BREST. — HISTOIRE
k h mort du due Im m (i34i), la latte des maisons de Blois et de Montfort fournit à Édonard III d'Angleterre une œcasioQ favorable pour s'emparer de plasieon ports de Bretagne, entre antres de celui de Brest (1342). Douze de ces ports reçurent des garnisons anglaises en vertu d'un traite conclu entre Jean IV et Edouard in. Les seigneurs bretons, impatients du joug anglais, ayant réclamé le secours du roi de France, Charles V fit partir pour la Bretagne une armée de 4000 hommeSf eommandés par du Guesclin, qui, après plusieurs assauts infructueux, fut contraint de lever !e siège de Brest,
En 1381 f Jean IV, ayant iait la paix aveo la France, r^lama, mais vainement, à deux reprises, la restitution de Brest; alors, pour calmer les soup';ons de la France, il offrit de faire lui-même ie siège do cette place et il s'engagea à la remettre entre les mains de Charles VI. Mais trois tentatives faites par les Bretons, en 1 386, 13ë7 et 13SS, n'aboutirent qu à la aevastation de la ville et du littoral. Brest ne fut restituée à la Bretagne qu'en t397, après Fentrevue de Charles VI et de Richard II, près de Calais, et encore les Anglais tentèrent-ils plnsieurs fois de la reprendre, notamment en 1403 et en 1405.
En Brest ouvrit ses portes à l'arméo do Gharlea VIII et les Français s'y maintinrent, malgré les efforts de la duchesse Anne, qui avait appelé la flotte anglaise à son secours.
Lorsque le mariage de Charles Vlii et d'Anne de Bretagne (19 déoembio 1491) eut uni la Bretagne à la France, Brest prit une nouvelle importance, mais les Anglais continuèrent i la menacer. En effet, en 1513,1'aminil Howard se présenta devant le port avec 42 vaisseaux de guerre; les préparatifs de défense, faits par les Brestois, rendirent cette tentative inutile. Une descente des Espagnols (1S43) fut tout aussi heureusement repoussée.
Pendant les guerres de la Ligue, Kené de Riens, seigneur de Soardéao, dont le nom, «lit M. Dniîvin, a profondément marqué dans 1 histoire de Brest, fit eflectuer deâ travaux cousiderai;ie& au château et dcgoua tontes les tentatives des Ligueurs, qui avaient réclamé îc secours de l'Espagne. Pour récompenseï' le patriotisme des Brestois, Henri IV leur accorda ie droit, ue bourgeoisie. L'attentat de Ravaillac ne lui laissa pas le temps d'exccntor ses projets sur ie port de Brest; mais ils lurent repris par Richelieu, qui, comprenant lui aussi la nécesirité de créer une siarino nationale,
ordonna la eonstmction de trente vaisseaux dans les ports de Bretagne et fit
nommer f,'ouverneur de Brest son cousin, Charles du Cambout, marquis de Coislin, en loi ordonnant de compléter les fortifia cations du château. A partir de 1631, Brest, devenue un centre d'opérations maritimes, eut un chef d'escadre, un commissaire général et un capitaine de port. '< On chargea, dit M. Dauvin, trois maîtres charpentiuTS, un maître corriier, un maître voilier, de l'armement des i:>àuments et de rinstruetion des hommes; on édifia un magasin général et des magasins particuliers, nne rordtTÏc. âf'wx for^r*"?, une salie d'aimes, ua magasin pour la tonnellerie, etc. Le résultat de ces mesures fut tel que, d^ 1636, le port de Brest put fournir à la flotte de l'Océan seize vaisseaux et frégates parfaitement armés, et qui prirent une part glorieuse à la lutte maritime contre l'Espagne. »
Les troubles de la Fronde arrêtèrent ce mouvement et la flotte ne comptait plus, en 1661, que trente bâtiments de guerre. *^ons rninistore de Coibert, le commissaire de Seuil et le célèbre Duquesne furent envoyés à Brest pour y étudier les besoins de la marine, et de nombreux travaux de défense y furent exécutés en 1674, sous la direction de Tiagénieur Lavoye.
En 1694, Guillaume III, roi d'Angleterre,
profitant du nLoment où les forces navales de la France s'étaient portées dans la Mé* diterranée, conçut le projet de s'emparer de Brest ou de s'établir sur le côté S. de la rade. Vauban, envoyé à ^rest par Louis XIV, trouva la ville mal défendue; mais son génie pourvut rapidement i tous les besoins et il parvint à repousser de Camaret, les troupes débarquées par la flotte ennemie, qui se composait de 52 vaisseaux anglais, de 40 vaisseaux hollandais et de 80 bâtiments de transport.
Le curement du port en 1721, la construction des casernes et des hangars de la tonnellerie (i73o), des cales de Bor* denave (1734-17^5), la création de l'école de chirurgie (1740), les incendies des ateliers de Recouvrance, du magasin général et de la corderie (1749), les armements et les travaux de défense x 'cutés pendant la puerrc de Sept ans, l'exécution de travaux, de défense et de creusement du port (1764-1774), rincendie de rhôpital de la marine C1776X la visite du comte d'Artois et de l'empereur Joseph II, les fêtes qui furent données à cette occasion, etc., tels sont les événements les pins remar-
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DE PÂIV»
A BREST. [Rom 8]
quables quf se soient accomplis à Brest depuis la défaite des Anglais à Caàiafel Jotqn'èn 1793.
Pendant la Rr\'o1ntif>n, "firest fut cruellement éprouvée ; Jean-Uon-Saint-André, Alquier, Cavaignac, Tréhouart, Bréart, Prieur (d« la Marne) et Laignelot vinrent 9!iccesf?îvement en mission ;\ Brt^st. A Ta voix du dernier, nii tribunal révolutionnaire fut fnstallé dans Taneienne église des Jésuites, et bientôt Laicnelot put annoncer à la Convention qn 'enfin >< le glaive de la loi commençait à frapper les tètes coupables. • Les administrateurs da Finistère, au nombre de vingt-six, furent immolés même four (3 prairîa! an ix^. comme fondateurs et apôtres du fédéraliame. Les plus marquants parmi émettaient Kergariou, ancien maréchal de camp, président de radministration départementale; Kxpilly, évêque du Finistère, et le Prédour, père du Tieemmirat de ce nom.
Pendant ces vin^t dernières années, le port de Brest a re^u de grands accroissements, et des travaux considérables sont on ea cours d'etéeutlon on en projet.
Édifices reHfionCi
Véglise Saint-Louis , commenct^e en 1692, continuée en 1778 par la façade, a été lerminée de nos jours par la décorattoii extérieure de cette mçade, exécutée en conformfté 'du plan primitif. Elle a été comparée à un trophée musical : « Sa tour cylindrii^ine, (Ht M, Max Hadipuet , se dresse comme une claT-inf-tte sur une lyre accostée de deux métronomes. »
Les statues en tuffeau de saint Pierte et de saint Paul, exécutées par H. Tritschler, occupent deux nicnes pratiquéc^fi dr. et à g. du port;ii!. On remarque h rintérieunlo maître-autf^l rocaille et les quatre colonnes de marbre antique provenant de Lebda . en Afrique, qui supportent uU baldaquin; les or^utf considérablement augmentées en 1845, et qui peuvent rivali^pf avec les plus belles de France; des vitraux neufs repr^^sentant l'histoire de saint Louis; d'élégants ennfessionnaux en ch^ne, sculptés; une table en màrbre noir, portànt Pépitaphe de Ouoouédic» ainsi conçue :
Ici repose le corps de mesure Charles-
Louis Doconédie de Kergoualer, chevalier de I*ordre royal et militaire de Saint-Lmiîs, capitaine des vaisseaux dn Roi, ^ré ni
chAteau de KerpnélëWf^n, le 17 juillt t î7^n mort le 7 janvier 1780, des suites des btéiSDtés qn'tl svait reçneS dans le combat mémorable qu'il avait rendu, le 6 octobi^
177P, commandant la frégate de Sa M.-îjesté la Siirveitlantef contre la frégate anglaise le QttéIfK. •*
Un monument eu marbre blanc (style de la Renaissance) a été élevé à Mgr de Graveran , ancien cnfé de Brêst , fe— présentant du Finistère à TAssettiblée nationale en 1848, mort évêque de Ouimper en 1855. Ce monument, sculpté par M. Poilleu aîné, se compose d'un stylobate orné des armes du défunt. Il est soutenu par un cul- de-lampe et sn^onté d'un obélis^at qui offre, en bas-relief, le portrait dtt prélat. Le cœur de Mgr de Graveran est renfermé dans une boîte eu plomb que recouvre le monument.
L'église de Noire-Dame du Mont- Carmd îût élevée en 1718 dans lame Saint-Yves, sur remplacement d*tuie chapelle de ce nom qui servait atix religieux Carmes depuis leur établissement à Brest en 1652. On voit encore, au-dessus de la tribune de cette église, la statue de Pancien patron saint Tves, GOiflS d*un bonnet de docteur, y^tu d'une longue M>be et tenant les cordons d*une bourse qui repose sur SCS genoux.
La ctwprile Snirtt' I nvi^ (à côté de l'établi s<>e m eut des pniiUr-s de la Marine), con-^truite en 1740, dans le style adopté par les Jésuites, qui remplissaient & Brest les fonctions d*auinôniers de la marinera continué d*ètre desservie par un aumônier de la flotte.
L'église de Saint-Sauveur , à Rpcouvrance, érigée en paroisse en 1750, n'offre pas d'intérêt. — Nous signalerons, en outre : la chapelle Sotre-Damef à ReéouTrAnce; — Vûneieh temple ptotetiant (183$ ; — le veau temple protestant (1851), rue d'AiçrtiiHon, en face de la chapelle des jps}iiti's. encore inachevée; — et la syiuiyuyue (1800).
IROCTB S] BREST. — MOMUMSNTS*
Ghitéan ét forlilloatloflt.
Le château (s'adresserau concierge pmir le visiter; pourboire) p<^t un des types les plus remaïquabies de Tarchi lecture militaire au moyen âge, malgré les grands changements qu'il a vains f surtout étpati qtte Vauban fit ra«er les toits eonifiiea éa donjon et des tours, et y fit pratiquer des pl a U s-formes pour y mettre de l'artillerie. Bftti sur un rocher escarpé, à l'entrée du port et de la rade, il occupe presque en entier le pro- 3BaontoirQ qui tenoine la rive g. du port militaire. Gechftteau a remplacé, au xiii* s., un castellum bâti vraiserubl^iltlf^ment par les Romnins. M. Méri/iire n'a pas vu, dit-il, dans les difrtates constructions du château de Brest, un seul pan de muraille qui lui ait pam antérieur au xm* s.; mais il paraît certain maintenant que la base de Tune des tours et les assises inférieures de*s courtines qui rep;ardent la Tille, sont de construction romaine.
L'ensemble des ouvrages dont se compose la forteresse affecte la forme d*tin trapèze, à diaque angle duquel ^élèTe une grosse tour.
« On accède dans la forteresse, dit M. T^vof, on traversant deux ouvrages extérieurs. Le premier est le grand ouvrage à redans, désigné par Vauban sous le nom de Grande TefMM'Me, et par 11. de Frérainville, sous celui de Bomet de Prêtre, Cet ouvrage était anciennement entouré d'un chemin couvert, que l'on traversait encore au xviii* s, sur un pont ilormant et un pont-levis maintenant supprimés par le comblement du fosaé. On entre ensuite dans le rayelin auquel d'anciens plans donnent le nom de Camichon ou de Moineau.
Cet ouvrage, qui couvre la principale entffV du château proprement dit, éUul jadis couronné de màclucoulis, que Vauban fit raser et remplacer, en 1 6â9, perdes emlirasores i canons. Des casemates voûtées étaient pratiquées dans l'épaisseur de sa muraille. 11 en
existe encore trois; les autres sont OiMlMées pair le terre-plein dtt t«v4iiti. u De ce ravelin, on entre de plftili^
pled dans la forteresse, et traversant le portail, édifié, en 1461, par îes soins d'Olivier Kervéat, et composé de deux tours semi -circula ires en saillie sur le ravelm , entre lesquelles se trouve rentrée principale accompagnée d'un guichet. Cette porte était en plein cintre, et ses voussoirs à crossettes, comme le sont encore ceux du guichet qui, seul dans cet édifice, est ogival. C'est de nos jours que, pour faciliter le passage du mar térlel de gnerr»^ on a augmenté U hauteur de la baie et transformé le plein cintre en un arc de cercle trèssurbaissé. Au-dessus de cette double voûte, on remarque les coulissi s où logeaient les flèches des ponts-levis, et, dans l'intérieur du passage principal, on voit encore remplacement d une hene. Cette paftie de la fortt* fic&tion est une de celles qui ont le moin!? éprt^ivA de motlifîrations depuis l'invention de la pou'iie, car, au sommet de la tour de g. comme à celui de la petite courtine centrale, on remarque les mâchicoulis qui en défendaient le pied, et, au pourtour de la tour de dr . les consoles existent ^^nrore, mais sans supporter, comme auparavant, le parapet qui a été reconstruit en arrière et au-dessus de la muraille de cette tour, avec laquelle il ne formé plus «tijoûrdlmi qu'une même surface cylindrique.
«t A dr. et à lt. t^i ]iortail se voient, <Mr \mp mrmp ligne, deux demi-courtines aiiuuttssant, celle de Hr. en entrant, au donjon, ét celle de g., à la tour de la Madeleine. A rextériettr, le plan de la tour de ia JMeAKne est un demi-cercle en saillie sur la courtine à g. du portail. Ce demi-cercle est continué, du côté de la rade, par une tangente que termme un petit llauc i-ecUiigne en retour d'équerre dwutissantà ht longue oewrtine qui, de ce côté, va Joindre la tour Fkîm- ^se ou des Anglais^ et ceneourt
DE PARIS A BREST
avec elle à la défense de ce front A
rintérieur, son plan est un rectangle
parallèle à la tanpente dont nous venons de parler. Cette tour sp composp de trois granfles chambres superposées, dont la base est voûtée. » Le m-de-ehaoffiée porte une batterie établie par Vauban. Le massif de la muraille de cette tour, d'une épaisseur extraordinaire, se compose de deux parties distinctes, dont l'une appartient à udc ancienne tour, et l'autre semble avoir été ajoutée depuis l'inTention de la poudre. De la tour de la Madeleine, on découvre une belle vue sur la rade et le goulet.
Une courtine, assise sur le rocher qui borde la rade, relie la tour de la Madeleine à la tour Fra7}ra}sp ou tour des Anglais (1374), qui aflecte extérieurement, dit H. Levot, la forme d'une ellipse ayant sa plus grande longueur dans le sens de la courtine précédente, où elle fait légèrement saillie, tandis que, du coî6 du Parc-an~Duc, cette saillie, en demi-cercle, est lortement prononcée.
Dans la partie basse de cette tour existe un beau souterrain voûté, converti en citerne depuis 1825. Du côté de la rade, près de la tour précédente, se voit une poterne dont le seuil est presque de niveau avec le sommet du rocher de l'escarpe. Cette poterne est surmontée de mâchicoulis.
La tour Française est reliée à la tour de César par la demi-courtine du Parc-au-Duc, sur lequel s'ouvre une porte charretière accostée fi'un guichet latéral. « La tour do César ^ ajoute M. Levot, ronde à l'extérieur, hexagonale à l'intérieur, se rattache à la place par deux ailes divergentes, qui en Ibnt une sorte de réduit défensif, et qui, comme la tour elle-même, sont ronroTint^c^ do mâchicoulis. Les étages sont desservis par un escalier contenu dans une tourelle demi-cireulaire, en saillie, à g., sur la gorge de cette tour. les logements se composent d'un caveau, d'un rez«dc chaussée et d'un étage au-dessus 1
duquel a été établie, en 1825 , une plate-forme.
tt La tour dp îlrpst, d'où l'on domine le port et ^'-m entrée, était vide et ouverte à la gorge. Vauban la fit voûter et fermer par un gros mur du côté de la place; il y établit la magnifique plate-forme actudie et refit les embrasures. Elle estsi solidement construite, qu'en 1788, on put impunérucnt P'^xcaver à sa base pour élargir le quai de la mAture. De cette tour, on gagne le Donjon par une longue courtine formant un des grands cAtés du trapèze. Jadis, une poterne, placée dans le bas de cette courtine, donnait accès dans l'ouvrage appelé le Fer à Chpval, baiLni': par la mer, ainsi que la courtme elle-même, avant l'établissement du quai. De ce fer à cbevai, démoli en 1788, mais dont on voit encore des vestiges, on pénétrait, à l'intérieur du château, <lans un profond ravin, où existaient uitf» fontaine rt des lavoirs sin- Tempiacementdesquels furent établis ])lus tard des magasins pour le service de l'artillerie.
« La première tour que l'on rencontre ensuite est la tour d^Âsénot, ainsi nommée d'après une tradition qui rapporte, selon le P. Albert le Grand, que la princesse Azénor, fille d jun comte de Léon y fut enfermée, au VI* 9» Ronde à Textérieur, et à pans coupés intérieurement, la tour actuelle, eiïondrée au dedans, est couronnée de mâchicoulis. Elle fait partie de l'enceinte du donjon, dont l'entrée, du côlé intérieur de la forteresse, se trouve entre elle et une tourelle carrée, ou contre-fort défensif. Â g., du côté du port, elle se rattache, par une petite courtine, à la tour située au N. du donjon, et du côté dr., le contre-fort se relie aussi par une courtine à la tour du Midi, appelée tour d'Ânne de Bretagne, parce que cette princesie l'aurait habitée, dit-on, lor8<|uey à l'occasion l'un de ses pèlerinages au Folgoat, elle poussa jusqu'à Brest.