les sablas mouvants de la grande dune de Plouharnel, connue dans le pays sou'^ ]o nom de laliiise de Quiberou, que inute la popuiutiua riuaie des environs, refoulée par les colonnes mobiles du général Hoche, après le débarquement des émigrés à Quiberon, vint s*entasser et chercher un refuge sous la protection de Georges Cadoudal, qui avait opéré sa jonction a\ec les ti oupes de l expédition. Peu de jours après, Hoche lui-même s'emparait de Sainte-Barbe,

et toute cette population désespérée, hommes, fenmies . vieiiiards et eniaiits, suivant à jjràiid'peine les colonnes royalistes qui les protégeaient dans leur marche, traversaient la falaise en fuyant devant les bataillons républicains, espérant trouver un refuge au fort Penthièvre, occupé par les troupes de rexpédition. On voit, de Sainte-Baibe, le hameau de LenneiMf qui n*en est éloigné que de 700 mèt ; c*était là qu'était établi le quartier général de Hoche; il y occupait lui-même une chaumière (la dernière maison à VK.) d'où il découvrait le fort Penthièvrc et la presqu'île de Quiberon tout entière. »

La cftapette Samie-Barbe est surmontée d'une tour carrée avec tourelle accolée r( nfrrmant l'escalier.

A 4 kil. de Plouharnel, sur la th, de la route d Erdeven, au hameau de Cnrcoro, se trouve la Rochç aux Fées , le plus gigantesque peut-être des dolmens du Morbihan, qui sert aujourd'hui de grange à une métairie.

Sa longueur totale paraît avoir été primitivement de 15 met., à enjnprr par les supports qui sont détachés de la partie conservée. Cette partie a 8 met. de longueur sur 4 mèt. 30 cent de largeur et 2 mèt. de hauteur; elle est recouverte de deux tables dont l'une est énorme (38 à 39 mètres cubes; 98 kilog . environ). La hauteur de ce mon u meut est d^ 3 met. 70. — A 2 kii. à VK, deCorcoru, au Cosquer^ se voit un autre dolmen.

Au delà de Corcoro, on entre dans la commune d'ErdOTen, c. de 202h hab., dont le territoire s'étend, à ro. , ju<qn à la rivière d £tel.

« Cette connu une, dit encore M. Cayot Délandrc, que nous devrions citer sans cesse en parhmt des antiquités du Vorbiban, cette commune est traversée du N. 0. au S. S. par des monuments druidiques si noml)reux qu'il faut renoneer à les signaler autrement que par la situati(>n de leurs principaux groupes. La ligne sinueuse que décrit leur

[ROUT£ 98] ERDEVEN. LE

FORT PEMTHIÈVRE. 573

cusemble part du petit port (rÉtcl.

situé à l'extrémité N. 0. du territoire d'Ërdeven (4'kil. du bourg); c'est donc là qu'il faut se rendre si Ton tient à observer dans son entier cette longue suite de dolmens, de tumulus, de menhirs épars ou réunis en avenues, qui jalonnent cet immense parcours. Les villages auprès desquels elle passe sont ceux de SoinMSermatft', de Kerangre, de Kenerho et de Kerjean, De vastes lacunes interrompent cette ligne de

mODiimrnls.

a A Ki r^erho (immedialoment au S. du bourg d Erdeven, sur la route de Plouharnel)) on se trouve en présence d'innombrables menhirs rangés en bataille comme une année de solfiais pétrifiés. Ces pierres sont placées sur onze lignes et forment ainsi dix avenues qui se prolongent jusqu'à une distance de 1800 met.

Aux environ^ de Kerserho, elles ont en général 3 à 4 mèt. de hauteur, puis elles diminuent jusqu'à n'avoir pas plus d'un mèt. et paraissent <!p loin comme des moutons disperses au milieu des pAturages ; enfm^ à l'extrémité orientale des alignements, elles redeiriennent colossales. 11 finit dire que ces avenues sont fort loin de présenter un parallélisme complet : elles î7i;mqiK'îi( totalement de régularité dans leurs lignes, dont la distance varie de 4 à 12 mèt. , et dont le défaut de rectitude occasionne d*autant plus de confusion, Mn'elles sont souvent interrompues par des clôtures qui en rendent l'ensemble difficile 1 ^lisir; toutefois les rangées exteiieures présentent assez généralement entre elles un intervalle qui ne varie guère qu'entre 9(S et ICO mèt. ,

« A peu près à la moitié de la longueur de ces lijrnes, les nini:rf'f's du N. rasent un beau tutmiius de 8 à 10 mèt. de hauteur, dont la pente est parsemée de meïdurs et dont le sommet présente les ruines «fe deux dolmens. Du baut de ce tumulus, on

découvre l'ensemble des alignements, burnéi», à 10. par le villa^'e de Kerserho et le bourg d'Krdeven, et, du côté opposé, par un énorme tumulus.

aujourd'hui affaissé. Ce monticule artificiel, placé précisément dans la direction «les avenues, indiqua" qu'elles ne dépassaient pas cette limite ; la ligne des monuments changeait brusquement de direction et commençait à courir vers le S.; la première trace que Tonen retrouve est un tumulus situé auprès d'un étang et surmonté de deux dolmens, de môme que celui qui se trouve au milieu de U ligue des avenues. «•]

Au sortir de Plouharnel, la route

de Qiiibemii di'rnt une forte courbe pour contourner à ^ * esjièce de golfe, dont Vétang du litUfO forme le prolonge meut à dr. On s'engage alors dans la presquile de Quiberon, à travers des terrains bas et submergés et au milieu de dunes fi>rmées de sables mouvants qu'y amoncellent les grands vents du S. 0. Sur ces dunes, improprement ap|>elées falaise de Quibenm, croissent naturellement une herbe courte, menue, datr-semée, mais vigoureuse, et.

(\'Au< certains endroits, du serpolet, de petits œillets, des rosiers rabou* gris. etc. Des plantations de sapins, exécutées depuis quelques années aux frais de Tfitat et de Mme la princesse Baociocbi, ont enlevé en partie à ce désert, odi l'on ne mar 'he quV vec peine, le caractère de monotonie et de désolati(ni qui y affligeait autrefois le regard.

La prcsqu ile, se rétrécissant de plus eu [)lus, devient une langue de terre, un isthme de €0 mèt. de largeur seulement, presque recouvert par les eaux à la marée haute.

'}] kil. (K kil. de IMou(.arnel). Le fort Penthiévre, construit au xvm** s., sur un rocher, à l'cxtrémilé de risthme, peut mettre le continent à Tabri d'une invasion , sur ce point.

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