‹ Itinéraire général de la France (volume 2)Chapitre 98 sur 257 · TIMES · texte numérisé non relu

TIMES

Î.B ï JDILLBT MDCGCXIV.

de Tautre :

MADAME r.A DUCHE88B n'AWeOULâMB

POSANT LA l'HEMIEE PIERRE DU M at'SOLÉB LE XX SEPTEMBRE MDCCCXXiii.

« Ces diverses sculptures sont dues, au moins en partie, au ciseau de Louis PeUtot.

« Les dépenses de la chapelle dont

nous venons de donner une rapide description s'élevèrent à plus de 122 000 fr.; les sculptures seules sont évaluées à près de 79000, mais elles sont écrasées par la chapelle beaucoup trop petite pour le mausolée,

« Après avoir quitté la Chartreuse et pris le chemin du Champ des Martyrs, que croise la nouvelle route d'Auray k Piuvn^nei', on atteint en quelques minutes la chapelle expiatoire. Une colonne de granit, surmontée d'une croix , symbole de pirdon, en annonce le voisinageune avenue de sapins y conduit.' Construite sur un terrain mi iuant , à l'extrémité d'un plateau qui domine le vaste marais de Kerso, à jamais célèbre ^ cette chapelle, de kb pieds de longueur sur 20 de largeur, rectanguiaire comme la chapelle sépulcrale, et bâtie comme eiie dans le style grec, est précédée d'un portique auquel on accède par de nombreux degrés, et dont l'unique destination a été d'abriter au besoin les visiteurs, vu l'éloignement de toute habitation. La cliarpeiitc est en Ter et ia couverture en plaques de cuivre. Le fronton, supporte par quatre colonnes monolithes, extraites des

I. Cette villée a été le théâtre nonseulement de la bataille d Auray et du dramede 1795, mais du combat qui s engagea sur les collines environnantes, le 2t juin 1H15, eatrs les royelisies bretons et les fédérés.

DE NANTES A BRÊST.

carrières iIp Saint-Malo^ présente cette inscriptioa :

IN lIBlfOBIA JETESLHA BMIMX JUflTl.

« Li méraolM de* jwtat leraiteroftlle.»

« Au-dessus de U porte d'entrée, on lit ces simples mots :

HIC CBGIDBRUNT.

« c*e8t ici qu'ils tombèrent. »

« L'intérieur n'offre rien de remarquable. »

Non loin du Champ des Martyrs, sur Tancienne route d*Auray qui Je longe i dr«, ou voit à g. une croix do pierre, qui en a remplacé une autre plus anoieone. A la base, ou lit :

t:x mémoire de la sataillb de jean dë montport xt charuis db bl0i8,

BB

BBKOQVBiiB MB JBAN U& BQU1.CB, MAIBB Oft SliSCH, EM 1842.

Bsonrtloii d'AflMf A Baden.

Franchissant la rivière d'Auray, on

se dirif^e au s. E., au sortir du faubourg de Saint-Goustan, et l'on passe h (4 kiL) Kerisper. — A loOO raèt.

environ au 2^'. ti. de Kerisper, le petit village de Sain*e*À9aye (La route n'y passe pas) renferme une chamaute thapeUe du xvi* «.> surmontée à l'O.

d'une tour carrée avec tourelle ronde en accolade. A l'intériour de cette chajtelle, oii remarque : un jubé en bois, de 1ô:»4, délicatement sculpté; un prt^ZM^u en bois sculpté ; une jolie ptsctiM de la Renaissanice, et une pierre creusée qui passe pour avoir servi d'esquif ?i sainte Avoye lorsqu'elle vint de Canibrie en Bretagne,

Kerisper el Saiale-Avoye dépendent de la commune de Pluûéret (!'. cidessus, p. 249).

Un estuaire de la rivière de Pont- Sal les sépare de (5 kil. d'Auray) JionOf où l'on peut visiter un dolmen et, non loin de la maison de campagne du lloclier, une groite à I allée coudée, enfouie sous un lumu-

lus. Enfin on atteint (9 kil.) Baden (2633 hab.), où a Von doit, dit M. A. Fouquet, sairêter au moins deux heures, pour visiter d'abord le dolmen de Crafjèlf puis celui de Toukern, situé à plus de 2 kil. du bourg, vem le S./ sur une pointe entre deux lais de mer.

■BflBWiwi à MB.

A 14 kil. à l'O. d'Auray, se trouve Belz, ch.-l. de c. de 2103 hab., qui domine la rive g. de la haie d'Étel, au N.de la commune d'Erdeven, dont nous signalerons les nombreux monuments druidiques en parlant de Carnac (R. 92). La route de Belz se détache (à dr.) de la route de Quiberon, ^ 1500 mèt. d'Auray, A 1 kil: environ en deçà Je Belz et à g. de la route, au v. de Cruhels se voit un tumulus bien conservé. Plus au S. , ii 300 mèt. du hameau à'Er-Velim^'c, se dresse un menhir de 4 mèt. de hauteur.

Le hameau de Ketlutu ou Kerludu (1 kiL S. 0. de Belz) offre un doimen, composé d'une pierre de 4 mèt. de longueur reposant sur quatre supports. « Ce dolmen , dit M. Cayot- Délanfire {le Morbihan^ son histoire et scji monumeni^) , est le plus remar- • quable de la commune, qui eu pré* sente encore, outre ceux de Kerhuen et de Kerlourde, quelques autres qui sont dans un état de ruine à peu pràs complète.

De Kerlutu, un cliemin, qui croise la route de Belz à Purl-Louis, conduit (l kil. N.) au V. de Saint-Cado, bâti à la pointe d'une petite presqu'île de la rivière d'Etel. Une petite He, veWàe au village par une chaussée de 100 mèt. de longueur, formée d'énormes pierres, porte la chapelle romane de Saini-Cado. Le village, l'Ile et la chapelle on t pris le nom d'un saint moine, tils d'un roi de Glamorgan , qui vint s'ét;il»lir dans l'ilo au v' ou au vi*s. , et qui mourut plus tnnl ôvôque de Rènévent. Suivant une légende, la chaussée qui rattache l'île à la terre ferme aurait été construite par Satan ^

[ROUTE 6] BÂDëN. ^ BELZ.

en une seule nui l, et à la demande de saint CadO| qui en revancbe aurait promis au diable Tàme du premier individu qui passerait sur ce pont.

Le jour venu, saint Gado lança un chat sur la chaussée. Furieux d^avoir été trompa , Satan voulut détruire son œuvre- le saint se précipita sur lui pour Pen empêcher; mais le pied lui manqua, et, en glissant, il laissa sur le rœher une marque inefTaçable.

Cette empreinte nommée la glissade de saint Cado, est recouverte d'uue grille de fer, au-dessus de laquelle s'élève un calvaire en granit, s

Près du T. de SaintoCado, au ba- 'meau de KerUmriê, tur la eôte, est un dolmen renversé. Kerhuen , situé 1 kil. plus à l'E., possède aussi un dolmen. En face, dans Vile de liiec, se voient des ruines où a été découirerte une curieuse figurine du moyen âge , en terre euite, aujourd'hui au musée archéologique de Vannes.

Contournant la baied'Étel, au S. E., on peut, en passant (3 kil. de Kerhuen) àiTernourf (vestiges (l'une grotte aux fées), gagner la rivière Saint- Jean, Tune des trois branches de la rivière d*Ëtel,et la trayerser (5 kil.) à Pen-er-Pontj pour entrer de Vile dans Locoalf qu'une chaussée analogue h celle de Saint-Cado relie à la terre ferme, du côté de TE. APen-er-Pont setrouve^dit M. Fouquet, «une petite colonne de granit, couronnée d'un hémisphère en calotte, et sur laquelle une croix de Malle et des caracttTcs illisibles ont été gravés. Cette pierre (2 mèt. 20 de hauteur) , nommée le Moine (Er-Menac'b) , est, comme la chapelle de Saint-Jeanf élevée en 16îi au même endroit, un souvenir des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui, après les Templiers, ont été propriétaires de l'île de Locoal. » Une pyramide quadrangulaire (1 mèt.

30 de hauteur), oruée aussi d*une croix de Malte, se voit au S. de Locoal , sur le chemin de la ForetU M. Cayot-Dùlandre pense que ces es- « pèces de bornes maïquaieni les limiter

des propriétés territoriales des religieux. Le bourg de Loooel dépend de la e. de Locoa^Mendon (2085 hab.),

dont le cheMieu est situé à 3 bl. environ à l'E., sur la terre ferme.

Si de Pen-er-Pont, on revient vers le S., en longeant la rivière de Saint- Jean, jusqu'au (2 kil.) Clef {Er-lock ou la Cloche, en breton), on remarque, près de ce hameau, sur la crôte de la lande de Mané-er-Loc h , trois points élevés couronnés par des roches aux [ces, dont l'une , bi coudée, piésenlô un développement de 20 mèt.

 2 kïl au S. de Clef, au delà du V. de LocqtteUas, est une autre grotte aux [t'es (7 mèt. 20 de longueur), oc qui a la forme extraordinaire d'une croix dont les branches ne sont pas de même largeur et ne sont pas perpendicuiaircji à la galerie principale. » Ce monument druidique n'est éloigné que de quelques centaines de mè t r e s lî 1 1 Vov.i-ïA nglo, situé «ur la route et à 9 kil. d'Auray.

Au lieu de retourner à Auray, on peut, si Pou veut, regagner Belz et de là se rendre à (16 kil.) Puri-Luuis. A. 2 kiU de Belz , au PoM^Lotoit^ la la route de Port-Louis franchît la rivic;re d'Etel. Elle traverse ensuite (7 kil.) Plouhinec et (12 Ul.) Riantec \y. ci-dessous, p. :J65).

D'Auray à Napoléonville et à Salnt- Brieuc, R. 71; — à Vannes, par Cnrnac et Lûcmariaquer, R. 93 j — à Quibçrpu, R. 93 ; ~ à Belle-IIe-en-Mer, B. 94.

Après avoir laissé à dr., à \ kil. au delà d'Auray, rembranclietneiit du chemin de fer de Napoiéoiiviile (R.

71), ou traverse les landes si souvent ensanglantées que parcourent aujourd'hui les paisibles caravanes des pèlerins de Sainte-Anne.

167 kil. Landi'vant est un triste b. de 1024 liab., que la lagune ou marais d'fitel entoure au S. Bntro la station et le bourg même, sont les débrisd'un dolmen. LVr^it^e, sous Tinvocation de saint Martin, reconstruite de 1834 à 1857, a uue façade eu gra*-

DE NANTES A BREST

nit et une flèche dont les différents étages offrent une imitation des ordres dorique, ionique et corinthien.

On franchit le Hlavet sur un viaduc monumental (222 mèt. de longueur; 5 arches de 22 m^. d'ouverture, 2 arches de 10 mèt. d'ouyerture; 25 mèt.

de hauteur).

181 kil. Hennebont (hét. : de Bretagne; du Commerce) f ch.-l, de c. de 5112 hab., jolie ville très-ai^réal»lement située à dr. du chemin clefcr,sur deux coteaux, dont le Blavet bai^rnn la base, se divise en trois parties :

VieiUêviUe^ViUe cloteet ViUe neuve; ces deux dernières sont séparées de la première par le Blavet

Hennebont (en breton vieua: potil) a en

des seigneurs particuliers; le premier dont, le nom soit parvenu jusqu'à nons ost Hueiia d'Uennebont, témoin en 1037 à la fmdatfon du prieuré de Locoai, dans la lagune d'ftel. On ignore l'époque à laquelle le vieil Hennebont avec ion château passèrent aux mains des ducs, qui possédaient dcijà la ville dosa. Quant à la ville neuve, on n'y voit aucune construction antérieure à 1600, et l'église de Notre-Dame de Paradis se trouvait alors dans la campagne.

L'histoire de la ville d'IIenncbont est tout entière dans les guerres de la Succession et de la Ligue. La première eut pour cause les prétentions de Jeanne la Boiteuse, cotntesse de Penthièvre, épouse de Charles de Blois, d'une part, et de Jean de Montfort, époox de Jeanne de Flandre, d'autre part, à la succps?ion du duc Jean III, mort en 1341 sans postérité, oncle de Jeanne de Ptnthièvre et frère de Jean de Montfort. Dès le oommeneemcnt de cette interminable guerre, le comte de Montfort fut fait prisonnier à Nantes par l armée françidse venue au secours de Charles de Blois. Conduit à Paris et cnf rmé dans une des tours du Louvre, il s en échappa en 1344, passa en Angleterre pour réclamer le secours qoe lui promettait le roi Kdouard III et revint mourir à tti nnebont en 1345. Dans des circonstances ordinaires, ces divers événements eunent décidé du sort de la Bretagne; mais Montfort laissait à la téte de son parti son épouse Jeanne de Flandre , héroïne sublime , grand et inébranlabla earaetère qn'aucnn revers ne pouvait abattre* A la nonvelle

de la mort de son mari , la comtesse de Montfort conduisit son fils à Hennebont et le présenta aux seigneurs bretons dont elle nqût le serment de fidélité.

Au commencement de 1342. Charles de Blois était venu mettre le siège devant cette place. II fit attaquer sans succès les ouvrages extérieurs, ses soldats furent repoussés. La comtesse , armée de pied en cap et montée sur un puissant cheval de bataille, allait de rue en rue pour animer ses troupes. Encouragées par son exemple, les femmes elles-mêmes, honteuses de leur inaction, se mêlèrent p^mi les défen* seurs; les unes démolissant les bâtiments inutiles et en transportant les matériaux sur les murs, les autres portant des pots de chaux vive, qu'elles jetaient sur les ennemis. Une autre fois, Jeanne de Mont-, fort fit une sortie à la ?'"'tc de trois cents cavaliers et pénétra jusque dans le camp des assiégeants où elle mit le feu.

Cependant les renforts attendus d'Angleterre n'arrivant pas, la ville était exposée à être enlevée d'assaut, quand la comtesse, regardant par une fenêtre du château, aperçut la flotte anglaise qui entrait à pleines voiles dans le Blavet, sous le commandement de Gauthier de Mauny.

Dès lors il ne fut plus question de capituler ni de se rendre. Les troupes anglaises furent accueillies avec les plus vits transporté d'allégresse , celles de Charles de Blois, battues dans une nouvelle sortie» se virent enfin forcées de lever le siège.

Le prince de Dorobes s'empara d'Uennebont sur les Ligueurs en isso; le due do Mercœur la reprit sur les Royaux au mois dp novembre de la même année, après un siège de six semaines, et en resta possesseur jusqu'à la paix conclue avec H«nri IV.

L'église Notre-0aBi0 de Paradis

est un charmant édifice du commencement du XVI'' s., dont la construction lut entreprise vers 1513 et terminée vers 1530, à l'aide des aumônes de nombreux pèlerins. La façade occidentale est ornée d'une porte ogivale avec intrados polylobé , inscrite dans un ^nbl^ 'ligu, faisant Tun des côtés de la tour. Au fond, deux portes géminées donnent accès dans l'église, composée de trois uel's san^ transsepts, de 45 mèt. dans oeuvre. La nef principaie est terminée par un chevet à cinq pans qu'éclairent deux étages de

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