‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 34 sur 257 · NOGENT-LE-ROTROU · texte numérisé non relu

NOGENT-LE-ROTROU

joiotes. Devant eux, deux petits cûnâsiDs en marbre blanc» portent, Tun deux bâtons de commandement et la couronne ducale, l'autre, un livre de prières. Les glands qui ornaient ces coussins , ont été brisés pendant la Révolution, ainsi que les trèfles de la couronne. Sur la face antérieure du piédestal sont sculptées , en marine blanc, les armes des deux époux ; le côté qiii fait face à la porte d'entrée oiïre celles du mari seul accompagnées des Hercules en isupports.

Le socle de la statue de Sully porte le nom du sculpteur et la date de l'œuvre : B. Bovdin. F. 1642. £n face du mausolée, contre le mur de lacbapoI!e funéraire, une inscription reproduit les dix commandements de Dieu. Dans le mur opposé, une grande table de marbre offre Tépitapbe de Sully et de Bachel de Gochefilet.

Cette épitaphea été rétablie en 1784, par Pierre-Gaspard-Marie Grimod, comte d'Orsay, d'Antrey et de Nogentle-Beiliuiie (Nogent-le-Rotrou), tant

> en son nom qu'en celui de la princesse de Hohenlohe-Waldenbourg, son épouse. Cealt au moins ce que constate une inscription supplémentaire, en partie efîacée à coups de marteau. Knfin,près du tombeau, sur le sol, estdépubé un buste de Sully, en bronze, autrefois placé sur un cippe dans le jardin de Thôtel-Dieuy qu'une grille sépare de la rue Dorée. Suliy et Rachel de Gochefilet reposaient, avant lu, Révolution, dans un caveau,

. au-desi?ous du monument funéraire ; mais leurs cendres furent jetées au vent en 1793.

L'égliie Saint -Laurent (mon. hist.) , près de la rue du même nom, a été agrandie et reconstruite à différentes époques. Kilo est surmontée d'une tour carrée, en pierres de taille, décorée de corniches élégamment sculptées. Les fenêtres à mebeaux du collatéral de dr. et les arcades ogivales de la nef paraissent dater du xvi* s.

L'cgiisc entière est actuellement (1S66) l'objet d'importantes restaura-

tions. La nef principale^ autrefois recouverte d'un lambris en bois, a été voûtée ; tous les murs intérieurs ont été peints en blanc; les chapelles des Fonts et de la Vierge, à l'entrée des collatéraux, ont été décorées de peintures polychromes d'un effet salislaisaut. Dans la chapelle de la Vierge, un beau vitrail représente, en quatre compartiments : V Annonciation , le Mariage de la Viergr, la Fuite en É(j]/ple et Jéms au niiiiru des docteurs. D'autres vitraux ornent les fenêtres du chœur, que déshonorent encore un autel et une boiserie du xviii* s. Nous signalerons enfin, dans la nef, un bon talileau du Jfarlyrs de saint Laurent.

Contre l'abside de Tégiise, un passage voûté en ogive donne entrée dans une rue où Ton remarque la maitan d'arrit et le tribunal, installés dans un ancien couvent.'* A cété^ s'élève le collège, fondé au xvi* s. par Jacques Lescot, évêque de Chartres. — Nogent-le-Rotrou possède aussi un petit séminaire dit de Notre-Dame, et une institution de sourds-muett, dirigée par les sœurs de l'Immaculée^ Conception.

Le château de Saint-Jean, ainsi nommé d'une église dédiée à saint Jean -Baptiste et à saint Jean TËvangéliste, que le comte Geoffroi II avait fait construire à côté de sa forteresse, se dresse au sommet d'une colline abrupte, d'où il domine la ville et tout le pays environnant. Sur les pentes de la colline s'ét<igent des maisons et des jardins; mais les rampes ardues et tortueuses qui conduisent au sommet sont en trop d'endroits bordées de masures ignobles, dont la population mal famée encombre les chemins d'ordures et poursuit les visiteurs de ses sollicitalions importunes.

Après avoir été la demeure des anciens comtes du Perche, le ch&teau de Nogent fut aussi Tune des résidences favorites de la famille de Condéjdont la présence fut plus d'une fois une sauvegarde pour la ville. Le

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prince de Coudé s'y établit, en 1566,

me Françoise d^Orléans, sa seconde femme, qui y donna le jour h Charles, comte de Boissons. Catherine de Médicis y fut reçue en 1573, lors du voyage qu'elle fit en Anjou pour aiier rejoindre son plus jeune fils. Plus tard, Sully se prit à son tour dWec^ tion pour son nouveau domaine. Il voulut faire restaurer le chMeau ; mais, en ayant été empêché par les réclamations des moines de Saint- Beuis, il se retira à Villebon. Pendant la Révolution) le château de Saint- Jean fut plusieurs fois vendu, d'abord à un ébéniste de Paris, qui Ion ta de le restaurer, puis à un spéculateur, qui essaya inutilement de Tabattre pour trafiquer des matériaux, enfin à Mme la comtesse de Reiset, l'acheta pour le soustraire au vandalisme de la bande noire. Le vieux manoir des comtes du Perche, mutilé par les guerres et par le temps, est encore une des plus belles et des plus intéressantes ruines féodales. Il appartient aujourd'hui à M. Desmurs, qui 8*y est fait une demeure charmante, au détriment peut-être des souvenirs historiques et du caractère de ce vieil édifice.

Un écriteau appliqué à la porte de renceinte extérieure défend de pénétrer sans permission dans les jardins qui entourent la forteresse, le long des anciens fossés aujourd'hui recouverts de verdure. Mais pour obtenir cette permission et celle de visiter rintérieiu- du cliàleau, gracieusement ouvert aux étrangers, il faut pénétrer dans l'enceinte et aller sonner sans crainte à la grande porte du château.

La partie la plus ancien Me de ce château est le donjon fundé par le comte Geollmi II (IUÛ3- 1030). Comme la plupart des donjons de la même époque, il forme un parallélogramme plus long que large. Les murs, qui ont plus de 3 met. d'épaisseur à la base et qui s élèvent à 35 mèt. de hauteur, sont renforcés par des contre-forts dont iépaisseur diminue

AU MANS, [ROUTE l]

progressivement d^étage en étage.

L'entrée primitive du donjon, de niveau avec le premier étage, a été masquée et remplacée depuis 1492 par une porte à pont-levis et par deux tours que surmonte une galerie couverte, à mâchicoulis, et que couronnent des toits coniques. A Nogent comme dans tous les donjons du xi« s., on descendait du premier étrîcro dans les appartements inférieurs, qui n'avaient pas de portes en dehors.

Jusqu'au deuxième étage, la tour du > donjon était divisée par un mur porté au rez-de-chaussée sur deux arcades cintrées. Au second étage, on remnrqun oîicore des cheminées fort curieuses dans les murs du N. , de l'O. et du S. Les arrachements des poutres et des solives prouvent que le dopjon de Nogent renfermait quatre étages.

Il fui démantelé, en 1378, par ordre de Charles V, pour empAch^r que les Anglais ou les compagnies ()ui couraient la France ne s y fortifiassenl.

Les courtines ou remparts et les fossés profonds qui composent Tenceinte du château sont postérieures, au moins dans leur ensemble, au donjon môme. Cette enceinte à pans irréguliers en renferme une autre beaucoup plus petite, formant une cour autour du donjon.

M. Desmurs a réuni dans le cbâ* teaude Nogent d'intéressantes collections de meubles, do tapisseries et de peintures du moyen ;lge et de la Renaissance, auxquelles se mêlent des chinoiseries et des curiosités diverses.

Des fenêtres du château et du jardin qui l'entoure^ on découvre de magnifiques points de vue sur Nogent-Ie- Rotrou, sur la vallée de THuisne et sur les prairies qu'arrosent cette rivière et son affluent, le Petit-Rhône.

LliùUl de tille de Nogent est une belle construction récemment élevée entre la rue Cbaj^onnerie et la place du Marché. La différence de niveau entre la place et la rue a permis d'étahlir sous l'édifice de vastes halles couvertes, dont rentrée est de plain-

NOOENT-LE-ROTBOU.

pied sur la place. A l'étage supérieur f les curipiit moulins superposés que

de l'hôtel <]e ville sont insJallées la xnlle de spectacle et la bxbiiothèque communale^ ouverte tous les jours au public.

Âu milieu de 1a place du Marché, a

été érigée, en 1857, la statue en bronze du général Saint- Pot ^ œuvre médiocre du sculpteur Debay. L'une des faces du piédestal en granit porte cette inscription : Jam nobilis, morte nohiUor (noble par ses aïeux, plus noble par sa mort).

Plusieurs rues de Nogent-lf^ T^ntroa offrent encore d'anciennes maisons intéressantes. Nous si^nnlcroiis, entre autres: — rue Saint-Laureiit, 47, une maison dont la porte, surmontée de^ tourelles engagée» en encorbellement, offre cette inscription .à double sens :

DE PIERRE BLANCHE DTaAND FBBVAIER

JB rvs VAicn. insu

ce qui veut dire qu'en 1542, Pierre Durand et Blanche Février, sa femme,

se bâtirent cette demeure; — rue Giroust. une maison à tourelles, datant de 1579 ; — rue Bourg-le-Comte, les maisons portant les n" 2 et 5 ; — à l'angle de la rue Saint-Laurent et de la rue Dorée, une ancienne maison en bois, dont le premier étage en encorbellement f^^i souionii par des solives curieusement sculptées, mais offrant plusieurs détails obscènes; — rue Dorée, 83 et 85, une maison è toit élevé, décoré de gargouilles, et, sur les rampants, de feuilles de choux (les portes de Cvîtte maison ont conservé leurs anciens ferrements), etc.

Nous avons déjà parlé des belles promenades plantées d'arbres qui encadrent les prairies situées au centre de la ville. 11 nous suffira de mentionner: — une fontaine, composée de deuï vasques sujierposees et d'un petit jet d'eau, rue Charronnerie, près de Notre-Dame ; — plusieurs ponU sur THui^ne; un 5ei éUMiMtêmuU de Itaint, rue Saint-Hilaire et surtout

mettent en mouvement les chutes successives de l'Huisne et du Petit-Rhône, Des fabriques d'étamines, de burats, de serges, de breluches et d'autres étoffes de laine emploient à Nogent-le-Rotrou un grand nombre d'ouvriers. L'Huisne et ses affluents abondent en écrevisses, dont la pèche est une source de revenus pour plusieurs familles pauvres (on trouve presque constamment, à la gare du chemin de fer, des femmes qui offrent aux voyageurs des écrivisses à des prix inférieurs à ceux du marché de Pans) .

Les environs de Nogent offrent de jolies promenades, des sites pittoresques etquelques monuments curieux.

On visitera particulièrement avec intérêt (3 kil.) la charmante vallée de l'Arcisse, ses cnscades et les ruines de l'ancien monastère d'Arcisse. — Véglise de Margon s'élève dans une charmante situation (2 kil. au N. E.

de Nogent), près du confluent de TArcisse et de l'Huisne, sur une hauteur d'où l'on découvre le château de Nogent. Ce petit édifice, qui fut donné vers le milieu du xi' s. aux moines de Saint-Denis à Nogent par l'un des Rotrou, comte du Perche, offre des parties du xi* et du xv* s. Les deux statues du maître- autel proviennent de l'abbaye d'Arcisse. — Au-dessous du cimetière se voit un manoir (1617) nommé le Pavillon et percé de nombreuses meurtrières ; c'était la demeure des seigneurs de Margon. Sur le territoire de la même commune, daTis la vallée de THuisne, près de la ferme de la Borde, se trouve un dolmen formé d'une pierre couchée horizontalement sur d'autres pierres verticales.

[Corresp. pour i — (18 kih) iififton, ch.-L de c. de 1535 hab., situé au S.,

près des sources de TOzanne et de la Braye; — {Tî kil.) Bellême, par (7 kil.) Berd'huis (R. 1?).]

De NogràtoMotrou k GhàtemdttD, par

m PARIS AU MANS.

[aoUTE 1]

Broa, R. t«; à Mortagne, par Belléma, R. ! 7 ; — à Alenson, .ptr BeUème ot Marne», R. 18.

Au delà de Nogent* on continue de longer la rive dr. deTHuisne. Près du

V. de Mâh' {W^V) hab.), or» passe du départ. d'Eure-et-Loir dans celui de l'Orne. — De belles prairies, bordées de riants coteaux, s'étendent à g.

159 kU. le Thea, eb.-l. de c. de Tarr. de Mortagne, v* de 867 hab., situé à 225 mèt. d'alt., sur la rive dr. de l'Fîuisne. La seigneurie du ïheil , (l'abord aux comtes du Perche, appartenait, au xv*" s., à Louis de Bourbon, comte de Vendôme et de Chartres, auquel est due la reconstruction du château et de Téglise, incendiés par le duc de Bedfort en 1424, à la suite d'un siège héroïque soutenu contre les Anglais. En 1594, quand la Ligue était presque entièrement vaincue dans le Perche , les habitants du Theil, ne croyant pas à la sincérité delà conversion d'Henri IV, ne voulurent reconnaître l'autorité de ce prince qu'après avoir soutenu un siège contre Sully, qui triompha bientAt de leur résistance. — Le marché du dimanche est très-fréquenté.

[Corresp. pour : — (8 kil.) Celon, V. de 3307 hab.; — (8kil.) Saint-Germain de la Caudret T. de 966 hab. j

On entre dans le département de la Sartbe et dans le pays Fertois, couvert de riches prairies dominées par des coteaux boisés.

170 kii. La Jerté Bernai^d (hôt. :

de VOuettf du Cygiu', du CHapeai»-' Rouge; — omnibus pour la ville, 30 c.

le jour et 50 c. la nuit), V.-de 2613 hab., patrie du poète tragique Robert Garnier , agréablement située au milieu de fraîches prairies qu'arrose i'Huisne.

La station est établie dans le village de SaifU-Àntoine de Roche fort (1191 hab.), situé à 1 kil. de la Ferté-Bernard, dont \] forme un des faubourgs.

On traverse une belle prairie, et Ton franchit sur plusieurs ponts la Mesme

et divers, bras de THuisne, avant de se trouver en fece de ThAtel de ville de la Perté-Bemard«

La Ferté^Bemard date de x«8. et doit son

sarnom à la famille des Bernard, ses anciens seigneurs. Défendue par un château bien fortifié et par de bonnes murailles, dont la rivière et les marais qui les protégeaient augmentaient la force, cette ville fut néanmoins prhse d'assaut pai Philippe Auguste en llbtf, et contrainte de se rendre aux Anglais do eomte de Sallsbory, en f 424, puis aux troupes royales commandées par le prince de Conti, en 1590. Lors de ce dernier siège, la place était défendue, pour la Ligue, par Dragues de Comnènei de la famille des empereurs d'Orient. Deux assauts coQHécutifs furent repousses par les habitants, qui eomlMttaîent sur la Drèche avec la ^niaon. Comn&oe ayant mis hors des murs, comme bouches inutiles, quelques femmes de la campagne qui s'étaient réfugiées dans la ville, les assiégeants voulurent s'émanciper avec elles; le gouverneur s'en aperçut du haut des remparts, tit déguiser 20u soldats en paysannes et leor ordonna de 8*appro* cher, Sûiis ce travestissement, d'un poste commandé par René de Rouille, l'un des capitaines de l'urmee royale. Ces prétendues paysannes, bien armées, tombèrent rudement sur les galants assiégeants, d*où est venue cette locution proverbiale : « Des agnelles de la Ferté, il n*en hnt que deux pour étrangler un loup. » (!omnène fut toutefois obligé d'abandonner la place, qui appartenait alors à Gbailes de Lorraine, doc de Mayenne, frère du dnc de Ouise. La Ferlé fut ensuite acquise par Georges de Brancas, duc de Yillars, et vendue, en I6k'2, au cardinal de RiclieiieD,dans la famille duquel oette sel^ gneurie se eonserva jusqu'à la RéToIntion.

«t te monument le plus curieux de la Ferté, dit M. Charles, dans son Essai historiqup, est son église de Notre-Dame-des-Marais. précieux spécimen du style gothique tlamboyant, sur lequel l'art de la Renaissance est venu enter ce qu'il pouvait créer de plus élégant et de plus gracieux. M La nef, les transseptsetlatomr»

dont la flèche a été détruite au xvii* s., ont été construits de 1450 à 1500. Le chœur et les chapelles absidales fuirent élevés de 1500 à 1596; les voûtes

Pigjtized bv Gcyo^'

Frniioe poi

[ROUTE 1] lA FERTÉ-BERNARD. — BONNÉTABLE.

de ces chapelles, remarquables parleurs riches et nombreuses clefs peudantes, portent le millésime de 1535 à 1544. A rextérieur, les galeries basses

et la façade du S., couvertes de sculptures, ont 6té terminées en 1540. Ces galeries sont <lécorées en partie de curieuses statuettes fip:ur;inl le roi de France el ses pairs, sept plauètes, etc.; le reste de la balustrade est découpé de manière à reproduire le Regina Cœli; les galeries hautes du chœur (fin du xvi* s.) forment une autre antienne de la Vierge : Ave Regina Cœlorum. La sacristie (beau plafond de chêne sculpté) , malheureusement accolée au flanc S. de la nef, est de 1624. Les belles'verrièTes du chœur furent peintes entre les années 1599 et 1606. Le cul-de-lampe qui supporte l'orgue est une merveilleuse sculpture de l'année 1501, exécutée par Ëvrard Baudot. L'architecte de réglîse, au zvi* s., fut d'abord le célèbre Jean de Beauce , à qui succéda Mathurin de la Borde. Les verrières du pourtour du chœur et des chapelles furent faites par les peintres François Delalaude et Jean Courtois.

Vhôiel ae viUe est établi depuis nos dans une des anciennes portes de la Tille. Cette porte , du xv* s., s'ouvre sous un grand arc en ogive, dans un :)a Villon carré, flanqué de deux ;L:ru>se.s tours avec mâchicoulis.

C'ebl la seule partie bien conservée qui soit restée des remparts de la ville, sur lesquels, au commencement du XVII" s., Julienne d'Kstréeiï, duchesse (lejVillars, aimait à se promener au galop de son cheval. Le portrait équestre de cette dame, qui montrait toutes les inclinations d'un soldat, ae conserve dans la salle de la maîrie. — Les hallei, remarquables par leur belle charpente, furent érigées en 1536 aux frais de Claude de Lorraine, duc de Guise, el d'Antoinette de Bourbon-Vendôme, sa femme.

Le long de l'église, au rs., s'éteud une belle place, d'où partent des firoiiiencKfev plantées d'arbres, établies

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