BELLE -ILE-EN -MER
Le pori, où a été construit depuis 1830 un bassin à flot, est bordé de ioUs quais en pi^r' ^s de taille. Tl ost défendu par ' ' lorle citadelle que lo ! maréchal de I^etz fit construire en 1572, que le cardinal de Relz augmenta et où il se réfugia lors de son évasion du cbftteau de Nantes, eu 1653. Fouquot continua les fortifications qu'on nomme la n>t7(r enceinle et lit élever le château Fmiquet. Eii 1687, Vauban compléta la citadelle et creusa la Belle- Fontaine ou Àiguade- Yauban, vaste bassin de granit oii les navires en relftcbe vont renouveler leur provision d'eau.
Napoléon chargea le général du génie Marescot d'entourer la ville du Palais d'une enceinte fortifiée, d'après les plans de Vauban, qui n'avadent pu être exécutés; mais les guerres de l'Empire ne permirent pas de s'occuper sérieusement de ces travaux, qui, activement repris dans ces derni&res années , sont maintenant achevés.
Le Palais possède une ^cdlc d'fnfdrographie et un MpUal militaire, • qui a remplacé l'hdpilal Saint- Louis, fondé par Madeleine de CastillOi seconde femme de Fouquet.
* En iH'tH. lui baraquement établi sur Ifes dépeiuiaiices de la citadelle du Palais, au camp de la Eaute-BoulognCf reçut les insurgés de Juin et d'autres détenus politiques, notamment MM. de Flotte, Pujol, La^ardc, Blanqui, Barbés, Huge!man, etc. Depuis le transfèrement des détenus i)0litiques en Algérie, l'établissement a été converti en une maisùn centrale, destinée aux forçats et aux réclusionnaires sexagénaires. Ceux de ces vieillards qui sont valides sont eniy lo^ és à des travaux extérieurs: agi'iculture, préparation des* sardines, entretien des forti ricanons. Us rendent ainsi des services réels dans tme île qui manque de bras, car une partie de la population est adonnée , aux professions maritimes et en particulier JL la pèche. La pèche de la sardine est
très-abondante, aussi de nombreux ateliers de conserves ont-ils été établis dans nie. Après la pèche de la sardine, viennent celles du homard et du thon, qui sont aussi tres-prodttctives. La plupart des homards expédiés à Paris et en Angleterre sont péchés dans les parages de Belle-lie, de Houat et de lîn ilir.
En remontant le vailou de Port-Fouquel, on peut visiter le bel établissevient agricole de M. Trochu. — 5 kiL plus loÛQ, à l'extrémité N. E. de lUe, se trouve le village de Sauson ou Pm-PMUpjpe (1496 hab.), où l'on remarque un retranchement galloromain, A la pointe du Vieux Chdteav (•2 kil. à ro.), et une p'^iise du moyen âge, dont la tour carrée s'élève sur mi porche i arcades cintrées.
C'est dans la commune de Bangor (1801 hab.), située au S. O. de l'île, que se dresse le phare de BeUe-Ue, dont la lanterne attpiïU 135 mèt.
d'altit.; la tour, du haut de laquelle on découvre un admirable panorama,est construite en beau granit.
A 2 kil. auN. de Bangor, se voient trois galeries sous trois tumuluSy et deux menhirs remarcjuahles dont l'un, en quartz, est nommé Jean de RaneUo, et i autre, en jgranit, est connu sous le nom de Jeanne de Ru-^ fieUo. Ce dernier est couché et brisé; mais, quoi([ue mutilé, ce colossal menhir est le i)lus curieux des menhirs du Morbihan, puisqu'on ne trouve pas de granit à Belle-Ile, et que cette pierre, de 8 met. environ de hauteur et pesant plus de 25 o(K) kilog., a dû être apportée du continent.
Parmi les autres monuments druidiques conservés à Belle-Ile, il fnnt citer une pierre branlante, près du moulin de Gouc'h il kil. 1 '2 à l'E. de Bangor), deux dolmens ruinés au moulin de Jlun/daoi, des paieries lovterraine$ à Kerspem et à JTerdcifiel (2 kil. du Palais).
La partie S. E. d; l'île est occupée par la commune de Locmaria (1784 hab.), dont il n y a rien à dire.
En partant du phare de Belle-Ilr»
et en se dirigeant vers le N., de Port- GotoD à la pointe aox Poulains, on suit, sur une longueur de 8 à lOkil., une des côies les plus pittoresques de toute la Bretagne, appelée la mer Sauvage. La grande lame de T Atlantique, que rien n arrête dans son élan, y déferle sur des roches de gneiss et de schiste, avec une fureur telle qu elle dénude le sommet de ces rochers élevés cepe .dant de 40 à 50 met. au-dessus du niveau de la mer.
Des ^^roftes nombreuses (la plus remarquable est la grotte de l'Apothi^ . ca%re) et des Fiords, qui rappelh'iit en petit ceux de la Norvège, ont été creuses par lesyagues dans cette munulle de pierre.
Toutes les côtes de Belle-IIe méritent d'être visitées, mais on ne »urait trop recommander celles de la mer Sauvage, k pointe aux Poulains, Bordadoé, les poinief d'Arzic e de l l^chelle, au S. de locmaria, et le port Satnt^Marc, au S. de Bangor.
A TE. de Belle-Ile (12kil. environ) se trouvent les îles de llouat (le Canard) et de Hcedie {te Caneton). Ces Hcs, qui comptent, la première 219 tKib., la fleiixième 238 hab., dépendent de lae.du Palais, mais sont administrées chacune par un adjoint spécial
L'île de Hœdic, la pins orientale des deux, renferme plusieurs monumente druidiques, entre autres, aeax
m™ft,r*. dans l^„', des.,ueb. éié pw- ™
Mjuco un. mche q.a , reçu Sne TZJ^l '^TT P«™ettaienl
liquéo une niche qui statue de la Vierge.
OE QUIMPERLÉ A CONCAANEAU.
«0 kiî. — Routa de voitures.
La route de Ouimperl-f^ à Concarneau croise le chemin de 1er un peu
?n \ ^? ^ inonte de I
oO môt. à 70 mèt. d'altitude.
1 2 plus loin, on franchît la rivièm f e Belon qui n'est encore à cet endroit qu'un faible ruisseau , mais à lemhouchure de laquelle, quelques ku. plus bas, se draguent les plus gnmdes huîtres connues. Au lieu dit (8 kiDPierre'Rond, à mi route euUe Ouimperlé et Pont-Aven, on remarque, a g. de la route, deux autels druidiqnes, bien conservés, mais dont 1 un est h demi enterré dans un fossé.
A o*ee i/^u ^' commune ae 3155 hab. — La route, après avoir croise un arau*>nt du Bélon, lemonte 69 met. d'altit, puis descend dans
la vallée de l'Aven
17 kii. Pont- Aven (hôtel assez propre), ch.-I. de c. de 10(^5 hab., est pittoresquement situé sur la r vière dont il a pris le nom, au pied de deux collmes qui portent d'énormes blocs arrondis de granit. « Ces t.iocs {Bretagne conU mporainê) servent de pignons à des chaumières, demursa^des courtils. D'autres blocs
eM mn- "^""'^^^ ^^'^^ eaux ^ i ves limpides serpentent au milieu de nombreux obstacles ou bondiwent
contre les roehes. Des moulins à^u qu ombragent des aulnes et des peui t^mL roches
eT « J f ^"^^e eux par des ponts de chèvre Les
coteaux d'alentour sont hoi^'-e
d un aspect singulièrement varié, ht
n V lere est très-poissonneuse : naguère
de nourrir leurs pourceaux avec de petits saumons; mais le voisinage du ch^ain de fer a fait cesser cet abus " I ont-Aven est souvent appelée lar les Bretons « la ville des Meunieii, n conformément à ce didon : « Poit- Aven ville de renom, quatotie moulins, deux maisons. »
la mer à 7 kil. au S. du bourg, coule <]^T,s un vallon pittoresque. Avant de se jeter dans la mer, au détour Idun groupe de rochers, elle bai
DE QU IMPERLÉ A CONGARNEAU. [ROUTE 95]
murs du eliâteau du Hénaia, bâti
dans la seconde moitié du xv* s. , et considérablement remanié au xvi«; « Les lignes sévères de cet édifice {Bretagne contemporaine), dont les tourelles et les flèclies élancées s'élèvent au-dessus des arbres, font un bel effet dans le paysage environnant.
Le ])ort;i 1 r^xtrrifMir est proirgé par une galerie à niàclncoulis et par des meurtrières desiinôes à placer des faucoaueaux. A Tangle g. se dresse une tour bexagonale faisant pendant à la chapeUe, bâtie k Tangle opposé.
Le corps de logis est flanqué d'un donjon hexagoîiaî d'environ 25 met.
d'élévation, couronnée par une galerie supérieure, bordée de mâchicoulis. Le parapet de cette galerie est une charmante balustrade trilobée, travaUlée à jour. Une tourelle, pareillement à pans coupés, est adossée au donjon dont elle contient la cnt^e d'escalier. Ces bâtiments, soH b ruent construits en pierre de taille, sont surmontés de toits coniques ayant pour amortissement des épis en plomb et leurs giroueites. »
Entre Pont- Aveu et le cliAleau du Hénan , à 1200 ou ]:m nr.''t. du bourg, se voient deux nimhns, l'un de 5 m!ît. de hauteur, près de la ferme de Kerangosqueff l'autre de 5 met.
M cent, dans la tonde de Kerv^guéien,
Sur la dr. de la route de Concarneau, à 400 met. au del i de l'ont- Aven.se détache une route qui tra- ▼erse le territoire de Nizon (1399 hab. ; ruines d'une tour carrée du jx* ou X* 6. ; deux Mmm$ bien conservés). Un peu plus loin, du même Cdté de la route, se montrent les ruines du château de Rustéphan, qui, suivant une tradition conforme à lélymologie de son nom {Run Stéphnn , le tertre d'italienne), aurait été bâti originairement par Etienne, comte de Penthi&vre, au commencement du xn« 8. L'édifice actuel (xv« s.) figurait un rectangle avec une tourelle eu encnrhelloment à chaque angle.
L'une des grandes faces de ce rec-
tangle n'existe plus; Taatre est
fianquée d'une grosse tour, au pied i de laquelle s'ouvre (à l'extérieur) une porte accostée de deux pinacles et . dont l'arc en talon est décoré de I feuillages, l ne autre porte, en aoco- , lade, se trou?e dans la courtine à I dr. de cette tour. Les fenêtres avec croisées de pierre, les lucarnes termi- ' nées par des gargouilles et surrrtr?!- , tées de gables à crochets attu"ent particulièrement l'attention.
Bustéphkn a été le sujet de traditions et d'une ballade bretonne recueillies par M. de la Vdlemarqué.
Laissant à g , à ]>!ns d'un kil, dt* la route, le clidteau de Kernnuaouet (xvni^s.), on traverse une lande « qui porte, dit M. Henri Martin,^ le nom significatif de Ker-ktH, la ville du lieu saint, quoiqu'il n'y ait li maintenant que le désert. Dans cette lande, un monum'^nt que nous prîmes d'abord pour un dolmen attira notre attention.
« C^tbien un dolmen dans le sens étymologique, une tMe de pierre^ et t u n'en avions jamais vu de si belle. La table monolithe avait bien trente pieds (10 mèt.) de long et une largeur proportionnelle; mais elle ne formai i pas le toit d'une chambre funéraire: elle était simplement posée sur une autre masse allongée. On remarquait à sa surface quelques dépressions ou petits bassin «, plus ou moins analogues à ceux 'loiii jiarle le docteur Fou |uet, et qui pouvaient, k ia rigueur, élrc naturels; mais deux cavités plus larges et plus profondes, se correspondant sur les deux côtés de la table, étaient évidemment pratiquées de main d'homme, dans un but qui n avait rien d é^inivoinie.
« Lieui blocs étaient couches ù di .
et à g. de la table, oA pouvait se tenir un groupe de prêtres en vue d'une nombreuse assistance.
« Ce mont! ment n'avait jamais dû être, comme les dolmens funéraires, engagé sous un tumulus ; le paysan
Dlgitized by Gopg
[ROUTE 95J LE iiKNAN.