DC NANTES A SAINT-NAZAIRE
64 kil. — Trs^jet en i h. 45 mio.) 2 h., 2 h. 30 min., 2 h. 48 min. «-> 1*« cL 5 fr.; 2« el. 4 fr.; 3« cl. 2 fr. so e.
N* B, Les voyageurs avec ou sans bagages, en destination de la ligne rie Saint- Nazaire, peuvent prendre le chemin de fer à la station de la Bourse, établie au centre de la ville»
La voie ferrée longe les quais de la Loire et traverse l*Eidre^ en laissant à g. le château de Nantes, la Bibliothèque et la Bourse. Vis-à-vis de ce dernier édifice (2 kil. de In tiare principale) , lo convoi s'arrête sous un élégant pavillon en fer et en verre, qui forme la première station des lignes de Nantes à Brest et à Saînt- Nasairc. De Vautre côté du port, s*étendent Ttle Gloriette et la prairie au Duc, couverte d'ateliers, d'usines et (lo chantiers. Après avoir dépassé la douane, la raffinerie Cézard, des entrepôts et des gares de marchandises, on 8*éloigne du fleuve pour s'en^gcr dans une profonde tranchée, bordée de maisons pittoresques.
400 kil. CJiantcnay, c. de S066 hab., rattachée à liantes par une ligne de maisons non interrompues, est située en grande partie, au point de départ et sur la crôte du siUon de Bretngnp.
On appelle aÏTTîi un soulèvpment granitique qui, (ie Natites, se prolonge sans discontinuer jusqu'à l'embouchure de la Vilaine. Végliee de Chantenay, récemment restaurée, est surmontée d'un clocher élégant, qui date de 1839. Le château du Bois de la Musse {xv* s.) est une ancienne maison seigneuriale. Chantenay possède un autre château, de construction moderne, des fiBdi>riques de noir animal, des fobriques de conserves alimentaires, des chantiers pour la construction et le radoub des navires, (les carrières de granit. Les nombreux ardins tie cette commune approvisionnent iSaiiLes de fruits et de légumes.
Vers la rive g. de la Ii^e, TUe de
Trentemoult renferme le village du même nom HSll hab.), dont les maisons sont munies dun escalier extérieur qui permet aux habitants de gagner l'étage supérieur, lors des débordements du fleuve. C'est à Trente* moult que commencent les digues submersibles surnommées digues Lemierrej du nom de Tingénieur qui en conçut le projet.
Le chemin de fer se rapproche de la Loire, puis, au delà de VUe Ckeviré^ iU'en éloigne de nouveau pour traverser de belles prairies. A dr., sur un renflement du sol, on aperçoit Snint- Herblain, c. de 2607 hab. (église du XV ou du xvr s.), qui possède plusieurs établissements industriels, briqueterie, minoterie à vapeur, fabrique d*engrais artificiels, etc. A g., le village de la ^au(e-2hdre (450 hab.) occupe un monticule qui, vers la fin du xviu" s., était encore une île environn('îe par les eaux de la Loire.
406 kil. Basse-Indre^ c. de 3660 hab., située à g., dans une position pittoresque, à i kîL environ au-dessous de Haute-Indre, est la première escale
[ROUTE 5] GHANTENAY. — CX>UÊRON. — BLÂIN.
(les bateaux à vapeur qui font le service de Nantes à Paimbœuf et àSaint- Naiaire. Les terrains d'alluvion qui entourent le coteau sur lequel s'étagent Igs maisons du bourg indiquent sulfisamment que ce coteau fut autre fois une île. H n'y reste aucun vestige d uue aLbaye, foudée au vm*' s. par saint Hermeland onHerUain» ni d*un château du xi* s. Du calvaire, érigé ait sommet de la colline, on jouit d'une bnUo vue. — A l'O. du bourp, fut créée en 1821 une vaste usine à laminer le fer. Abandunuècitetidani quelques années, elle a repris, depuis 1838> sous la direction d'une compagnie anglaise» une activité qui va toujours rroissant. Fabriqués exclusivement à la fonte affinée au charbon de bois, ses fers laminés passent pour les meilleurs de France.
Kn tÊnOè de la Basso-Indre, près de la rive g. de la Loire, se trouve llle d'Indret, qui renferme l'une des usines les plus complètes pour la construction des machines à vapeur de l'État (F. la Loire et le centre de la France, par Ad. Joanhb). On pénètre dans une tranchée rocheuse où est établie la station de Couëron.
/fil kil. Cou'éron, c. de 4508 hab., situt'e à 1500 mèt. environ au S. 0.
de la station, prés de la Loire, était autrtfi^ Tavant-port de Nantes. Dès le nv* s. les gros navires ne pouvaient remonter au delà et s*y arrêtaient. Les saMes de la Luire ont rendu ce port k ptui i l ès impraticable. Les ducs de Bretagne avaient à Couëron un ch&teau, qui a été détruit, et dans lequel, après la bataille de Saint-Aubin du Cormier , se retira le duc François II, qui y mourut d'une chute de cheval.
Le calvaire occupe remplacement de ce château. Le château de Beau- Iteu, entouré de grands marronniers, dépend aussi de Couëron. — Dans Véglise de cette commune, on remarque des stalles en bois de chêne sculpté (Renaissance), provenant de l'alibaye de Buzay (rive g. de la Luire). L im-
portante verrerie de Couëron a été fondée en 1785. ▲ partir de la station de Couèron,
le chemin de fer s'éloigne complètement des bords de la Loire pour s'enfoncer dans les terres, en suivant jusqu'à Savenay, la direction du N. 0.
On laisse ainsi à g., la maison grisfttre de Bougm, jadis résidence princiëre. Du même côté, à une certaine distance, une vaste plaine de prairies marécageuses s'étend de Couëron à Corderaais. A dr. se prolonge en renflements uniformes, le Sillon de Bretagne, dont les pentes n'offrent que des bruyères et des bouquets de chênes.
419 kil. Saint-Éiienne de Montlttc, ch.-l. de c. de 4874 hab., est situé au miheu de prairies fertiles, arrosées par r£tier de Ver et plusieurs autres ruisseaux. Saint-Ëtienne possède un dépôt d'étalons du haras d'Angers et une fabrique de noir animal. Au N.
du bourg, sur une colline, se trouve la charmante villa de Bellevue , entourée d'arbres. De la promenade du Tertre des Bonnes-Dames, ainsi nommée d'un couvent de religieuses, aujourd'hui détruit , on découvre une belle vue jusqu'à l'embouchure de la Loire.
[Corresp. pour (23 kil. N.) Blalll, ch.-L de c, V. de 6865 hab., près du canal de Nantes à Brest. La décou*
verte d'importantes substruct ions, de briques, de tuiles à rebord et d'autres antiquités, montre quelle était, à l'époque gallo-romaine, l'importance de Blain, d*où partaient sept voies. Le château, fondé en 1108 par le duc Alain Fergent, n'a rien conservé de cette époque. Des fortifications rasées en partie par ordre du Richelieu, en 1628, il a conserve une porte à pontlevis, et deux tours sur neuf qui protégeaient son enceinte. La tour du Pont-Levis jgdirme de mâchicoulis et surmontée d'un toit conique, paraît dater du xin* s.; la tour (hi fonnrtachef-d'œuvre de l'art miiiUtiie au
M PARIS A SAINT-KAZAIRB. [tlOUTE ^1
xrv* s., a été éîcvee en 1380 par le connétable Olivier de Ciisson et sa seconde f6iiitne Marguerite de Rohan.
De la famille de Gllaaon, le*6liftteau de Blaili {Missa, en 1407, à la maison de Rohan , qui le posséda jusqu'en 1802, époque où il fut acquis par la famille Janzé. CV<t à Bené de Rohan et à Catherine de [ ai llienay, dame de dotibtse,floii épouse, qu'est attribuée la reconstruction de la ehapelh et du eorpi de logis de la Renaissance où naquit, en 1579, Henri, premier duc de Rohan, gendre de SuUy ot l'un des cliefsdu parti calviuiste en Bretagne, te (ihâteau de Blain, pris et repris par les ligueurs et les rovauz de 1685 a 1595, fut occupé tour à tour aussi par les Vendéens et les républicains en 1793. Le parc, où les Rohan entretenaient un troupeau de 'iOO h 300 daims, est traversé par ia rivière d'isao^ devenue le canàl de Hantes à Brest. Le château de Blain et son parc, qui est ouvert au public, occupent ensemble une superAoie de 40 hectares.
JLa commune de Blain confine, au N., à celle du Gdvre (1570 hab.), qui renferme la fcfêt du même nom, la
plus considérable des forêts domaniales de la Bretagne (4479 hectares).
Un joli rendez-vous de chasse a été construit au rond-point de VÉloileoù se croisent les dix foutes principales
de la forêt. Le tkine au Jhu est âgé , dit-on^ de plus de douce siècles. 6A-
vre possède quelques vieilles maisons et un château assez remarquable , où ont été découvertes quelques antiquités.]
On laisse à g. le château de la Haie- Mahéas, dépendant de Saint-£tienne de Montluc.
424 kil. Cordcmais , v. de 2684 hab. , est b&ti à 8 kil. environ au S. 0. de la station^ sur un renflement granitique de la rire dr. de la Loire. La plaine voisine, peu à peu desséchée, est fertile et boisée. UégUte, du
roman de transition, s'élève en partie sur une crypte fort ancienne; les chapelles latérales datent du xvi* s.
Le bénitier extérieur de l'église est fait d'un cercueil antique de granit , découvert dans le cimetière. Près de la station est la belln propriété de la Forgerie, qui lui douue aussi quelquefois son nom.
A dr. Tattention est attirée par lee bois de chênes qui couvrent le Sillon de Bretagne. On laisse, à g., dans la plaine , le rbâfrau de ta Cour de Bouée, propriété de M. le marquis de Monti f près des ruines de l'ancien couvent de 5afn^^t7af>e. Plus loin, du même cêté, mais à 1 klL de la voie, Bouiê, c. de 887 babé, est reliée à la Loire par une chaussée aboutissant à ia Ville-de-Roharf^ . petit port où les bateau.T à vapeur font es cala.
435 kil. Savenay (liulleL a ia ^idre-^ — hdt. î Bonjour f — dê Bretagne) y dl.-l. d'arr., Y. de 2879 bab., estb&tle en amphithéâtre, à dr. de la station, sur la pente d'une colline du Sillon de Bretagne. Ses rues sont étroites et escarpées. On y remarque : — V^-gltse, bâtie en 1840 sur le sommet du coteau, — > le nouvel hôpital élevé à l'B. de la ville ; — Vancien bdptlaZ, situé plus Las dans la plaine ; — la souspré frchirc, !e tribunal, la prison et lâ yendurinerie , qui occupent l'emplacement d'un ancien couvent de Gordeliers. — De la promenade, plantée d'arbres, qui cottronne le coteau, on jouit d'diie vue magnifique sur la mer et le large estuaire de la Loire.
Au S. 0., près du hameau de la ToMC^gjjaillit une source ferrugineuse.
Savenay a été le théâtre de l'un des principaux incidents de la grande insur" rttotioa vendéenne. Après leurs défaites dn Mans et de Chnll^t, les Vendéens arrivèrent le 22 décembre 1793 à Savenay, d'où ils espéraient se jeter dans la basse Bretagne De 80 000 hommes qui naguère avaient passé la Loire, il n'en restait plus que 7UU0 à aooo. Les troupes républicaioes, poersuiTStit renneml sans reuche^ arrivèrent devant Savenay quelque» heures a|»rès les bandes vendéenoes. lUéter lan^
...... ^le
[ROUtB 5]
SÂVSNAT. D0NG£8.
•on rail'ftMci um let rojFiUttea, qui
occupaient un bois situé dans la plaine, «c et lui-même, dit M. Thiers (Histoire de la Révoluliùn)j aaiâiesaat le moment où 1«8 Vftadëens débottehaient da bois poor repousser cette avant garde, s'y jeta hardiment avec un corps d'infanterie et les en dëbQflqtta tout à fait. Alors ils s'enfui- PMt dans Savenay et s'y enfermèrent sans cesser néanmoins de faire un feu soutenu pendant toute la nuit. Le lendemain, 9S décembre, avant le jour, Kléber était à cheval avec Marceau et parcourait sa ligne, lorsque les Vendéens, désespérés et ne voulant pafi croire à eette journée, se précipitèrent les premiers sur les républicains. Marceau marcha aveu le centre» Canuel avec la droiie, Kléber avec la gauche. Tous se précipitent et reploient les Vendéens sur eux-mêmes. Marceaa et Kléber se réunissent dans la ville, prennent tout ce qu'Us rencontrent de cavalerie, et s'élineent i la penrsaite des Vendéens. La Loire et les marais interdisaient toute retraite k ces infortunés. Un grand
Sr^d nombre lut immolé à coups de aJonnettes; d^aattee furent i^ts prisonniers, et à peine quelques-uns trouvèrentils le moyen de se sauver. Ce jour, la colonne fut entièrement détruite, et la grande gaerre <• la Vendée véritidileaient finie. »
fin 1816 ©t 1817, les ossements des Vendéens, morts à la bataille de Savenay, furent exhumés avec soin et transférés, partie dariï^ le cimetière dePrinquiau, partie dans le cimeti&re de Savenay, où m petit noniunent funéraire lent fut élevé en 1825. Ce monument a été détruit en
Une roule de voitures relie Savenay au village de (6 Itil.) Lavau (1014 bab.) ^uî forme son port sur la lolre.
De Savenay à Brest, n. 6 } — À «antes, R. 38 ; ^ an Gfoîtic, R. Si.
Au sortir de la belle et vaste gare de Savenay, on laisse à dr. la ligne de Nantes à Brest , pour longer, à g., bi route de terre de Nantes à Saint-Nazaire. Au delà de cette route, on aperçoit l'aven iip pt les toits de l'ancienne abbaye de Bianche^Courenne, de l'ordre de Saint -Benoit, fondée au m* ■« par les seigneurs de
Donges et aujourd'hui propriété particulière. Après avoir croisé la route
de terre, on se rapproche peu à peu de la Loire, au bord de laquelle s'Ôtendent des landes, des tourbières, de vastes prairies marécageuses, traversées par de nombreux canaux. Le fleuve, sur la rive duquel se mon^ tre Paimbœuf, offre Taspect dHm bras de mer, sillonné de navires {V. XUinérnirf général de la France, la Loire et le Centre, par Ad. Joanne). On longe de près la rive dr., aprts avoir dépassé (& g. de la voie) un menhir de 4mèt. de bauteuv, appelé la {n'erre de la Vacherit,
446 kil. Dongeif ch.-L d'une commune de 3055 hab., est situé au S.
des marais auxquels il a donné son nom, entre le chemin de ier et la Loire. Les liAteaux à vapeur de la basse Loire y font escale et le metr lent en communication journalière avec l'ai m bœuf (F. la Loire et le cmin' de la I rance). Son ])etit port est abrité par la chaussée halgan, construite en laSS. VéglUê de Donges offre quelques parties qui remontent à l'époque romane. —-Dana le bourg, se voit aussi un mormment curieux du moyen ûge; c'e.^i 1 ancien auditoire^ où se rendait la liaute justice de la vicomté de Dongos. — Près du obemin de fer, à dr., sont le»
ruines de l'église du prieuré de Notrê* Dame, qui, fondé au xi« s., dépendait de l'abbaye de Marmoutiers. Ces ruines consistent dans le mur N. de la nef, percé de fenéues en meurtrières^ et dans quatre arcades à plein omtre, qui devaient soutenir le carré central de l'église, et que sur* monte une îl^ohe en ardoises, beaucoup iiidderne, servant de point de repère aujc marins qui entrent eu Loire. *^ Le château fort de Donges a été rasé dès le iu« a. — Deux ponU bâtis sur pilotis , l'up dans les marais, l'autre sur la petite rivière du Bas-BriTot, sont attribués aujt Aomains.
Donges est la patrie du poëte iiuu-
DE PARIS A SAINT-NAZAïaS. [BOUTE 5]
lay-Paty, dont le père, jurisconsulte distingué, y est enterré, et du viceamiral Halgan.
Ce bourg fiiit un commerce assez important de vins, de bestiaux, de froment , et surtout de santj'^ups .
qui sVYjiortcnt jusqu'en Angleterre.
Ces saii{;,'su6s sont nourries dans les maraig de Donges^ que les eaux de la Loire recouvrent chaque hiver. Tapissés d'une éclatante verdure au prin- . temps, ces marais se converti ■^«^ent Tété en une croûte aride, toute brûlée et gercée par le solril. De nombreux canaux les silioiiiienL Ça et là se dressent des huttes à base granitique, qui forment sur l'étendue de la plaine comme autant d'Iles fertiles oû se sont groupées des maisons .Ces buttes sont reliées entre elles par des chaussées pavées dont des croix de fer indiquent la direction.
C'est dans ce pays à demi-sauvage que la veuve de Lescure, devenue plus tard Mme de la Rochejacquelein, erra longtemps, déguisée en paysanne, après la destruction de l'armée vendéenne à Savenay.
De Donges, on aperçoit déjà Saint- Nasaire^ qui se montre de nouveau, à la sortie d'une tranchée rocheuse, où le chemin de fer s'engage en quittant la station, près du prieuré de Notre-Dame. On traverse ensuite uu des principaux canaux d'écoulement des marais, en décrivant une courbe . vers le N. 0;
454 kil. Monloir de Bretagne, ch.-l.
d'une commune de 4527 hab., possédant une église du xviir s., est situé sur uii moaliculê environné de prairies tourbeuses appelées Mires dans le pays. Les parties les plus assainies des brières nourrissent de nombreux troupeaux de moutons, dont In chair est très-est 1 111 i'^e. A répu'jue de la fenaison, chaque propriétaire reconnaît sa portion de prairie; mais, quand les foins sont coupés, la prairie est remise ea commun et livrée aux troupeaux.
ïouta la partie des brières qui s'é-
tend du N. 0. de MuîUoir, dans la direction de la Hoche- Bernard, sur une longueur dé 15 kil. environ et une largeur de 10 kil. est une immense tourbière, appelée la Grande Brière. Jadis cet emplacement aurait été occupé, dit-on, pa"* une vaste forôt qu'aurait renversée uii ouragan terrible en l'an 100 ou en 1177. les habitants du pays retirent sans cesse, de ce sol marécageux, un grand nombre de troncs d'arbre, de chênes surtout, dont le hois est devenu aussi noir, aussi dur que i'ébène; tous ces troncs d'arbre ont leurs racines au S. 0. ei leurs tiges dirigées vers le N. E., sans doute parce que le courant Tenu de la mer les a tous renversés dans ce sens. Les brîérons taillent chaque année dans ces marécages d'énormes fossés d'où ils extraient plusieurs milliers de'tonnes de tourbe, qu'on brûle dans le pays et qu'on expMie à Nantes, à Vannes, à la Rochelle. Les habitants du ham. de Rogetf situé dans une île de h Brière, fabriquent avec de la poussière de tourbe un noir végétal qui sert à étendre les engrais artificiels. 300 Uams ou petites embarcations à fond plat qui peuvent facilement naviguer sur les canaux d'assèchement transportent ces engrais à Méan (voir ci-dessous), de là une centaine de chaloupes les remontent jusqu'à Nantes.
Au centre même de la Grande Brière ou Brière Mottière se trouve la commune de SairU-Joachim (AL 87 hab.), dont le village principal foi nie un ovale allongé, autour de l'église paruissiale , aai un marais desséché dit Vile de PandiUe. Les autres groupes d'habitations sont les îles de FedruHj de MénaCj de Matin, de Bon- , etc. Les gens du pays joignent en général, au métier de briéron celui de charpentiers^ de marins^ de voiliers ou de cordiers.
Au delà de Montoir, on se rappro- .
che de nouveau de la Loire, en lais- ' sant à g. le ham. de Gron, puis on traverse le i5as-Brivet ou Ëtier de
[ROUT£ 5] SAlNT-NAZAIiUS*
Méan, immédiatement en amoat d uu vieux poQt (le pierre bâti en 1745.
Sur la rive dr. de ce ruisseau maiécageuz, se groupent les nombreuses
maisons du v. de Méan (385 hab.) , où se construit chaque année un grand noLubre de chaloupes et de biaiub employés au liaubpurL de la tourbe.
460 idl. Saint-Nasaire (hôt. :
Bély^ rue de la Villez-Martin ; de la Marine ^ près de l'église; hôtel et café du Commerce , bien situés sur le port; — cafés : de France ^ Leroy, Després ( ireslauiant ) } — BE8- TAURART ParroO» cli.-L de c.^ V. de 18 896 bab., est située à Textrémité d'un promontoire de frneiss qui s'avance ;iu S. entre la Loire et l'Océan. Elle se compose en realiic de deux villes. L'ancienne ville groupe ses maisons nobres autour de Véylise^ édifice sans intérêt archéologique adossé à de vieux pans de mur qui passent pour des débris de l'ancien château.
La nouvelle ville s'étend au N. et à TE., le iuiig des docks et des entrepôts* De hautes et belles maisons, décorées de balcons et de sculptures, s*y élèvent dans un désordre apparent, sur un immense espace, qui semble attendre d'autres constructions élégantes.» Saint-Nazaire ressemble à San Francisco, dit M. Amaury.
Cest une petite Californie bretonne.
La plus mince parcelle de terre vaut * un linp-ot d'or; le moindre cliamp, la plus triste falaise devient pour son heureux propriétaire un vaste domaine seigueuiidi , avec féaux et fidèles. Ici tout se passe comme dans un conte de fée; rien n'y manque, pas même l'invraisemblance. >»
Saint-Nazaire est d'origine très-ancienne. En 577, Varoch , comte de Vannes, y possédait un château de guerre, qui résista aux soldats du roi franc Ghllpéric. En 1587, le village fut pris par le capitaine de la Tremblaye .sur le? troupes du duc île Mercœur. Depuis cette époque, Sanu-Nazaire^ pauvre localité dont le pillage
BRETAGNE
ne pouvait tenter aucune armée, n'a plus eu à subir de sièges. C'était un petit port de relftche, nabité par des marins et des pilotes lamaneurs,
lorsque fut conçu le projet d'y creuser un vaste bassin flottant pour servir d'avanl-port à Nantes et à tout le centre de la France par la vallée de la Loire. Nantes, en effet, est inaccessible aux navires d'un tonnage important, Couéron est abandonné, Paimbœuf n'a que des marées insuffisantes et n'oflVe qu'un précaire abri:
il lalia.lL donc cbercber le port à l'embouchure même de la Loire, là où les navires trouvent à toutes les marées une profondeur d'eau considérable.
La côte de Saint-Nrî:^:iire étant exposée à tous les vents et semée de récifs dangereux, on a dû creuser un port artificiel dans le soi même du rivage.
Le hajssin à flot de Saint-Nazaire^
commencé en 1842, livré à la navigation en 1857, s'ouvre immédiatement au N. de l'ancieiine ville, dans l'anse de Fenliouët. Il occupe une surface irrégulière de 106000 mèt. carrés; le périmètre de ses quais atteint 16ô0 mèt. de développement. La partié du bassin la plus rappro h6o de la ville est creusée à 6 met. 18 cent, et peut recevoir tous les bâtiments do commerce presque sans exception, la partie septentrionale du bassin n'a pas moins de 7 mèt. 50 cent, de profondeur; les grands bateaux à vapeur transatlantiques et les frégates peuvent y entrer facilement. En certains endroits, il a fallu chercher le fond solide à U ou 15 mèt. de profondeur pour y établir les quais. Deux écluses parallèles font communiquer le bassin avec la mer; Tune, h sas, a 13 mèt.
de largeur; l'autre, simple, a 25 mèt.
et ne s'ouvre que pour laisser passer les plus grands navires. La gare des marchandises et la grande machine à mâter sont situées près de l'extrémité N. du bassin : presque tous les autres (fuais sont bordés d'entrepôts et sillonnés^ dans tous les sens^ par
dea iiLJjii > de rails. Tel est ce bassin à flot, le plu«eoasiâérabI&de8 ports de la France, ear il peut fticîlexiieDt renfermer grands navires. Un môle
d'abri , enraciné aux rochers dr SaintA'îfznire, s'avance dans la mer à '2iXj mil. ée diistarice , et sur 1200 mèt. de dévelopxjement , afin fie protéger Fentrée du bassin^ et former un port d'échouage pour les bateaux à vapeur de la Loire , les loutres, les chasse- marée, et toutes les embarcations d'un faible tirant d'eau, qui peuvent i>ans danger a^é- «kottor niriarîTe.
Au N. du Bassin actuel, dont Finsuffisance est reconnue, un second bassin à flot , de 20 hectares actuellement en construction (186T) , sera particulièrement affecté à la manne de l'État et à la formation des cales sèches pour la réparation des narires. Enfin, unecompagnie propose de conquérir sur la mer, par une dîguede2 ki] dp longueur, touterari sf àe la Villes- Martin, qui s'arrondit à FO. de Saint-Nazaire : cette digue séparerait de la mer une centaine d'hectares oft l*on pourrait fonder des bassins à flot, des docks-entrepôts, des établissements industriels et toute line nouvelle ville. Les devis de ces grands travaux s'élèvent ù, l'à mil- Uons de fr.
Des la première année de Touvertare du bassin, en 1S5S, le mouvement du port de Saint-Nazaire, à l'entrée et à la sortie, a dojuié un chifFrc de 1080 navires, et la progrebîiion est telle qu'en I8G1, le total des entrées et des sorties i>esl élevé à 1421 navires, représentant 132526 tonneaux.
Saint-Nazaire est aujourd'hui le point de départ des paquebots transatlantiques de la grande ligne des Antilles (dey>arts, deux fois par mois), avec annexe s à la Martinique, sur la Guadeloupe , Cuba, la Vera^Cruz et Cayenne.
Un service spécial relie aussi, trois fols par mois Salnt*Nazaire avec Bordetiux, Lisbonne, Portovigo et u,dix.£nlin,uu bateau k vapeui* part
[ROUTB 5}
tous les joui-s pairs, après rarmrèc du premier train de Nantes, pour Belle-lale et Loritot.
A toutes les marées, un navire calant plus de T mèt. lient arriver à Saint-Nazaire. La profondeur de la passe, à son point le plus élevé, est de 7 mèt. 80 c. à 8 mèt., lors de la pleine mer de morte eau, et de9 mèt.
à 9 mèt. ô& c. aux pleines mers de vives eaux. Dans les plus basses mers possibles, il reste au moins 4 mèt.
d'eau sur la traverse. Cinq feux, sans compter ceux de Belle-Isle, indiquent exactement l'entrée de la Loire et du chenal. Ce sont les phares de 2* ordre» à feu tournant, du Four et du Pilier, les feux -fixes d'Aiguillon et de la tmnte d'Ève qui dominent le promontoire de Chemoulin entre Saint- Nazaiie et Kscoublac, enfin le phare à éclats du Commeree, situé à 4 klL de Saint-Nasaire près de la pointe de Villez-Martin. A Saint-Nazaire , un phare lenticulaire de h*" ordre, à feu lixe, brille à rextréniité du môle. Il est aussi question d'élever un sixième phare sur le rocher le lurCj entre les deux chenaux du N. et du S.^ en (hce de l'embouchure du iteuve»
Saint-Nazaire n'a dimportance que par son commerce; cependant, dppuisquelques années, les habitants de Nantes et des villes voisines viennent y prendre des bains de mer sur la charmante plage de Villez-Martin.
A une petite distance au N. de Saint-Nazaire, à 200 mM. environ du chemin de fer, on visite un énorme dolmen de granit, le mouumenL druidique le plus considérable du département. II se compose d'une pierre horizontale, longue de 3 mèt. 26 cent., large de 1 mèt. 64 cent., épaisse de 40 cent., supportée par deux antres pierres, enfoncées en terre et * !' \ es de 2 met. environ au dessus du soi.
La dalle supérieure doit peser au moins & à 6 tonnes. Au dessous de ce monument ont été trouvées des urnes, et une certaine quantité de pièces • d'or> d'cugeut et de bronze.
D£ PAiUâ A SAINT-^NÂZiUaB:.
[ROUTB
[Corrcsp. pour (10 kil.) Guérawie et (25 kil.) le Groisic (K. 84).]
De Saint-Nazaire à Paris, par Orléans et ïûui s, a. 82 ; — à Guérande et au Croi- StC| R* M*
ROUTf: 6.
0C HANTeS A iaE$T.
M4 kil. GhvRilfi df fer en exploitation de Nantes à Châteaulin. Tr^i en & h. 4(j min. i— cl. 29 fr. 4o c. ; 2» cl. -21 i'r. 30 c; a» ci. 15 fr. 05 c. — chmin de fer en construotion (S3 kil.) et roate de poste (36 kil.) de Châteaalin à Landerneaa. Voitures de corresp., 5 fr. r>o c. et 5 fr. — Chemin de fer en exploitation ë» LaMleriiMio & Bratt (19 kil.). Trajet en 40 min. !>• cl. 2 fr. i5 c. ; cl. t fr, 60 c; 3" ol. I fr. lo c. — Route de poste et voitures de correspondance de ChÂteauJin à Brest (66 k9.); 7 fr.
— Bateaux à vapeur de Châteaulin à Brsst ; trajet en 4 h. ; l»-» ci. 5 fr. ; îi« ci. 4 fr., omnibos coraprie.
39 kil. de Nautes à Saveuay (I^..)).
Lo chaiiiiu de fer après a\iiir ci'uisc la roule de Guéraude se divise en deux voies, doat Tune sa dicige sur Saint-Nazaire et Tautre sur Brest, parallèlement à la route de terre qu'cllo laisse h environ 2 kil. au X.— La cuiiUce plaie et niarécaf^eiisc que Von tiuverse n oihe uucàiu intérêt.
cant.
de 4151 hab., baigné parleBrîvet qui
y d(?\'ient navigable, et situé à l'extrémité ffii silton de Bn tjgne, est une ancienne baronnie que possédèrent successivement les maisons de Poatcbàteau, de Clisson, de itokm, de IfaiUé, de Laval, de Goislia et de Menou. Véglise a été un prieuré de l'abbaye de Marmouliers. A deux kil. du Lnui-g, au .N. 0., s'élève un calvaire it'levé en IH?? et construit en i7U7 soui»lii diieoliondu P. Gri^gnon de Montfort, nifisioiifiaire. Le calvaire primitif fat démoli par ordre de Louis XIV, qui le croyait l'œuvre des Jansénistes. De ce calvaire ou découvre un vaste panorama. [
[Coriesp. pour : — (16 kU.) la 6'/uk 1
peUe-des^Mtiraî^ , v. dont le levriLoue est si bas et si marécai^eux qu'en biver on n'y peut voyai^er qu'en bateau. — r24kil.) Eerhignac 8^?) ; - (8 kil.), Missillae (3463 haJik; beau dolmen appelé Roche-aU'Loup ; beaux vitraux et pierre tombale du xvii* dans l'cl^lisc : château de la liretèche^ re^rauré dans le style du xv-" s.);— (18 kil) ia, Roche-Bernard (R. 83].
A Vannes, par laRociie Bernard, K. 83.
Fn sorl irit fie la ï,taliun de Pontehî\teau,ou rr4ncbit le Brivet, puisoa passe dans un tunnel long de V22 mhL et l'oatraveriQ de nouveau le Brivet.
au deli duqui^l la neie ferrée a été établie suc d'ajBMW marais tourbeux où l«s haj)itation3 sont fort rarci^.
59 kil. Drefféac, v. de 703 liab.
dont les maisons août geoéralcmeut couvertes de roseaux. Lé Brivet, des canaux et quelles petits ruisseaux arrosent lo tevritoiro d» la commane^ ( ! u i 1 e 1 1 ferme le eAdleat* 4» MumboiSy (1 kil. à g.) appartenant au dernier siècle à la famille de Kerhoênt.
Une fcrme-écolCj avec une chapelle sui montée d'une flècbe élancéo, y a été récemmeol oanstruite.
63 kil. Sai]it-tSadM-4e9-Bote, ch.-l.de c. de 2 132 hab., était, avant la Révolution, le .sié^^e d'une abbaye de Bénédictins dont l'église sert présent tement d'église paroissiale. Fondée on lO^iô par Simon de la Roche-Bernard, cette é$liee offre tous itts carac^ tères du xiir s. , peut-être même d'vjm époque plus ancienne, quoique postérieure à celle de la fondation primitive de l'abbaye. Longue de 48 met.
ël large de 18 dans œuvre, elle présente dans son plan une croix latine à ohevet arrondi, six travées depui»; le portail occidental jusiprau carré du transs^pl, trois au delà. Deux bas côtés, terminés aux transscpis, sont reliés à la nef pnucipale par des aioades ogivales ayant pour supports , alternativement, des colonnes mono* cylindriques et des piliers arrenais flanqiiés de colQJwiQlUft «ocagéea» une
DJS NANTES A BREST.
sur cjtaque face. De ces colonnes^ surmontées de chapiteaux romans à feuiat^es ou à figures d'hommes et d'animaux, partent dans le chœurdes nervures de bois en iormc de gros tores soutenant un lambris fort élevé et qui paraissent devoir dire rapportées au XVI* siècle. La façade 0. date de 1533. A rintéiieur,on remarque deux autels de 1711, un chance 1 en l'er et des slalles de la même époque. Une lilie laisse apercevoir sur le côté M.
de la nef les armes de la fcimîlle de Cambout, duc de Coislin et baron de Pontchâteau.
Les bâtiments de l'abbaye sont occupes aujourd'hui par les sœurs de i Instruction chrétienne. Les moines entretenaient dans le cimetière contigu à réglise un peût hôpital où ils traitaient des fous. Ce bâtiment est aujourd'hui détruit, mais on y vient toujours en pèlerinage.
A 9 kil. à l'E. de Saint-Gildas, s'élève, au-delà de Guenrouety sui lus bords du canal de Nantes à Brest le château da Garheil, que Mme Adélaïde avait acheté de la famille de Coislin el qu'elle avait légué au prince de Joinville. C'est un des plus beaux châteaux modernes du département, il est entouré d'un beau parc et de bois plantés en futaie, où ont été tracées de belles avenues. Deux étangs se voient à dr. et à g. de la grille e.vtérieure. Le propriétaire actuel, iM. le baron de Lamolte, a restauj é le château avec goût et lui a soigneusement conservé son caractère primittf (style louis Xlll). Le prince de Joinville avait orné* la chapelle de plusieurs bons tableaux et de vitraux exécutés à Sèvres (deux d entre eux d'après les carions de iM. Ingres). Nous signalerons en outre 1 escalier de Coislin dont la rampe est un curieux travail de serrurerie.
La voie ferrée traverse le bois de Jie^tin et côtoie à dr. le ciuiteau de la Cour.
G8 ivil. Sherac, v. de 13Î1 hab., arrosé pai i isac et pai* Tétier deCois-
péan. — A3 UL 4b Séverac, la voie
traverse l'Isac ou canal de Nantes 9t Brest, qui est bordé de belles prairies et qu'elle rôtoie jusqu'au v. de Saint- Nicolas de Redon (1919 hab.) ch.-l.de c. où l'on remarque une jolie éghse moderne bitie dans le style duziu's.
sur les plans de M. Faucheux. Le canal de Nantes se jette dans la Vilaine au-dessus de Saint-Nifolas pour se grossir ensuite des eaux de l ûusl. Entre SaiQt-Nicolai> el i\edoUy s'embranche sur la dr. au delà de la Vilaine que l'on franchit sur un pont métallique et qui sépare le départ, de la Loire-Inférieure de celui d'Ilieet-Vilaine, la ligne de Redon à Samt- Malo. On pa.sse à niveau sur la promenade et sur la place Saint-Sauveur, avant d'atteindre la station.
81 kil. Redon (buffet à la station; — hôt. : de Bretagne; du Lion-d^Or; de France;-— libraire, Dubois), ch.-l.
d'arrond. du départ. d*llle-et-Vilaine, V.de 6064 hab.^ est agréablement située au confluent de la Vilaiue et de rOust, au pied de la montagne de Beaumont (vue étendue).
Redon a dû ses commencements et son
importance à l'abbaye de Saint-Sauveur, forifice en 832 par Nominoë, lieutenant de Louis le Débonnaire^ puis roi des liretuas. L'histoire rapporte que saint Convofon^ archidiacre de Téglise de Vannes, se retira avec quelques prêtres dans une épaisse forêt qui couvrait l'endroit ou s'élève aujourd'hui Redon et y bâtit un monastère de l'ordre de suint nenoît ; telle fut l'origine de l'ahha^e de Saint-Sauveur, qui a donné naissance à la ville.
En 869, les Normands pillèrent et mi* nèrent l'abbaye de Saint-Sauveur. Elle se releva bieulul de ses ruines, et le duc Alain Fergent, qui voulat y terminer ses jours sous le froc du moine, y fut inhumé en 1119. En 1 144 , la duchesse Hermengarde fut enterrée à coté de sou époux. Un précieux eartolaire^ rédigé vers cette époque, vient d'être publié aux frais de l'Etat, par les soins de M. de Courson. Âuxiv s., l'abbé Jean de Tréal entoura la ville de murailles; mais celte précau' tion nVnipêcha i^as les routiers anglais , à la boldu de Jean de Montfort, conduits par Hue de Caverley, de s'emparer , en
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I3f>4 de la ville, de l'abbaye et de Tabbé Jean de Tréal, qui ne recooTra la liberté qne moyennant une grosse rançon.
L'an 1 422, Ifi diic Jean V établit à Redon un hôtel des monnaies. En 1463, le roi IiOnlt XI vfnt en pèlerinage à Redon, et fit don à l'église Saint-Sauveur d> un ér^trme crucifix d'argent qaidécorà longtemps le maitre-autel.
An mois de mani ISIS, le duo de Morcnpur entra clans Redon sans aucune résistance de la part de la garnison, gagnée par les moineâ, qui étaient seigneurs de la majenre partie de la ville, où se tinrent, en 1612, les Etats de la province. Redon fut attaqué en i799 par une troupe de chouans sons les ordrea de Sol de Grisolles, qui se présenta pendant les Cent- Jours devant la même vilîf^, à la téte de 3000 hommes. La garnison, retranchée derrière les vieilles murailles, opposa une vive résistance dont les royalistes ne parent triompher,
L'aDcienne église abbatiale^ aujourd'hui paroissiale de Saint-Sauveur, reconstruite à des époques trî>!>-éloignées , «offre, <nt M. le chanoine Brune , un ciiiioux rapprochement des styles d'ardiiiecture les plus divers. » A. ro. et en avant de l'édifice, dont elle est séparée depuis rincendie de 1780, s'éU-ve la tour principale du xni" carrée à s i hase et surmontée d'une nècho octogonale, 56mèt. 85 c.
de hauteur totale, ex La pureté et la sévérité des lignes donnent à cette tour une grande beauté, dit U. l'abbé *** (Desmpiion de la vilU de Redon Ht de ses principaux monuments) ; néanrrv'in^ la pointe de la flèche, reconstruite il y a cinquante ans, se termine un peu trop brusquement.
Mais le bel appareil de la construc- Xïo^y et les tons chauds de la vieille pierre de granit dont cette tour est bâ,tie depuis. les fondements jusqu'au sommet, concourent à la rendre tout à fait remanjualile. >» La nrf de l'église , autrefois tout entière du st^le roman, a été complètement défigurée par des réparations maladroites» à la suite de l'incendie de 1780. Privée aujourd'hui de fenêtres , ainsi que les bas côtés (le bas côté du N. est seul
percé do deux lenêtres semi circulaires), elle est obscure et paraiL manquer de hauteur, bien qu'elle mesure encore 16 mèt. 50 sous voûte. Cette hauteur était autrefois plus considéraMe et la nef égalait les croisillons du transsept , qui la surpassent aujourd'liui de 2 à 3 raèt.
La croisée du transsept fut élevée au xn* s. à l'aide des libéralités du duc Alain Forgent. Elle est surmontée d'une tour carrée à trois élaj?es, formant, à l'intérieur de é^,dise, une sorte de coupole byzantine à huit pans spliériques inégaux. A l'extérieur, les trois étages de la tour, en retraite l'un sur Vautre, sont ornés d'arcades cintrées , ouvertes seulement au deuxième et au troisième étage. Te<; angles du second étage s'arrondissent en forme de tourelles, remplacées, au troisième étage, par des pans coupés percés d'arcades à jour. Le toit, qui paraît dater de la fin du xvi« s. affecte une forme pyramidal^' ^tii ]KM-;>^ée.
Le chœur, « la ]iartie la plus remarquable de l'église au point de vue architectural , est eu mcnie temps d'une simplicité de décoration déjà rare à l'époque où il semble avoir été bâti (vers le milieu du xrii" s.). » Les arcades inférieures, l-meéolée.s , sont surmontées d'un trifonum (.1 arcades trilobées, par travée) au-dessus duquel s'ouvrent de grandes baies ogivales, dont les vitraux de couleur ont été remplacés par des vitres blanches dans la seconde moitié du xvni* s.
« Tous les chapiteaux des colonnes inférieures et des colonnettes décorant les fenêtres du pourtour sont d'une extrême simplicité... En outre, plusieurs fenêtres sont remplies par des meneaux se croisant au sommet de l'ogive à la manière du style per- Iiendiculaire. » Un double collatéral borde le chœur à dr. et à g.; à l'abside il est remplacé par cinq chapelles semicirculaires. Les voûtes du chœur, du déambulatoire et des chapelles sont d'une admirable WhoAé.
La première chai^eile absidale, en
DE NANffiâ A BIŒST.
[ROOTS 6]
comTnpnçatit à df. du chœur, reiiferme un tomhmu du xv* s. , souvent désigné comme étant celui du duc de Bretagne François I*% et une pierre ttnïiuUûre dont lin^ription est en pnrtîp eflicéè. — Dans la deuxième chapelle', 5îe vnit la sépulture de l'abbé .Toan fie Guipry (1307). — Ln chapcUr de l'lmmaculi''e-Conc(^(ion , au cen- Ire, offre un autel en marbre blanc et trois vei*rières modernes, tine ar^ eade «urlAissée et ornée dans le st^ le du XV* s. recouvre le towhrnn ih Vahhé Jiaoul de Ponthriand (1423).
Une niche ser\'ant de crédence a conservé des restes d'une ancienne peinture décorative.
Le mattre^tel est ntie masse gigantesque, « une sorte d'édifice construit à rintéricur de l'église » et donné par Richelieu, qui fut abbé comraemlataire de Saint - Sauveur.
" Malgré son ordonnance majestueuse et l'ampleur de ses formes, qui le feraient sans dotite admirer dans unei église du xvii* s., on ne peut s'empêcher de voir combien il est déplacé dans l'élégante abside de Redon. »
Ce maître-autel est décoré d'un Christ sculpté par un artiste redonnais et de trois grandes statues allégoriques antérieures à la Bévolutlon. — Nous signalerons, en outre : les grilUs basses du sanetuaire (XViu* s.); — la chaire, le hanc d' œuvre et les confessionnaux , œuvres modernes en bois sculpté dans lé style ogival, par M. H4rauu, de Rennës^ deux mteU du xvn* s. dans les bas côtés du chœur; — enfin deux tablcniix modernes phrés dans k> Iransscpt et représentant , Tun h' Bon Sonidrilnin , l'autre la Donation du territoire de Redon par Ratuili à saint ConvoUon H à tes reUgiem (ces moines bénédictins sont à Xott représentés vêtus de blanc).
Les collatéraux du chœur, an N., sont flanqués extérieurement d une rhapelleiliie de Notre-Dame de Sonne- NouneUe ou de Bon'Sicours, Cette chapelle , bâtie au xv* s. par l'àbbé
I Yves le Sénéchal, qui y fut inhumé, ' se compose de trois travées. Klle est édaiiée au N. par trois fenêtres du style ogival flamboyant et communiquait autrefois au S. avee Péglise, p.-ir trois arotdes qui ont étéboucfaèea. A l'extérieur, elle o(Tre un curieux exemple d'église fortifiée. « Les fcnê- 1res, ilit encore l'auteur anonyme de la Demcriplion de liedon^ sont protégées par des mâchicoulis^ les murs sont percés de meurtridres; et Ton voit que cette partie de Tédlfioe, con- «^truite aux dépens du rempart de Jean de Tréal , devait entrer autant uue po.sisible dans le système ^,^énéral de défense organisé tout auioui d^e ia ville..*»
I/extérîe«r de l'abside de l'église Saint-Sauveur, décoré d'une balustrade en quatre feuilles, à la base du grand comble, offre un aspect moins satisfaisant que l'intérieur; toutefois, « vue d'un coup d*œU général au milieu des arbres de la promenade et de ceux des cours du collège, cette abside laisse une impression asses fa^o*
rablc. ï>
Le collège ou insUtntion Saint- Sauveur occupe les bâtiments de l'ancienne abbaye, n est dirigé, depuis IS38, parla congrégation des prêtres de Jésus et Mari?, appelés plus communément "Rudistes, du nom de leur fondateur le P. Jean Eudes, frère de l'historien Mézeray (xvir s.). Les Eudistes ont soigneusement réparé les anciens bfltimeots , dont les parties les plus remarquables sont : le fjrand rloitrc. l'un des plus beaux inodMes de l'archileeture monastique diix-vir s.; liyju'tit cloître, ()ccu[)v.<iujourd'iiui par les classes; et surtout l^ancienne sacristie, transformée en chapelle de congrégation. « Les quatre voûtes surbaissées de cette chapelle , ornées chacune d'un large écusson, viennent se reposer sur une colonne de marbre placée au centre et qui supporte ainsi tout le poids de rédifice. L*autel est en bois, d*un assez bon travail ; on y remarque un
MO
N* RTEUX.
tableau représentant une apparition (le la sainte Vierge au P. Eu(l<^s. n Un corps ilc logis, présentant plus de 6^ met. de façaiie , a été ajouté en prolongement de l'aile située à VO, du eloltffe. En outre, les Eudiates ont Mt construire (1866-1 8 S7) une belle dkipelle du style ofrival pur,<îui renfernr^e d'assez bons vitraux coloriés, un autel en marbre blanc d'un travail trèsremarquaUe , et deux petites chapellee liatéieleft décorèesAvec beatwou p de goât. Dans Tune de ces chapelles sont déposées b's reliques de saint Vincent, martyr, trouvées dans les catacombes de Rome.
Cne partie des bâtiments de J'abbaye, après avoir été dévastée |Nir Tin* cendie de HSO» a été démolie ou séparée des autres const^ctiottspour le passage de la rue Neuve. T>i?r!os- i]u monastère est divise en coui*» de recréation, plantées d'arbres. Enfin, la terrasse du collège (à l'Ë. de la chapelle neuve) « est un des plus beauK restes du rempart constmit au xtv* s.
par Vahhd Jean de Tréal. Le mur a été maintenu dans toute sa hauteur et Ton y voit encore le rouronneraen; supérieur et les màciucuuiis bien conservés. ■»
La pîmee du Gtamp^di^FoiTB ou de SatrU'Sauveitry sur laquelle s'élève la tonr de l'abbatiale, est entourée de maisons du x\iii" s., dont l'une est un des anciens corps de bâtiment de l'abbaye. La principale porte d'entrée du monastère forme aujourd'hui dans cette maison la devanture d'un magasin. Sur la place se voit aussi une fontaine (1824), alimentée parla source du Tuet , situé à 1 kil.de Re<lon.
Nous ne ferons que mentionner : — la chapelle de la Congrégation, dans le IcQ bourg Saint-Hichel ; — la « ous* préfeûture , construction moderne sans caractère : — le irihunal, précédé d'un petit péristyle prec ; — Vliôpital (xvirr s.) ;— la maison de la Retraite, ducmi couvent des Caivairienne»
{XYn* s.) ; ie couvent des UtMinef (xvnz* s.); — la nouvelle haUe en
pierre (ISBY-lSeO) ; - la Grand'-Rtte, qui renferme nn certain nombre d'anciennes maisons a pignons sur rue ; — la place arbres ou promenade j au S. de la sous-préTeotore ; ^ le qtm et surtout la partie ^i porte le nom, maintenant sans signification , de port (maisons en f?ranit avec balcons en fer, reconstruites dans la seconde moitié du xviir s.); enfin, dans les jardins particuliers qui bordent le chemin des Bouves, des Hmiset form ces des murs d'enceinte de la ville.
Re<lon est tmversée par îe canal de Nantes à Brest qui coupe la ville en deux parties, reliées par nn pnnt terminé en 1848. Un bassin à ilot, creusé de 18S6 à 18fi5« sur Vem* placement de la promenade du Mail, communique, par deux écluses, d'un c^té arec le canal, de l'autre nwc la Vilaine. Il est, en outre , relié à la gare du chemin de tér par des voies de senice. A l'une des extrémités de ce bassin s*élève «ne belle et grande croix de granit , dite croix-sigtuU, parce qu'elle indique l'entrée du port aux bateaux: qui remontent îa Vilaine.
Les chantiers de Be(ton construisent des bâtiments de 50, 60, 80 et
méniede 800 et deWO «onneaut, dce^ tiaés au grand et au petit cabotage.
Les principaux articles de son commerce d'importation et d'exportation sont : les bois communs, les f?raines et farines de seigle, d'orge, de maïs, les matériaux de construction, la pot6rie> kl verrerie, les eristanix, ete*
Bxcursioa à Aieux.
A 5 kil. au S. de Redon, snr la rive dr. (le la Vilaine. s<" tiouve RieuX (1663 hab.), l'ancienne Duretie de la carte de Peutinger et l'une des stations de la voie romaine qui conduisait de Nantes à Vannes. Le château de Rieux fut démantelé, en 1490, par oi-dre de la reme Anne; en 1629, le cardinal de Richelieu en prescrivit la démolition. Le donjon fut ébranlé par lamine; il perdjt son aplomb, mais il ne tomba pas, ci il était resté ainsi
DE NANTB8 A BREST
penché jusqu'au tremblement fie terre de 1799, qui en a déterminé 1 rc roulement. Les dépendances du château de Rieux ont été converties, dans ces deniiers temps, en un élégant jardin anglais ; ses ruines ne consistent plus guère aujourd'hui qu'en un gmiid portail flanqué dune tour carrée, dont la largeur et la construction soignée indiquent une époque relativement moderne.
Sur la rive opposée de la rivière, on découvre une telle quantité de débris romains , qu'il est permis «le croire, avec certains archéologues, que l'établissement nommé Duretie par Peutinger se trouvait sur eette rive, et non du côté de Rieux.
De Redon à Rennes, R. 64.
Après avoir franchi le canal de Nantes à Brest, l'Oust, l'Arz et l'un de ses affluents, le ruisseau de la Gras, la voie ferrée prend la direction de l'O . En deçà de ce dernier cours d'eau, on croise la route d*Allaire à PeiUnr (5 Itil. à dr. de la voie). Dans h- cinietière de Peillac (1903 hab.) se dressent deux lecliSy l'un isolé, l'autre encastré dans un mur, et une élégante crois de pierre à bras pattés. Trois autres lechs se trouvent près de la métairie de . Cranhac et aux villages de l'Kpinelte et de Maubran. — Le bois de la Ghauvaille renferme une enceinte dite le Camp Romain (200 mèt. de longueur sur 10 de largeur environ). Des hauteurs de Cranhac, on découvre un vaste horizon.
91 kil. Saint-Jactit, e.do 1280 hab., est borné au N, par la rivière d'Arz.
Léglise, restaurée au xvu* s., renferme un écusson aux armes de la famille Grignart «le la Ville-Gufbart.
Le château de nédiUar, (2 kil. au S.) fut transmis en lô3G, par la famille du Cleuz aux Huchet de la Bédoyère.
La contrée que l'on traverse, tantôt cultivée, tantôt inculte, et légèrement ondulée, n'offreaucun paysage étendu.
La vue est toujours limitée par les haies d'arbres qui bordent chaque champ ou
chaque lande et par des accidents de
terrain.
97 kil. Jfa/an^oc, c. de 21 65 hab., est situé à moins d'un kil. de la gare. On peut visiter, à 2 kîL au N., les ruines du couvenl de BodéUOy devenu au
xviTi* S. une maison de force où Ton recevait les personnes présentées avec des lettres de petit cachet. Le beau parc de Bodélio (367 hect.) est entouré de murs que Ton remai^ue près de la voie, à dr., en deçà delà station. Bodélio appartient aujourd'hui à M. Simon.
Sur le territoire de la même commune se trouvent le chdteau de la Gratiannayej ancienne propriété de la famille de TalhouSt, et de belles ardoisières situées au sommet d'une chaîne de collines schisteuses dont l'iinp (!ps extrémités. — celle qui porte Rochefort-en-Terre, ch.-L de c. de 69;i iiab. (ô kil. au N. 0.) — a été séparée du groupe prittcipal par un profond déchirement.
«Du haut de la pente escarpée qui termine brusquement cette chaîne, on domine, dit M. Cayot-Delandre, une gorge étroite, au fond de laquelle se trouvent les seules issues de Rochefort du côté du S. £.^et Ton a devant soi , au-dessus d'un groupe d'une centaine de maisons, une ha'ite colline rocheuse, couronnée par les ruines de la forteresse qui donna son nom à la petite ville, »
Jean de Rieux, maréchal de Bretagne, institua en collégiale, en 1498, Véglise de Notre-Dame de la Tronrhnyp, devenue l'église paroissiale de Hochefort. C'est un édifice irrégulier, dont la construction peut remonter au zv* s. A l'eitérieur sa foçade N. produirait un assez bel effet, avec ses grandes fenêtres ogivales ornées de sculptures bizarres, si l'exhaussement du sol du cimetière ne l'avait pas enfouie bien au-dessus du pavé de la nef. Les statues en mar^ bre blanc de Claude He Rieux, mort en 1&32> et de Suzanne de Bourbon, seigneur et dame de Rochefort, pro-