ROUTE 3] BREST. ^ LE POBT
lier des martinets (marteau-pilon de 2500 kilogr.; marteau automoteur de 3500 kiiogr.; 4 martinets ; 640 ouvriers mettant en œuvre annuellement un million de kilogr. de fer). — Paraiiciement à l'atelier des martinets, sont établies les grandes forges des constructions navales '(59 feux), au-dessus desquelles esi la limefie,
Âu S. des grandes forges s'étendeiit les quatre formes ou bassins de Pontaniou, creusés dans le roc de 1742 à 1751, et de 1807 à 1850, enfin successivement améliorés depuis lors.
Près de leur extrémité supérieure, la chaussée ou levée de PofUaniou conduit, d'une part, à la caserne des marins, dite la Cayenne (r. ci dessous), de l'autre à la Madrieinr, ateliers et magasins de la direction des travaux hydrauliques.
Le long des bassins de Ponlaniou, du côté opposé aux grandes forges, s'élève un bâtiment renfermant de mmoûUfs forges f le nouvel aielier de serrurerie, le magasin aux fers, des dépôts de quincaillerie, de taillanderie, des magasins de menuiserie, etc. A langle de ce bâtiment, près du bassin n* 1, aboutit le [k m flottant dont Tautre extrémité s'appuie sur Tesplanade du magasin général. Du même point, une rampe escarpée conduit à la Port''-l{ouge , issue de l'arsenal du côté de Recouvrance et près de la Cayenne. — Au pied de cette rampe, le long du quai et jusqu'à la grille de l'arsen-il voisine du pont Impérial, s'étendent trois grands corps de bâtiments, consacrés aux ateliers de l'artiUcrie. Le premier renferme la sainte-barbe, l'armurerie et la salle d'armes, qui mérite une visite; le second, les ateliers des tours, deVajustage, etc.; le troisième, les bureaux de la direction, des magasîTTî d'ustensiles, les ateliers de la garniture et du charronnage. Sur le quai s'étendent plusieurs chantiers à canons et des hangars renfermant les machines à rayer et à fretter les bouches, à feu.
BBETAGHB.
Le pont Impérial, qui relie en cet endroit Brest a Recouvrancet est un
pont tournant unique en son genre et
qui réunit, malgré ses proportions colossales, le triple mérite de la solidité , de la légèreté et de l'élégance. Ce pont, livré a la circulation en 1861 , se compose de deux volées tournantes se réunissant au milieu du basrin, et ayant leurs aies de rotation établies au sommet de deux tours ou piles de maçonnerie construites sur les terrains des quais. A l'arrière des piles, et par-dessus les nies des (juais, ces volées se prolongent par deux culasses destinées à les équilibrer autour de leurs aze.s de rotation. Ces parties d'arrière viennent s'appuyer contre les faces antérieures de deux culées voûtées en arcades et sur lesquelles sont établis les abords du pont
Le tablier du pont, en bois, est supporté par des poutrelles transversales eo tole qui se relient dles-roémea à deux poutres do même métal, composées, suivant le système américain, de deux membres longitudinaux, reliés, entretoisés et contrevenlés par des systèmes de renforts verticaux et horizontaux, de manière ^ assurer à l'ensemble une rigidité absolue. les deux volées sont reliées entre elles par deux forts verroux en fer lorgé.
Le poids de chaque volée atteint l'énorme chiffre de 750 000 kilogr.; c'est ce poids que fait mouvoir la manœuvre de rotation du pont. Cette manœuvre s'exécute à l'aide d*un cabestan placé sur un tablier qui agit sur l'assiette de la rotnt'on moyen d'une transmission ordinaire de mouvements d'engrenage. Quatre hommes suffisent à la manœuvre, qui demande environ 20 min. pour Vow verture et la fermeture complète du pont. La rotation se fait sur une couronne de rouleaux ou galets en fonte placés sur le sommet des piles (60 ga» lets sur chaque pile).
La longueur tutale du pont est de in mét.; celle de chaque volée est de 52 mèt 85 cent; les travées
DE PARIS A BR£ST
latérales formées par tes culasses ont
chacune 28 mit. GO cent. La hauteur <
du tablier, au-de«^sTî^^ des hautes mers ^ des vives eaux moyennes est de ] 21 m^t. 70 cent, en sou mineu: la ] hauteur libre sous les poutres, au « même point, est de 20 mèt SO cent. < Cette audadeuse constructi<m a s pour auteur M. Oudry, ingénieur; 1 elle a coilté 3 millions. Les travaux < ont àie exécutes sous la surveillance ( de M. de. Cai'caradrc, ingénieur. i Au-dessous du pout Impéiitil a été i établi, en 1865, un pont floUiMi, prar : ticable seulement aux piétons et des- ] tiné à (àoiliter les communications ] entre les quartiers bas des deux rives de la Penfeld.
En suivant, au delà des deux ponts, le quai Jean-Ban (rive di.), le long de Tancien port de commerce, on arrive à la grille du |Nire des Subsistances y qui renferme trois boulangeries (il fours, diverses machines à vapeur), plusieurs ateliers, la boucherie où l'on peut abattre huit bœufs à la fois, les magasins de salaisons, de légumes secs et de denrées coloniales.
Les magasins de salaisons, construits vers le milieu du xvii* s., sont probablement aujourd'hui les édifices les plus anciens du port de Brest. Les magasins au blé peuvent en contenir 23 310 hectolitres. — Au-dessus du parc des Subsistances, sur le plateau de la Foifiie, auquel conduit une rampe escarpée, se trouvent un o^servatoire particulier pour les élèves de 1 école navale, une poudrière et un parc où sont confectionnées, dans des ateliers isolés, les cartouches, les gargousses, les fusées, la poudre ftilmioantOi etc. Sur le terre>plein du rempart, appelé, à cause de sa forme, le Fer-à'Chevnl, est établie une batterie, dite V Impériale. Au pied du terre-plem, a ileur d'eau, se trouve la batterie du Fer-à-Cheval ^ qui tire chaque matin et chaque soir le coup de canon de Diane et de retraite, anucnçant Touverture et la fermeture de Taisenal et du port de guerre.
Pour avoir une idée complète des établissements du port, il suffit de
visiter ensuite, sur la rive g. de la Penfeld, de la pointe de la Rose au pont Impérial : le sémaphore, le parc a charbon, le maréographe, la machine à m^ter, l'atelier de compression du gaz et le chemin de fer de l'arsenal. — Le sémaphore, construit en 1828, sur l'emplacement de l'ancien parc du duc d'Aiguillon, est pourvu, depuis 1863, du système des i'ignaux quoùdiensde l'amiral anglais Fitz-Roy, pour le temps probable du lendemain sur les côtes de TO. de la France. ^ Le parc à c/iarbOft, excavé dans le roc et ceint de murs, a 4108 mèt. carrés de superficie et peut contenir 16400 tonnes. — Le tnaréographey exécuté en 1846. sur les plans de M. Ghazallon, par rhorloger Wagner, permet, dit M. Eymin, d*observ8r les marées avec la plus grande précision. En efTet, le flot et le jusant y tracent. j)ar l'intermédiaire d'un tlotipiir, une courbe représentative de l'amplitude des marées, sur un papier sans fin qui se déroule par un mouvement d'horlo»
gerie, — La machine à viâter, construite en 1681, a ^té perfectionnée en 1768 par le capitaine de vaisseau Joseph Petit.
« L'appareil employé pour la mâture, fîit M. Levot, repose sur un cnortiie masâil de pierres de taille, eleve de 7 mèt. ao-denus du niveau de l'ean prise dans les basses marées, baii:;né par l.i mer et formant, avec sa surface, un angle rentrant, à la faveur duquel les plus gros navires peuvent s'approoher ds la machine Elle se compose de trois fortes bigucs ou mâts d'assemblage, lonçs d'environ 60 mèt., inclmés de 7 à 8 mèt., formant, avec le niveau de la plats^forme, nn angle obtus de 120 degrés, l:cs entre eux par de fortes traverses ou chouqueta, et profondement implantés dans le massif. D'énormes haubana on ehaines, aboutinant au roi'her sur lequel est hAti le château, sont adhérents à cet appareil, dont ils contrihuent à assurer la solidité. L'inclinaison des bigues et celle du massif, arqoé du «6té de Teau dans le sens iaveise de la