ROUTE 1] LA LOOPE« — NOGENT-LB-ROTROU
dans une jolie valh'e, sur ];i Corbionne, affluent do rHuisne.Al u. et à peu de disLauce de Brcloocelles, dans la forêt de Saussaye, sd trouve une motte couverte d'arbres séculaires et entourée de larges fossés; elle se nomme la Butte du Chdteau.
[Çorresp. pour : (17 kil.) Long'ni, par (8 kil.) Montiers-au-Peiche et (13 kil.) le Mage (R. 15). ]
On côtoie, dans une charmante vallée, la rive g. de la Corbionne jusqu'à son coutluent avec l'Huisne.
141 kil. Condé-sur-Huisney v. de 1292 hab.; est situé sur la rive g. de la Corbionne, près de son confluent avec*rHuisne. Kn face de la station, sur In haut d'une colline fertile, s'élève un beau château modorno, appartenant à M. le comte de Baulny.
[Corresp. pour : (31 kil.) Morla^'ne (T. la Normandie^ par Ad. Joannf), par (8 kil.) Dùreeau (882 hab.) et (9 kil.). RéniàUird, ch.-l. de c. de 1839 hab., eur THuisne {église remaniée, avec un portail roman du x:!'s. et de jolis d(''tads du xv« s. ; château moderne de Voré qu'habita Helvétius et qu'entoure un beau parc ; débris des châteaux forts de fiUeroy et de Jltverity).}
On franchit THuisne, qui sépare Jes départements de l'Orne» qne l'on
quitte, et d'Eure-et-Loir, où Ton entre. La vue devient plus étendue.
On aperçoit, h jilus de 6 kil. de distance , les principaux édifices de Nogent - le - Kutrou. Plus près , se montrent, à g. le village et l'église deMargon (F. ci-dessous, p. 47).
149 kil. Nogent ie-Hotiûu (bot. :
du Dauphin et de Satnt^acquee réunis, rue Charosoerie ; de la Bouk- Verte, place du Marché ; du Ckemindr-Fer de V Ouest , près de la gare ; •libraires, Ronsin et Cirou), V. de 7105 hab., ch.-l. d'arrond. du départ.
d'Eure-et-Loir, est située à 105 mèt.
d'altit., snr l'Huisne. Bâtie au milieu d'un riant vallon, que domine au S.
un coteau escarpé, elle offre tout à la fois les agrémeuis de la ville et les charmes de la campagne. Nogent se compose, en effet, de quatre rues principales qui, semblables aux longues galeries d'un cloître, forment un parallélogramme irrégulier au milieu duquel s'étendent de belles et vastes prairies. De longues avenues sablées, plantées d'arbres et bordées de fossés remplis d*eau, facilitent les communications d'un quartier à Tautre et aboutissent aux promenades publiques ou à de jolies maisons cachées au fond de leurs frais jardins. Cette disposition donne à Nogent une physionomie singulière et une très-grande étendue, peu en rapport avec sa population.
Quoique des restes authentiques de coDStmetions romaines, tioovéM â No*
gent-to-Rotrou à différentMiaprises, prouvent qoc cette ville joua un certain rôle dans l'antiquité, les plus anciens documonts qui en fusent mention ne sont point antérieurs à la fin du x* s. A cette époque, le bourg s'appelait Nogcnt-le- Cbâtel. Sur les ruines de la forteresse primitive {Catttvim Nogioni)^ détruite par les Normands, Geoffroi II, comte du Perche, petit-fils et successeur de Rotrou fit élever un nouveau château, au commencement da ZI* 8. Le quartier Saint- Jean se forma peu à peu sous la protection de ce château et de l'église voisine, aujourd'hui détruite, tandis que d'autres maisons se groupaient autour de l'église Saint-Laurent et du monastère de Saint-Denis, fondés aussi au xv- s. Le comte Rotrou II pasea en Espagne pour combattre les Sarrasins, en 1089. et eut poar dernier descendant mâle Thomas, comte du Perche et seigneur de Mogent, tué, en 1217, à Ut bataille de Lineoln, en Angleterre, sans laisser de postérité. La seigneurie de Nogent fut érigée en duché en 1567, en faveur de Louis de Bourbon, prince de Condé, onele d*Henrl IV. U tat tué au combat de Jarnac,en 1569, et laissa de son second mariaj^e avec Françoise d'Orléans, Charles de Bourbon, comte de Boissons, né à Nogent en 1567. SoUy, ayant acquis cette seigneurie en 1624, la transmit à ses héritiers, qui l'aliénèrent en 1770. Lors de la Kévolntion, eUe fut confisquée snr le oomle d'oreaj.
Digitizeo lj vjOOgle
DE PARIS AU MANS
[ROtJTB 1]
Depuis son érection en chef-lieu d'arrondissement, Nogent est devenue la principale ville de l'ancienne province du Perche. Elle a vu naître le général Saint-Pol» tué à l'asaaut de la tour Malakoff.
L'église Saini-HilaîTO (mon. hist. ),
qu'une belle avenue plantée d'ormeaux relie n la gare, s'ôlè' e sur la rivo dr. de l'Huisne, dans un enclos mnréeagpux récemment entouré de muis. Cette église, fondée à la fin du tl^ ou au commencement du xi« s,, se compose de parties de différentes époques. Le portail principal, sans caractère^ a été défiguré au xvii* ou au xviii* s. Il est surmonté d'une Laie ogivale, à meneaux flamboyants, inscrite dans un pignon aigu. On remarque aussi à l'extérieur: les fenêtres des bas côtés, surmontées de pignons à crochets; les gargouilles, dont plusieurs sont malheureusement mutilées; et surtout la tour, bâtie en pierres de taille (1560) comme tout le reste de l'édifice, au-dessus de la chapelle terminale du collatéral du S. CeiVè tour, cariée, percée dans sa partie supérieure de baies ogivales à dentelures, se termine par iiTic f,'alerie entourant un petit dôme, que surmonte une lanterne à jour. L'extérieur de Sainl-Hilaire a été restauré en partie en 1866. A l'intérieur, nous signalerons l'ar^ cade ogivale qui sépare la nef principale du sanctuaire, et dont Parcliivolle ornée d'une lielle guirlande de feuillage s'appuie sur des piliers décorés de dais ou clochetons sculptés, les autels sont surmontés de retables grecs dans le goût du xvni* s. Audessus des arcades de la nef sont suspendus douze tableaux plus que médiocres, représentant les Apôtres. Une autre toile, donnée en 18t)6, par le gouvernement, est une copie du Saim Michel terrattani le dragon de Raphaél. Quelques vitraux modernes en mosaïque et un beau confessionnal, également moderne, dans le style ogival du xv^ s., attirent aussi Tattention.
A côté de l'église Saint-Hilaire, de
l'autre côté de la rue du même nom, s'étend le nonvpau cimetière^ planté en partie d'arbres verts.
L église Notre-Dame (mon.hist.), dans la rue Dorée, autrefois chapelle de l'hôpital, n'a conservé d'ancien qu'un portail principal (m* ou xni* s.) , décoré de moulures en dents de scie.
De nombreuses transformations ont fait perdre au reste de l'édifice son caractère primitif. A l'intérieur, composé de trois nefs, on remarque:
les colonnes, à chapiteaux coniques ; une rosace garnie de vitraux, audessus de l'arcade qui sépare la nef du chœur; les fenêtres des collatéraux, du style ogival flamboyant.
Dans le bas côté de g., au-dessus de Tau tel, une niche voûtée en cul-defbur renferme une curieuse crèche, dont les personnages, au nombre de quatorze, représentent, outre l'Knfant JésuSj la sainte 'Vierge et saint Joseph, les rois mages, les bergers et plusieurs anges. Les mages ont la couronne sur la tête, et Tun d'eux / porte une lyre à la main.
A côté de l'église , dans la me de Sullv, se trouve rentrée principale de l'hôtel-Dieu mon. hist.), ancien hôpital de Saint-Jacques de 1 Aumône, fondé en 1 190 par le comte Rotrou IV. Les bfttiments actuels sont modernes, à Texception de la grande porte flanquée de colonnes soutenant un fronton où se voyaient, avant la Révolution, les armes de Sully, suppoitées par deux Hercules. Sully lut, en effet, après le comte Rotrou , le principal bienfeiteur de cet établissement. Dans la cour, à dr. en entrant, contre l'église Notre-Dame, un édicule hexagonal, construit par Rachel de Cochefilet, veuve (lu grand ministre, renferme le tombeau du duc et de la duchesse de Sully (pour le visiter, s'a* dresser au concierge de Thétel-Dleu ; pourboire). Un piédestal en pierre, recouvert de peinture, supporte les statues en marbre blanc des deux illustres morts, revêtus de leur grand costume et représentés à genoux, les mains