BREST. — LE PORT
métalliques. Au-dessus de la partie postérieure de l'atelier de la scierie (36 machines), se trouve, au premier étage, celui de la pwUerie, (51 machines). En face de la scierie, se voit Vanse de la Tonnellerie ^ comblée en partie en 1859-1860, et qui doit son nom imx ateliers de la tonnellerie ^ qui eu occupent la rive opposée.
Si l'on continue de remonter la rive g. de la rivière, au delà de l'anse de la Tonnellerie, on y trouve successivement le chantier de pierres de taille du Point-du-Jour, des déptMs de charbon de terre, les cales de la Boucherie^ le parc au bois de chauffage^ et, derrière, le plateau où se dépècent les vieux vaisseaux. La limite (lu port proprement dit est in* diquée en cet endroit par une chaîne tendue entre un poste établi sur la rive et le bâtiment flottant de l'arrière-garde. Pour visiter Varrièreport, il faut être muni d'une permission spéciale ou accompagné d'un officier de marine en uniforme.
De l'arrière-garde jusqu'à Penfeld oïl se termine Tnr ri ère-port, on remar(}ue : — les magasins d^artillerie dm Kervallon (rive dr.), dominés par de jolb bois, et renfermant les affûts de boid> les caissons et les voitures nécessaires pour la défense de la place ; — la digue^ lie factice de 2 hectares de suixTflrie, et ses hangars, au nombre de neuf; — le hangar du ca not impcrialf construit à Anvers en 1811 pour Napoléon 1*' (les sculptures de ce canot sont de Van Petersen) ; — la buanderie à vapeur de Yanse Saupin (hangars pour mettre le Hiijxe à l'abri de la pluie, séchoir raétaiiique h air libre) — le parc au bois de la Penfeld.
En amoQt de la digue, sur la rive dr., est Vanee de la ViUeneuve, contenant un vaste dépôt de bois de construction , et près de laquelle s'étend l'usine du même nom. Un l)ac, établi pi^s de la digue et appartenant à l'administrationde la Marine^
passa 0rati^ili9ineiidl d'aoïe ij^te |l Tautre les persODA^ ^ 4^îrent
visiter l'usine.
L'wstn^ de la Villeneuve a pour principale spécialiiti de transformer les vieilles ferrailles, les vieilles lùles, etc., e^ fm mrtelés, corroyas et laminés, en aciers fondus, etc. Elle comprend : l* en entrant par la porte de TE., une fonderie; 2" à g. de la fonderie, lace du chenal, nno grosse forge ^i^aiteau -iiilon de 4U0 kilogr.) ; 3* à dr. de ^ grosse lorgc, de petites forges et atelier d'ajusté (|1 feux; m^teau-pilon de 4000 kilog.)^ 4* ^« limerie ; 5° un çteltev du service gMral (charpentage, modelage, etc.). L'usine, qui occupe une superticie de 7 hectares 1/2, produit environ 800000 kilog. de 1er par au.
Hevenw^t vers le port p^rla rivedr., on dépasse les magasins do Kervallon, puis, près de rarrîère-garde^ VHercuïe, vaisseau pénitencier occupé par les marins condamnés à la détention, avant d'arriver au quai de Quélivenanj dont le lerre-pleiu reçoit dos dépots de ebarLon de tepre. A l'extrémité S. de ce quai s'élevait autrefois la colline du Salon, fonnant dans la Penfeld un promontoire de 25 mèt. de hauteur au-dessus du ntveau des quais. Ce massif de gneiss schisteux, 4^1^yé ^ main^ est maintenant entièrement dérasé. Une demi-forme y avait déjà été creusée de 1822 à 1827. Depuis 1858, il y a été ajouté un double bassin de 234 raèt. de longueur totale, sur 34 mèt. de largeur, pouvant, à l'aide de trois bateaux-portes mobiles , recevoir soit deux navires ayant chacun une sortie spéciale, .soit un seul bâtiment de dimensions égales à celles du Great- Eastern . Ce magnifique bassin, qui sera complètement terminé en I8ti7, a été exécuté par MM. Kermarec et Letessier de Launay, entrepreneurs, sur les plans et devis de M. Verrier, ingénieur , et de M. Dehargne, directeur des travaux hydrauliques. Outre la double forme, la
création dç deux biassMis de radoub (UO mèt. e]t 95 mèt. de longueur), qui lui seront parallèles, a été décidée en 1864, et l'un de ces bassins est déjà terminé (18G7). L'ensemble de ces formes et bassins porte le nom de liassiiUB di;i Saloiju Leur épuisement s'opère à Taide de Ixuit pompes manœuvrécs par deux machines à vapeur de 120 chevaux chacune.
Les déblais olitcnus par La rarement de la colline cl le creu>emenl des bassins sont évalués à 620000 mèt. cubes , qui opt été employés i ïa consinictiion des Jetées et des terre-pleins du nouveau port de commerce.
On longe, à dr. , le flateau de Bnrdenaie, que le comte CafTarelJi, premier yjréfet maritimo <îe Brest, fit planter de plus de Ri^'a au commencement de ce siècle. A g. sont les quatre cales de Bùrdknavey au del|i desquelles on passe sous le viaduç des ateli(>r8 des Capucins. Ce viaduc est porté par une arche hardie, de 30 mèt. d"tjuverture, construite entièrement en pierres de taille. — On.
laisse successivement à dr. les magcbsint dê la mâture, Vatelier dee eabes' tans, Vécole élémentaire des appren»
tis-ouvriers et ateliers de peinture et de sculpture. Au premier étage de l'atelier de sculpture, se trouve la salle des modèles ou musée maritime, renfermant un grand nombre d*objets intéressants. — Vient ensuite Tancien atelier de la menuiserie^ grand bâtiment en face duquel sont situées les deux eales dta bureaux, dites aussi, conjointement avec celles de Bordeuave^ cales de Rccouvrance. L'atelier de menuiserie se termine par deuxpavillons affectés, celui du N. aux oup reaux du commissaire des travaux et au poste du chirurgien en chef, celui du S. aux bureaux de hi comptabilité des constructions navales. Les bureaux des ingénieurs des travaux hydrauliques et des constructions na-vales, établis dans le principal corps de bâtiment, sont séparés par une porte ch^retière, qui donne accès
[ROUTft 3]
suf une rampa cooduùant ayx at^
liers du platmu des Capucins.
Les ateliers des machines à vapeur, dits aussi aleUera du plateau dof Çapucins^ parce qu'ils occijpent .Vçmpliiemepi d'up ancien couvent de cet OFdrej ont été fondés de 1841 à 1645 sur les plans com]i>înés de MM. Fauveau, directeur d^s Constructions navales , et Menu dlji Mesail, ingéineur des travaux hydrauliques. Us ont été plus que doublés de 1858 à 1864. L ensemble de ces ateliers, ouliUi^ compris , a coété environ 10 millions.
« Ces ateliers, dit .M. Dooeaud {les Ports mililains de la France, Brest) ^ <jGCLi[ipnt une surface de 2licctares 1/2, ei, pai leur mode de consiiucAiou, leun diaporiAiona intéiinises, leur outillage, ils focmenl un établissement grandiose, sans rival peut-être en Europe. Le sol du plateau est élevé de 25 mèt. au-dessus du niveau des quais ; mais cet inconvénient est atténué noû-seuiement par la proximité des graadea Cbrges et entras ateliers de eonslMiGtioDs navales, maîa encore par rétablissement d'une rampe praticable aux voitures, ainsi que par celui de grues que relie aux ateliei'ji uu réiiea,u complet de voies ferrées. Cet établissement se compuse de trois grandes baUee parallèles, larges de 16 mét., longues de Ibf), séparées les unes des autres par des bâtiments plus bas, dits annexes. On les appelle, en raison de leur destination, Ualle de fonderie, d'ajustage et de montage, â i'E, de cette dernière, les bâdndents annexes prennent une grande importance et sont occupés par la grosse chaudronnerie. »
« La grosse chaudronnerie^ dit à sod tour M. Levot (Promenade dans le port de Brestj publiée en tète de VAnnuairê
de Brest pour 1865), la grosse chaudronnerie, cil l'on s'occupe de la confection des chaudière» aes bàtiaieaU» à vapeur, est sUlonaée par Ms veies ferrées qui communiquent avec le réseau et pénètrent de 3p xoèt. Tatsl^r. Cet a^lkr pe^
contenir 40 k M COnps ds ch^i^res,
4e 120 chevaux chacun. 4u 4elà de^ 30 met., sur une seule liffo^ paraLlèU^ à la façade, vflifX rangé* \» autels ds forge, ayant chacun sa cheasiaée. Eafi-
ron 20 machines- outil s à percer, à buriner, à cintrer, etc., sooit aUmuutees, ainsi que les souffleries des forges, par deux machines de 20 chevaux dbiacune» dont une seule suffit, à la rigueur, au service de ralelier, qui n'çst ^&mi^is ex|>osé à ç^O/oer. Enfla, UB foar & rechaufifor les télM, d'tia nouveau modèle, complète l'outillage.
Dans les li.ltimiTits voisins de l'atelier, se trou veut «iepeudazicçs, c^ftst^^-diffi, la ehaadronnerie de suivre, eontsasnlt quatre autels de forge et quelque» machines-outils, une salle d'épuré des chaudières, Unç salle de remises, une saile de dessinateurs et deoz ma^^asins, doat un seul peut contenir 40 corps de chaudières. 300 liounncs forment Iç personnel de cet atelier, mais l'outil^ge permet d'e^, occuper 4oo.
« Les huiles du montage et de Vajujstage sont désignées, avec leurs annexes, sous le nom spécial d^ateliers des machines. A leur sortie des forges ou de ta fonderie, les pièces de machines, préalableogient tracées dans la halle du montage, sont envoyées dans cellç de l'ajustage, où elles soutu tournées, rabotées, farinées, etc., et, quand tous les orc;aneft d'une machine ont été ainsi prépares isoiémeut, on fadt le montage die la machine avant de l'envoyer au navire auquel elle est destinée. L'outillage de la halle du montage se compose d'un chariot destiné au transport et a la manœuvre des pièces d'un très-grand poids, qu'il faut présenter les unes aux autres avec beaucoup de précision. Ce chariot, construit à JQ^rest , pèse 61 tonnes et peut manœuvrèr ^cUemeOit un poids de 40 tonnes. Sa translation et l'élévation du poids se font au moyen d'une corde sans fin, qui transipet au chariot, en quelque endroit de sa course qu'il se trouve, lo mouvement des machines. Deux autres chariots, du poids de 12 tonnes chacun, sont mus à bras et transportent des charges de 3 tonnes. Une ligne (le rai!?, qui traverse l'atelier dans toute sa longueur, aide à la facilite dos manœuvres. Les grandes machines-outils à raboter et à buriner, placées à Textrémité S. de la halle du montaçre, appartieûuent, de fait, à l'ajustage, mais elles n'ont pu y être établies à cause de leurs grandes dimensions* « L'ajustage, pQcqpant la grande Italie
DE PARIS A BK£ST
centrale et ses annexes, est divisé dans sa Urgenr par deax rangées de eokNines
laissant entre cIIps une rue de lo met. et supportant deux ét«iges de planchers. Plus de 80 machines à toora», raboter, buriner, etc., occupent le res-de-cbanssée, ainsi que le premier étage et leurs annexes. Tous ces outils sont disposés de manière 4 pouvoir être mis en monTement par une seule machine dont la force se transmet jns^u'à 200 met., au moyen d'un système d arbre de couche à grande vitesse, dont l'ensemble présente nn développement de plus de 500 mèt. Les ateliers du montage et de Tajustage emploient 800 ouvriers, que ToutUlage permettrait do porter à iSoo.
(' Les chambres des machines motrices, de la force de A8 chevaux chacune, sont placées» avec leurs chaudières, dans la oovr située entra Tatelier dn montage et ]a fonderie. Chacune de ces deux chambres est munie, de deux citernes, dans lesquelles sont recueillies les eaux pluviales jnsqu*& ooneumnee de 786 mèt.
cobes pour celles du s. et de 576 pour celles du N. Ces caîix sort filtrées et destinées à 1 alimeolaùua des chaudières.
« La fonderiêf qui occupe la troisième grande halle, d'une superficie de 3600 mèt. carrés, ses annexes comprises, est pourvue de deux grands fours Wilkinson pouvant contenir chacun 4S00 kilogr. de métal ; de quatre petits fours, susceptibles d'en fondre 250U l&iiogr. chacun, et de deux fours à réverbère, les deux plus grands qu'on ait jamais étaiblis et pouvant contenir jusqu'à loooo kilogr. de métal chacun. Les souftleries de ces fours sont alimentées par un canal souterrain qnl reçoit le vent d'un ventilateur mû par les machines de l'ajustage. La fonderie est, en outre, pourvue de huit grues dont quatn peuvent élever chacune 25 à 30 000 kilogr. et les quatre autres 22 000 kilogr. chacune. Avec son outillage actuel et un personnel de 130 ouvriers, l'atelier peut fondra des pièces de 30000 kl* logr. et produire par mois 4S 000' kilogr. Un outillage complet et un personnel augmenté permettraient d'élever la production mensuelle à 180000 kilogr. »
Deux môles ou massifs en maçonnerie, construits aux deux extrémités des ateliers des machines, portent des grues puissantes qui, élevant ou abaissant les fardeaux , mettent le plateau des Gapacitis en communica-
tion directe avec les quais et avec les navires. Le mOle du S. est dit mdle de la Chaïuâronneriê; oeltù du N..
môle du VuuhtOy parce qu'il est relie
au plateau par l'arche que nous avons déjà signalée. Sur ce môle, les visiteurs remarquent avec admiration, à côté d'une grue ordinaire^ une grue colossale, appelée spécialement grue du viaduc et exécutée sur les plans de M. Gervaize» 80us*directeur (les constructions navales.
« C*ost, dit eneore M. Levot, un I4>pa*
reil des plus remarquables par sa puis* sance, son poid?, la facilité de ses mouvements, euiia son aspect extraordinaire.
Elle tourne, ao moyen de la .vapeur, sur un cercle de palets jointifs. Le poids de sa partie mobile est d'en%'iron 'lOo tonneaux. i:.iie est équilibrée de mauicre à ne pas compromettre la stabilité dn môle , et f iitc pour élever des poids de 40 tonneaux; elle en a faciiement élevé de 80 lurs des épreuves. Sa portée est de lo mèt., de sorte qu'Ole peut atteindre le milieu d'un vaisseau mouillé au pied âu raôle et y embarquer ou en enlever les plus grandes chaudières, faisant ainsi en deux heures, avec une vingtaine dliommes ot quelques l^;i!op:r. de charbon, une opération qui exigeait auparavant 600 à 800 hommes, pendant toute une journée, pour un système de oinq chaudières. Accessoi* rement, cette grue peut, avec la mémo économie de main-d'œuvre, servir do machine à m&ter. »
Le développement des voies ferrées reliant les ateliers des machiiies entre eux ou avec les môles est de plus de 3000 mèt.
Sur un emplacement voisin des ateliers des Capucins et pour leur service, ont été' construits, de 1862 i 1865, les forges de Boidenaie (90 mèt. de longueur, 15 mèt. de largeur, 40 feux). Les ateliers dee machines n'auront plus ainsi à demander aux grandes forges que les trèsgrosses pièces.
Du plateau des Capucins, on descend dans une cour reniermant l'ancien atelier du ^ingage^ où vieut d'être monté un marteau- pilon de 8000 kilogr., le petit ajustage elVoie-