‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 28 sur 257 · ROUTB 1] CATHÉDRALE DE CHARTRES · texte numérisé non relu

ROUTB 1] CATHÉDRALE DE CHARTRES

ronde, sont cantonnés de quritrc colonnes lé^'rrement engapécs , îes chapiteaux sont généralement uraes d ua double rang de crosses végétales. Audessus des arcades et tout autour de Tédifice, règne un Irt/brtum comprenant, dans chaque travée, cinq arcade?; ogivales supportées par de If't^i'rfs colonnettes. Le.s leuèlres supérieures sont formées de lancettes géminées, surmontées d'une rosace à huit feuilles. Du milieu des piliers des arcades inférieures s'élancent de belles colonnes, qui, sur leurs chapiteaux de feuillage, vont recevoir les nervures arrondies des voiMes à clefs pendantes.

JLes collatéraux de la nef odrent une disposition analogue, mais Tharmonie du bas côté méridional a été gâtée par l'addition de la cbapelle de Vendôme, au XV* s. Autour du chneur, les voûter de^ r nllntéraux reposent sur de grosses colouues isolées, roudes ou octogonales.

Le clUBur, le plus vaste qu'il y ait en Flrance (38 mèt. 34 c. de longueur, surplus de 16 mèt. de largeur), était autrefois séparé de la nef par un magnifique jubé de la fin du xiii" s.

En 1 763, ce jubé, qui menaçait ruine, fui détruit par les chanoines, avec la permission de l'évêque. Les débris servirent de gravois pour niveler le .sol de la cathédrale, et de gracieux bas-reliefs, après avoir été mutilés, firent office de dalles pour repaver les trois eutrées du chœur. C'est là que Lassus les a retrouvés (1849) en faisant fouiller le sol. En revanche, les chanoines élevèrent à la place du jubé deux massifs en pierre de Tonnerre, réunis par une grille et ornés de sculptures do mauvais •:oilt. Ces massifs, qui masquaient presque complètement la vue du chœur aux fidèles réunis dans la nef, viennent de disparaître également (août 1866). Autour du chœur, s'étend une clôture, l'une des plus riches que l'on puisse voir.

Les colonnettes. les arcades, les frontons, les clochetons, les aiguilles, les statuettes s y pressent et s'y unissent

étroitemeat.Dans la partie supérieure, sous des dais sculptés, quarante ^rroupes historiés, composés de statues presque aussi grandes que nature, y représentent les principaux faits delà Vie de la sainte Vierge et de Jésus- Christ, suivant l'Evangile et suivant les légendes, l^our suivre Tordre chronologique, il faut partir du transsept du S. Cette admirable clôture fut commencée, en 1514, sur les dessins de Jean de Beauce, Tarcbitecte du clocher Neuf. A la mort de Jean de Beauce(l529). le mur était à peu pr^s achevé ; mais les groupes ne furent terminés qu'au commencement du xviii" s. Les quatre premiers groupes, prés du transsept méridional {V Apparition de Vange à taint Jodchim et à sainte Ame, la îienconirê des deux saints époux et la Naissance de la Vierge) , sont l'œuvre de Jean Soulas, maître imagier à Paris.

5î. Lecocq, archiviste de Isl Société archéologique d'Eure-et-Loir y a retrouvé, dans les registres des notaires du cbapitre de Chartres, le marché conclu entre le sculpteur et le chapitre, le *> j:invier 1.519 : » Et si a promis le dit Soulas faire les dits ymages aussi bien et mieulx que ceulx qui sont autour du cueur de l'église Notre-Dame de Paris.... Ce marché fait moiennant le pris et somme de deux cens quatrevingt livres tournois que mes ditz sieurs du Chappitre de Chartres seront tenus pour toutes choses 7nelconqucs paier au dit Soulas au feur qu'il besongnera.... >» M. Lecocq croit devoir attribuer également à lean Soulas ou à son école les grouiies 34*, 36*, 36% 37* et 38* [Y Ascension, la Descente du Saint-Esprit, V Adoration de la croix par la Vierge, le Trêpassement de la Vierge, le PortemeiU de la Vierge), près du transsept N. M. l'abbé Bulteau {Description de la cathédraU de Chartres) affirme» il est vrai, que Jean de Beauce est l'auteur des premiers groupes à dr. et à £? , les plus remarquables par leur expi ession religieuse i mais Jean de Beauce no fut

DE PARIS

ÂU MâNS* [aoUTE 1]

ÇU6 raretaîtecte et le directeur des travaux. Dans le marché que nous venons de citer, il n'est point désigné comme îmnî?icr, mais comme architecte, K maislre maçon.»— -aTous les historiens de Notre-Dame, dit M. Aleiaiidre Âssier {Notre-Dame de Chartres, 1866), ont cru que Jehan de Beauce était sculpteur et lui ont attribué beaucoup de statues. Il est certain qu'il n'était que maître maçon et sira[»Io conducteur de travaux, car, dans le marché qu'il passe avec maître Wastin-Desfeugerets, le 33 décembre 1&17, il est dit: « Ne sera tenu le dit de Beauce Ikire aucuns images, mais sera tenu faire les places à mettre les ditz images. » De plus, la statue du Sauveur qui orne l'un des côtés du clocher Neuf porte sur sou socle cette inscription qui justifie notre assertion :« 1513. Jelum de Beauce maçon qui a faict ce clocher m'a faict faire. »

Parmi les sculpteurs des autres gr( iipes de la clôture, nous citerons seulement: François .Marclianl, d Orléans; Tuby le jeune; Simon Mazières et Thomas Boudin. Celui-ci, dont le nom se lit sur deux tablettes de marbre ndr portant les dates de 1611 et de 1612, a sculpté les groupes 16* (la Tenta fton du Christ), 17" (la ChananitHiK')^ 18* (la Transfiguration), Tun des plus remarquables; 29% 30', 31* et 32* (la Résurrection, les Apparitions de Jétus aux saintes femmes , aux disciples d*£mmaû8 et à saint Thomas).

M. Lecocq a découvert les r.oms de quelques artistes ([ui travaillèrent aux sculptures formant le couronuemeut de la clôture. Ces artistes sont : Mathurin DelormCj de Chartres, en 1530 ; Claude Augier, de Lyon , en 1698; Martin Dangerville et Louis Lagrangc, de 1705 h 17IG.

Lntre le H^' et le 9" groupe se voit, soutenu par deux anges, le cadran d'une horloge fort ingénieuse , qui indiquait autrefois les heures^ les Jours, les mois, le lever et le coucher

du soleil, rftge de la lune et les signes du zodiaque. A côté s*élève bne charmante tourelle de la Renaissance, qui

renfermait Tp-^calier de Thorloge et un petit carillon. Entre le 20« et le 21* groupe, est un espace libre où se trouvait, avant la restauration dii chœur, un autel surmonté de reli* quaires.

Le slylobate de la clôture offre, dans sa courbure absidale, .'l'i médaillons représentant des scènes urées de rhistoirc sainte, de l'histoire de Chartres ou de la mythologie. On y voit aussi quelques porlrut» d*em« pereuri romains. Malheureusement « tous ces médaillons ont beaucoup souffert de la main stupide des enfants et des barbares, (|ui y ont gravé leur uom avec la pointe d'un couteau. •»

Les groupes historiés et leurs baldaquins étaient primitivement visibles de l'intérieur du chœur, mais, dans la seconde moitié du xvui" s., le chapitre, entraîué par le mauvais goût de l'époque, entreprit dans le chœur une décoration dont les uialeucontreux effets subsistent encore. Cest du XTiii* s. y en effet, que datent les rideaux en stuc bleu étendus entre les piliers du sanctuaire, le dallage du chœur en marbres blanc et noir, celui du sanctuaire eu marbres de couleur, et le maiire-autel eu marbre décoré de bronze doré. C'est alors aussi que fut installé derrière l'autel le célèbre groupe de VAssomption, sculpté par Bridan dans six blocs de marbre qu'il choisit lui-mènie dans les carrière<do Carrare. Alois encore la clôture du chœur fut revêtue intérieurement de huit tabkam de marbre blanc sculptés en relief par le même artiste (deux de ces tableaux ont été récemment supprimés, en même temps que les massifs qui obstruaient la vue du chœur). Entin de cette époque datent les stalles, au nombre de 1 17. L'ensemble de ces travaux coûta au chapitre 400000 fr.'

Une annoke, pratiquée dans le mat

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