‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 39 sur 257 · DE PARIS A RENNES. [ROUTE · texte numérisé non relu

DE PARIS A RENNES. [ROUTE

belles roches ont rennue justement .

célèbre et dont les deux lôtes de ligne sont : au N. Saint-Cénery-le-Guéret (Orne), et à TO., Saulges et Sainte-Suzanne (Mayenne). « D'une dureté exceptionnelle, le porphyre des Goémns, .

dit M. du Peyroaz {Alpes mancelle$),^ se recommande pnr la variété de ses couleurs, ses nombreuses marbrures et sa transparence éclatante quand il est poli. Le pétrosiiex susceptible d'un beau poli y abonde et y usurpe les propriétés de Tagate. Le granit Heu^ du grain le plus fin peut-être qui existe , et de beaucoup plus beau qu'à Sarget, est représenté dans les Coévronsavec une profusion vraiment digne de fixer l'alteniioii. La pierre réfraetaire, dite pierre fioideou pierre chauffante indifféremment, s'y rencontre en abondance. » Ony trouve aussi des dépôts de kaolins qui contiennent une notable portion d'alumine. Les mines de manganèse situées à Grazay .

soiil Irés-abondantes.

La Toie ferrée franchit l'Snre qui baigne sur la dr* (3 kil.) Àssé-le-Bé' ranger , v. de 769 taab., où se voient une église très-ancienne (appareil en demi-feuilles de fougère) et un château du XI* s. dont les fenêtres sont très-étroites. De plus grandes ont été ouvertes au midi, à une époque postérieure. Âu 3. de Tégllse d'Assé l'Erve reçoit les eaux d'une fontaine al)ondante que saint Thuribe fit jaillir, dit- on, à la prière des habitants. Cette fontaine, qui passait pour avoir des propriétés miraculeuses, attirait un grand nombre de pèlerins.

tour et chapelles du xvi«) renferme le tombeau du marquis de Dreux- Brézé décédé en 1829.]

253 kil. Rouessé-Vassé , v. de 2426 hab., situé à g. de la voie, sur l'extrême limite 0. du départemeut de la Sarthe, dans un joli vallon qu'arrose la Vègre, possédait une église du xn* s., dont le petit clocher a été reconstruit dans le siyle roman.

La maison de Vassé, fondatrice de l'église de Rouessé-Vassé, était l'une de^ plus puissantes de la contrée, comme le témuignc encore ce dicton :

Richesse de Bouille NobleKfle de Vassé.

Le château de Vassé, dont il reste des débris considérables , fut reconstruit en 1585 par Jean Grognet sieur de Vassé et de la Rochfr-Mabille,

chevalier df^ l'ordre du roi, aïeul d'Henri-Françûis Grognet, qui fit ériger Vassé en marquisat, sous le règne de Louis XIV.

A 4 kil. env. au N. de Rouessê, à Courtofi^m, se voient les n^tii«« d'une forteresse dont l'origine est inconnue, mais qui doit remonter à une haute antiquité. Ces ruines consistent en souterrains et en un vieux pan de mur échancré, au sommet d'un mamelon taillé en pain de sucre, d'oA Ton découvre de beaux points de vue.

A 5 kil. au N. des ruines de Courtaliéru, se trouvent les importantes forges d'Ort/ie, qu'une belle futaie, disposée en amphithéâtre et en fer à cheval, relie au château du Puits j pittoresqaement bftti à mi-côte au mLlieu d'étangs et de prairies.

A mi-chemin, entre Rouessé et Voutré, on sort du département de la Sarthe pour entrer dans celui de la Mayenne. Sur la dr., au-dessus de riants coteaux, on aperçoit une sommité conique haute de 330 mét.

260 kil. Voutré, y. de 1211 hab. situé dans la vallée de la Vègre, à 500 mét. environ du chemin de fer.

Au delà de Voutré on longe sur la dr. la chaîne des Coévrons, que ses

[Une route, qui remonte la vallée de l'Erve, relie Assé-le-Béranger à ( 3 kil. ) Saint -Geo rges - nur - Erve (1296hab.) V. à 2 kil. duquel s'élève, au milieu de prairies, sur le bord d'un étang traversé par TErve, le château de Foulletorte qui date de la seconde période de la Renaissance.

(1570 à 1690). Dansune presqu'île attenant à la cour se voit une fuie pouvant contenir 800 couples de pigeon.}

[ROUTE 2]C^ ^^ LES GOÉVjaONS. ^VROK.,

On découvre sur la g. de la voie ferrée un joli paysage, terminé à ThorizoD par le muiiticule sur lequel s'élèvent l'église, le vieux château et les blanches murailles de la petite ville de Sainte-Suzanne (7 kil. de Voutré), (F. ci-dessous).

On est sorti des plaines sans clôtures de la Beauce et du Perche. La partie duBas-AIame que traverse le chemin de fer présente un terrain fortement accidenté, ou les champs, dnrisés à l'infini et entourés de haies vives entremêlées d'arbres à fruits , de chênes, de châtaiprniers et de hêtres ressemblent de lom à une foret.

270 kil. Evron, ch.-l. de c, V. de biOl hab. située près d'un affluent delà Jouanne, au milieu d'un bassin de calcaires et de schistes. Ses rues renferment quelques maisoiMà portes cintrées , à tourelles, à toitures alguQs, qui font déjà présumer son ancienne origine. Ses vieilles halles du xvi* s. sont remurquaiiies par leur immense charpente. En traversant l une de leurs obscures travées, on aborde Véglise par son flanc S. et, dès le premier coup d'oeil on admire l'élégance de ce monument , dont une vieille légende raconte ainsi la fondation :

bépine et la relique, et fonda nne congrégation de moines pour veiller snr ce

précieux dépôt..

Vers Tan 648, un pèlerin revenait de la Terre Sainte dont il rapportait une précieiue relique. C'étaient quelques gouttes de lait de la sainte Vierge, renferméet dans une fiole au fond de son aumônière. Arrivé dans une forêt, i! s'arn^îe pour prendre da repos sur le Lord d une fontaine et s'endort après avoir suspendu son aumAnière aux branches d'une aubépine.

A son réveil, l'arbre avait tellement grandi qoe le pèlerin ne savait commeni atteindre son trésor. Il prend une hache, mais le fer s'émoussait sur le tronc de l'arbre qui semblait grossir à chaque coup.

BmerveOlés de ee prodige, les habitants s'empressèrent d'en avertir saint Hadouin, cvèque du Mans, et leprélat, s'étant prosterné devant la reiique, l'arbre redevint buisson et raomônière en fat fiieilement détachée. îîadouin, comprenant bien que la volonté de la Vierp^^ et ait d'être honorée en «e lien, y ût construire une église, dans laquelle II enferma la fontaine, Tan-

Ce monastère ftit détruit par les Normands au «• s., mais relevé en

981 par Thibault, comte de Blois, dont les descendants se fondirent dans la maison de Ch/ltillon. Thihriult appela à JÊvron des Bénédictins et les dota richement. Dans l'église actuelle, il ne reste rien des constructions de cette époque reculée. Les deux tiers de la nef et le clocher qui la termine à ro., avec hourds et autres moyens de défenses, en sont, ain-^i que la ciiapelle Saint-Crépin accolée au côté N. du chœur, les parties les plus anciennes. Leur architecture lourde et massive annonce le xii» s., et ces parties sont attribuées aux libéralités de Guy de Laval, l'un des plus valeureux compagnons de Richard Cœur de Lion, et à Juhcl de Mayenne.

Au xrv* s., un chœur plus somptueux, commencé en 1352 par Tévdque Geoffroy de Loudon, fut accolé à rextrémité 0. de la vieille église et les deux édifices, ainsi réunis, ne forment depuis qu'un seul et même temple. Cette seconde partie, beaucoup plus élevée que la construction romane, appartient dans son ensemble à la plus brillante époque de l'architecture ogivale. La façade S.

est comme toujours la [lus riche; les galeries du grand comble sont trilobées, celles des chapelles latérales offrent des quatrefeuilles à jour, et uae flèche en ardoises, fortement inclinée, s'élève au-dessus de rinteMranssept.

Une immense fenêtre, à meneaux rayonnants, remplit toute la largeur du transsepl dans la paroi S., tandis que la paroi 0. est éclairée par une fenêtre plus moderne à tympan fleurdelisé. Plus bas, que cetranssept, une petite porte est surmontée de deux écus : l'un aux armes de riKÎtilîon, timbré d'un casque et soutenu par des griffons, l'autre aux armes deChàteau- Briant, timbré d'une crosse en pal et

D£ PARIS

A B£NN£S. [ROU^B â]

soutenu par des lions. Les premières armes sont celles de la baronnie abbatiale d'ÊvroQ ; les secondes appar-

tenaient à François de Chateaubriant, abbé d'Êvron de 1519, et au-

quel on doit un relii;u:ure do la Renaissance, en vermeil, contenant, dans une ampoule d'étain^ le lait mixaetileuz.

A rintérieur, les quatre grands piliers qui supportent les voûtes des

traTi';«pftt<; sont composes de groupes de colonnes, dont les chapiteaux historiés oiïrentdes détails pleins d'intérêt; les arcades du chœur sur piliers cylindriques, ayant pour chapiteaux un double rang de crochets, sont surhaussées et de la plus exquise légèreté. Une rangée de statuettes posées sur le tailloir de ces chapiteaux et abritées sous des dais, repréi>entent VAnnoneiatifm, la NaêkHté^ la Circondnon et la fuite en Éffifpte,

Nous signalerons aussi à Tatlention des visiteurs un magnifique autel à la romaine, en marbre bleu, avec un bas-relief en marbre blanc.

L'hisLoire du pèlerin est peinte sur les Tiliauz du chœur, sculptée sur les murailles et sur les boiseries de l'église; on la retrouve môme sur les vitraux do la cathc'drale du Mans.

Les stalles des anciens religieux sont décorées dans le style ionique, et le siège abbatial est surmonté d'un écusson aux armes de Tabbaye, c'est à-dire coupé de chfttillon et d'une très-belle Vierge duxiii» s. tenant son divin fils etsafinlpavec la devise : Notre-Dame de VtlpinCy pries pour nous.

Quant à la fontaine qui était dans le chœur, elle a été comblée ou dissimulée, pour empêcher les pratiques superstitieuses des femmes privées de lait.

« Quoique ne servant plus que de chapelle de catéchisme, et pour ainsi dire abandonnée, la chapelle Saint- Grépin est, pour Tarchéologue et pour l'artiste, sous certains rapports plus intéressante que Téglise môme K

i. Note manuscrite de M. Bceswillwald.

• Construite au xu' s., cette chapelle, formée d'une nef de 4 travées avec abside pentagonale, est complète

et d'un seul jet. La voûte al»idale en

cul-de-four porte sur une arcature, dont les ogives, soutenues par des colonnes avec cliapiteaux A cr jchets, sont composées de claveaux arrondis sur les joints et à Tintrados, sorte de décoration fort rarement appliquée à l'intérieur des églises. Les voûtes de la nef sont à arêtes sans nervurp'ï.

« Cette chapelle, entièrenu nt peinte au xu* s., conserve partout des échantillons de sa décoration primitive.

Ce sont des assises avec motif peintes sur rmduit des voûtes ; des entrelacs et ornements séparés par des bandes posées en chevrons qui décorent les arcs doubleaiix. Mais la partie la plus complète et la plus remarquable est, sans contredit, la voûte du cul-de-four, dont le développement, divisé en cinq tableaux par des bandes brunes, représente au centre : un Christ colossal, assis, bénissant de la main droite, entouré d'une gloire en vesica piscis et accompagné des figures symboliques des 4 fivangélistes. Les quatre tid>leauz qui entourent cette grande peinture, contiennent saint Benoit A genoux, à la droite du lion, rt un évêque dans la même pose à la gauche du taureau. Au-dessus, deux anges encensent le Christ. Enfin le sommet du cul-de-four est occupé par un grand ornement encadré dans une porte et une bande de nuages. Les têtes des snje's de cette peinture ont été maiheurcusementmtour^ei, c'està-dire en partie détruites par un peintre du pays. »

La maitw elaunrale^ rebâtie en 1726, est occupée par la maison mère de la congrégation des sœurs de la charité.

Une des Granges dlmières est encore intacte^ dit M. de Caumont (Bu(letin numummtal, 1865); elle est construite en pierre et les deux pignous sont percés chacun d'une grande porte.

[ROUTE 2] ÉVRON. -

Bxeartioii à JobUlnt.

Jublains est à 14 kil. N. 0. d'Évron.

— On s'y renti par la route du Mans à Uayenne qui franchit la petite rivière de la loiianne au delà de laquelle on ne tarde pas à apercevoir À g. MéxangerSf v. de 1042 habitanls et son beau château du Hocher. Construit au commencement du XVI» s., ce château

S résente deux pnucipaux corps de àtiments dispo^ à angle dreiL Celui du fond offre une belle galerie dans le style de la Renaissance. 11 fut habité jusqu'au xvii* s. par les descendants de la maison de Bonillé.

Laplaineque l'on traverse ensuite est couverte de landes, de marais et d'étangs; elle se prolonge jusqu'à une forêt de peu d'étendue , au sortir de laquelle on franchit un petit cours d'eau; les regards sont alors attirés par Jublain'i. qui, assis sur un plateau élevéj commande une certaine étendue du pays voisin.

Jublains, t. de 1846 bab., occupe l'emplacement de l'ancienne cité des Aulcrces-Diablintes. C'était le A'cf'odunum que les Romains avaient reconstruit et fortifié. Il fut détruit au IV* s. par les Saxons, et une seconde fois, au XX* s. par les Normands. 11 ne se releva pas de ce second désastre ; ses habitants se réfugièrent à Mayenne, à Laval et au Mans.

et A Jublains, écrivait M. H. Barbe, dans le BuLlelin monumental (18G1) sous le bourg actuel et ses alentours, les ruines antiques occupent une su* perficie de 60 bect; elles forment sur le sol nàlurel un d^pôt de 2 mèt. en moyenne. Ce dépôt se partage par Cduches faciles à distinguer et dont cliacune oiïre ieb traces de i'uccupation qui a fidt naître peu à peu ou qui a produit tout à coup cet eibaussement.

« Bans un certain carré où les habitations se sont succédé de tout ^mpSjil faut descendre de 2 met. au moins, à travers trois couches, pour retrouver la première zone qui repré-

■ JUBLAINS 71

sente les plus anciens temps de notre

histoire.

« Dans cette coucbe, l'épaisseur du sol ameuble dénote une longue et lente occupation. On n'y a recueilli aucun objet de provenance antéromaine. — La seconde zone s'étend sur tout l'espace que j*ai assigné pour gisement à nos ruines, et les débris y mesurent une épaisseur de 60 à 70 c.

On y retrouve iieLlement dessinée et singulièrement conservée rassise d'une vUle gallo-romaine, ses maisons, ses monuments, et mille objets indicateurs d'une longue et intéressante occupation.... De tout ce que j'ai vu dans mes fouilles, il ressort clairement pour moi, que cette ville a eu de rimportance dès les premiers temps de l'Empire, qu'elle a brillé d'une certaine splendeur sous les Antonins, et qu'elle a été renversée dans une catastrophe, que l'examen que j'ai, fait de ses monuments, me porte à dater du règne d'Aurélien, vers 273.

Etk remontant à la troisième coucbe, on trouve les témoins d'une nouvelle existence de cette ville, OU plutôt d une nouvelle ville.... »

Ce que Jublains présente de plus curieux c'est ie ca^telluvi ou forteresse, située au S. 0. de l'ancienne ville, et qui protégeait la contrée. Le plan de ce castellum oiïre un carré long de 1 17 met. .50 sur 104 mèt. 2.5, dont les muradles, en pierres cubiques de petit appareil, alternimt avec des cordons de briques, et reposani sur des assises d'énormes blocs de granit, ont encore 4 ou 6 mèt. de bauteur sur 3 d'épaisseur. Une tour ronde défend chacun des quatre angles; cinq autres tours sont disposées sur les laces; ces neuf tours, pleines à l'intérieur, ont de 6 à 7 mèt. de diamètre. Ou entre par une large brèche dans une seconde enceinte formée d'un rempart en terre arrondi aux angles et défendant un réduit situé au centre du castellum.

Ce réduit est compo.séd"un carré long flanqué à ses angles de 4 tours carrées. — £ntre le rempart et le réduit

DE PARIS

Page 1