LE CHÂTEAU DES HOCHEES
6«» Christophe de la Tour de Coulanges abbé (ie Livcy, dit le bien bon, oncle de Mme de hevigné et auquel on doit (1671) lacoMlnietioii d« la chtpeUe dM Rodiort;
7" l\îme de r.oulanpcs ;
8" La marquise de Lambert, née de Larlan, veuve du marquis de Locniaria, ce Itoutanant général, qui dansait les fameux passe pi^ds qui faittienl i*adinintioii <to Mme de Sevigne ;
90 Charles Albert d'Ailly, duc de Cbaul- DM, gonfvrneiir à» BnUtcn» «n l«70.
Traversant ensuite le vestibule et une grande saUde à ufanger décorée des portraits de la famille des Nétumières, on trouve la chambre à coucher de Mme de S('>vigné et le petit cabinet sans cheminée où étaient ses livres et dans lequel nlle écrivait ses lettres. Dans la Giiauibre ^out les portraits de ;
1° Celse -Bénigne de Rabutin, baron de Chantai, dont une autre toile existe dans leialoiif père de Mme de Séyigné ;
2" .Tennne - Françoise Frémyot , dite sainte ClKinta!, fondatrice de l'oriire delà Visitatiun de concert avec saint François de Sales, et aleole de Mme de Sévfgni ; M. de Coulanges;
4* Mme de Coulanges ;
S» Pauline de Grignan, marquise de Simiane, petite -fille de Mme de Sé- ▼igné ;
Mme de la Fayette, née de la Vergne, qui s*ett fait an nom dans les lettres
par ses romans; 7" Madeleine de Créqny, prinoesie de
Tarente ;
S* Radegonde Ylsdeloa » comtesse de
Bréhant;
9° M. de Sévi^né fils :
10^ Lepréaiiient de Larlan.
11* Jacques Troussier, marquis de Pommenars, dit le divin Pommenars, gentilhomme breton , qui , accusé de âiusse monnaie et absous* paya les épices de son arrêt en Jansaes espèces.
L'ameublement consiste en un lit à Ijaldaquin, en fauteuils et en chaises, le tout en bois peint en blanc et couvert de damas de soie rouge. Dans le calÂnei on montre, comme ayant été à l'usago de Mme de Sévigné, plusieurs ustensiles de toilette, tels que boîtes à poudre et à mouches, brosses, etc. ,
Près du château des Rochers, au pied d*un charmant coteau boisé, jaillit une source d'eau minérale estimée dans le pays.
«Bien des choses , écri val t M . Charles de Hasade, dans la Bivue du Peux- Mondes (15 nov. 1866) ont ebangé dans ce coin de terre consacré par ^imagination la plus élincelante. La hache a fait crier ptus d'une fois re«5 dryades et ces hamadryadcs que Mme de Sévigné plaignait avec un bi spirituel attendrissement quand on coupait ses bois. Les arbres qu*dle t plantés ont disparu, et, après ceux-là, d'autres sont tombes encore. Les futaies ont servi de temps à autre à grossir Théritage. Les propriétaires qm se sont succédé ont été moins uccupés, si je ne me trompe, de la gracieuse mémoire dont ils étaient les gardiens que de leurs convenances, et je crains même que, dans cette maison à la haute et fine tourelle, il ne reste plus une grande provision de l'esprit, de 1 humeur hospitalière et accueillante de la maîtresse d'autrefois. On raconte qu*un jour, il n'y a pas si longtemps, un héritier lointain et indirect se plaignait tout haut des curiosités indiscrètes que lui attiraient les paperasses d'une telle aïeule.
N'importe, deux choses restent encore ! le paysage d'une calme austérité etrimage de celle qui fût le génie de ce morceau de Bretagne. Si l'ombre de Mme de Sévigné n'habite pas le chAtrau des Rochers, elle est partout autour «iu ch&teau, flottante et insaisissafale.
« Je Pai entrefue l'antre mois se dérobant dans ses clairières. C'était parundeces a temps miraculeux >»qun la belle dame décrit elle-même au courant de sa pîume, par un de ces « beaux jours de ci istal de TautoLune,
qui ne sont plus cbauds, qui ne sont point firoîds. » Quelques feuilles commençaient à jaunir et à <;e détacher
de Top u! ente verdure, tourbillonnant dans un rayon de soleil. De la terre, humide encore des pluies récentes,
A RBNNES. [ROUTE 2]
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s'exhalaîent d'Apres senteurs, auTquelles se mêlait Tamère odeur du chGne. La tranquillité profonde, le silence mystérieux de ces bois n étaient troiuilés que par quelque mugissement lointain ou par le bruit des écureuils gambadant d'arbre en arbre.
La brillante apparition venait de franchir la grande grille; elle prenait par le Mail, et se hâtait vers une de ces allées longues et droites, Yln^nie ou la Soliiaire. Elle marcbaît d*un pas dégagé; — elle n'avait pas encore ion rhumatisme; — le visage riant et ouvert, un laquais In suivant; elle portait un livre; peut-être le Tasse, ou un de ces romans qui la ravissaient. Elle allait s'asseoir un instant et lire à la Capucine ou dans quelqu'un de ces pavillons élevés tout exprès par elle pour servir de lieu de repos. Je crus la voir qui demandait avec gaieté à son laquais ce que c'était que ces vagabonds au vêtement étrange et inconnu qui la suivaient ainsi curieusement. — Puis le rêve s'évanouit. — Un propriétaire ou un intendant longeait le bois un faisceau de branches sous ]e hras, — et je me disais que c'était pourtant vr;^i, que deux siècles s'étaient écoulés sans doute, mais que dans ces allées, où je passais, elle avait passé, que ses regards s*étaient fiiâ sur ces champs, sur ces collines, que c'était le même soleil, à la différence près de quelques révolutions de plus ou dp moins; je me disais que là s'était dérobée tout une partie de sa vie et non la moins féconde; que là» au temps de ses premiers bonheurs de jeune femme, lorsque le marquis de Sévi'jn^ vivait encore et n'était pas encore infidèle , elle recevait la plaisante épîtrc de Bussy et de Leuet ; « SaîuL a vous, gens de campagne. — à vous, immeubles de Bretagne.... « Je me disais enfin aue de là étaient parties tdutes ces lettres étincelantes, ingénieuses, animées, histoire d*un esprit, histoire d'une société, histoire aussi de celte maison des Rochers^ deve- ^
nue sous cette baguette de mac-icienne un château enchanté lait pour le plaisir de l'imagination , avant d'être simplement une propriété suivantlafortune banale des héritages »
A 4 kil. du château des Rochers (un bon chemin relie le bourgau château) se trouve Argentré,ch.-L de c.
etv. de 1242 h., bâti sur unehauteuret environné de plusieurs étangs qui Tormeut un des bras de la Vilaine. L'église moderne se ùât remarquer par la régularité dfe son architecture. Le principal souvenir historique d'Argentré est le château du Plessis^ qui fut la demeure de cette naïve demoiselle du Plessis, dont il est si souvent parlé dans les lettres de Mme de Sévig^. C'est un vieux manoir du XV* s., restauré avec goût et sitaédans tme délicieuse position, au milieu de ses grands bois, au fond d'un vallon que baigne un ruisseau d'eau limpide.
Dans la forêt du Pettre, à 18 kil.au S. B. de Vitré, sur la frontière du Maine, se trouvent des vMXfwmtnU druidiques. Cette forêt, d'une contenance de 1 200 hectares , faisait partie des domaines des ducs de la Trémoille, barons de Vitré. Elle est traversée par un ruisseau sortant de l'étang dit la Roche de Bretagne, Tune des sowreet de la Vilaine.
[Corresp, pour: — (31 kil.) Fougères, par (8 kil.) Taillis (18 kU.) Cornbourtillé, (20 kil.) Billé et (26 kU.) Javené (R. 32).]
Le chemin de fer, souvent enfoncé dans de profondes tranchées, côtoie sur sa rive g. la Vilaine, au milieu d'immenses prairies, puis laisse sur la
1. Voir la b cTif et complète édition de Mme de Sévigué, qui se publie à la librairie Hacbette, tom la direction de M. Ad.
Régnier, et qui sera achevée en !8(17 C'est le monument définitif élevé à cette cbarmante mémoire.
De vitié à Nantss, R. Si ; — à Avraacbes et à Mortaie, R. S2.
[ROOTS 2] AR6BNTRÉ. — GHÂTBAUGIRON. 89
dr. Pocéj V. de 631 hab. (menhir de 4 mèt. de hauteur), et à pr.. après avoir ftaiiclii une des branches de la Vilaine, Saint-ÀubMlei'LanéeSyY. de 704 hab., et Saint-Didier , de 988 hab., près duquel se voit, au milieu des bois, remplacement dn l'oratoire où vécut, dit-on, saint Didier, quand il eut quitté son siège épiscopal de Rennes, au vn« s. Un grand nombre de pèlerine s'y rendent chaque année pour obtenir la guérison de la fièvre.
An delà du château de la Roche^ dont le -nom indique la position, et du château (moderne) du Val, on franchit la Vilaine, puis on laisse à dr.
Saint-Mêkt4n$ (363 hab.).
353 kil. Châteavibourgy ch.-l. de c.
et V. de 1298 hab. , sur une légère éminence qui dominp; la rive dr. de la Vilaine . traversée p^r un pont de pierre, étail dans l'ongine un prieuré dépendant de Tabbaye de Redon. On tmarciae une profonde excavation crciis(^e sur le bord du chemin de fer, à 2 de la station; c'est une carrière d'ardoises presque totalement abandon née.
358 kil. Servon, v. de 1122 hab., sur la rive dr. de la Vilaine. La station dessert en outre la commune de Brécé (611 hab.) située sur la rive g. Entre la station et Servon, on aperçoit sur les bords de la Vilaine le château du Gué , ancienne propriété du comte de tfarbœuf, lieutenant de .roi en Bretagne, puis gouverneur de Corse en'1780, etle protecteur de Bonaparte, qu'il fit pTitrer à Brienne.
363 kil. Noyai sur-Vilaine j v. de 3102 hab. agréablement situf', à 1 kil. de la station, sur la nve g. de la Vi- '. laine, fabriquait pour la marine les toiles dites de Noyai ^ industrie aujourd'hui presque détruite par la concurrence des machines à filer et à tisser.
Sur le territoire de la c. de Noya!, aux hameaux de Tatoux, de Launay ei de BùUormfUf s'élèvent des chapelles , souvent visitées par les pèlerins qui
s vont y chercher la guérison de cer-
! taines maladies.
' [Dg Noyai part nnp route dcsser- I vant au S. (8kil.) Chateaugiron, ch.- ' 1. de c. et V. de 1581 hab., situé sur un coteau peu élevé, défendu au moyen âge par un ch&teau fort qui soutint ' différents sièges, notamment en 1590 I et en 1592. 11 fut pris d'assaut le 24 juin de cette dernière année par I le duc de Mercmui qui fit pendre, dit Ogée ( Dictionnaire de Bretagne) ^ , Jean Ménager, avec LuuLe la garnison^ I sur la contreacarpe de la grosse tour^ à un arbre qui porta depuis le nom de chêne des pendus.
Un manuscrit, conservé h la bibliothèque de Rennes, et rédigé par un maître d'école de Ghâteaugiron, contient une naïve narration des malheurs qui frappèrent cette petite ville pendant les guerres de la Ligue.
Une galerie et deux tours bien conservées, au pied desquelles coule la petite rivière d'Yaine, sont tout ce qui reste de remarquable de l'antique forteresse de Chàteaugiron. La chapelle du château a servi pendant quelque temps d'église paroissiale. Une •église a été récemment construite.
Chàteaugiron a vu naître deux sculpteurs de mérite, les deuï Gourde!, do.ut le dernier, Pierre Gourdel, a été chargé d^exécuter en marbre les bustes du marquis de Paulmy et de Bailly pour le péristyle de la bibliothèque de Tarsenal, à Paris.
Les habitants des environs de Chàteaugiron cultivent [iresque tous le chanvre ; aussi le bour^^ fait-il un grand commerce de toiles et de fil.]
 4 kil. au delà de Noyai, le chemin de ferfy^chit la route de Laval,
en face de Gesson , v. de 2639 hab.,
dont les maisons de campagne viennent s'^'^parpiller jusque sur les abords de la voie. On entre dans la gare, après avoir traversé dans une traniCnée le coteau de Saint- Hèller, 374 kiL Bennes.