DE CHARTRES
mença sur-le-champ la reconstruction de son église, qui fuL consacrée, en 1260, par révéque Pierre de Mincy, en présence de saint Louis et de tonte la famille royale. Toutefois, suivant M- l'abbé Gnltrau, à Texcellente Detcription duquel nous empruntons la plupart de ces détails, la sta> tnaire des deux porches latéraux ne fut terminée que vers 1280; la sacristie date de la même époque. Les trois pigiiotns de la cathédrale appartiennent au commen* cemetit Ju xiv« s. La chapelle de Sidn^ Piat fut érigée au chevet en 1349, par ordre du chapitre, avec le produit des offrandes faites an taint patron. La chapelle de Vendôme, au côté S. de la nef, a été ajoutée en 1413. La flèche du clocher vieux (â dr. du portail) remonte à la fondation primitive du xiii* s.; maiseeQedii clocher neuf (â g.), dont l'admirable tra* vail est dû à Jean Texier, dit Jean de Beauce, fut commencée seulement en 1S07 et terminée en 1513.
Le 4 et le 5 juin 1836, un violent incendie, causé par l'imprudence de deux ouvriers plombiers occupés à la répara»
tion de la toiture, dévora, en cinq heures, la magnifique charpente en chêne qui support ait le toit en plomb de la cathédrale et que le peuple appelait la forit. Les beffrois des deux clochers, remarquables par l'art et l'élégance de lenreonstruction, furent également consumés, et toutes les cloches fondues. M. Sauzet, alors mi> nistre des cultes, obtint Immé^tement des Chambres des allocations considérables, qui, portées successivement au chiffre toui de i I85 0'i8 fr., ont permis de remplacer la charpente détruite par une charpente en fer et en fonte et le toit de plomb par une couverture de cuivre.
Depuis un certain nombre d'années, la cathédrale de Chartres est Tobjet de réparations, qui auront pour résultat de faire disparaître peu h peu la trace des dégcadations causées par le temps ou par les hommes. Ces travaux, dirigés d*&l»ofd par Lassiis, sont aujourd'hui confiés & VI, Bœswiiwald.
La cathédrale de Chartres est construite tout entière en pierres provenant (ies carrières de Berchères, à 8 kil. de la ville, sur la route d'Orléans, tt Les architectes de la cathédrale chartiaine, dit M. Viollet-le-Due {Dictionnaire raùonné de VarMÊec^ ture française du xi* au xvi* s.), qui avaient la faculté de se procurer
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des pierres énormes , ust;rent franchement de cette ressource, mais cependant avec mesure et discernement.
Les soubassements de cet édifice gigantesque sont apparents presque au niveau de la crypte, dn côté du N.
C'est lù que 1*00 peut se faire une idée exacte de rôncrgie et de la grandeur de cette architecture. En effet, vous voyez des blocs de pierre qui n'ont pas moins de 2 à 3 mèt. de longueur, sur 1 mèt. de hauteur, amoncelés les uns sur les autres jusqu'au niveau du sol de Téglise. De grands linteaux, soulagés par des corbeaux puissants, terminent los ouvertures et rappellent certains monuments pélas£?ique'*.... Au-dessus de ces empâtements, qui paraissent devoir résister à toutes les causes possibles de destruction, la construction reprend peu à peu des dimensions plus ordinaires ; mais cependant, jusqu'aux dernières corniches de Tediiice , cette pierre si rugueuse, que l'on trouve en grands lilocs et qui rééste aux plus fortes pressions, a donné à l'architecture de la cathédrale un caractère énergique, nide et grand, qui fraji^ r" l'imagination. C'est là l'œuvre de gens entreprenants et maîtres do la matière. »
L'ensemble de rédiûce offrt; ia forme d'une croix iatine, dont Tabside est tournée vers rE.-N. La façade principale, à l'O., est plus remarquable par la grandeur de ses proportions que par la richesse de sa déconstion. Précédée d'un perron de six maichcâ, et ilanquée <i dr. et à g. de tours surmontées de flèches, elle se compose d'un triple portail, au-dessus duquel s'ouvrent trois fenêtres ogivales, surmontées d'une rose splendide, d'une balustrade ajourée, d'une galerie ornée de seize statu os de rois, et d'un pignon dont ie gable roafeime, dans une niche, la statue de la Viwge miré, entre deux anges porteurs de flambeaux. Au sommet de l'angle, se trouve la figure du Christ bc Hissant.
i.e portail, dont les trois baies
donnent entrée dans la nef principale, e<=t décoré de 719 statues ou statuette-, distribuées sur les parois, les chambranles, les tympans et les voussures. L'ensemble de ces sculptures représente Ia Vie de Jémi- Christ. Sur les chapiteaux sont sculptées les principales scènes de son Enfance et de sa Vie publique; dans le tympan de la baie latérale de g., V Ascension. La porte du milieu est consacrée à la GlorificaHon du Christ, entouré des Ë?angéUstes, des Ap6* tre , ries vieillards de l'Apocalypse, des Prophètes, et de 19 statues colossales de Suints et de s lintes. Le tympan et la voussure de la hrne latérale de di*. sont consacrés à la Vierge. On y voit aussi les représentations allégoriques des Arts et des Scieneei. A la voussure de la porte de g. se remarquent un Zodiaque e\ în représentation allégorique des douze Mois de l'année.
A dr. de la façade principaie s élève le clocber maux. Il attire moins l'attention du vulgaire que le clocher voisin, et pourtant c'est, de l'ayeu
des connaisseurs, Tune des œuvros les plus admirables de rarchiteciura française. « En effet, dit M. Violietle-Duc, on est d'aiiord frappé de Tu-" nité, de la grandeur qui régnent dans l'ensemble. Partant du soubassement, on arrive au sommet de la fléche« sans brusque arrêt, sans que rien vienne interrompre ia forme générale de l'édifice. Ce clocher, douL la base est pleine^ massive et sans ornemenC, se transforme, à mesure qu'il s'élance, en une flèche aiguë à huit pans, percés de lucarnes^ sans qu'il soit possible de dire où cesse la construction massive et où commence la construction légère. 35 a la naissance de la llèche, quatre frontons aigus om^t les quatre pans de la tour. La flèche est en pierre tendre, taillée eii écailles imbriquées. Vers le haut, s'ouvre une lucarne carrée, d'où part une échelle en fer, qui permet de monter jusqu'au globe eu cuivre
[ROmPB 1] CATHÉDRALE DE CHARTRES.
dorf", dans lequel est plantée la croix. A la base de la tour, sur la face méridionale, on remarque trois statues:
la première représente un Ange qui sert de méridien et tient entre ses mains nn cadran solaire ; la deuxi&me est connue sous le nom de VAne qui vielle (il pince de la harpe) ; la troisième, appelée à tort par les Chartrains la Truie qui file (c'est un vérat), est horriblement mutilée.
Le clocher septentrional, ou clocher Neuf» date, jusqu'à la hauteur de la galerie des rois, le !n môme époque que le clocher Vieux. Les l)ases des deux tours paraissent d'abord presque semblables; elles diffèrent néanmoins Tune de Tautre par un grand nombre de détails. Le clocher se divise dans toute sa hauteur en sept étages voûtés en pierre. C'est au troisième étage que commencent les constructions du XVI* s. Jean de Beauce, qui en donna le plan et en conduisit l'exécution, reçut pour son salaire 7 sous 6 deniers par jour. Le quatrième et le cinquième étages, de forme octogonale, renferment six cloches, toutes modernes et beaucoup trop petites pour une cathédrale comme celle de Chartres. Ces étages sont percés de baies ogivales à meiteaux flamboyants. Le cinquième est, en outre, entouré d'une riche galerie avec balustrades, clochetons et statues. Une décoration du môme genre indique le sixième étage, où se tiennent les guetteurs. Enfin le septième étage, auquel aboutit un escalier de 378 marches, est formé d'une lanterne octocronale, percée de 16 arcades à tympans trilobés et surmontées de frontons triangulaires. La cloche du tocsin, qui sert aussi de Liaibre à rhorloge, est placée dans cet étage.
Fondue en 1520, elle mesure 6 mèt.
16 cent, de circonférence et pèse environ 5000 kilogr. Une pyramide octogonale en écailles imbriquées, et dont les arêtes sont bordées de crosses végétales, termine la flèche.
Un vase en bronze supporte, depuis.
1690, la croix qui domine l'édifice, et à laquelle on arrive par une échelle de fer placée à rextérieur.
Près du clocher Neuf, au N. de la cathédrale, un petit pavillon carré, du XVI* s., renferme Vhorloge. Récem* ment restauré, il a été orné de pein* tures et de dorures.
C'est surtout à Textérieur des parties latérales et aux porches du N. et du S. que les architectes du un* s., et plus tard ceux du xiv* s., ont déployé toute leur habileté et tout le luxe de leur merveilleuse ornementation. Rien n'égale la puissance ei la hardiesse des trente contre-forts qui soutiennent la cathédrale. Ces contre -forts, en forme de piliers carrés, très-saillants à la base» sont divisés en plusieurs étages par des retraits ornés de niches (statues d'évôques et d'abbés) et de frontorîs aigus. Des galeries bordées d'une balustrade en pierre, composée d'arcs trilobés, font le tour de l'édifice à la naissance des toits des collatéraux et delà nef principale ; à l'extrémité E.
du grand comble, un ant^e colossal , en bronze doré, sei l de girouette.
Les portails qui terminent chaque extrémité du transsept sont tout ce que le moyen âge gothique nous a laissé de plus admirable, tant pour la beauté de l'architecture que pour la fécondité de la statuaire.
La façade du N., précédée d'un large perron de 13 marches, offre un porche formant saillie et comprenant lui-même deux nefs percées de baies* ogivales, correspondant à trois portes . qui s'ouvrent sur la nef centrale et les bas côtes du transsept. Au-dessus du porche, la façade comprend une balustrade servant de soubassement à une galerie de cinq fenêtres, une grande rose avec huit niches remplies de statues, une galerie couverte, une balustrade découpée en quatre- foui lies, et enfin un pignon aigu décoré d'une statue sous un dais. Toute cette façade, jusqu'à la galerie couverte, date du xm« s.; le
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reste est du xiw Le porche est depuis longtemps en très-mauvais état, et il a fallu Tétayer solidement pour rejnpéclier de tomber en ruine.
Lasnis se proposait d'en fàire démonter pierre par pierre les trois voussures, de remplacer les linteaux brisés et de rétablir ensuite îo tout dans son premier état. Celte opération délicate, et d'autant plus dispendieuse qu'il faudia Tétendire au porche du S., a été ajournée fàute de fonds.
Nous ne pouvons mentionner une à une toutes les statues qui erahollissent l'extérieur de la cathédrale de Cliartres et dont quelques-unes ont subi ^es mutilations regrettables.
Sans compter les figures de simple ornementation y les mascarons, les corbeaux, les gargouilles, etc., on trouve 1800 statues historiques ou symboliques, dune hauteur variant entre 22 cent, et 3 mèt., se dressant sur les colonnes, sur les piliers, sur les trumeaux I posées dans des niches et sur des contre-forts» rampant sous les voussures, tapissant les tympans et les mur,iilles. Le porche du N., à lui seul, compte plus <le 700 statues ou statuettes. Il nous suiliia de dire que les principales sculptures de ce porche représentent la Vie dë la Vierge, sa mort et son Assomption, les Précurseurs du }[ess{L' , V Arbre de Jessé , la Création, les Vierges sages et los Vierges folles, les Béatitudes de ràme et du corps, les princes et prineemi bienfaiteurs de Té- * glise, etc. Le trumeau de la porte centrale porte la statue colossale de sainte Anne tenant dans ses bras
Marie enf?iiit.
La façade du S., de la môme époque que la façade du N'., oHVe a pôu près la même disposition, te ponme, auquel on accède par un perron de 17 marches, est consacré au Jugement dernier. .h'sus-Christ y est représenté entouré de la Vierge, des Apôtres, des neuf chœurs ries Anges, des Martyrs ^ des Confesseurs, des Prophètes, des Vierges, etc. Au trumeau de la
porte principale est adossée la statue du Christ bénissant. Le piguuu de chaque baie du porche est orné d'une niche élégante abritant une statue.
L'entablement est surmonté d'une
riche galerie avec dais et ]>inarles renfermant 18 statues colossales des Rois de Juda.
Chacune des façades du transsept est flanquée de deux tours carréesi formées d*un étage voûté en pierre et percées de 6 ou de 8 baies ogivales , très-élevées, ornées de colonnettes et d'archivoltes avec des têtes grimaçantes. A la naissance de la courlmre de l'abside s'élèvent deux tours semblables. Ancune de ces six tours n'est achevée; elles devaient recevoir en»
core un étage octogonal et une flèche. A l'un de leurs angles est adossé un escalier à vis. Deux de ces escaliers sont terminés; ce sont ceux des tours qui flanquent le portail du S.
lissent renfermés dans de petites tourelles octogonales, surmontées d'une pyramide en pierres imbriquées et atteignant la hauteur du pignon du transsppt.
C'est du coté du S. que l'on découvre le mieux Tensemble de la cathédrale et c'est de ce côté seule- . ment que l'on peut voir l'extérieur de la chapelk de Saint-Piat (xiv* s.)»
parallélogramme parfait bâti on hors d'oeuvre deri ière l'abside de l'église. Celle chapelle, soutenue par six contre-forts massifs, est accompagnée à son extrémité E. de deux tours rondes recouvertes en ardoises. Une flèche élégante, qui s^élevait au milieu du comble, a été détruite en 1793.
L'intérieur de la c ithr-drale, dont l'ensemble oITre une parfaite burmonie, comprend : une nef principale et un transsept, accompagnés lun et l'autre de deux bas côtés; un chœur et un sanctuaire, entourés d'un double collatéral; sept chapelles absidales. La nef compte sept travées ogivales; le transsefjf, deux; et le chœur avec le saucluairc, sept; en
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