LAVAL
dont le plus intéressant spèGimen est la porte Beucheresse, dont nous ayons déjà parlé (p. 75). La large place (place Hardy) ^ semée de pelouses et de bosquets qui s'étend devant cette porte i Test^ fait un contraste complet av ec les mes escarpées, étroites et tortueuses, par lesquelles on descend à la rivirrr, et au beau quai de l'Impératriro.
Le Husée, installé ainsi que la Mhliothèque (16 000 vol.) dans les bâtiments du chapitre de Saint-Tugal, est riche en antiquités gallo-romaines ; on y remarque surtout : un grand morceau de mosaïque provenant de Jiîhlnins; des bri lues rondes dont les Romains se servaient en les empilant, pour former les fûts de leurs colonnes; une magnifique coUeetion d'objets anciens de la période g^lo-romaine (armes, ustensiles, poteries, verres, débris de mosaïque, etc.), provenant des fouilles faites à J ublains. Dans la partie consacrée à l'histoire naturelle on doit signaler : un herbier presque complet de toutes les plantes du pays ; une collection de roches du département, formée par M. Blavier, et un assez grand nombre d'objets curieux et in lé ressauts pour l'histoire naturelle du pays.
La jnim'e de tabkaux et de seulplure» installée dans les salles de Thôtel de ville, n*est pas encore bien riche»
mais, grâce aux dons du gouvernement et (les particuliers, p!Io a pris une certaine importance dans ces dernières armées.
La préffeture occupe remplacement du couvent des Dominicains, que le cardinal de Luxembourg, évoque du Mans, avait bénit en 1499. — Auprès sfî trouve le Th/âtref jolie salle, récemment leslaurée.
Le lycée a été installé dans le couvent des Ursulines établies en 1616.
Entre le Champ de foire et la place du Gast se trouve Tancienne halle aux toiles, construite au dernier siècle par un la TrémoiHp. Fn 1852, elle a été transformée en Galeries de Vin-
ditffrîe (9604 m. c. et 5 tr»rées), où se tiennent habituellement les expo* si tiens industrielles, artistiques et
agricoles.
A 1 entrée de la Promenade de Cluingéf qui s'éteud de la pla^-e de la Mairie au nouveau square , s élève la staÊw en bronze d*Âmbroite Pauré, le fondateur de la chirurgie française, auteur de la Manière de traiter les plaies faites par arquebuses. Sur le socle de la statue, œuvre de I>av!d (d'Angers), se lit la devise choisie par Paré : c Je le pensay et Dieu le
Vhôtel de ville, construit en 18Î6, Vévéché en 1854, les deux hospices (Saint Julien et Sainl-Lo-ns) et le grand st minaire, compl' tent la liste des édifices publics de Laval qui méritent une mention spéciale.
Le FoHt'Neuf, remarq able par Télégance et la solidité de ses 3 arches à cintres surbaissés, a été commencé en 1812; il est placé en amont et à peu de distance de l'ancien, dont la construction premiuredaletie i'au 000, et qui, avec ses arcs en ogive, annonce ' une construction du xvi* s.
Les promenades les plus fréquen» tees sont celle de la Mairie celle de Changé avec son nouveau square qui se prolonge sur les boids de la Mayenne, en passant sous les arches du grand viaduc.
Gommarce et ladustri».
L'industrie des toiles, importée au XIV* s. de la Flandre par les soins de Béatrix de Gavre, dame de Laval , a été longtemps florissante dans cette ville; mais cette imporUnte industrie s'est transformée peu à peu et elle a été remplacée par la fabrication de l'article appelé coutils nouveautés , qui ûccuce de 12 à 15 000 ouvriers de toute nature, i eUe fabrication ne se fait pas, d'ailleurs, par ateliers; presque toute la population ouvrière y prend part.
On remarque encore à Laval une hiature de coton, des minoteries, da
DE PARIS
tanneries, des fonderies, des teintureries, des papeteries et des fours à chaux. La culture du ver k soie y a été tentée avec succrs depuis quelques années^ et prumei du Leaux résultats dans ravenir. ,
Bxoonlon à Price et à Avenléres.
Après avoir au delà de la promenade de Changé, dépassé le square , on aper-
Soit la rive dr. de la Mayenne bordée 6 coteaux escarpés et schisteux, çà et là couverts de bois. A 2 kil. environ de la ville, en suivant la route de Chanp'é, on rencontre la petite église de Price, première église de Laval; édifice très curifMix dans lequel on remarque des charnel de briques et qui semble appartenir, au moins pour la plus grande partie, au cdmmencement du xi" s. Les chaînes de briques paraissent indiquer que l'église do Price a été construite sur les ruines d'une chapelle remontant à l'époque Mérovingienne. « Cette curieuse église, dit lil. de Caumont, renferme un calendrier peint sur l'arc de la voûte et qui doit être du xiii* s. La forme des lettres (le mot Augustits, surtout^ écrit au-dessus du mois d'août) ne peut laisser aucun doute à ce sujet. »
Si l'on traverse de nouveau Laval et si, au-dessous du pont de Mayenne, qui a remplacé, au zn* s., un pont plus ancien en bois, on smi le beau qnai de 1 Impératrice, on arrive à l église d'Aveniéres, commune récemment annexée à ia ville de Laval. D'après une légende , Guy II, de Imi, traversait à cheval en 1140, le vieux pont de Mayenne, lorsqu'un faux pas du destrier les précipita tous deux dans la rivière. Le baron , emporté par le courant, fit vœu à Dieu et à Notre-jDame de leur bâtir une église au lieu où U leur plairait de le faire aborder. Sa prière fut entendue; il prit terre en effet à mille pas envi> ron du pont, dans un champ d'avoine où s'élevait un vieux chêne portant dans un creux la statue de la sainte Vierge. Fidèle à sa promesse, il fonda
en cet endroit mâme un prieuré de
Bénédictines et une église sous le vocable de Notre-Dame d'Avemères.
Cette église, classée, depuis 1841, parmi les monuments historiques^ est Tune des plus intéressantes du département de la Mayenne. Comme elle fut exposée à tous les ravages des guerres qui désolèrent le pays pendant le moyen âge, son plan primitif et son architecture eurent à subir de graves modiftcations. Le chœur, ses cinq absides en cul-de-four, les transsepts, l'étage inférieur de la tour qui s'élève sur le carré central et une partie de la nef datent du xii« s. et de la fondation première. Les dernières travées de la nei, le pignon occidental et les collatéraux furent entidrement reconstruits pendant lexv* s., à la suite de Kinvasîon anglaise; les meneaux de leurs fenêtres sont flamboyants et Tune de ces fenêtres a conservé un vitrail du xvi* s. représentant le couronnement de la Vierge. La flèche élégante qui surmonte la tour curée fut élevée en 1534 ; et le transsept N. vient d'être augmenté de trois travées dans le style roman.
A l'intérieur, on remarquera les arcades en fer à cheval et les riches chapiteaux du chœur, les principaux autels relkits dans le style roman avec une grande richesse et une rare habileté, les statues colossales en bois de saint Sauveur et de saint Christophe, dont le talon est tout dégradé par les épingles des jeunes filles qui y vont consulter le saint sur l'époque de leur mariage (si Tépingle reste plantée, le mariage a lieu dans Tannée), et enfin, la pyramide érigée en 181 G dans le transsept S. , à la mémoire de 1 4 prêtres décapités à Laval le 21 janvier 1794 « victimes de leur dévouement pour I*unité de k foi catholique et la stabilité du trône royal. »
Un charmant square entoure l'église que baigne la Mayenne, et de nombreux pèlerins y viennent invoquer r image vénérée que l'on croit celle trouvée par Guy de Lavai danâ
[ROUTB 2] PRIGB. AV£NIÈRËS.
SI
le creux du vieux chêne. La Madone, habiUée d'or, est placée au-dessus du mattre-autel sous un ch6ne feuillu en or. Derrière l'église un pont suspendu en fil de fer relie les deux rives de la Mayenne.
[Corresp. pour : (67 kil.) ChAteauliriaritjpar (18 kil.) CnssA le Vivien, (30 kii.) Craon, et (51 kil.) Pouancé (R. 30) i —(66 kil.) Angers, par (28 kil.) Chaleaugontier (R. 39) ; — (64 kil.) la Flèche (R. 87), par (20 kil.) Meslay et (40 kil.) Sablé (R. 28) ; — (68 kil.) Saint-Hilaire du Harouet (R. 32) ; — (32 kil.) Kniée (R. 27) ; — (&6 kU.) Lanciivy (K. 32)].
De Laval à Mayenne, R. 26; — k Sablë, R. 2Si — > à Angers, H. 29; à liantes, R.SO.
La voie ferrée IrauciuL la Mayenne, en aznont de la ▼iUey sur un viaduc lUng de 180 mèt., entièrement con* strutt en granit, composé de neuf arches de 12 mèt. d'ouverture, et haut de 28 mf't. au dessus de l'étiage. La vue embrasse a dr., une prairie bordée de coteaux boisés, au pied desquels serpentent capricieusement les eaux de la Mayenne, et à g. toute l'ancienne capitale du Bas-Maine, ses promenades, .ses quais, ses ponts, ses toits d ardoises, dont le sombre reflet contraste avec la verdure de ses jardins suspendus, son château et son antique donjon, jusqu'à Vélégante flèche de régUse d'Avenières» qui complète ce magnifî |ue paysage.
Al! delà de ce viaduc, on laisse à g. (1500 mèt.) Saint- Berthevin, bâti sur la rive g. du Vicoin, dans uu vaiioa pittoresque dont les collines sont , ici hérissées de rochers énormes, là tapissées de gigantesques chAtaigniers.
Dans la partie la plus escarpée du coteau de la rive g. se conserve une espèce de siège ou de niche taillée dans le roc et appelée la Cliaire de Satnt-Berthwin» Selon la tradition, c'est de cet endroit que saint Berthevin prêcha la foi chrétienne aux habitants de la contrée. Au-dessous de
cette chaire règne un petit escarpement de 10 mètres de hauteur. Le Vieoln coule au pied; sur la rive op* posée s'étendent une vaste prairie et les restes de l'ancienne forêt de Concise. Les carrières de marbre exploitées à Salnt-Berthevin ont fourni autrefois des ornements k la cathédrale d'Angers et à la Sorhonne de Paris. Ce marhre n'est plus guère employé aujourd'hui qu'à alimenter les nombreux fours à chaux de la localité.
310 kil. Le Genesl, v. de 976 hab., sur la rive g. du Vicoin^ où s'exploite aussi une carrière de marbre (nombreux marchés; commerce de bes*
tiaux).
On laisse à r. Snini-hle, v. de 173 hab., et 3 kil, plus loin, la Brulatte (685 hab.)j sur la rive dr. du Vicoin. Dans les intervalles qui séparent les tranchées, très-nombreuses entre le Genest et Port-Brillet, on découvre de charmants paysages. A dr. s'élève la flèche élégante de l'ancienne abbaye de Clermontfde l'ordre de Cîtcaux, fondée, en 1230, par Emme de Laval, veuve de Mathieu de Montmorency. Viglit$y qui date de cette époque, renferme les tombeaux de plusieurs descendants de l'illustre fondatrice. Coite abbaye, convenablement entretenue par le propriétaire actuel, mériterait d'être classée parmi les monuments historiques.
On franchit un petit affluent du Vicoin.
318 kil. Port-Brillet (450 hab), ham. de la c. iïOlUvet, est situé sur les bords d'un vaste étang que le chemin de fer traverse sur un remblai, et dont les eaux font mouvoir une forge importante, fabiiquant annuellement plus de 500 000 kiL de fer cassant.
Ollivet (5 kil. de la station, château et étang) est à 2 kil. au S. de b. c. de Saint-Oumhdes-Toits. où se trouve la Clonrie det PoiHeit, berceau des quatre frères (^ttereau, dits chouans^ hardis faux sauniers, devenus las
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premiers organisateurs de la cbouafine rie dans le Bas-Maine. Le bois de Mi-edon, qui s'étend sur la dr. jusqu'à la rorp:e ('e l'ort Brillet, les avait Souvent abrites dans leurs courses de contrebandiers^ il leur servit ensuue de refuge pendant la Terreur* Dans le plus fourré du bois, chacun d'eux se creusa une demeure qu'il recouvrit de feuilles et de broussailles.
L'œil n'en pouvait deviner l'entrée, et, d'ailk'urs, la crainte arrêtait les recherches devenues souvent fatales à ceux qui voulurent s'aventurer à en fiûre. Bien des mois se passèrent, pendant lesquels les chouans ne purent sortir que de nuit de ces espèces (le repaires. Les paysannes de< environs leur venaient en aide et les nourrissaient ^ aucune u aurait songé à ies irahir; mais les forgerons de Port-Briliet, étant venus les inquiéter dans leur retraite, furent rudement repousses à coups rlr» ferte (long bâton servant à franchir les haies et les fossés,)
Le nombre des insurgés devint bientôt considéraMe , aui ferles succédèrent des fusils enlevés aux Bleus
disséminés dans les cantonnements voisins. Au bruit du canon de l'armée vendéenne, qui mni ctiait sur Laval, Jean Ch uan, ras.-,emblant tousses parti^aus, vint faire su jonction avec le prince de Talmont et contribua puissamment à la victoire remportée à la Croix-Bataille, sur une armée républicaine de 25 000 hommes.
Jean Chouan accompagna avec sa troupe les Veuciéens à Granville et rentra au Mans avec les restes de cette armée. Après la déroute des Vendéens , il se retira encore dans le bois de Misedon, où, à la suite d'expéditions plus on moins heureu^^es, il fut tué dans une nouvelle rencontre avec les forcerons de Port-Brillet, le 28 juillet 1794. Des trois frères de 3ean Cottereau, l'atné, Pierre, périt sur l'échafaud, à Laval ; François mourut de ses blessures dans le bois de Misedon: Kené. aussi couvert
de blessures , survécut sfui à la guerre
civile et revint, à la pacification, culîivpr la Closerie des Poiriers. La Restauration lui fit ranmô'ie d'une pension annuel le de 400 francs, insuffisante
{)0ur élever ses dii-sept enfants, dont es aînés étaient nés dans les souterrains du bois de Hisedon. ta mère de ces intrépides partisans fui écrasée par un chariot de bagages, à la déroute du Mans, et leurs deux sœurs furent guillotinées à Laval.
On traverse plusieurs tranchées rocheuses.
392 kll. Saini'Pierrê4ehCmir, v.
de 1261 hab., possède un territoire
fertile qu'enrichissent encore les mines de houille de Germanchicres, mues par quatre machines à vapeur, et produisant annuellement plus de 170 000 bed. de combustible. Il est situé sur l'extr^ne limite du Bas- Maine et borné à TO. par un des affluents de la Vilaine, qui le st^parait de la Bretagne, et qui le sépare aujourd'hui du département d'il)e-et- Vilaine.
Au delà de Saint-Pierre-Ia-Cour, le chemin de fer atteint le plateau qui sépare les versants des eaux des deux
grandes vallées de la Mayenne et de la Vilaine, laisse à g. Bréai et le château des Bretonnièrcs , puis Erbrée, et, à dr., le grand étang de Pain- TourteaUj de 60 bect. de superficie et à 2Ô00 mèt. au S. duquel se trouve le château des Nétumières. Après avoir franchi un petit aftlaent de la Vilains et passé sous la roule de Laval , dans unp profonde tranchée, on attciul ia sUtiûu de VUré, établie au S. de bi ville» à l'entrée de la route de Nantes, au delà des routes d'Argentré et de la Guerche.
336 kil Vitré [HôL de Sérigné,— des Voyageurs; Inueurs de voitures et (Je chevaux : Rossignol ; PiratUt ; Lucas; — poste aux lettres : place aux Grains; — libraires : Bsi^outn, Mlle BowMVtà)yy, de 8904 hab. ch.-l.
d'arrond. du départ. d'IUe-et- Vilaine, sur la rive g. de la Vilaine^ se pré-
)Ogle
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