BREST. — LE CHÂTEAU
« Considéré dans son ensemble , le réduit aujourd'hui désigné sous le nom de Donjon (xV s.), formait c(î que l'on appelait, du temps de Vauban, le vieux chdteaUy et comprenait les trois tours dont nous avons parlé en dernier lieu. Isolé du corps déplace par un fossé profond que l*on traversait sur un pont-lrvi> , il tenait lieu d'une sorte de citadelle servant, suivant les circonstances, d'habitation ou de refuge aux gouverneurs et à leur suite. Domiuant les autres ouvrages, il pouyait, ou contenir les habitants, ou repousser les dernières attaques d*un ennemi parvenu h occuper le principal corps de place.
Vauban réunit la tour du Nord et celle du Midi par un mur de face et une voûte eu berceau, sur laquelle U établit la belle plate-forme que Ton voit aujourd'hui.
<c Après avoir franchi douze marches, on se trouve dans la cour du donjon, dont le sol est conséquemment plus élevé que le sol extérieur. A dr. est la tour du Midi ou d'Anne de Bretagney contenant les appartements qu'occupaient les capitaines ou gouverneurs, les agents des ducs, etc.
L'escalier de cette tour conduit à des galeries souterraines sur lesquelles s'ouvrent ])!us!eurs cachots, notamment ces fameube^ oubliettes^ situées sous Pancien donjon ou tourduNord^ et dont la visite est d'ordinaire accompagnée de récits plus ou moins émouvants. A g. de la cour est le perron qui conduit au terre-plein du ba Lion commencé vers 15(io et terminé vers 1597, par Sourdéac dont il a pris le nom. Ce bastion, de forme ordinaire^ enveloppe le donjon et s'appuie du côté du port, sur la petite courtine joignant la tour d'Az*''nor; du côté opposé, il rejoint la tour du Midi ou tour de ia duchesse Anne. Il est couronné d'embrasures, et, sous son tene«plein, se trouvent des galeriesde contre-mines, en partie creusées dans le roc, et communiquant avec les casemates existant
sous ses deux flancs. On y descend
par un large escalier situé au pied et en rivant de la façade principale du grand corps de bAtiment actuel.
« Des diverses tours du château, les plus anciennes semblent être celles de César et d'Azénor, que Ton peut reporter à la fin du xii*8. ou au commencement du xni*. De même style, elles ne diffèrent que par la nature de la maçonnerie, très rustique dans la première, très -soignée dans la seconde. Une autre tour peut être regardée comme contemporaine des deux précédentes; c'est la petite tour semi-circulaire adossée à la face postérieure du donjon, du côté du ParC' ar- Cor non; les autres tours ne remontent pas au delà de la première moitié du xv" s. »
Les bfttiments de llntérieur du château sont affectés à divers services. Le premier, à g., est la etuême dePlouqastel, construite par Sourdéac et derrière laquelle était li rhapeîle.
Cet editice tint lieu pendant longtemps d'église paroissiale aux habitants des quartiers voisins du château; il a été démoli en 1819. La caserne dite de MonsieuTy beau bâtiment à galerie, a été terminée en 1825; elle fait suite à la caserne de Plougastel. Perpendiculait enient à la caserne précédente, en arnère de ia tour de César, s'élève la caterne de ce nom, «bâtie en 1776. La taUe d'armes, qui fait face aux casernes de Plougastel et de Monsieur, occupe remplacement des anciens loprinciiis (lu lieutenant de Koi et du « Major de ia place et de deux jardins situés au-de^us de deux souterrains qui ont été déboucbés en 1832. « On constata, dit H. Levot, que ces souterrains se composaient de deux vastes et profondes galeries parallèles entrt^ elles et la courtine longeant le quai de ia mâture, voûtées en plein cintre, â une hauteur d'environ 7 mèt., et séparées par un mur longitudinal dans lequel étaient percéesdeux ouvertures. Diverses inscriptions » gravées
DB PARId
A BBËST.
siiirlti fiÉti^rtu MviM, âtlfittlIéAt IfOê 4es pril0Bfil6rs anglais ftTaient,
pendant la jïtîerre rip la succession d'Autriche (1740-1748), été enfermés dans ces galeries^ sdmnt aujourd'hui de mag^asins. »
La chétive bourgade qui végétait flu pM eés tours orgueilleuses, au mv* s., fût mloM dans une muraille vers 1341 par le comte fie Mmitfort.
C'est la première enceinte de la ville, ijui embrassait seulement les mes Charronnière, haute des 9ept-5amls «t neuve des Sept-Saints. En dehors ée crnte enceiiite, quelques fktuilles de marins et d'armateurs bâtirent successivement des maisons le lonp:
du rivage qui forme aujourd'hui le quai Tourvi lie. La ville resta dans cet *état jusqu'au commencement du règne de Louis XIV. A cette époque, le gouverneur de Brest, Charles du Cambout, marquis de Coislin, fit construire, en 1G'»7, par les soins de Julien Ozanne, architecte et entrejireneur des travaux du roi , un nouveau rempart compris entre le quai et la rue telnt-Tves, et défendu au N. B. par deux bastions qu'unissait one courtine longeant l'emplacement actuel de la rue de Traverse. Brest avnit donc alors huit rues, savoir : les rue» Charronnière, des Malchaiissés, haute et basse des Sept-Saiuts, neuve <fos Sept^ints, du PetitpMoulia, Orbon et Saint-Tves. Cette enceinte fut remplacée en 1681 par l'teeelnte aotuelle que traça Vauban , mais qui renfermait alors une grande étendue de terrams vagut s , de jardins et de cultures^ la circonva.ila.iiuu de Brest
«tde Recouvinnce lUt entièrement terminée en 1669.
Sainte-Catherine, devenue Recournince, s'était formée antérieurement à BtT'ît. au pied d'une bastille, depuis appelée la Motte-Tanguy, siège d'une haute-justice appartenant à la maison dnCbestel.
Les ruines de la fmtHik 4$ OttHhignan om de la Motte-Tanguy y qui te volent feouiours à l'entrée du pont
lonmÉniy 'éu Reoouyfancey eonsiMent en une grossé tour du *iv« s., récemment recouverte d'un toit en forme de chapeau chinm's, dont Te (Tel n'est pas heureux. 11 serait à souhaiter qu'imitant l'exemple d'autres villes, Tédilité brestoise appropriât ee dMjon, ritabli dans son état primitif, à Un mosée archéologique tel qu'en possèdent des localités bien moins importantes.
La Motte-Tanguy, abandonnée en 1580, fut remplacée, pour servir de bailliage à la seigneurie de Recouvrance, par un bôte! situé nie de la Tour et reconnaissable aux armoiries des du Chastel sculptées au-dessus de sr\ |>orte, OiiSint à la seigneurie de Recouvrance, elle fut cédée au roi, en lft8l, par la duchesse de Portsmouth (Louise de Penaneoftt de Kerouazle) , maîtresse de Charles II d'Angtetenre.
WLMim, — Forts. — ÉtabttM«DMiito
maritimea,
La rade de Brest est formée par une Laie qui a 8 kil. de longueur sur 5 kil. de îarp^eur. « Une des excellentes qualités de la rade de Brest, a dit le vice-amiral Thévenard (jlfémoires relatift à la marine), est cette grande étendue de bon mouilla^re comprise entre l'île T^onde et le fort Lanveoc et s'étendant jus(ju'à 3000 toises de la rivière de ChAteau- Un, surface équivalant à 2000 toises en carré , dans laquelle on trouve huit à quinze brasses d'eau, fond de vase et bien net. Cet espace pourrait recevoir AOO vaisseaux de ligne en abri et en bon mouillage. La rade de Brest pourrait donc contenir toutes les forces navales rassemblées de l'Europe. »
u Quant au port militaire, dit M. £ymin (Les ports mUUairêê de to Prtmce), r«isemble peut en être saisi, soit du milieu du pont Impérial, soit de l'aiiciea belvédère du Poini-du-Jour. ^
« bu pont impérial, en fdsant Ikce au S., la vue s'étend, par une large échappée <|iie laissent la pointe da ohàtaaa et