D£ CHARTRES
SI
Dans les vitraux de l'étage inférieur sont représentées des scènes de la Bible, d« la Tie des saints et de
l'histoire de TÊgUse. Malheureusement plusieurs verrières ont été remplacées en tout ou en partie, nn xviii* s., par du verre blanc; dans celles qui existent encore un certain nombre de panneaux ont été, à di- Terses époques, mutilés, démembrés, TOtouraés ou déplacés perdes vitriers ignorants ri maladroits.
Le dailafre de la nef a « nnseivé, dans sa partie inférieure, une décoration qui se voyait autrefois dans quelques grandes églises de France. C'est un labyrinthe formé de onze bandes de pierre lilaiiche, dont les intervalles sont remplis en piern» Itlone do Senlis. Les f'hfirtrains appellent ce labyrinthe la iitucy quoif^u'il n'ait en réalité que 294 mèt. de développement.
Le buffet dPùrguet, placé à la hauteur du triforium et des fenêtres supérieures, dans la sixième travée de la nef. à ilr., date de l'époque de transition du style ogival au style de la Renaissance.
La crypte de la cathédrale de Chartres, construite au xi« s*, par révôque Fulbertf, est la plus vaste qui existe en France. Elle mesure, en effet, 110 mêt. de longueur totalo, on 2Î0 met. de circuit, sur une largeur moyenne de 5 à 6 mèt. C'est une sorte de galerie s^étendant sous les collatéraux de la nef et du choeur de l'église supérieure. Ountrc autres praleries, construites aprrs l inrendie de 1194, rèprnpnt sous les bas côtes des transsepts. Six escaliers, situés sous les clochers et sous les porches des transsepts, donnent accès dans la crypte. Une entrée principale se voit, en outre, un p'^n h VK. du porche du S. — La crypte est ouverte tous les jours, depuis la première messe (5 ou 6 h. du matin) jusqu'à 9 h. du matin. Pour la visiter en un autre moment « il faut s'adresser à M. Durand, éditeur d'estampes, 12, cloître Notre-Dame, à dr. du clocher Vieux. Oa pénètre
alors dans Téglise souterraine (moyennant une légère rétribution) par Ventrée principale, qui est précédée d'un petit passage à ciel ouvert, et dont la porte, du xii* s., est décorée de colonnes et d'archivoltes.
L^n escalier conduit dans la grande galerie du S., où l'on tourne d'abord à g. dans la direction du clocher Vieux. Contre le mur, à g., est appuyée une énorme pierre portant un bas-relief gallo-romain, qui représente un personnage grossièrement sculpté, revêtu de la robe et du manteau. — La chapeUe Saini-Martin (du même cété) , récemment restau*rée, renferme les magnifiques débris du jubé de la cathédrale (xni* s.). — En face, la chapeUe Saint-Cli'mrnt rt Saint-Denis a conservé que; lu s restes curieux d'une fresque de la lia du xa* ou du commencement du XIII* s. (six figures colossales de saints représentés dans des niches en plein cintre). — Dans la chapelle Saint-Mcolas (à g.) se trouve la tombe de saint Calétric (vi" s.), évêque de Chartres. Ce tombeau, autrefois déposé dans la salle capitulaire, au-dessous de la chapelle Saint-Piat, ne renferme plus les cendres qui lui avaient été confiées. — Près de cette chapelle, dans la galerie, se voit une curieuse piscine surmontée d'une fresque du xiii* s. (la Nativité du Cftfûl). Plus loin, sont des fonts baptismaux du xii* s. , qui servaient autrefois au baptême des enfants des offici'^r^ (le l'église et des parents des chanoines. Us se composent d'une grande cuve ronde, ornée de moulures et soutenue par quatre colonnes cannelées à chapiteaux élégants.
En revenant sur ses pas jusqu'à la porte par laquelle on est entré, et en continuant l'exploration de la galerie sous l'abside de l'église supérieure, on trouve successivemcnl à dr. :
la ehapeUe Sainte-Madekinef restaurée par le tiers ordre de Saint-Fraur cois ; — la chapelle Sainte-Annrf décorée aux frais de l'association dos
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-Hères Chrétienoes ; — la ehapdU
Soimê'Yvcs, restaurée par Mgr Regnault, évôque actuPÎ de Chartres ; — la chapplle Saint-Jean-liaptiste , à l'abside (peintures murales modernes représenta nt les principaux Liait^ de la Tîe du saint) ; ^ la chapéUe Saint- FiUberty dont le bel autel a été donné par Mgr Pie, évéque de Poitiers ; — la chapelle Saint-Jùsfjth (décoration moderne); — et la chapelle Sainte- Véronique, convertie en sacristie dès 1620. « Dans 1 ebrasemeut d'une ou- 'verture qui la faisait autrefois cornmuniquer avec la chapelle précédente, se.Tbient encore des restes de peintures du XIII* s. »
De toutes les chapelles que nous venons de nominer, trois seulement, facilement recounaissables à leurs yoûtes en berceau, datent de la construction même des cryptes (xi* s.) ; ce sont les chapelles Sainte-Anne, Saint-.îean et Saint-Joseph. Les autres appartiennent nu \ui* s., comme l'indique la forme ogivale des fenêtres et des nervures des voûtes, dont les defs sont ornées de feuilles. Le reste delà crypte est voûté en plein cintre, en forme de voûtes partielles, divisées par carrés de 5 à 6 mèt. de côté, à l'exception de la dernière travée de chaque côté, près des clochers. Ces travées datent aussi du xm* s. Les arceaux se croisent et retombent, ainsi que les arcs doubleauz, sur des pilastres très-larges sans sculptures.
En face de la chapelle de Sainte- Véronique, se trouve l'entrée d'un grand caveau, fermée par une élégante porte de fer. « Ce caveau, dit l'auteur anonyme de Une heure à Noirê^Damede Chartres, est l'ancien Ma/rtifrium de l'église. On nommait ainsi autrefois le lieu placé sous l'autel principal et où se conservaient les reliques des martyrs. Plus tard, le caveau servit à mettre en sûreté, durant les guerres, les richesses du trésor de la cathédrale. On y descendait du sanctuaire par un escalier ' qui existe encore. A rentrée du
caveau, sur la dr., est une bat»»
fosse, dans laquelle on cachait la
sainte cliAsse qui renferme la tunique do la Mère de Dieu. Le ciA cau vient d'être transformé en une chapelle dédiée à saint LubiHj qui. simple berger, fut élevé au siège de Chartres, à cause de ses éminentes vertus, et dont le culte a toujours été populaire dans toute la contrée, l'n ^rracieux autel s'élève entre les deux piliers carrés (fui occupent le milieu du caveau. Lj. aiche pratiquée derrière l'autel renferme une relique insigne de saint Lubin, due à la pieuse munificence de Mgr de Blois. » La chapelle Saint-Lubin a été restaurée avec le produit des ofTranfies recueillies par les enfants des écoles des campa ltuos.
Un mur de refend, construit au zvii* 8. pour fàciliter la décoration de la chapelle de Notre-Dame-sous-Terre, sépare la galerie absidale de la grande galerie du N., à laquelle on arrive par un petit passage courbe.
La chapelle de Notre-Damesous-Terre occupe, dit-on, remplacement de la grotte dans laquelle les Druides vénéraient « la Vierge qui devait enfanter. » La statue qu'ils y avaient érigée avec dette inscription:
VirginiPariiurœ, et qui avait été conservée par les chrétiens, fut détruite, suivant certains auteurs, dans l'incendie de 1030. Suivant d'autres écri* vains, elle subsista jusqu^à la Révolution, et ce fut elle-même qui fut brûlée, en 1793, sur la place du Cloître-Notre-Dame, au S. de la cathédrale. La statue actuelle, placée sous un riche baldaquin, et devant laquelle viennent se prosterner chaque année de très-nombreux pèlerins, a été solennellement érigée le 8 septembre 1857 (la crypte avait été ouverte de niiu\cau aux fidèles quelques années aup.uavaal, maisia consécration
des aatds des chapelles n*a eu llea que le 17 octobre 1860, nix-centième
anniversaire de la consécration de la
cathédrale). Cette statue reproduit aussi ej^ctemeut que possible la
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statue primitive. De nombreux ez-yoto et des lampes de vermeil rentourent La décoration de la chapelle est tout entière l'œuvre de M. P. Durand, de Chartres, à qui sont dus aussi les dessins de l'autel, en pierre sculptée, daos le stjle roman. La partie supérieure des murs et la voûte sont couvertes de peintures à fresque, exécutées en 1644 et représentant, pour la plupart, des sujets tir^s de 1 Evangile. Sous ces peintures, qui se cuntinuent en avant de la chapelle, daos la galerie, Il en a été récesmient découvert d'autres qui datent du zu* s.; Tune d'entre elles représente le Jujernent de Salomon.
Tout près un peu en avant de Tautel de Notre-Dame-sous-Terre , du cÂté de !'( pitre, se voyait autrefois le puiit des SainU'Farts, dans lequel furent jetés les corps d*un grand nombre de martyrs, pondant la persécution du préfet Quirinus {V. cidessus, p. *23). Ce puits, auijuel se rattache une charmaute icgcnJe, est depuis longtemps comblé et des fouilles entreprises en 1849 pour le retrouver sont demeurées sans résultat.
Adr. (Je la chaiielle de Notre-Damesous-Terre, se trouve la chapelle des Satn(«-For(s(Savinien,PoteDtien et autres). On remarque, dans cette chapelle , une montre vitrée renfermant des colliers de coquillages marins offerts à Notre-Dame de Chartres par les Hurons et Irs Abnaquis, à la fin du XVII* s., et suf t'njt un ma{<nifique triptyque liu xiii" s. servani de reliquaire. Avant la Révolution, ce triptyque appartenait à l'église Saint- Algnan. En chêne sculpté, recouvert de cuivre doré et émaille, il a la forme d'un édicule, avec toit et pignon. A l'extérieur, la porte est ornée d'une double main divine d'où s^éehappent des rayons dans la direction des douze apAlies, en bronze doré, assis au-dessous, dans des niches. A l'intérieur, se voient les figures de Jésus-Christ et de la Vierge^ puis, au fond, un Christ en croix,
BBITAGNE.
entre la Vierge et saint Jean, TÊglise et la Synagogue. Ce reliquaire, dont
quelques parties sont modernes, renferme un fragment du voile de la sainte Vierge, conservé dans le trésor de l'église supérieure.
Au fond de la galerie N. de la crypte, près du clocher Neuf, se trouvaient autrefois quelques cellules affectées à la demeure des^cpur^ de Sous-Terrey femmes pieuses qui se consacraient à la garde de la crypte, au soin des pèlerins et à l'entretieu du liage nécessaire au culte.
Quand on a visité la crypte dans l'ordre que nous venons d'indiquer, on en sort ordinairement par la galerie latérale qui s'ouvre sous le transsept septentrional et qui aboutit à l'escalier situé à rO« du porche, du même côté.
Les dimensions principales de la cathédrale de Chartres sont les suivantes ; longHeur totale dans œuvre, lijO mèt. 86 c: — de la nef, du portail à la grille du chœur, 73 mèt. 47 c;
du ChoBur jusqu'au fond du trésor, 38 mèt. 34 c; — du transsept, d'un trumeau à l'autre, 63 mèt. 30 C. — Largeur tutalf^ dans œuvre, prise aux portes laté raies du chœur, 45 mèt.
95 c; — près des clochers, 32 mèt.
37 c.;— de la nef principale, de colonne à colonne» 12 mèt. 67 c. ^ Hauteur de la nef centrale, au transsept, 36 mèt. 55 c; — des collatéraux, 13 mèt. 85 c. — Diamètre des tr )is grandes roses, 11 met. 6G c. - Hauteur du clocher Neuf, 115 mèt. 17 c; — > du clocher Vieux, 106 met. 50 c.
— Superficie généràle dans œuvre, 5200 met.
La cathédrale de Chartres, pst il besoin de le dire? est classée parmi les monuments historiques et appartient à l'État.
Au N. de la cathédrale, entre le
transsept et les jardins de TévÔché,
s'élève la sacristie, construction élé* gante des dernières années du ail* s, (Il mèt. 30 cent, de luii^ueur sur 8 mèt. 20 cent, de iaigeur et 15 mèt.
DE PARIS AU MANS
[Route 1]
20 cent, de hauteur). Les quatre fe- Dètres ogivales, autrefois ornées de grisailles, ont été, les unes bouchées, les autres garnies de verre blanc, pendant le xviii* s. Un larjçe couloir voûté, éclairé par une belle fenêtre en grisaille^ du ziv*s., relie la sacri&Ue à l'église.
Vévéché, entourée de beaux jardins, au N. E. de la cathédrale, a été construit au xvii* s., en partie 'aux frais de Mme de Maintenon. C'est un ('Hiifi''c vn briques roup'es, composé d un seul étage au-dessus du rezde-chaussée.
Att S. de la cathédrale, près de la chapelle de Sunt^Piat, 8*éléve la mattrise^ grande maison moderne sans carartèro, qui sert de séminaire aux Clercs de Notre-Dame. On appelle ainsi des enfants pauvres qui se destiiient à l'état ecclésiastique et dont l'éducation est en totalité ou en partie à la chargede rarchiconfrérie de Notre- Dame-sous-Terre.
L'ancienne éf?îise ribbatia-le de Saint- Pèrf rn- Vallée . aujourd'hui église paroissiale Saint-Pierre (place du même nom), beau spécimen de Tar- <^tecture du x* au xin* s. (mon.
hist.), est bâtie sur le penchant de la colline. Au N. le sn! est plus élevé que le pavé de i'église; il est du même niveau du côté du S. « Son plan, dit M. Mérimée {Notes d'un voyage dans Pount de la Fronee), est celui «Tune basilique à trois nefs, ayant un chœur fort long, terminé à l'E. par une abside semi-circulaire :
deux chapelles de forme rectangulaire s'ouvrent symétriquement à dr. et à g. de l'abside. Une autre chapelle est placée au S. entre le chœur et la nef, séparée du collatéral par deux piliers isolés. Des arcs-boutants soutiennent de tous côtés les murailles de l'église, terminée à l'O. par un vestibule voûté en ogive avec des moulures rondes et surmonté d^une tour carrée. Le premier aspect des arcades de la nef, des galeries et des fenêtres du chœur> rappelle en petit
la cathédrale. Mais bientôt, en examinant les arcades mleneures du chœur, on est frappé du contraste de leurs piliers trapus, cylindriques, quelquefois réunis deux à deux par un massif épais, plus souvent isolés, surmontés de chapiteaux grossiers, avec les longues et sveltes colonnettes en faisceau, couronnées de feuillages ou de crochets gothiques. Toutes les voûtes * f t ogivales ainsi que les arcades ; celles de la nef et du chœur toutes renforcées dn nervures rondes.
Les arcades inférieures du chœur ont leur pointe obtuse ; dans la nef ce sont des arcs en tiers point.
Ainsi Ton distingue dans la partie inférieure du chœur de Saint-Père, auraoin'=; drnv stvles, dont l'un, trèsancien, appartient à la première éjioque romane, l'autre à l'époqui' de transition. Ou doit, un outre, attribuer à une construction intermédiaire les colonnes engagées dans les piliers du chœur. Qnant aux parties supérieures depuis la tralerie, elles portent tons les caractères du style gothique primitif. Tel est aussi celui de la nef, bien que , à quelques égards , elle dilière b^ucoup du chœur, nonseulement par les détails de sa décoration, mais encore pa-* le système même de cette décorati on. l a e-alerie supérieure de la nef est monis ornée et moins haute que celle du chœur.
La première se compose dans chaque travée de deux arcades ogivales qui en contiennent chacune deux autres trilobées, surmontées d'un quatrefeuiiles. La balustrade, très-élégante, est découpée par d'autres quatrefeuilles. La galerie de la nef a quatre arcades trilobées, point de balustrade, seulement des garde-fous massifs.
Mais c'est dans les meneaux des fenêtres qu'on remarque la différence la plus tranchée entre le gothique de la nef et celui du chœur. Les vitraux de Saint-Père sont admirables. La plupart de ceux du chœur représentent de grandes figures d'un dessin assez correct^ revêtues de longues