CATHEDRALE DE CHARTRES
du sanctuaire, derrière l'autel, renferme le trésor de la cathédrale de Chartres, autrefois l'un des plus riches et des plus célèbres de la chrétienté.
Ce trésor se compose aujourd'hui presque uniquement d*un reliquaire moderne (18!îî), en bronze doré, enrichi de pierreries et de médaillons peints sur émail (les Apôtres) et renfermant le voile de la sainte Vierge.
Cette relique, appelée à Chartres la tanta Camùiaoudiemise de la Viergê, fût envoyée, dit-on, à Charlemagne par rimpératrice Irène, et donnée à • la cathédrale par Charles le Chauve, yers 876. Depuis lors, elle a toujours été vénérée par les Chartrains comme le palladium et la tutelle de leur Tille, etles historiens de laBeaucelui attribuent de nombreux miracles. Elle se compose de deux morceaux de soie blanche écrue, dont l'un est lon^ de 2 mèt. 1 2 cent, sur 40 cent, de largeur, et l'autre long de 25 cent, sur 24. Ces fragments sont enveloppés en partie dans une autre étoffe, plus légère et plus claire, remarquable par quelques ornements byzantins, et que l'on croit avoir été un voile de l'impératrice Irène. Autrefois, la ciiâsse coutenaiit la sainte tunique n'était exposée que dans des circonstances solennelles, en dehors desquelles il fallait une permission du chapitre pour la montrer aux simple?? fidèles; aujourd'liui .
il suffit , pour voir la reli(jue, de s'adresser à celui des chapelains de Notre-Dame qui se trouve de garde près de la Vierge du I41ier.
La Vierge ûu Pilier, qui reçoit les hommages de nombreux pèlerins (à rentrée du collatéral N du chœur), est une statue de la fin du xv* s. ou du commencement du xn* s., en bois peint et doré. Cette image représente la Vierge assise, tenant dans la main dr. une poire et soutenant de la main g. l'enfant Jésus assis sur les genoux •de sa mère. « La sculpture et la peinture de cette statue, dit M. l'abbé Bulteau, sont irréprochables; malheureusement on ne peut en voir que le
visage, parce qu'elle est toujours couverte dun vêtement assez singulier.»
De 1520 à nC3, la Vierge du PiUer fut placée surune colonne élevée sous les arcades du jubé. Après la destruction du jubé, elle fut adossée à Tun des gros piliers du transsept, jusqu'en 1793. Reléguée alors dans un coin de la crypte avec des débris de toutes sortes, elle a été installée, en 1806, à sa place actuelle, sur Tune des co* lonnes de Tancien Jubé. La boiserie prétendue ogivale, appliquée contre le mm, fîrrrière la statue , a été pla ce en 1H31. Notre-Dame du Pilier a été solennellement couronnée, au nom du Souverain Pontife, par Mgr révêque de Chartres, le 31 mai 1855.
De nombreux ex-?oto, des cœurs en argent, en or ou en vermeil, sont appendus autour de la madone, devant laquelle brûlent constamment neuf lampes.
Dans le {tourtour du chœur s'ouvraient primitivementsept chapelles; il n'en reste aujourd'hui que cinq.
Défigurées, depuis le xviii* s., par des boiseries et des retables i:recs, pIIps doivent être prochainement restaurées dans le style ogival. Cette restauration est même accomplie déjà pour Tune d'elles, la ehapelte âu Sacré-Cœur de Marie, la deuxième à g. , à partir de la Vierge du Pilier. Do beauT vitraux, des peintures murales, dans le style du moyen Age. un autel sculpté et une belle grille décorent depuis peu cettechapefie. A dr. et à ^. de la chapelle suivante, située à Tabside et dite ai^ourd^hui chapeUe de la Communion, on remarque les deux parties d'un môme bas-relief sculpté par Bridan: Jésus-Christ apparaissanty après sa résurrection, ù la Madeleine. Entre la chapelle de la Communion et la ehapeUe du Sacré* Cœur de Jésus, se trouve un escalier qui conduit à la chapelle de Saint- Piat, construite, au xiv° s., en dehors (le l'étrlise, comme nous Tavons déjà dit (pour la visiter, li suiJit de s'adresser au chapelain da garde près
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de la Vierge du Pilier). Au-dessous de la chapelle Saint^-Piat s'éteod Fan-
cienne salle capitulaire^ qui sert actuellement de salle d'étude aux enfants de la maîtrise.
La chapelle de Vendôme ou des MartyrSy bâtie en 1413 entre les deux contre-forts de la cinquième travée^ contre le collatéral du 8.» était» en 1866, l'objet d'ime restauratioii complète. La clef de voûte offre les armoiries du fondateur, Louis de Bourbon, comte de Vendôme. Une grande armoire pratiquée dans le mur renterme deux cïiAsses, dont l'une contient les reliques de saint Plat, et Tautré les ossements de saint Taurin, évéque d*Êvreux, et ceux de plusieurs autres saints. Saint Taurin et saint Piat sont en grande vénération dans le diocèse de Chartres. De temps immémorial, on y invoque le premier pour obtenir de la pluie, et le second pour obtenir du beau temps.
Quatre autres chapelles, établies, les unes dans le transsept depuis la Révolution, les autres sous les clochers plus récemment encore, n'ont rien de. remarquable.
Les vitraux de la cathédrale de Chartres offrent l'ensemblè le plus remarqual>lc qui existe, « La peinture sur verre , dit M. Bulteau , garnit 125 grandes fenêtres, 3 rose^5 immenses, 35 roses moyennes et 12 petites roses. Presque toute cette peinture date du xui* s.; toutefois on compte 6 fenêtres et 2 roses moyennes en verre du xiv" s., une fenêtre en verre du xv* s. et 2 petites roses en verre du xvî« s. Il y a aussi 3 grandes fenêtres peintes au xir^ s. ; elles sont placées sous la grande rose occidentale; c'est d'elles que Lassus a dit:
«t Chartres possède trois magnifiques verrières qui font pfilir tous les vitraux dont le xiii* s. a enrichi cette magnifique cathédrale. »
a La caLiicdraiu de Chartres, dii à
son tour M. de Lasteyric, offire au peintre-verrier un des plus parfaits modèles qu'il puisse étudier^ et si,
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comme exécution de détail, on a été beaucoup plus loin, il n'existé, j'ose le dire, rien de plus complet, rien de plus admirable comme décoration et
entente des effets. »•
Toutes ces verrières sont des dons faits à la cathédrale. La plupart de celles qui garnissent les fenêtres supérieures sont dues à la munificence de saint Louis, de saint Ferdinand, de Blanche de Castille, des chanoi* nés de Chartres et d'un grand nombre de seigneurs français; celles de l'étage inférieur onl été données par les corporations des arts et métiers.
La grande rose oeddenitUe représente le JvgemetU dernier. Les trois fenêtres ouvertes sous cette rose représentent : celle de dr., V Arbre de Jessé ; celle du milieu, les principales scènes de VEnfance de Jésus- Christ; celle de g., la Passion et la Réturreetiùn du Christ.-^ La grande rose du N.^ appelée aussi rose de France parce qu'elle fut donnée par saint Louis, est consacrée à la Glorification de la sainte Vierge. Les cinq i^randes fenêtres situées sous la rose représentent sairUe Anne, tenant dans ses bras Marie enfant, entre Mekhùédeeh, Juron, Daeid et 5alomon. — La grande rose du S., donnée par Pierre de Dreux, ro- I)ro(iuit la CAorification du Christ.
Au-dessous, de chaque côté de la Vierge portant reniant Jésus, se voient les figures des quatre grands prophètes^ Uaîe, Jérémie, Daniel, Éséchiel, supportant chacun un des Évangélistes. Des princes et princesses du XI] r s. sont aussi représentés dans les vitraux du transsept.
— Dans les verrières ilu chœur, on peut remarquer les figures de saint Louis, de Ferdinand de Gastilley d'Amaury IV de Montfort, de Simon de Montfort, etc. — Les fenêtres de l'étage supérieur ofTrent, en général, les ligures colossales des Pro{)hètes,.
des Apôtres, et d ua grand nombre de saints et de saintes, avec quelques scènes évangéliques ou légendaires.
CHOim 1] GATHÉDRAI«E