‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 55 sur 257 · U-N0RD · texte numérisé non relu

U-N0RD

[ROUTS 3] GÂULNËS^e LAMBALLE.

hab.), situé sur uii coteau, et, après avoir croisé deux fois la route de Rennes à Brest, traverse d*abord la Rieulle près de la Yille-Bréheu, puis l'Arguenon, avant d'atteindre

439 kil. Plénée-Jufjon. station établie au ham. de Langonhèdre^ à 4 kil.

au N. K. de PIéDée-Jugon,4300 hab.

A 4 kil. de Plénée-Jugon, se ^ient, sur le bord de rArgaeDOD,jàl47 mèt.

d'alti^, dans un site sauvage» les ruines intéressantes cl fsien conservées du château de In Mnussaye. Les bàuments actuels, défendus par des restes de liiurailles ciénelées, flanquées de tours, ont été construits au commencement du zvi* s. Le ma^ réchal duc de Goigny, qui était devenu par mariage propriétaire de cette terrr, l'aliéna en 1780, et les acquéreurs en tirent raser les bois.

A l'entrée dç la forêt de Boquen (860 hect.) , se trouvent les ruines de Tancienne abbaye de ce nom, de l'ordre de Cîteaux, fondée en 1137 par Olivier, sire de Dinan. Les religieux, adonnés à ragriculture, avaient créé d'importants revenus à leur maison, si l'on en croit du moins le dicton :

« De tous côtés que le vent vantait, Boquen tentait. •

Parmi ces ruines, on distingue mt, tout cellns de IV^^ûe et de U,saUe

eapitulaire dont le caractère architectural accuse l'époque romano-byzantine. Le chœur de l'église est seul plus moderne et ne remonte qu'au ziv* 8. C'est en avant de ce chœur que ftit déposé, en 1450, le corps du prince Gilles de Bretagne^ étouffé au château de la Hardouinaye, Oft le duc son frôre l'avait fait enfermer. L'abbé de Boquen fit mettre sur sa fosse une pierre d'ardoise, et, sur la pierre, l'effigie du prince enrelief de bois. Cette statue est aujourd'hui conservée au musée de Saint-Brieuc.

La station de Plénée-Jugon dessert (6 kil. au H.) Jugon (F. R. 47).

A la sortie de Langoubèdre, leche-

min de fer, établi sur un remblai dans la vallée de l'Arguenon (pont de 8 mèt.), 8*infléoiiit vers la dr., longe à g. le village de Tramain {égUse en partie romane), et, après un parcoursen ligne . droite de 5 kilomètres , à travers un terrain plat, planté de pommiers, cô.loie <\ g. le y. de Plestan (château de Garcouet) • il croise ensuite la route de Dinan près de Noyai, qu'il laisse à g.» franchît le ruisseau du Gouéssant, ' et atteint la station de Lamballe établie au S. de la ville, entre les routes de Rennes et dn Moncontour.

455 kil. Lamballe, ch.-l. de c, V.

de 4151 hab- (hôt. : de France, de la Grandmaiton; —libraires : Joubeaux, Mme Famal), bfttie sur la rive dr.

du Gouëssanty au pied et sur le revers d'une colline que couronne l'église Notre-Dame, dans un site pittoresque, se divise en haute et basse ville. La route de l'an s à Brest la traverse.

Le nom de Lamballe apparaît pour la première fois dans les chartes au xi« s. Les titres de Marmoatien mentionnent que, en l'an 1083. GcotTroy, f^urnommé Botberel, ûls aine d'£ucies, comte de pi nthièvre, donna an prieuré de Saint-iMarUn le vt0ux Lamba^/tf, le Mont-Bo5t, la métairie de Saint-Airand et toute la terre entre le nouveau Lamballe et la rivière do Oonëssant. Lamballe existait donc antérieurement, mais plus au S. de la ville actuelle, sur un terrain que l'on appelle encore viei Lamballe. Selon la tradition, cette première ville fiit détniite par les Normands au x« 8. La nouvelle ville de Lamballe devint, en 1034, le chef-lieu des possessions d'Ëudon, comte de Penthièvre et frère palné de Geoflroi, dae de Bretagne. En 1337, Jeanne laBoiteuM, héritière du comté de Penthièvre, épousa Charles de Chàtiilon, puîné du comte de Biois, qai disputa laeooronne ducale & Jean de Montfort. Lamballe eut depuis cette époque les mêmes possesseurs que le comté de Penthièvre, érigé en duché-pairie par Charles IX, en 1S69, en faveor de Sébastien de Luxembourg, vicomte de Marlif^ues.

En outre, Lamballe demeura le chef-beu do comté, bien que la ville de Guingamp la surpassât en importance et que la plupart des comtes de Penthièvre voulussent être inhumés dans le couvent des Cordeliersde Guingamp, fondé par eux.

m PABIS À BRSST.

Le ch&tean, bfttt à la fin da x* s., démoli fn 1420 par commandement du doc de Bretagne Jean V pour punir la révolte 4e9 Ptnthièifii, et feeoMtratI m tslt par

le duc d*ÉUO)pes, appartenait vers la tin du xvi« 8, à Marie de Luxembourg, femme do duç de Mercœur, cUef de la tigue en Bretagne. Lamballe se déclara done poor la Ligue, et le princo dii Bombes, lieutenant g/'néral pour le roi pn Mreta^ne, se préfteala un ihào pour eu faire le aiage. Il ■*enp8ra da la ville aant dlffieqlté ; mais il décampa avant d'avoir pu se rendre maître du chiib au, sur la nouvelle que le duc de Morcœur arrivait au secours des atsiégés. An mois d'août da Tannée suivante il voulut p! (^nrir • revanche , encouragé par la présence de la Noue, f grand iiomine de guerre et plus grand homme de bien, » a dit Henri iv.

La Noue avait été surnommé Bra^-de- Fer^ à cause du bras par lequel il avait remplacé celui qall avait perdu an siège de Fontenay en 1570. En partant pour la Bretagne, la Noile avait de tristes presaeotiments, car il dit à ses amis «qu'il alloU, eomBie nn ^on lièvre, mourir & son gîte. » Ayant examiné la placi-, et voyant que le prince de Bombes n'avait pour toute artillerie que deux canons traînés par des boBufa, la Noûe lui représenta qu'il y avait peu d'apparence de s'en rendre maître. Ces représentations n'ayant point ete écoutées, les deux pièces furent niii>cs en batterie et firent une petite brèche à la muraille, mais sans entamer le rempart, <|ui ctait bien fortifié par des fascines et du gazon. Le rapport qu'on fit à la lïofle de cette brèche, pour savoir si elle était praticable, ne l'ayant pas satisfait, il voulut aller la reconnaitre lui-même, monta à une échelle dressée aur les ruines, près de la porte de Tîario récemment abattue, et leva la visière de son casque pour mieux voir la contenance des aseiégéa et le dedans de la place. Mais, comme il allongeait la tête, une balle d'arquebuse l'atteipnit au front et le renversa sans oounaissunue. Transporté à Moncontour, il y mourut deux semaines après.

La consternation, dans laquelle la mort de la tioiiQ avait jeté l'armée, obligea le prince de Dombes i lever le siège, et la ville ne fut plus inquiétée; mais, en i6îf). césar, duc de Vendôme et duc de PenthièvTti pur son mariage avec la fille de Mercoeur, ayant excité dei trenbles en Bretagne sous la minorité de Louis XIII, Richelieu fit démolir le château, dont on ne voit plus que l'emplacement. Les murs

d'enceinte, ainsi que les tours qui protégeaient la ville, ont au^si presque disparu.

Le comte de Toulouse fils naturel de Lonie XIV, acquit, en lff7, de la princesse de Conti, la seigneurie de Lamballe, seigneurie quelle avait acquise ellemême du dernier duc de Vendôme. Le fils du comte deToul<»ise porta le titre de duc de Pcnthièvre, et son petit-fils celui de prince de Lamballe. Ce dernier ne laissa pas d'enfants de son mariage avec linfortiiBée piiQceaae de Sâvoie^Carignan, egoi^ée en J79a, etsa scenr, femme de Philippe (Égalité), hérita des domaines de la maison do Pentbièvre.

En 1840, le roi Louis-Philippe» qui possédait encore quelques dépendanees ân château de Lamballe, en abandonna une partie à un établissement de sourds et muets, qui a été transféré à Saint-Brieuc L'autre partie a é!é atheiép par la ville de Laraballe, en ib66, pour ua collège communal.

L'église Saint - Martin, ancien

prieuré, fond*^ en 1084 par Geoffroi T"", coiuteiie f.nmitalle, a donné son nom à un faubourg de la ville; c'est le plus ancien monument de Lamballe.

La nef romane date de 1089. Les arcadHs qui séparent la nef des bascôtés sont en fer à cheval. Le chœur pst dt^coré d'une gron-U' fenêtre à meiii aux rayonnants: le porche porte la daie de 1519, et ie clocher, celle de 1551.

L*églis6 Saint- Jean, comprise dans la vieille enceinte, est un édifice du XV* s. (1420 à 1465) composé

de trois nefs avec transsppts et grandes fenêtres ogivales aux collatéraux, mais privées de leurs meneaux. La tour, située à 1*0. et de forme polygonale, paraît plus moderne.

L'église Notro-Oamo (mon. hist.)>

qui servait primitivement de chapelle au château et qui a été restaurée avec goût en 1857 sous ia direction de M. Guépin, est assise de la façon la plus pittoresque à i'E. de ia ville sur un rocber taillé à pic. Cest un vaisseau long de 44 mèu sur 22 mèt. de largeur, tlanquéde contre-forts avec une tour carrée au centre des transsepts, dont la flèche en jilomii a été remplacée en 1695 par 1 amortissement ac-

[R0UT9 3] . LAMBAIXE.

tuel. iS^ul style iie semlile, au premier aspect, dûûiiiier dans cet édifice, à tél point que Ton remarque troii époques distinctes dans les &sades N.

et 8., dont les obapelles sont chacune surmontées d'un pignon aigu.

I/intéiieur n'est pas inoiii^- bizarre par iô mélange de ses cua-sLi uciions.

Les parties les plus anciennes sont :

le portail occidental , une seconde porte ouverte dans le mur septentrional, la nef toute entière* et le collatéral N. La dédicace de Notre-Dame fut faite vers l^iOpar saint Guillaume Pinchon, évêque de Saint-Brieuc.

L'architecture des portes et de la nef annoncent bien la transition du plein* cintre à TogiTe, opérée au conunencement du zni* s.

Le portail occidental en ogive présente les ornements ordinaires du roman fleuri : chevrons, étoiles, chapiteaux historiés. La porte du M.

est en plein-cintre; ses chapiteaux, dont Tomementation végétale est encore un peu historiée, sa large voussure cintrée, le cordon de violettes qui règne au-dessus des chapiteaux, accusent aussi 1 époque de transition.

La nef se compose de quatre trayées, dont tous les détails^ piliers, arcades^ archivoltes^ chapiteaux, etc., révèlent d*une façon irrécusable le commencement du xiii* s. Le carré central, qui porte la tour, se fait remarquer par l'élancement et la pureté de ses colonnes, couronnées de chapiteaui à feuillages* Le chœur communique avec ses bas côtés au moyen d*arcades en ogives équilatéraies, munies d'archivoltes à moulures elliptiques, reposant, àdesnivo;nii divers, sur des faisceaux de colonnettes grêles et légères. Âu-dessus de l'ouTerture des aroades règne un triforium surmonté de fenêtres simulées, d*un dessin analogue à la grande baie orientale. Les galeries de ce triforium sont doubles du côté du N. et simples du côté du S. Le chevet, terminé par un mur droit, est percé d'une graoieuse fentlie ityon-

ai

nante, dans laquelle un vitrail neuf représente la Vie de la Vierge,

Toute cette partie de Véglise, à rezception de la verrière, est du

XI v" s., et son style concorde parfaitement avec les données historiques.

Une charte de 1371 apprend, en effet, que la reconstruction du chœur de Notre-Dame de Lamballe fut due à la pieuse munificence du bienheureuse Charles de Blois, qui apporta processionnellement et pieds nus à cette église, en Î3C3, un morceau d'une côte de saint Yves, canonisé en 1347, Le collatéral 5,, dans toute la partie qui longe la nef^ a été reconstruit au XV* 8« Ce fuli est constaté par deux inscriptions de H14-U15| qui se lisent sur la muraille, ^1435»

le duc Jean V érigea cette église en collégiale. Les trois chapelles du collatéral S. sont séparées non par des murs de refend, mais par un système de fenestrage disposé en meneaux rayon^ nants. le coUaiéral «Y., dont la lar« geur est presque double de celui du S., contient aussi trois ciiapelles et six enfeux renfermant des pierres sépulcrales. Notre-Dame a été récemment rendue au culte.

Les arbres de la jnrommi^ établie au N. E. de cette belle église lui forment un frais encadrement de verdure, d'où l'on découvre un magni fique paysage.

Les Augmtins furent fondes en 1337 sous le titre de VAve Maria j pai Olivier Toumemine, sieur de la Hunaudaye et parisabeau de Machecoul, son épouse, inhumés dans ré^^lise de ce couvent, mais dont les tombeaux n'existent plus. A la nef, contemporaine de la fondation, a été ajouté, du côté S., un portail du xv s., surmonté d'une fenêtre flamboyante accostée de deux niches. L'église est aujourd'hui convertie en magasin de fourrages; les bâtiments claustraux soni occupés, en partie, par la justice de paix, en partie, par une école.

Les Ur&ulineSj établies à Lamballe en 1637» ont fyit reconstruire leur

J12 DB PARIS

couvent vers 1825, près de l'église

Saint-Mariiii.

Les hospiuaiintâêSaint'Thomai

de YiUenewe, aujourd'hui répandues dans toute la France, ont pris naissance à Lambaîle,'oîi leur première mnison fut établie, en 1661, par Mlles le Bohu de la Poinmeraye, et Anne le Maignan de Cauton, sous la direction du P. Ange le Proust, Augustin.— Un établissement des filles de SaiM-Vineent-de-Panl a été fondé, en 1 833 , par le P. Padel , capuci n .

La bibliothèque communale, iadis fort riche, a été vendue en puilie.

Lambalie possède un haras^ que la TÎUe et le département ont fait construire sur les plans de M. Frolicher, architecte, et qui a été considérablement agrandi dep'iisquelquesannées. 11 peut recevoir 80 étalons.

L'industrie de Lambalie comprend la mégisserie et la tannerie, la feJbrication des serges et des berlinges, la poterie, etc. Il se fait, en outre, dans les marchés de la ville, un commerce considérable enblf'^ pn poterie commune, fabriquée dans un village voisin nommé la Poterie (737 hab.), dont dépend le beau château de la Moglaie,

[Corresp. pour : — (42 kil.) Pleurtuit (R. 48); — (37 kil.) Ploubalay, par (18^ka.) Hénan-Bihen et (37 kïl) Matignon (R. 48) ; - (45 kil.) Dinard (R. 48); — (14 kil.) Pléneuf (R. 48).]

De Lambalie à Dinan, R. 47; — à Ploubalay, & Plancoët, ù Binard et à Pléoeuf, R. 48 ; à Mapoléonvilie, R. 68.

Après avoir trn\ ( rsé le Gouessant et l'Evran, la voie ferrée laisse à g. Pommcret (lîGî hab.) et croise la roule d'YiTiniaca Moncontour.

" 4 G kil. Yffiniac, v. de 2280 bab., situé à près d'un kil. de la station (à dr.), sur la rive dr. de TUme qui se perd (l kil.) dans Tanse d'Yffiniac, se compose d'une longue rue, le long de laquelle sont agglomérées plus de 300 maisons.— A 6 kil. au S. du bourg

A BREST. [ROUTE 3j

(3 kil. env. de la sUtion), s i une lai»le^ près de la métairie de la Touche, et à proximité du chemin de Noë ou Nohay, s'élève la chapelle des Sept 'Saints, rebâtie il a quelques années, dans le style ogival de la fin du xiv^ ou du commencement du XV* s. Sur la porte principale sont sculptées en relief les figures des Apôtres, L'intérieur renferme une jolie verrière et un jubé délicatement sculpté. Près'de la chapelle, jaillit une fontaine dont les eaux, qui passent pour jouir d'une ^ertu miraculeuse, attirent de nombreux pèlerins.

JBx4Wirrioii à Honoonioor.

[Des voitures do correspondance (coupé et intérieur 1 fr. 75 c.) desser\'ent (16 kil. au S. de la station) la petite ville de Moncontour. La route d'Yffiniac à Moncontour traverse' un pays très-accidenté, et atteint, à 9 kil. d*Tffîniac, le bourg de Qwitùy, dont il est fait mention dans une charte de 1160, et qui est aujourd'hui renommé pour la production de la poire connue sous le nom de rousselet ou rouxette de Quessoy. A partir du ham. de VHÔpital,,qm dépendait d^une commanderie de Tordre de Saint-Jean de Jérusalem , et dont la chapelle consen'e quelques p.irli es du XI V s., les vallons se creusent de plus en plus et la route est dominée par des coteaux boisés ou des TOChers couverts de mousse. On aperçoit les châteaux de la Houssaye, de Bogars et des Granges, et enfin Moncontour, bûti sur un mamelon escarpé, à la rencontre de deux valléef;.

16 kil. Moncontoiu- (H. 68).]

Le chemin de fer franchit VUrne sur un remblai de 38 met. de hauteur, reliant deux coteaux très-escarpés , et laisse à g. (700 mèt.) Trégueux, c, de 1355 bab.,et àdr. (1 kiL) lanffueux, près de la baie du même nom, c. de 2638 bab., pour la plupart nomades. Ils vont, en effet, sur tous les marchés de Bretagne et

[ROOTfi 3] SAINT^BRIEUG

jusqu'à Paris porter leur sel et leurs légumes, qu'ils échangent contre des noix, des châtaignes et du froment.

Les salines deLangueui, un peu né- ^igées depuis quelque temps, rapportent encore à VÊtàt plus de 40 000 f r . -par an.

Lanpueux possède, depuis 1843, un établissement agricole et pénitentiaire, fondé par M. Duclézieux près de son ehâteaude Saint-Ilant et dirigé par les missionnaires du Saint-Esprit.

La chapelle, construite en 1858, dans le style du xiii* s., renferme le corps de m\ni Léon, retrouvé dans les catacomlif':^ de Rome, et donné par le pape Grégoire XVI à M. Duclézieux.

Les grèves de Langueux, dont l'endiguement a été plusieurs fois tenté en vain, servent d'hippodiome pour les courses de Saint-Bneuc. Vers l'an 937, elles furent le théâtre d'une sanghîite liataille dont le gain ouvrit à Alain Barbe- iorte les portes de la Bretagne. Pendant la Ligue, les mômes lieux furent témoins d'un nouveau combat entre Jean d'Âvaugour, sieur de Saint-Laurent, et les Royaux,

On franchit le ruisseau du Gouëdic, sur un pont de sept ai'ches de IBmèt.

d ouverture etde-134 mèt.de longueur totale, dont le parapet a 39 mèt. 50 c. de hauteur, prise de la pile du milieu. Ce beau viaduo a été exécuté par M. V. Radenac, entrepreneur.

475 kil. Saîni-Brieuc.

HOTELS : — d«to CroiX'BlancKe ; ^ de VUnivvrs; — de France ; ^ dê la Cfoim^ Bouge; — du Pavillo7i.

Libraires ; — L, Prud'homme; — Frawisque Guyon; — Conor-GrenUr ; — F* JtudTOin,

Joi'RNAUX : — £« Foi Bretonne, journal politiqae paraissant trois fois par semaine;^ le PiMieateur des Câtêâ*du- A^ord, journal hebdomadaire; ^ lUrmo* riqwj paraissant deux fois par simaitie.

iltaaiioa. — J^eoi iMraL

Saint-Brieuc, V. de 15 812 hab., située à 88 mèt. d'altit., à 1 kil. du

PïlKTAGNE.

port du Légué, établi, sur la rive g.

du Gouët, à 1500 mèt. de Temboucbure du Gouét dans la Mancbe^ cii.-L du département desG6tes<iuoNord, est le siège d'un éféché suffragant de Rennes, d'une préfecture, d'une subdivision militaire, d'un tribunal de première instance, d*un quartier ma* ritime, etc.

Saint-Brieuc, disent les auteurs de la Géographie des CàteihdHÊrNord^ «est une ville éminemment bourgeoise et presque champêtre; les Briochins ont conservé en grande partie les habitudes de leurs ancêtres; ils se lèvent, se couchent et mangent aux mêmes heures qu au siède passé, et, malgré la prépondérance de râément administratif, rien n'indique que ces vieux usages , qui s'accordent avec ceux des cultivateurs, soient sur le point de disparaître. »

La ville de Saint-Brieuc, reconstruite en partie depuis quelques années, a beaucoup perdu au point de vue pittoresque sans gagner pour cela en régularité, car le plan défectueux adopté pour la voirie rappelle à peu près la disposition des rues tortueuses de l'ancienne cité. Tout.>rois, il est juste d'ajouter que tout récemment quelques rues ont été élargies, que la ville est maintenant éclairée au gaz, qu'elle possède de nombreuses bornes fontaines, et qu'enfin tous les nouveaux édifices, publics ou privés, sont élégants, solides et construits avec ce beau granit bleu dont les carrières entourent Saint-Brieuc.

Bisioir».

Sâint>BrieQc doit son origina et son nom

à un missionnaire de la Grande-Bretapne qui vint à la fin du v« s., avec 84 disciples, prêcher l'Évangile dans l'Armorique. Ce saint bomme débarquai l'embouchure du Gouët qui forme le port du Le -ne, et, s'avan^t jusqu'à la xsallée douhu^ bordée par répalsse forêt qui couvrait les coteaux aujourd'hui si fertiles du Gouët et de Gonëdic, il n'y trouva pour habitation que le manoir d'un chef breton éongre, le eomie Riwal, qui lui concéda un terrain

DE PARIS A BREST

pour îa constrnctîon d'un monastère. T e saint, ea pareourant ce Talion dans le bul d*y réaliser son pieux dessein , découTrit m» fontaine limpide près d'an lieu ooMké Port-Orel ou Aurèle, où il s'arrêta avec ses frères, et près de laquelle il bàUt un petit oratoire wâé à Notre-Dame. La célébrité d e ces pletiz folitaires attira une fbale de fidèles; on «'empressa former autour de leur église des habitations ({ui se multiplièrent peu à pea. Infis, Its airiotes qui éclatèrent au tombeau de saint Brieuc, inhumé sur l'emplacement de la cathédrale actuelle^ attirèrent et lixèrent dans ce Ited béni ane foole de pèlerins, qui donnèrent naissance à la ville.

Sainf-Brienc n'est mentionnée qu'à de rares lutervuiles dofis l'histoire, et n'a jamalt été, à proprtment ^lerv qu'une ville épiscopale sur laquelle la sainteté et le mérite de plusieurs de aes prélats ont seuls jeté quelque éclat.

En I37ft, OliTier de disaon se fortifia dans la cathédrale et y soutint un siège e u II li e le duc. En 1394, il vint à son tour assiei^er les Briocblos, qui se réfug^rsnt eiusore dans leur église et ne purent y être forcés qu'au bout de quinze Jours, et lorsque les machines de guerre eurent fait plusieurs brèches eonnâérablet à Inihigede occidentale et aux tours.

En i'<'r2, SaintrBrieuc fut pillé par l'armée des Espagnols, Lorrains, Lansquenets et autres gens de guerre, et eut & souffrir, eu 1601, d'une peste qui emportu une grande quantité d'habitants.

Les Étale de Bretagne s'y assemblèrent un gcvnd nooibre de foie depuis tiM>2, et en deniief lieu m mois d'avril i7«s.

En 1628, on commenta à entourer la ville de murailles dont il ae reste quâ^ d'insignifiants débris*

En 1795, pendant la Terreur, la guerre civile éclata autour de Saint-Brieiic ; un camp fut établi sur le tertre Buetle , un untre à Meslin, près de Lamballs, et, jusqu'à l'avènement du Consulat qui permit la réouverture des églises, à part quelques courts momeuts de pacification, ce fut d ; la part des cAowons, comme de la pai t des bleus y une guerre sans pitié, des meurtres sans nombre. Nous ne rapporterons ici que l'eulrepnse dcb ciiuuaus sur SaiDt-Bfieuc

Le but principal de cette expédition était d'enlever de la prison de Saiat-lirieuc des prisonniers royalistes dont i'arrél de mort d«fsit être Incessamment exécuté, et de rendre en mcma temps à la liberté quelques autres Qhe£s détenus dans cette ville.

Ce double but fut complétnmont atteint, dans la nuit du 26 octobre I7s^9, par une troupe de partisans que conduisit, avee autant d'audace que d'habileté, Heitisr, dit la Vendée. Vers 7 heures du matin, les chouans évacuèrent la ville où ils laissèrent S morts et 1 blessé. Les défenseurs I Saint-Brieuc eurent une trentaine de blessés et neuf morts, entre autres le procureur de la sommune, poulain Corbion, dont la mort fut héroïque.

Saint-Brieuc possède une Société départementale d'émulation, fondée en 1861, qui compte plus de 200 membre, et qui a publie déjà quatre ou skiq titanes d» buUetina et de mémoirsi.

édifices reli^eax.

La cathédrale , dédiée à saint Étienne, s'élève sur remplacement de la chapelle du moDastcre de saint Brieuc, convertie en église épiscopale au IX" «• Sa veeonstructioD fui entreprise, au xiii* s.^ par l'évêqu»

saint Gnillaiime Pinchon , arec des matériaux dont une partie parait avoir appartenu au siècle précédent.

Elle fat ooutinuée par ses successeursaux nv«, XV* et xvi* s> ^ et termîaéiL au xviii' s.

Cet édifice, tel qu'il existe aujourd'hni, fo?-nne, suivant MM. Geslin de Boiu i(<:l^mlî et llarthéleray, dont Texcelieut ouvrage {les anciens Évéchés d» Bretagne} noue sert de guide, ' un« croix tetine d'une longueur to* taie de 73> aèt, pnse du portail au chevet, et d'une largeur de 41 màt.

44 cent., aux transsepîs. La longueur de la nef est do 35 mèt. 75 cent., et sa largeur moyenne de 6 met. à4 cent.

L'ensemble du vaisseau, dont la plus grande élévation sous clef de voûte* est de 19 mèt., peut se diviser ainsi : une nef principale, deux bas côtés^ les croisillons, le chœur et son pourtour, les chapelles, les tours. 11 a été bâti sur une sorte de niaiécage, et plusieurs de ses pailles reposent sur pilotis. Le soi a été élevé, à db* verses époques, ^our le mettre sans doute à l'abri de l'eau qu'on trouve, en certains endroits, à une profondeur de 35 cent, seulement.

Route 3] SAmT-BRIBDC. — CATHÉDI1A.LE,

Phisieun parties de eet édifice

appartiennent au xiii* s.; ce sont: les colonnes et 1ns chapiteaux du carré central et du pourtour du chœur ; les transsepts; le gable occidental et la k>ur BrieuCj qui fut» au xiv* s., le doi^on de la cathédrale, à Tépoqae où celle-oi derint une citadette (ses seules ouvertures sont aujourdTiui des meurtrièrp-^ ; on en remarque aussi dans la longé ro occidentale de la sacristie, du .côté de la place du Martray); enfin le porche du Martray^ du côté dtt N.

Panni les ehapiteaiiz, les uns, à tailloirs carrés, sous lesquels court un cordon de porlp-^, ont leurs corbeilles couvertes d orneinents empruntas au règne animal et au rogne végétal simultanément ; un seul est couvert exclushremeiit de personnages grotesques; qnelques autres portent, sur des eorbeiDes élevées, les feuilles aquatiques de la période romano.

î,^ portail établi sous la tour Brieuc, à l u., ouvrant sur la placé du Pilori, annonce aussi le xiii* s. Il fut bouché au siècle suivant, prohablcment à roccasion des deux sièges que les Briochins soutinrent dans leur rp:îîso. Plus tard, on y dressa une chapelle ou oratoire sous l'invoeatiou de saint Jacques. Les armoiries de la famille Turnegoët y sont répandues à profusion sur des consoles^ et celles de Bretagne à la clef de voûte. Les

archères et meurtrières pratiquées dans la tour du N. ne sont pjis répétées dans lat&urduS.; ni l'une ni l'antre de ces tours ne contribue, d'ailleurs, à l embelUssement de PégUee^

La tour du N. est couronnée par une flèche d'ardoises. Celle du S.

n'a pour combla» qu'un toit sans cl6gatK-e et sans élévation, et aucune ouvLu ture caractéristique ne peut établir d une façon certaine l'âge de cette partie du monument. L*extrème pau> vreté de cetle façade 0., ruinée par les machines de guene que Glisson employa en 1394, preuve seulement

qu'élle n*a été relevée qu'après cette ^oque et peut*être à titre provisoire.

Au XTV* s. .'t[ipar tiennent aussi le chœur et son triforiiim, reproduisant les mêmes motifs quf' ceux de Lamballe et de Guingaiii^, les voûtes du chœur portent à la clef les armes de Guy de Montfort, évèque de Saint- Brieuc de 1335 à 1355. Le chœur se compose de sept arcades, séparées par des faisceaux de colonnes engagées, avec chapiteaux octogones.

A chaque arcade correspond une fenêtre à meneaux rayonnants, ornée en avant d'une seconde galerie. A la galerie inférieure, au fond du chœur, sont sculptés, aux pieds de la statue du patron de Féglise, d'un côté deux lièvres au gîte, de l'autre un âne et son petit, paissant et portant une sonnette au cou. La sacristie et son élégante cheminée prismatique annoncent aussi le xiv« s.

Les chapelles du pourtour et les chapelles des collatéraux sont de dates différentes. Placées presque toutes entre deux contre-forts et s'avançant plus ou moins au dehors de Téglise, elles renferment chacune un ou plusieurs enfeux destinés à recevoir les corps des fondateurs et de leurs fa-' Diilles. Les tombes primitives eu ont été arrachées ou déplacées. On y remarque maintenant :

l' La tombe de saint Guillaume avee sa

statue (2" moitié du xv* s.) Elle nst toujours ornt'e (h-s ej; vo<o qu'y dépose la pie lé des tidèles ;

!• La tombe avee statue de Mgr André

le Porc <le la Porte, mort en 1(132 et iidiiime aux Ursuliites, d'où ses restes ont élé transportés, en 1833, dans Tenfeu de la fianille de Boisgeslin;

3" La tombe en marbre noir, sansépitaf>htî, de l'évéque constitutionnel Jacob, mort en 1801 et enterré à g., à l'entrée du cbœnr, sous Tarcade où reposait 1*6véqueThépault du lîreiçrnou < 1766);

4» La tombe de Mgr Caffarelli, mort en 1815 et inhumé derrière le ehœor, dans fenfeu de l*un de ses prédécesseurs, Denis de la Barde, mort en 1675;

|«La»tatue tumulaire de Mgr Le broing

DE PARIS A BRB8T.

de 1.1 Romaç;cre, mort en 1841 et ittliumé dans le transsepl méridional;

6° Le tombeaa de Mgr Le Mée, décède en isSB; , .

7» Et ri^lni de Mgr Martial, decede en 1863 — Ces trois derniers toinbçaux ( trèsremarquables) sont de M. Ogé, sculpteur Bnochin, auquel est dû auaai le chemin de croix.

Signalons encore : plusieurs tapisaeries et le buffet d'orgues de 1540, couvert d'arabesques dans le style de la Renaissance, au milieu desquelles 86 jouent çà et là des enfants nus et des oiseaux d'une grande délicatesse de détails. Dans chaque panneau se détachent plusieurs médaillons portant des têtes d'hommes et de femmes avec des costumes du règne de François 1**. Le plafond à caissons est décoré de stalactiques fouillées avec un goût et un soin merveilleux.

Le xvu* s. n'a rien laissé après lui dans la cathédrale. De 1705 à 17 2U, un pieux évêque natif d'Auvergne, Louis Fretot de Boissieux, lit démolir la grande nef, en conservant néanmoins la partie inférieure des murs et des piliers, qui préser tnit une grande solidité. Les collatéraux restèrent en partie dehout et la nouvelle nef conserva sept travées de chaque côté comme Tancienne^ mais elle fut reconstruite dans le style du xvm* s.

Toute la dépense de cette vaste entreprise fut couverte par la générosité du comte de Toulouse, gouverneur de BnMaîïne, et surtout par les libéra lues de i évêque lui-même, qui s'imposa les plus dures privations pour augmenter encore ses dons.

Dans le cours de ce siècle, Mgr le Méc et l'évêque actuel, Mgr David, ont fait exécuter à la cathédrale de Sainl-Brieuc plusieurs travaux importants.

Véglise paroissiale de Satnt-Mkhuly reconstruite en 1498^ a été de nouveau démolie en 1837 et remplacée par un bâtiment en fornje de basilique, qui a coûté plus de 500 000 fr. Nous sigiialerûnsj à Vintérieur : un tableau de

Déveria, des statues de Barré , de beaux vitraux modernes et des peintures à fresque de M. Danguy, père (la Iréyende de Varchange saint Michel).

Le petit oratoire de Notre-Dame de la Fontaine y dédié par saint Brieuc à Notre-Dame, au-dessus de la fontaine de Port-A"rMe, fut reconstruit vers 1420, par Margot de Ciisson, comtesse de Penthièvre. Il ne reste do^ ces constructions que la fontaine qui or* naît le chevet et un petit caveau, sous le chœur de la nouvelle chapelle reconstruite sous Louis-Philippe, par Mlle Bagot, qui a pu, à force de sacrifices élever à côté un orphelinat de jeunes filles, dit la Sainie^FamUlê.

Dans la cliapelle actuelle, on remarque un bas-relief en albâtre, du XV» s., représentant un Crucifiement, la pierre tumulaire et la statue d'Aliette de Malpstroit, dame de la Morandaye (1479), transformée par un badigeonneur en Sainte Osmane*

Véglite eotUgiale de SaifU -Guillaume^ fondée en 1240, par Philippe, successeur de saint Guillaume, a été, aprJs de nombreuses vicissitudes, relevée dans le style du xui" s., sous la direction de M. GolUn, aîné.

La chapelle Notre- Dame 'd'Espé' rance, anciennement Saint-Pierre, rebâtie en 1854, sur les plans de M. Tabbé Paul Prudbomme, dans le style du xiii* s., renferme un trèsbeau calvaire en granit avec soubassement en pierre de Kersanton, dû au ciseau du sculpteur Hernot, et de beaux vitraux offerts par les familles les plus notables de la ville. Ces vitraux représentent les plus célèbres pèlerinages de la Vierge en Bretagne et les principaux saints du pays.

Les Capucins, fondés en 161o, par MM. de Brehaut, ont fait place à Yhôpital eitil, qui comprend Veuile des femmes aliénées et auprès duquel s'élève Vhospice des incurables^ récemment fondé. Plusieurs parties de l'hôpital civil doivent être prochainement restaurées. Ixi chapelle renferme un assez bon tableau de M, ISether.

[ROUTB 3J

— *Les Calvidriennes, établies en 1626, sont aujourd'hui remplacées par les dames du Sacré-Cœur (riche pensionnat). — Le couvent des filles du Saint-Esprit ou dames Blanches y chef d'ordre fondé à Plérin, en 1706, et transféré depuis à Saint-Brieuc, a été considérablf*ment augmenté en 1866.

De ce magnifique établissement dépendent plus de 800 religieuses professes, et 199 maisons dans les cinq départements do la Bretagne.

Nous signalerons, en outre , parmi les communautés religieuses, qui, avec les églises et les chapelles^ occupent environ la moitié des plus beaux terterrains de la ville : — le couvent de la Providence (pensionnat considérable, externat do plus de 300 jeunes filles) ; — les Carmélites de Saint- Joseph; — les Dames de V Adoration perpHueUe; — les fiUes de la Croix; — les sœurs de Noire-Dame de Bon- Secours y de Troyes; — les religieuses de Notre-Dame dp charilé du Refuge (pensionnat; maisuii de refuge pour les filles et femmes repenties); — l'orphelinat de Naxareih (belle chapelle ogiirale), etc.

Édifioea civils.

Vhùtcl de la préfecture ( parc de plusieurs licctares) occupe l'emplacement de l'ancien hôtel de ville, et renferme le dépôt des archiver, La maison du Saint-Esprit ^ ancienne Prébende, a?ec sa jolie tourelle du xv" s. , forme une dépendance de la préfecture. — Le palais épiscopal est établi dans le manoir de Quiquengrogne ou hôtel de Maillé, dont les plus anciennes parties sont du zvi* s.

La chapelle est fort jolie* L'évéque actuel, Mgr David, a fait élever dans le parc une tour éléj^ante d*où Ton découvre un va.ste panorama s'étendant jusqu'à la mer. — Vhôtel dp ville occupe I hôtel Trégomar, dont la reconstruction a été décidée au mois de février 1867. Dans les dépendances de rbôtel de ville, se trouve la saUe de spetUteUy récemment décorée. — - Le

pakns de justice (élégant fronton sculpté), récemment terminé, est entouré d'un square, où la Société d'émulation a été autorisée à faire des .essais d'acclimatation. — l e lycée ^ dont les belles constructions occupent l'emplacement de l'ancien couvent des GordelierS; est précédé d^une grille remarquable due à im mécanicien du pays. L'une dos ailes renferme une vaste et élépanle rbapelle; l'autre renferme la Bibliotlieque (plus de 24 000 vol.), ainsi qu'un musée archéologique et d^histoire naturelle ^ mal tenu. — L'ancien collège , fondé en 1609 et reconstruit en 1739, a été remplacé par une caserne de gendarmerie, rebâtie il y a quelques années.

— La cascrnp d'infnnferie occupe l'ancien couvent des L'i^.alines. — Le séminaire, fondé en 1644 dans le b&timent actuel des halles à la viande, a été rebftti (prés de la gare), de 1842 à 1847, par M. Gucpin, sur les plnn^! de Mgr Le Mée, au-dessus de carrières de granit, exploitées pour la Cùustruction. Une de ses dépendances a renfermé pendant quelque temps VinstHuHon Saint-Charks, dirigée par les PP. de Sainte-Croix du Mans^ et aujourd'hui installée dans une autre partie de la ville.

UtAeem ewleosM.

Saint-Brieuc possède encore quelques curieuses maisons en bois, ornées de sculptures. La plus remar-

(juable (rue Saint-Jacques) offre, sur sa façade, un joueur de biniou ^ faisant pendant à un grotesque.

Sur la maison suivante , située à l'angle d'une ruelle, on distingue un saint Georges en pied , un Daiidf un saint Mien et un onije soutenant un écusson aujourd'hui fruste, niais qui devait porter les armes des ICder, sieurs de Fontenelle, paroisse de Trégueux, famiiic qui a produit un Ligueur fameux auquel cette maison appartenait.

Dans la rue Fardel, une jolie maison (style Renaissance) est connue

SÂINT-BRI£UC.

DB PARIS A BRSBT.

[ROOTS 3]

sous le nom d^hôtel de^ dncs de Bretagne. Elle ne fut cepeudant commencée que le 7 mars 1577, parYvon CoUôu, ajuime l'indique une inscription lapidaire. On prétend que le roi d'Angleterre Jacques II y logea, quand il ?int, en 1689, à Saint-Brieuc, passer la revue de ses troupes de débarquejoaient.

La rue du Bas-Fardel renferme encore une jolie m§ison du xv s., à pignon sur rue et à étages en encorbellement.

La rue du Gouêt, habitée aujourd'hui par une population pauvre, offre quelques maiîïons dif^nes de recevoir la visite de l'aiclièologue.

Plusieurs maisons de la Grand 'rue des Marchands portent les armoiries des bourgeois qui les ont élevées.

Vhôtel de liohan (rue Saint-Gilles), somptueuse habitation du xv" s., a un portail sculpté, un pignon à mâchicoulis et une colonnade (cour intérieure) à la façon des maisons d'Orient.

Prom«ciftd««.

Le cJ^mp de Mars (devant les casernes), autrefois bordé d'ormes magnifiques, a été replanté d'arbres vigoureux d'essences vaiiées. — Sur le tertre Buette a été récemment érigée une tttUue colossale de la Vierge, due au ciseau de H. Ogé^ artiste briochin.

Le boulevard du ^uetcUriy dont le nom primitif était promenade Nccker, fut établi, en 1788, sur l'emplacement des anciens murs et de la porte Saint- Guillaume ou- Rennaise. C'est une jolie promenade plantée de vieux tilleuls, et ornée de la statue de du <yiMic}tfi, par un artiste nantais. — Le houlevard d'Angoulême y qui lui fait suite, est tt'i miné au N. par une terrasse d'où Ton découvre toute la baie de Saint-Brieuc. — En avançant encore dans la direction du N. jusqu'au promontoire resserré qui sépare les emliouchures du Gouët et de rUme, on arrive à la tour de Cessnn rt au village du raème nom (2UU0 iiab.), oû se sont élevées, depuis quelques an-

nées, plusieurs jolies maisons de campagne , entre autres celle de M, Giais-Bizoiu, député au Corps législatif. C'est dans le parc de M. Glais- Bizoin que se trouvent tes mines de la forteresse. La tour de GestOB, circulaire à l'extérieur et hexagonale au dedans, fut élevée par le duc Jean IV à la ûn du xiv* s. D'un aspect sévère et grandiose, elle a, disent MM. de Geslin et Barthélémy, uix diamètre intérieur de 5 mèt. 50 cent Une double enceinte de fbssés, tajUés à pic dans le roc ou revêtus en î<XDâ de cuve, Tentoure; sa hase est un massif légèrement conique ; les murs ont environ 4 mèt. d'épaisseur à l'étage inférieur. Ils contenaient un escalier en liélice conduisant à la plate-forme, des couloirs et des tuyaux acoustiques pour mettre en communication les défenseurs des quatre étages de la forteresse. Chacun de de ces étapes était éclairé par Jes fenêtres, les unes carrées, les autres cintrées, fonnsQt par leurs profondes embrasures une petite salle garnie de bancs de pierre. On y voit aussi quelques barbacanes et des meurtrières pour placer du canon. Des portes en o^nve faisaient communiquer, à Tintéiieur, les appai lenjcnts entre eux.

Au premier étage se trouvait la porte d'entrée en plein-cintre. Le pont-levis se manœuvrait à Talde d'une armature courbe en fer, enj^agée à l'extrcmitc d'une poutre qui rentrait dans la muraille par deux coulisses, i'une verticale et l'autre arquée. Deux chaînes, suspendues au bout de l'arc, portaient le tablier, qui s'alMittait sur i l crête de la contrescarpe du fossé*

La tour do Cesson demeura au pouvoir des Ligueurs jusqu'en 1598; elle fut alors reprise par le maréchal de Brissac et remise sous la domination du roi. Henri IV la fit démolir la môme année, à la demande des habitants de Saint-Bfieuc. La mine que l'on fit jouer à celte intention fendit de haut rn bas le colosse, dont une moitié îieul^meut s'aflaissa sur elle-

[ROUTB 3]

8AINT-BRIËUG.

même. L autre muitié, encore debout sur son luromontoire, à une hauteur de plus de 20 mèt., en servant - de

guide aux pilotes, offre au paysagiste et à rarchéologue un précieux spécimen (îii f'HSsé. Des foiiillos, pratiquf'es sou.-, la Umv, ont amené la découverte de cliaussetrappcs, de boulets en potaiOy d'un grand nombre d'épées rompues, de vouges, d'épieui ou de faucilles , d'une lourde hache , enfin de modaiîlcs, de i)oterips et de tuiles roiiKiiiies, qui indiquent que la forlerei>ae du moyen âge avait remplacé un élabliâsement romaiu. Plusieurs de ces anciens débris sont auJourd*liui déposés au musée de Saint-Brieuc.

Au pied de la falaise que domine la tour de Ccsson, des travaux considérables ont été entrepris pour la création d'un bassin à flot; malgré les sommes déjà dépensées, ces travaux ne paraissent pas devoir être terminés avant longlânps.

Industrie et commerce.

Le cabotage est la branche la plus importante du commerce de Saint- IJneuc. Le port du Légué^ qui est à proprement parler celui de la ville , assèche à marée basse, et se compose principalement d'un canal de 900 mèt.

de longueur, de 31 met. de largeur et de 6 met. de profondeur. La première pierre des quais fut posée en 1758 par lu duc d'Aiguillon. A ces quais ont été joints deux bassins avec griU de carénage et des diantiers de construction pour les navires.

Le Légué est le premier port des Côtes-du Nord par ses entrées et ses sorties, qui i)reseijtent en moyenne un total de 600 navires, jaugeant 23 000 tonneaux et montés par 3050 hommes.

11 se tient une grande foire à Saint- Brieuc, le lendemain des courses, qui ont lieu eu juillet ; mais la foire principale, la plus ancienne, est celle de septeuibré, dite Foire-Fontaine y instituée par Marguerite de CUsson, au

XV* s.f au pladtre de la fontaine Notre- Dame et sur le tertre Buetle. Cette

foire durait huit jours, et il était d'usage de 8*y faire des cadeaux comme au premier jour de l'an. Transférée

sur !e boulevard du Guesclin, elle ne dure plus que deux jours. Autrefois, ainsi que le rappelle Châteaubriand àdxu ses Mémoires d^Outre-Tombe , les paysannes venaient y vendre leurs cheveux. « Aujourd'hui, dit M. Prosper Huguet, secrétaire général de la Société d'émulation, :\ qui nous devons un grand noialae de renseignements sur Saint-Brie uc, les cheveux sont devenus rares et fort chers ; ce n'est plus que par exception, du moins dans les Côtes -du- Nord , que les paysannes bretonnes emploient ce moyen de se procurer des mouchoirs et surtout des parapluies, qu'elles paraissent estimer au plus haut pomt. »

Sâint-Brieuc possède des filatures de coton et de laine^ des fabriques de tiretaine, de draps, de molletons, de boutons d'or, de caimes, des brasseries , une papeterie , d'^s t.mneries,etc. Les principaux rleiiiunts de son commerce sont : les grains, le lin, le chanvre, les légumes, le suif, le miel, le beurre, les bestiaux, les œufs, qui s'exportent en Angleterre, le gibier et le poisson, dont il s'expédie de grandes quantités à Paris depuis Touverture du chemin de fer, etc.

Autour de la ville s'exploitent des carrières (300 ouvriers) d'un beau granit bleu, employé pour la con»

struction de tous les édifices impor* tants do Saint-Iirieuc, et très-recherché à l^aris et dans d'autres grandes villes pour les trottoirs. Près de .^aiuL-BneuG, du côté de la mer, MM. Huguet et Guépin ont découvert, il y a plus de vingt ans, des blocs d^ne belle serpentine verte et noire; mais l'impossibilité do traiter avec le propriétaire du terrain a fait négliger cette découverte qui pouvait devenir précieuse.

Pràsde la gare, dans une propriété

180 DE PARIS

particulière, so trouve une source dVau ferrugineuse, découverte en 1673, mais aujourd'hui abandonnée.

aBMntoa m caap vttriflé ûm Fénn.

La route de terre de Safnt-Brieuc à

Ouintin traverse, à 8 kil. de Saint- Brieuc, le v. de Saint-Julien (759 hab.; château du xvr s., renfermant un liel escalier), à TE. duquel (4 kii.} , sur le territoire de la commune de Plédran (3484 h&b*)> se voit le curieux camp Yîtiifté de Péran, qui exerce depuis plusieurs anuées Ut sagacité des anti(juaires.

Assis sur un plateau élevé, dont le rocher Goëilan occupe le point culmioant, entre les vallées du Gouët et de rume» le camp de Pdran forme une ellipse assez régulière, dont le grand aze est de 134 mèt. et le petit axe de 110 mr^t. Cntte ellipse est composée d'un rempart avec revêtement extérieur en terre (2 mèt. 34 de hauteur, 12 mèt. de largeur à la base et 3 mèt. au sommet), chemin eon- Yert et fossé extérieur peu profond.

Du rempart, la vue s'étend au N. jusqu'à Saint-Brieuc et la mer; au S. et à TE., sur tout le versant qui s'étage de la rive dr. de l'Urne jusqu'à la chaîne du Mené. Une moitié du rempart est à peu près intacte; l'autre moitié, plus ou moins dégradée, est néanmoins visible sur le soi, sauf une portion extérieure, au S., qui a disparu pour donner passage à un chemin relativement moderne. A 300 mèt. au N. passe la voie romaine qui se rendait de Carhaix {Kerahès) à Erqui (le Bheginea de la table de Peutinger), en traversant Yffiniac. Cette voie porte le nom de cJiemin de Noi' ou Nohay, et le camp de Péran celui de Pierres brûlées. Des fouilles pratiquées, au mois de février 186G, par une commission composée du présvient et de quatre membres de la Socit^té d'émuîation (F. le lapport de cette commission dans les Mémoires de la Société) , ont amené la découverte, dans la construction du rempart, de deux

murs de pierre de 80 cent, à 1 mèt.

d'épaisseur, séparés par un noyau de scories et de matières vitrifiées, résultat d^un feu de la plus grande intensité. Cette masse (1 met. environ sur 1 mèt. 50) , assez friable à sa surface, se durcit vers le centre et devient résistante. Elle se compose d'une pâte vitreuse, où se noient des quartz et des jjrés réfractaires, et aussi des granits dont l'aspect et la deosité sont devenus ceux de la pierre ponce. « La matière liquéfiée , dit le Rapport de la commission des fouilles, a souvent circulé dans toute la masse de la maçonnerie, tantôt Couvrant les pierres d'un vernis, tantôt coulant en larmes ardentes. Le feu a varié d'intensité : les vitrifications occupent parfois toute la hauteur du parapet et V forment une masse très-dure; d'autres fois elles se bornent à un pudding de l ou 2 met. cul)es. Mars partout le coup de feu a été assez violent (aidé sans doute par la cendre faisant fonction de fondant) potir décomposer les parties fusibles de la pierre, sans en altérer profondément toutes les parties quartzeuses. » Suivant une tradition locale, ce feu aurait été entretenu pendant sept ans.

Dans toutes les fouilles et au milieu des scories, on trouve des charbons et même des morceaux de bois aux trois quarts carbonisés. II y a été aussi découvert quelques tuiles, des fragments de briijues à crochets, dont plusieurs ont reyu l'action du feu, et une médaille de Germanicus, qui démontrent que les Romains firent usage de cette position fortifiée, quand ils tracèrent la voie qui en est si voisine; touiefnis la commission des fouilles regarde les substructions comme postérieures à l'occupation des Romains.

M. Geslin de Bourgogne, président de la Commission, et la plupart des archéologues qui ont visité le camp de Péran pensent que le feu a été employé, non pas comme cause do destruction mais au contraire pour lier un massif de pierres déjà établi, et

[ROUTE 3] LE CAMP DE PËRAN. — CHÂTELAUDREN. t2l

^ormor une roche artificielle lésistant | à toutes les intemp('ries j

On connaît des murailles de ro genre à Sainte-Suzanne, dans le Maine (F. p. 72), à Ghâteaii-Gontier, près d'Argentan, eo Normandie» et dans les hautes terres d'Ëcosse ; elles paraissent avoir ctA élevées pour servir de places de sûreté et de silos.

On remarque en outre, sur le territoire de la commune de Plédran ; — la chapelle du Créha, ancienne com* manderie de Halte, où m voient de curieux tombeaux ; — une grotte aux ff^es, monument druidique entouré de chênes séculaires, dans le champ de la Hoche, à côté de la fontaine Cadio et du ruisseau de Frocas; — un menhir (4 mèt. de hauteur), au bas de la rabine de la Touche; — un eromlec'hf à la métairie de la Touche-Budes ; — un dolmen y près du ruisseau de Frocas ; — un grand tumnhis, dans le bois de Plédran ; — eulin le chdleau de Craffaulty joli spécimen d'architecture du xvn* s.

rCf.irresp. pour: — (46 kil.) Paimpoi, par (8 kil.) Pordic, (12 kil.) Binic, (15 kil.) Étahles, (29 kil.) Plouha et (40 kil.) Ploaézec (R. 49) ;

— (20kil.) Quinlin (R. 69) ; - (44 kil.) Saint-Nicolas-du-Pelem {V. p. 128), par (3ti kil.) Coriay (H. 70)^— (36 kil.) Pontrieux (R. 52).]

De Saint-Brieuc .\ Palmpol, A. 49 ; à Napoleonville, R. 69.

t. M. Gnéi»in, architecte du départ, des Cùtes-du-Nord i t niiinlire cIh la commission, pense, au contraire, ijue les vitritications seraient dues à un incendie allumé soit accidentellement, soit dans le desstMn de ruiner ces fortifications. Suivant uau note que nous commanique le savant architecte, " 1:i trrjlition d'après laquelle l'enceinte de Peran a brûlé pendant sept ans serait assez probable. On peut admettre qu'il y avait dans le rempart environ iuou stères de gros bois, formant un développement de pins de SOo mèt., qui, suivant la saison et la direction du vent, ont brûlé vite ou lentement, développant par suite plus ou moins de chaleur et vitrifiant la masse sui?ant la nature des pierres employées. »

Dééi ivant une courbe de 1500 mèt.

de rayon, la voie fern'e, souvent enforniée entie les parois de tranchées rocheuses, s'élève pai* une rampe de 10 mèt. jusqu'au-dessus de la Tallée étroite et rocheuse du Goûet, qu'elle franchit ensuite sur le magnifique ctaducdela Méautjon (59 met. do haiitour, 228 met. de lunguour; étape inférieur de 6 arches surmonté d'un étage supérieurde 12 arches). Sur la dr. se montrent le T. de la Méaugon (96S hah.) et (8 kil. plus loin) Pkmeuf (955 hab.). On trouve, sur le territoire de cette dernière commune, des pit-rres druidiques, un beau doîmm (doux tables posées sur trois pierres), un menhir dit de la Pienc-Blanclie, la chapelle du Fré-deA^Àune (xvi* s.), etc. Sur la g., au delà de Pleraeuf (1 kil.) , se montre Plouvora (1695 hab., cfuitcau de Ker}n'rr o\\ Von remarque la chambre des Muses, ornée de riches sculptures qui sont parfaitement conservées).

La voie ferrée franchît le Leff, à 2 kil. en deçà de la station de

493 kil.' Ghâtelaudren , ch.*l. de cant. de 1H05 hab., situé au N. de la station (1 kil.), dans la vallée profonde du Leiï, au-dessous d'un vaste étang dont la chaussée sest rompue en 1773. — Les pommes des vergers voisins, dites reinettee de Châtelaudren, sont estimées.

Véglise de Saint-Magloire, ancien prieuré, n'offre aucun intérêt archéologique.

chapelle de Notre-Dame-du- Tertre j où l'on remarque un beau rétable d'autel, en bois sculpté, exécuté en 1589 et restauré avec gotlt en 1852, est surtout curieuse par son lambris couvert de précieuses peint lires sur bois du xv* s., autrefois mas(|uees en partie pas des retables dautel, démasquées, nettoyées et piissées à Tœuf il y a quelques années. Cette grande page, autrefois plus considérable, se compose encore de 72 tableaux, eomprenant chacun en moyenne trois hgures de 70 à

DE PARIS

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