ROUTE 1] PONT-DE-GENNES
tablier du pont actuel, le font remon*
ter à une époque déjà fort éloignée.
— Véglise Saint- GilUs appartient au
style ogival primitif.
Pont-(Je^-(,eiifie», qui [possède aussi un hospice et des fabriques de toile, est en (}uelque aorte le faubourg de MwiUfort-le'RotroUtCh.-\.4e c. et v. de 1044 hab., bâti à 1 kil. à l'O., sur la rampe escarpée de la colline. Montfort doit son surnom à Rotrou, comte du Perche, qui y construisit, au xir s. , un château pris d'assaut par Philippe Auguste, en 1190. Ce eb&teau, après avoir successivement appartenu aux maisons de Parthenay, d'Harcoui t p\ RîMsseau, a éu* reconstruit, en 1820, dans le style italien, par M. le marquis de Nicolai. On y découvre une belle vue sur la vallée de l'Huisne. — A côté, s*élèTe le joli clocher de Viglisé moderne de Montfort, dédiée à la Sainte-Croix et due à la générosité de M. le marquis de Ntcolaï. — Le bourg de Muntfori se compose presque uniquement d'une rue très-escarpée, lerniin6e par une place irrégulière sur laquelle sont construites les haUê$, La voie ferrée, courant en ligne droite pendant plus de 12 kil., suit d"abord la rive g. de riliiisno, dont elle s'éloigne ensuite pour se rapprocher de la route du Mans. Le paysage change d'aspect. La ftatche verdure de la valU'o est remplacée çà et là par de sombres bois de pins maritimes, plaaiés sur des terrains autrefois couverts de landes et de bruyères.
1 1)8 kil. Saint - Mars - la - Bruyère , V. de 1541 bab., possède un eftdteau, . que Ton aperçoit à g., au milieu d*un beau groupe d'arbres. Des sarcophages anciens ont été découverts en 1826, sur l'emplacement d'un prieuré.
Sur la dr., au pied d'un coteau peu élevé, se montre Champagne (781 bab.) , dont le vin blanc a une certaine réputation dans le pays. Véglùe, de plusieurs époques, est ornée de vitraux. — La plaine est coiivertc à dr.
de ch,ttaigniers et de ciiiliires variées, ioa kil. Yxré-VÉ%éiiuef v. du 'iWsi
— ABBAYE DE L ÉPAU* 51
bab«, doit aon surnom à un château
que les évêques du Mans y posséJàrent depuis le xii" s. jusqu'à la Révolution. Ce château, aujourd hui complètement détruit, était bjlti sur le penchant d'un coteau qui domine la vallée de THuisne. Il fut souvent sac~ cagé pendant les guerres du moyen âge. Le cardinal Philippe de Luzem»
bourg le fit reconstruira, au commencement du xvi* s., dans le style de la Renaissance. Lors de la reddition du Mans à Henri IV, ce prince coucha au <jb&teau d*YVré. — Le ehâtem (VAuvcun est moderne.
Dans la commune d'Yvré, sur la rive g. de l'Huisne et à 4 kil. du M i ns*, subsistent les ruines de la célèbre abbaye de lÉpau {Pietalis i>et), fondée en 1229 par la reine Bérengère de Navarre, veuve de Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre, pour une confn*égation de moines de l'ordre de Cfteaux. L'évèque du Mans Geoffroi de Laval consacra, vers 1234, l'église abbatiale de ce monastère. Le tombeau de Bérengère y resta jusqu'en 1821, époque à laquelle il a été transféré dans la cathédrale du Mans. L'éf,'lise, détruite en 1365 par les habitants du Mans, dans la crainte que les Anglais no s'y fortifiassent, avait été relevée dans les premières années du XV* s. C'est un beau monument, qui suhsiste encore et qui est aujourd'hui tout ce qui reste de cette époque, bien que l'abbaye ait été reconstruite en même temps. Le monastère et les moulins qui en dépendent sont actuellement occupés par une blanchisserie de toiles. Le système d'irrigation des vastes prairies qui font partie de cette riche propriété est très-remarquable.
On franchit l'Huisne près d'Yvrél'fivèque. A mesure que Ton approche du Mans, le paysage s'anime ; les
monuments de l'ancienne capitale du Maine apparaissent à l'horizon. On revoit pour la dernière lois l'Huisne, qui va bientôt mêler ses eaux à celles
AU MANS. [Route i]
52 DE PARIS
lie la Sarthe. A 2 kil. du Mans. \o chemin de fer traverse la longue avenue de Pontlieue, gros bourg industriel de 3212 hab., renfermant des fabriques et des blanchisseries de toiles et un atelier important de machines pour i agriculture. Les Vendéens, dans lenr marche sur le Mans, occupèrent Pontlieue au mois de décembre 1793 et rompirent deux arches du pont dans rintention d'arrôter les républicains; in-iis ceux-ci liront essuyer à l'armée i uyale une sanglante délaite. PouUieue est aujourd'hui incorporé à la commune du Mans.
La gare du Mans, d'ordre dorique, est un édifice monumental percé d'arc;idr^s à plein cintre. C'est M. Elphège Baude, ingénieur des ponts et chaussées, qui a fait exécuter l'hémicycle destiné aux ateliers, les hangars, les magasins et la longue galerie vitrée, dont on remarque la hardiesse et la légèreté. Le bâtiment des voyageurs, appareillé en c-ilcaire de Bernay (Sarthe), avec soubassements de granit d'Alençon, a é^é construit sur les dessins de M. Victor Lenoir.
211 kiL Le ManB.
Relueiffnements g éaéraïuK.
Buffet à la gare.
Omnibus pour la ville : de la gare à la place des Hallett, le jour, 30 e. sans bagages et su c. avec biigages ; la nuit, 50 c. sans bagages et 75 c. avec bagages ; — de la gare à domicile (limites de Toctroi), le jour 50 0. sans bagages, 75 e* avec bagages ; la nuit, 75 c. sans bagages, 1 fr. avec bagages.
HÔTELS : — de la ïiouie-d'Or^ rue Dumas et place des Halles; — dt» Dauphin, place des Halles ; — de France., place des Halles; — de la Gaiére, rne Napoléon; ^ de l'Europe et de l'Ouesl, a la gare, etc.
CAFis : — rfa VEurojye , de f(Mws, place des Halles; — de Foy. place des Jacobins; — cafe concert de» Aris, etc.
Imprimeurs-Libraires : — Loger, Boutoy, et cie, rue Marchande; — Lecomte^ rue Saint- Jacques-, — LebrauUy rue des Minimes; — Monnù)fer frères* place des Jacobins; ^ S«aiMMtt«, place des Halles.
BuHEAU DE POSTE : rue Bourgooiso.
TÉLGORAPHB : à la préfecture*
StUiatlon. — Aepeoi fénéral.
Le Mans, V. de 37 20îi hab. ch.-l.
du départ, la Sarthe, dont clin oceupe à peu près le point central, est divisée en deux parties inégales par la Sarthe qu'y traversent trois ponts de pierre : Je poni Tsoir, élevé au IX* s. et reconstruit en 1813 ; le pont /^emn, b&ti en 1560; le pont Napoléon, commencé en 1809 et achevé en 1813. En aval de ce dernier pont , des rampes et des quais, jetés sur les deux bords de la rivièrcj se prolongent jusqu'au port, dans lequel le canal de la Planche, longde677mit., et la Sarthe, rendue navigable depuis quelques années, amènent les bateaux marchands qui s'arrêtaient autrefois à Amage, à 8 kil. au-dessous du Uans. Le pont suspendu et mal placé du Greffier date de 1847. .
Bu sommet des hauteurs qui dominent la ville ÎL TE et à l'O., on peut voir tous les genres de culture du pays: dans les vallées que l'Huisneet la Sarthe fertilisent, de larges prairies, ombragées de peupliers; sur les terrains plus ôlev^, des moissons de toute esp^e ; sur les coteaux , des vignes; vers le S., des forêts de pins.
Circonscrite dans les anciennes forlifications romaines, la cité proprement dite, composée de quelques rues étroites et dnueuses, ne formerait aujourd'hui qu'un village d'une faible importance, si elle se trouvait isolée des nombreuses habitations qui l'entourent. La Grande-Rue et les rues du Doyenné, de Saint- Flaceau, de la Verrerie, des Chapelains, de Vaux et des Chanoines formaient l'ensemble de cette cité. Les limites de la ville furent successivement reculées par les comtes du Maine, et, depuis l'établissement du chemin de fer, le Mans s'agrandit et s^embellit chaque jour.
direction.
L'embarcadère du chemin de fer est bftti au pied de la colline dont le
[ROUTE l] LE MANS. — HISTOIRE.
Mans occupe les pentes et le sommRt.
Si Voa s'engage dans la large rue ouverte devant la petite place qui fait face à la gare, on monte pendant 200 à 300 mèt. , puis, tournant à dr., on ne tanlo pas à entrer dans la ville proprement dite, car les maisons voisines de la gare n'en sont pour ainsi dire qu'un faubourg. Parvenu à la me deg Minimes, quis*ouvresur la g., on peut aller à dr. visiter lapréfecture (musée et bibliothèque) et Téglise de la Couture, que l'on aperçoit presque en face, La rue des Minimes condiut à iâ place des Halles, bordée par les principaux hôtels et cafés, par laVisitation et par le palais de justice. Il Ikut prendre alors la rue Dumas, à l'angle de l'hôtol delà Boule-d'Or, puis, à g., la rue Marchande, à dr., la rue Saint- Dommiffue et la rue des JacobinSy pour gagner la place de ce nom. Après avoir visité la promenade, le tbéfttre, la cathédrale, le Grabaioir et la Grand^'Huef on redescendra vers la Sarthe,sur la rive droite de laquelle se trouve Notre-Dame-du-Pré, et l'un pourra regagner la gare en longeant la rive gauche de la rivière par la promenade du Greffier.
Histoire.
Stiivant quelques historiens, le Mans futd'abuid, sous le nom de Suindmum 00 StUfdiuum, la cité principale des AuliTcos-Cénonidins, pi^uple de la Ciiile Celtique ; suivant d'autres, cette ville fut fondée par les Komaios, versleu' oum* s. de notre ère. Main il est bien ptas probable que les Romains ne firent qu'entourer Vof pidum gaulois de nouvelles murailles dont il subsiste encore des vestiges apparents, près de la cathédrale.
Dès le IV» s., saint Julien vint prêcher la toi au Mans et y institua ie siège du diocèse dont il fut le premier évéque.
En m, Hugues Capet rendit les comtes du Maine héréditaires; mais, au xi« s., Guillaume le Conquérant s'empara du Mans, et, quelques aimées après, lassé des révoltes incessantes des Manceaux, il fit démanteler leur ville et construire un château fort, qui, destiné à les maintenir dans robéissaoce, fut démoli ensuite sous le règne de Louis XUX* Le comté da
Maine fut vivement disputé à Robert Coarte^Hense, fils de Guitlsome te Conquérant, par Iléîie de la Flèche. Ce dernier, qui y avait des droits incfintestables,
Karvint à le reconquérir après une lutte mgoa et acharnée.
En 1 !89, la ville du Mans, nyant embrassé lu parti de Richard Cœur de Lion, fut assiégée et prise par Philippe Auguste.
Jean sans Terre la reprit en 1199, mais il se vitbientr'î coTitraintde la restituerau roi de France, qui confisqua ^ur lui tout le comté da Maine. Plus tard Philippe céda la ville et la qvintts du Mans à la reine Bérengère , veuve de Richard Cneur de Lion, à laquelle succéda la reine Margue* rite, femme de saint Louis. Cette prineesse garda cet apanage jusqu'en 1246, époque à laquelle saint Louis donna le comté du Maine à son frère Charles, comte de Provence, qui fut depnis roi de Sicile. Le Maine ne revint définitiv ement à la couronrif', f[u'en l'i81. Le titre do mrnfn du Maine fut dans la suite porte par Henri iil, puis par son frère Prançois, duc d*Alençon. et, en If57n. l^ts XIV ordonna que Louis-Auguste de Bourbon, i un de bes file légitimés, fût appelé duc du Maine.
On ssit qoe c'est en traversant la forêt du Mans que Charles VI, mnrchnnt en 139^ contre le duc de Breiagnt:, ressentit les premières atteintes de sa longue démence. Cinq fois assiégée, de 142S à 1589» par les Anglais et les Royaux, la ville du Mans eut en outre beaucoup à booflrir pendant les guerres de religion. Les calvinistes s'en emparèrent, le 3 avril 15(i2, pillèrent les églises, violèrent les tombeaux et incendièrent le couvent îles Cordelieis.
La Ligue eut un grand nombre de partisans dar^s le Maine, mais Ilcnri IV les en chassa facilement en ihbH et y rétablit la paii qui dura jasqo'à la Révolution. A cette époque le Mans fut en pr oie à la guerre civile. Les Vendéens s'en emparèrent le 10 décembre 1793; toutefois, deux jours après, ils en furent expulsés par Marceau à la suite d'une lutte sanglante que termina sur la place de TÊperon un engagement à la baïonnette, dans lequel plus de cinq mille Vendéens, commandés par laRochejaquelein, furent tués ou blessés. « Cette place parait aussi , dit M. Legcay (Guide duvoyayeur au Mans), avoir été ie théâtre d'un cond)at particulier entre la Rochejaquelein et le général Marceau , combat reste sans résultat, les soldats des deux paitis ayant séparé les deux illustres ennemis. » Les Vendéens
D£ PARIS
AU MANS
86 retirèrent dans le plos grand déiordre par la rue Dorée, le pont Saint^eanetla route de Laval. Des scènes de carnage, que Marceau fut impuissant à empcclier, siiiTirent la déroute do Mans. Ajoutons cependant à llionneor dt l'armée française que Marceau, Savary. Kléber, beaucoup d'autres officiers, de simples soldats et snrtont eeoi des régiments d*Annis et d'Armagnac, sauvèrent, au péril de leur vie, non seulement des femmes et des enfants, mais encore des officiers vendéens. Les Jours suivants quatre^iringtquinze toml)ercriux éfaîenl employés à déblayer les rues de» milliers de cadavres qui les obstruaient, et à les transporter sur la place des Jacobins, où deux larges et profondes fosses furent cieusées pour les recevoir.
A la prise d'armes de 1799. les chouans, conduits par M. de Bourmont. occupèrent le Mans pendant plusieurs jours et en enlevèrent les caisses publiques, les armes, les^ munitions et tous les objets que contenaient les magasins de l'État.
Parmi les hommes céîpbrrs qne le Mans a vus naître, les plus remarquables sont : révéque Hildebert, directeur de la fameuse école épiscopale du Mans au xi* s.; Henri II, roi d'Angleterre, né le 5 mars 1133, mort le 6 juillet 1180; Jean le Bon,; roi de France, né en 131 S, mort en 1364 Marin Cureau delà Chambre, médecin de Louis XIII et de L^ni^^ XIV, mort en 1669; le comte de Tressan, littérateur et militaire, mort en 1789; (Saude Chappe, inventeur de la télégraphie aérienne, mort en i8()(;. Germain Pilon et le P. Mersenne sont nés dans les environs du Mans.
édifloM roUfloas.
La cathédrale du Mans eut pour fondateur saint Julien, premier apôtre do la foi chrétienne an M?i?is; elle fut l»;!fip sur remplacement la maison il'ua néophyte. Cette basilique, ruinée plusieurs fois, fut relevée sur un plan plus vaste à la fin du xi* s. , sous répiscopat d'Hoël, qui occupa le siège du Mans de lOSj à 1097.
Ruinée de nouveau par les guerres, elle fui relevée, en 1120, par Hildc- Lert. Peu d'années après, deux incendies affreux la dévastèrent, Tun, le 3 septembre 1134, Tautre, vers 1136.
Les Manceauz se remirent à Tœuvre avec courage et Guillaume de Passa-
vant consacra l eglise, pour la troisième fois« en 1158.
Le vaisseau porte des traces tr&fr>
visibles de ces divers remaniements.
Ainsi, la partie la plus ancienne, qui date sans duule du xi" s. et appartient aux constructions d'Arnould et d'floel. se voit dans les murs des bas côtés de la nef, dans la façade O. et le portail du bas côté S. Le centre du Iransseptrst la seule partie qui sul)siste des travaux exécutés sous Geon'roy Plantageuet, ainsi que l'indique la date 1145, découverte assez récemment par H. Hucber^sous la boiaerie d*un autel (cette date est reproduite en fac-flimile dans un articledeM. Hucher, sur rémail de Gpofrroy Plantapenet, linllptin »/]0/M/i7im(ai, t. XXVI, p. 68Ô). La nef centrale, greffée sur des travaux plus anciens, comme le prouvent des reprises en sous-œuvre très-vidbles lorsque Ton examine l'arcature inférieure, appartient à la fia du xn. s., d^^p^^s l'opinion de M. Parker, savant archéologue anglais {Bulr- Ivtin monumental, t. XXX ^ p. 185).
Le chœur, qui est un des plus beaux de France, est tout entier du milieu du XIII* s., sauf une porte décorée d'un Saint Julien à la fontaine, qui date du xiv" s. ; rornomentslion des chapelles est postérieure devinât ons environ à celle du chœur proprement dit. Enfin, les transsepts ont été élevés dans la première moitié du XV* s.
La cathédrale du Mans, dit Richelet, « occupe une superficie d'environ 6000 mèt., en y comprenant les murs et les sujjports. lAi. nef forme un parallélogramme rectangle d'une longueur de 58 mèt. sur 24 de largeur, y compris les bas côtés , qui sont séparés du corps principal par un double rang de colonnes massives. La longueur transversale de la croix est de 59 mèt., el sa largeur, d'environ 10 mèt. Le chœur, avec ses latéraux, divisés par un rang circulaire de colonnes, présente ime largeur de 32 mèt. sur 44 de longueur; la hauteur