ROUTE 6] * HENNEBONT
fenêtres, dont le second est à meneaux fleurdelisés. Les collatéraux , plus courts, sont fi rm(''3 à leur extrémité par un mur druil percé aussi d'une fenêtre. Les nervures de la voûte, où ron remarque des clefs pendantes, retombent sur des consoles. On compte quatre travées jusqu'au chœur ; les arcades sont en cintre brisé a plusieurs retraits ^ les piliers sont prismatiques. Deux porches latéraux, au N. et au S., offrent des portes jumelles, encadrées dans un arc ogival dont l'amortissement est une fenèire flamboyante. J e rJorher (50 mèt. de hauteur) est sui niontc d'une flèche polygonale, qui décore la façade 0. Des flèches plus petites, mais du même style, sont reliées à la tour principale par deux arcs-boutants en forme de ponts légers, s'élevant liicn au-dessus du toit de la nef, La restauration de l'église Notre-Dame, commencée depuis plusieurs années, vient enfin d'être terminée.
Les fortifications d'Hennebont sont presque entièrement détruites. Du château, qui fut le témoin de l'héroïsme lie Jeanne de Montfort, il ne reste qu'un mur d'enceinte à peu près circulaire, construit en mauvais petits moellons, et de 1 mèt. 50 cent, environ d'épaisseur. Ces ruines se voient sur une hauteur de la rive dr, du Blavet. Non loin du château, sous l.i ;aaiàuu de la veuve Pichon , rue de la Vieille-Ville, existe un caveau rectangulaire, de 4 mkt, sur 6 mèt., et dont la voûte en pierre est soutenue par huit arcs en plein cintre, portés au milieu sur une courte colûJine cylindrique. On descend par une trappe dans cette crypte d*oû, suivant fa tradition, un souterrain faisait communiquer le château avec la ville close.
L enceinte de la ville close offre, sur le quai, des restes de courtines, avec parapets, mâchicoulis et maigres corbelets à trois retraits. Au S. les murs sont masqués par des maisons ; du cêté de !'£., une porte en cintre
BRITAOMB.
brisé, offrant les traces d'un pont-levis et d'une bcrse, est flanquée d'une poterne et de deux grosses tours qui ont jusquà ces derniers temps servi de prison. Le pied de ces tours était autrefois baigné par la mer; elles sont couronnées de corbeaux et de mâchi* coulis. Non loin de cette porte, l'enceinte offre encore à g. une tourelle, et à dr. une très-grosse tour talulée.
Plusieurs maisons des xvi" et zvu" 8., en bois, à pignons et éUges surplombants, et en pierre, avec fenêtres à pilastres, frontons triangulaires et modillons, se voient encore place de l'Église, rue Poi le-en-Bas, rue des Lombards et rue de ia Prison.
Dans la rue Neuve, une maison portant l'inscription: Le Livêe 1600, est peut-être la plus ancienne qui ait été construite en dehors de la ville close.
Henneliont possède un port de coinr merce , où des navires de 200 à 300 tonneaux remontent à Taide des marées. 11 s'y fait de grandes exportations de grains et des principales denrées que fournit le centre de la Bretagne. Hennehont estau.ssi la tête de la navigation du Blavet, elle point de départ des touristes qui veulent remonter par le chemin de halage cette jolie rivière.
Al kil. d'Hennebont, sur les bords du Blavet (rjve g.), se voient les restes de Vabbaye de la Joie, de Tordre d© Cîteaux, fondée à la fin du xiir s., par Blanche de Champagne, femme du duc Jean le Roux, morte au château de Hédé, mais inhumée à la Joie en 1283. On remarque, dans l'une des salles de l'abbaye, la statue tumulaire de ia londalnce, en bois plaqué de bronze, longue d e 2 mèt. EUle a les mai us jointes, la téte posée sur un coussin et les pieds sur un chien en pierre.
La chapelle e.st détruite; les bâtiments conventuels sont modernes et # occupés par un dépôt d étalons appartenant à 1 État.
A 3 kil. au N. d^Hennehont, sur le territoire de la commune d'intinzac, 2438hab.),prèsdu Blavet, MM.Trot-
BE NANTES A BREST
lier et des industriels (rAiif^nrs ont créé, en 1860, une usine luijuorLante (tOle, fers-blancSf tuyaux en bois) qui occupe 200 ouvriers.
A 6 kil. au S., sur lo terriloire de la commune de A'fmV/nac ("2500 hab.), M. A.Fouquet si^jjnale aux nrcliéologiics un dolmen bien coiisci vé, sans allée, formant une chambre ronde dans laquelle on pénètre aisément»
la tâte presque droite.
[Une route de voitures relie Hcnnebont à (14 kil.) Port-Louis .(F. cidessous, p. 264).]
£n iiortant de la station d'Hennébont, la voie ferrée entre sur le territoire de la commune de Caudan (j»167 hab»), renfermée entre les rivières du Blavpt (ît (lu Scorfl", et présentant une contenance de GUtiU hoct.
C'est sur le versants. 0. de Caudan, dont le bourg est situé à 4 kil, au N. du cbemin de fer» que sont établis les chantiers de conatroctions navales du
port de Lo rient.
Lp rVioinin de fer traverse le ScortT, au-dessus de Lorient, sur un pont d'une longueur de 328miît., composé successivement d'une arche en maçonnerie de 10 met. d'ouverture, de 3 travées. en tôle de 53, 67 et 53 met. de portée, reposant sur des piles en maçonnerie de 2 mi t. fjO cent, d'épaisseur, fondées dans des caissons métalliques appuyés sur le rocber, à U mèt. en contre -bas du niveau moyen de la mer; do 7 arches en maçonnerie de 10 mèt. chacune, et de df^nx travéns raélalliques de même ouverture. On y découvre une^ belle vue sur la vallée du ScorfT, la ville et ! le port. On traverse ensuite le cours Chaielles, avant de s'arrêter dans une , belle gare couverte. (
Le pont suspendu de Kerantrec*h, < qui a remplacé un pont de bois h l'ex- < irémité de la route impériale d iieniiebont à Lorient, avec une longueur de tablier de 180 mèt., est at^ourd'bui { bien dépassé par le gigantesque via- c duc du cbemin de for* C
>] 188 kil. Lorient (bufTet à la gare : — hôt". : de France, des Étrangers ; libraires : Charles, Corfmat^ GrouheJ^ Hmes Tiret y TaUandeaUj fessier] , ! V. de dl(')'h) hab., ch.-l. d'arr. du départ, du Morbihan, ch.-l. d'une préfecture maritime, port militaire, et place do ju;iit'rrc de 3* cl.j située sur la rive dr. du ScorlT à son conlluentavec leBlavet, se compose de Lorient proprement dit, ville fortifiée, et du fàubourg de Keram/recK,
La fjnre, qui occupe une superficie d'environ 9 hect., est établie sur la rive dr. du ScorfT, à dr. du cours Chazelles, entre la ville et le faubourg de Kerantrecb. Elle est éloi* gn'ée de 500 met. de la porte du Mot» bikm^ principale entrée de la ville.
Histoire.
Lorient a été fondée en 1719 sur une lande inculte, qui dépendait du manoir du Faonëdte. An eomneiiMmeni du XVII* s., une association de commerçants bretons qui exploitaient l'Inde avait établi des hangars à Blavet (Port>Loui&), de Taotre e6tédelabaie qui forme aujourd'hui la rade de Lorient. C'était pour eux un lieu fîe reîAche où ils déposaient momentanément leurs cargaisons. Cea magasins étant devenus insuffisants, ila en élevèrent d'autres en 1028 pour suppléer à ceux de Blavet , mais sur la rive opposée, où ils t>c ti ouvaient plus à l'abri. Ce no fut toutefois qu'en 1604 qu'unft nouvelle compap;nie des Indes, constituée, par lettres patentes da Louis XIV, s'établit définitivement sur OSttseéte, dont elle prit possession.
Un chantier de constructions navales fut établi dans ce port naissant, qui reçut le nom de VOrient^ emprunté an pays d'Orient avec lequel il avait ouvert de vastes opérations commerciales.
Trente ans après, on comptait déjà dans Lorient 700 familles. Cette popuhitioii demanda l'érection d'une paroisse au centre de ses habitations, et l'église fut consacrée en 17yy suus le nom do Saint- Louis.
En Î74.'î, Irt rn-npac'ruc était arrivée au plus hautde^rede prospérité ; c'était une ▼éHli^blé puttonee maritime, possédant dans sa rade de Lorient S5 vaisseaux ou frégates et beautioap d'autres navires <1%
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Paris HACUKTTF. a
[ROUTE 6] LORIENT, ^ ÉDXl lGfîâ PUBUGS.
fort tonnage. Ello avaît un corps nombreux (l'ùfficiL'rs rocommandables, |iarmi lesquels la marine royale vint souvent se resrnter; «Ile avait ses lois, son pavillon, son sceau à ses armes (tin ghiUe d'azur chargé d'une fleur dé lys d'or, avec cette devise : Florebo quocumque fêrar). Elle constituait, pourainti dire, une sorte d'étal dans l'État.
L'importance acquise par la Compagnie bretonne des Indes Inquiétait séneusemcnt l'Angleterre, qui passa méoie bientôt de cet tilat d'ombrnge à de* projets de destruction. Une flotte anglaise, commandée par rarairal Lestock, opéra, le V octobre 1746, un débarquement de 6000 à 7000 hommes, sous les ordres du général Synclair, dans la }}aiedu Fouldu, h 12 kil. à 1*0. de Lorient.
L'ennemi n'annenait avec lui que qnntre pièces (le canon et un mortier; le général Synclair n'en poursuivit pat moins son projet t en arrivant on vno do la ville, 10 4 octobre, il la ût sommer de se rendre, et, 9ur son refus, il commença , le 6» à faire canonner la place. Lo feu des Anglais ne fut cependant pas très*nieurtrier :
5 hommes et une femme tués, le double d^ blessés, telle fut la perte des assiégés. Lo dommage causé aux Anglais fot beaucoup plus considéral)le -, on l'a porté jusqu'à 900 hommes tués ou bîes^cs, mais il
Ï a probablement une grande cxai^cratiou ans ce GhifTre.
Le 7, les capitaines gardes-côtes firent battre la charge et exécutèrent une sortie qui fut repoussée ; mais l'ennemi, trompé parootto résiataoeo ot sur de faux bruits di^ renforts semés par quelques prisonniers, redoutant d'être cerné et isole de sa flotte ■ se relira la nuit suivante sans être inquiété, après avoir encloué ses canons, ramenant quatre chariots de blessés et se repliant sur le point de la côte devant lequel l'amiral Lestock était mouiUé,
La municipalité de Lorient, pour perpétuer le souvenir de la protection spéciale de la sainte Vierjge pendant le siège que les Anglais avalent été obligée de lever, sollicita de l'ov^que l'in«ilitution d'une procession annuelle en Ihoimcnr de Notre-Dame de la Victoire. Cette prooesoion se célèbre toujours solennellement le premier «Jirnanche d'octobre, jour de la grande ajtsemiflée des Lorientais. Us montrent encore avec orgueil, incrusté dans ' le pignon de la chapelle de la Congrégation, chapelle restanréf rn 1747, aprf>« !«. oiége, un boulet anglais que l'on uoirctt , tout las ans pour lo bii» niooz rouortir •
sur la mumilie, reUwoliîe oHo mêmo à
pareille fin.
La prise de Bengale par les Anglais, en 1753^ porta un coup terrible à la Compngnip. franrai^o des Indes, qui, à |)artir de cette époque, ue lit [dus ([\ui lanp:iiii-. Elle fut supprimée par un arrêt du conseil, on 1769. Une liquidation eut lieu, ot l'estimation du matériel et des édifices du port de Lorient fut fuee à 12 755 lt7 livres. Peu de temps après, en 1770, la cession de tous les vaisseaux, comptoirs, magasins et esclaves de In Compagnie, tant en Bretagne que dans ses établissements indiens, fut faite au roi en échange d'une rente annuollo do t suu ouo livres au profit des actionnaires. La valùur de toutes ces propriétés avait été réglée, dit M. Cayot-Délandre, à 30 millions do livr'^s^dans lesquelles l'arsenal doLoriont ligurait pour jdus de la moitié.
En 1782, la ville de Lorient appartenait aux Rohan-Quéménâ. Aprio la fameuoo faillite de cette famille (33 millions de passif }, Louis XVI lui acheta ses droits surLorifc.'it et la somme que paya le roi (I luoouo fr.) servit à désinterossOT uno partie des créanciers.
AdiAoet pubUcs.
Lorinnt, villo nouvelle ot toute miiUaire, a pou do monuments. L'cû/lise Saim-LouiHf édifice de mauvais goût, a été consacrée en 1709.— Là chapelle de$ Dames de la Retraite est uri joli pastiche du style ogival. ~ La touspréfecture, Vhôtel de villt- (bihliothè" ([VP publitjur fin rvOuo vol.), je tribunal, lo lijcn' ot Viiospice ciiiil méritent à peiiui uiie uienlioii, — Sur k place BissoUt WM C0I0DII6 corlntbieaiie^ en granit, porte une statue en bronze, exécutée par Gatteaux, et repréien* lanl ronsei^'ne r!e vaisseau Bisson,aB moment ou il met le feu aux poudres et se fait saïuor avec son brick et leg pirates grecs qui en avaient envahi le pont. — Dans le cimetière, se voit la tombe de Brijteux, le po6|e national des Breton^:, sculptée par Btei. Cette tombe est taillre dans un LIoc dp granit; sur la inblc fu/irbre est posée une couronne d'immortelles traversée par un style. Une croix tràflée, imitée des croii bysantines, ee dresae à ta
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D£ NANTES A BIŒST*
tèt6 du sarcojkhage avec cette simple inscription : « a i^bizeox. » Sur le fût
de la croix, un médaillon en marbre blanc, portrait du poëte, est surmonté de deux palmes eu sauloir, formées de branches de chêne et de bruyère.
Au revers, une inscriptiou relate le titre de ses œuvres principales. Conformément au désir du poelc, un chrnn a été p'nnté derrière la croix, qu'il abrite de £>es rameaux.
Portt «i élabllBMnMit* mlittaIrM.
Le port militaire de Lorient ,
que forme l'embouchure du ScorfT,
s'étend à VK. de la ville, qui en est séparée par les établispcmonts de l'arsenal. Cet arsenal est divise lui»
luème eu deux enceiulos, dont la pTeaûère reste toujours Ouverte au public et dont bi iteconde ne peut être visitée qu'avec une permission délivrée dans les bureaux de la Majorité générale.
On pénètre dans la première enceinte par une port» ouverte en face de la me du Port* Cette porte, construite en granit, est surmontée d'un aigle aux ailes éployées. A dr, et à ff. se dressent, sur des piédestaux, deux canons de 60, coiil(^s à Ruelle en 1841. La place d'Armes, sur laquelle on se trouve alors, est un vaste rectangle, planté de tilleuls magnifiques et servant tout à la fois de champ de manœuvre aux troupes de la marine, lie voie de passage aux ouvriers de l'arsenal et de lieu de promenade à la population de Lorient. Elle est circonscrite, à TE. par le magasin général, au N. par le mur des Quinconces, surmonté d'une balustrade, à ro. par la corderie, et au S. par deux pavillons du style Louis XV, que rebe une grille. Ces pavillons, construits en 1 733, par la Compagnie des Indes, devaient former les deux ailes de l'hôtel des directeurs, dont le bâtiment central ne fut jamais commencé. Celui de TE. est devenu Vhà- Ul du préfet maritime; celui de TU. est occupé, au rez-de-chaussée, par
les bureaux de la préfecture et le fn-
hunal maritime, et au premier étage par la ma jorité générale, les archirea et la bibliothèque de la marine (bOOi) vol. environ) qui a fait des perles considérables dans un incendie, en 1842« La grille qui unit les deux pavillons donne entrée dans un square précédant le jardin particulier de la prôfeciurc maritime. D'une terrasse située dans ce jardin, à 7 mèt. audessus du niveau de la mer, ou découvre une belle vue sur la rade, nie Saint-Michel , Kemével, Port-Louis, et, dans le lointain, les rivages de Tlle deGroix(r. ci-dessous).
Trois grilles appelées, d'après leur situaiiun, grilles de la Tour, de la Chapelle et de la Corderie, donnent entrée dans la deuxième enceinte. En passant par la grille de la Tour, ià plus rapprochée de la préfecture maritime, on trouve d'abord, à g., le maga&m général (1733), derrière lequel s'étendent , au tond de deux cours intérieures, les ateliers de la UmneU {erîe et de VavironMriêf de la pein^ ture et de la paeiUonneriey ainsi que Vécole des apprentis (100 élèves). A la suite du magasin général et faisant partie du même corps de logis, viennent les ateliers de la direction du port (garniture, voilerie et cordages).
En face de la porte principale du magasin général, sur un mamelon planté d'arbres dessinant un labyrintbe, se dresse la tour des signaux ou lourde la Découverte, bAtie de 1737 à 1744. Destinée d'abord à recevoir un phare, cette tour fut détruite en partie par la foudre en 1751, réédifiée et foudroyée de nouveau en 1782 et 1784, enfin reconstruite et terminée en 178G. Ellea38 mèt. 33 cent, de bauteursur 8 mèt. 33 cent, de diamètre i\ la base. La plate-forme (8 mèt. 66 cent, de circonférence) est surmontée d*un mât de signaux. A côté de la tour de la Découverte, s^élhveVohservatoirr delà vinriiif, fondé en 1822, et au pied duquel se trouve Y atelier des^ mécanismes, chargé de la confection
[aoUTJS 6] LORIËNT. — - PORT MILITAIRE.
et du montage des mécanismes destinés aux projectiles creux de toute espèCe. Cet atelier, d'une grande importance, est le seul que possède la marine tn Fiance. «Vis-à-vis, dit M. J. Hchert, à qui nous empruntons la plupart des détails qui précèdent et qui suivent {U port mUUaire de Lorienty dans la Rwm maritime et eoUmialet numéros de septembre et d'octobre 1866^, sont les bureaux du commissariat général^ ceux des hôpitaux et des fonds, la direction dea travaux hydrauliques^ Mtie en équerre, entrs deux cours avec grille»
(1857). Une rampe rapide conduit à la compagnie rîr. rliscipline, aux bureaux de la niiijorité de la flotte, de l'artillerie, des revues et des armements. A l'cxtrémitc de ces établiiisements , la grille dite 4es Armements dorme accès sur le quai du Péastyle , ainsi nommé parce qu'il longeait le péristyle grandiose qui conduisait ;\ la cour des ventes de la compagnie des Indes.»
Les beaux et vastes b&timenls de la cour des ventes, remarquables par leurs escaliers dont les votâtes sont en forme (h: trompes, ont été convertis en caserîu'sde la marine (infanterie, fusiliers, artillerie, compagnies d'ouvriers et de discipline) . Au S. des casernes, où il ne faut pas manquer de visiter la salle d armes (80 mét. de lonp:ueursur 9 met. de largeur ; nombreux trophées; 12 000 armes à fpu et autiint d'armes blanches), s'étendent ïancien bagne ^ occupé aussi par l'artillerie de marine, puis les cantines, les prisons et les écuries, jusqu'à la batterie de la Tourmente, affectée à l'exercice des canonniers. Près de la salle d'armes se voit le parc artillerie, qui peut contenir 2000 bouches à feu de tout calibre et 150000 boulets. Trois canons en bronze, placés sur des piédestaux à l'entrée du parc et à son extréniit('% rappellent les victoires d'Alger, de Saint-Jean- d'Ulloa et d'Obîigado.où ils ont été enlevés à rcnnemi.
En lace des casernes sont mouillées
trois frégates, la NimésiSy la Péné-lape et la Vengeance ^ qui logent dans leurs batteries 1900 marins et dont
les deux premières servent, en outre, d'écoles spéciales pour le canonnage et le gréenient. l'rès de ces frégates, sont V Avant-garde ou vaisseau amiral, et le SésostriSf atelier central des bâtiments de la réserve.
En remontant le quai, sur la rive dr. du port, on arrive, près des ateliers d'i la direction du port, au bassin de radoub n" 1, dit bassin de Clermont- Tonnerre, parce quela première pierre en futpo»te, le 10 octobre 1822, par M. de Clermont-Tonnerre, alors ministre de la marine. Ce bassin, long de 86 mèt. 23 cent, sur une largeur moyenne de 22 met. 74 cent. , n'étant plus en rapport avec les dimensions des navires cuirassés, des travaux ont été entrepris pour porter sa longueur à 116 mèt. — Au N. de ce bassin, la cale couverte (lS17-t8'20) se fait reraarfjuer par U forme i le/^ante de sa toiture que soutiennent seize beaux piliers en granit (9 mèt. 45 cent, de hauteur) recevant les arcades ogivales des côtés. La cale couverte a 70 met.
80 cent, de longueur, et '24 met. 85 cent, de largeur. Trois autres cales ^ non couvertes, lui font suite.
A ro. des cales et bassin dont nous venons de parier, s'étend une place bornée au S. par Taile N. du magasin général, à l'O. par les bureaux de Vinspection des travaux, la direction des mouvements du port y la direction des consiruclimis navales et la chapelle; au N. par les ateliers des métaux, forges et fonderies. — Derrière le groupe des bfttiments de TO. sont les ateliers consacrés uniquement au travail du hois, savoir : Im pouliche, Y école de dessin et V atelier de sculpture ^ V atelier ^cf modèles, la petite scierie et la menuiserie. Toutes les machines-outils de ces ateliers sont mises en mouvement par deux machijies à va])eur, de 'iO chevaux chacune. — Plus loin encore, du même coté, le long du mur 0. de l'arsenal,
ses
I)£ NAl^TËS A BBËST
dont elle n'est séparée que par le chemin de ronde, la cmrdêrie (1676-1 678} forme un paraJlélogTamnie de 333 mèt.
de longueur sur 32 mèt. de largeur,
entourant nne roiir intérieure plantée de chênes et de man onniors presque deux fois séculaires. Bans les ateliers de la corderie^ nous signalerons spécialement la curieuse machine à confectionner les drisses de pavillon, inventée en 1834 par M. Reech, aujourd*hui directeur des cnn ^lnu-tions navales, et une })irfigur du St néçral formée d'un seul murceau de i.ois (8 mèt.
de longueur sur 1 mèt. 50 cent, de largeur). Deux chemins de fer régnent dans toute la longueur de l'atelier pour le trrtnf5pnrl dns cordages. — Entre I;i corderie et ia direction dps construGÙons navales, so trouvent les hureaux cl les principaux magasins de la direction d*arlUleriey auxquels font face, au N. et de l'autre côté d'une rue qui aboutit à la grille de la Corderie, les hîVtiments dbs suhsisianccs.
lin vaste groupe de runstructions, dont la façade régulière borde au N.
la place de la Chapelle, renferme les Atelieri à métaux ou ateliers des machines^ savoir : au centre, Vatelier
ajustage; à TO. la fonderie (6 cubilots, un grnnd four à révcrb^-re, six grues dont deux pouvant soule er des poids de 20UÛ0 kdog.}; à l E., un pavillon dont le premier étage est occupé par la serrurerie; enfin, derrière ces premiers ateliers, les forgeSy dont le hAtiment principal m<^snrc ViO mèt. de longueur sur 17 m* l.de largeur (marteau-pilon de 3'iOU kllop^) li'atelicr des forges, dont di'pendenl aussi trois annexes étal}lies près de la machine à màler, près de l'atelier de zin;:ni:e et du vC>[r de Caudan, com- })rend an tout 84 feux grand.s ou petits. — Sur le quai, à'I'E. des forges, s'élève la machine à mdlti . Kn la de passant, on arrive à la forme ou bas^ sinn*'2, commencé en 1857 et achevé en 1861, sous la direction et d'après les plans (le MM. Cliatonnct et !e Boué- <lec, ingénieurs. Ce bassin a lôâ mèt.
de longueurau couronnement,29inôt.
60 de largeur m&xitna et 8 môt. 15 de profondeur relativement au niveau des hautes mers de morte eau. — A l'O. du biissin, on remarque la. façade des ateliers de chaudronnerie.
Plus au N. s'étend le terrain de la Prée aux Vases (160 000 mèt. carrés), conquis sur la mer dans Farrière-port^ et sur lequel ont été établis la mâture, Vatelier des ckalottpes et canots et la grande scierie à vapeur. T/atelier de la m;\ture est convin t d'une toiture (40 mèt. de longueur sur 20 mèt. de largeur) soutenue, comme un pont suspendu, par des chaînes et des tirants en fer. La scierie, construite en bois, avec portes à coulisses sur toute la lonprurur des façades, renferme neuf machines à débiter, mises en mouvement par deux machines à vapeur locomobiles (système Galla) , de la force de 25 chevaux chacune. Les pièces de bois à débiter, amenées dans d«s fosses au pied du plateau qui porte l'atelier, sont mont^'^es M'entrée de la scierie par quatre grues roulant sur de petits chemins de fer; puis elles sont amenées sous les scies au moyen de cabestans mécaniques, en fonte de fer. A la scierie sont annexés des hangars pour la conservation des bois exotiques et des l)ûrdages.
La Prée aux Vases est reliée par une voie ferrée à la gare de Lorient.
De l'angle N. E. de ce terrain, part une chaîne qui ferme le port jusqu'à Vnrriore garde, établie près du pontviaduc du chemin de l'er, A l'angle S. I']. , une passerelle ou pont flottant, de 277 mèt. 31 cent, de longueur, relie les établissements de la rive dr. du port avec ceux de la rive g. ou do Ciudan, situés sur la presqu'île lormée par îc confluent du Scorff et du Biavel.
Les cîiantiers de Caudaa embrassent une surface de 157 000 mèt. carrés et comptent neuf cales de construction pour vaisseaux et frégates, et deux autres cales pour les bâtiments de rang inférieur. « Caudan ûflie, comme port de couslruction,
...... ^le
[KOUTE 6] JUOBIENI.
dit M. J.Hébert {Le pOft tnilUaifede Lorient) , de précieux avantages : les nombreuses cales naturelles de ce chantier, placées à fleur du sol et h peu près normalement à la rive, avec de larges inlervallescl de vastes terrepleius en arrière, donnent à cet égard toutes les facilités désirables.
Le terrain, peu accidenté sur les deux rives du Scorff, y facilite l'établissement d'ateliers, et Ta^PDal. du côté de Candan, est siisceplible d'une extension indéfinie. » Aux chantiers de Caudan sont joints des forges (^8 feux) et des atdien pour la construction des bâtiments en fer. Ces ateliers, parfaitement outillés, occupent provisoirement trois gntnds hnngars «juiployés autrefois à la conservatioQ des bois ; un aielier neuf , composé de trois nefs contiguës (160 raèt. de longueur sur 15 mèt.
de largeur chacune) , est en voie do construction. C'est à Caudan qu'a été exécutée (1 859-1 RfiO la coque de la Couronne, la, pieuiière frégate française en fer cuirassée.
« La marine possède, en otttrc, à Caudan, trois fosses dHmmerHon :
l'une dans Tintérieut du chantier, les deux autres dans les ames de KcrorwUf de KcryuUé et de Saint-Isidore, sur la môme rive du Scorfl". »
Du port militaire de Lorient dépendent plusieurs établissements situés en dehors de la ville. Ce sont dV bord : le polygone (SOÛ mèt. de longueur, 140 mèt. de largeur), à 1 kil.
au S. 0. ; — le château <le Tréfaven (K. ci-dessous, p. 2G4), la poudrirre et les magasins de l'île Saint-Miciiel, l'hdpital de Port-Louis, le polygone et les batteries deGAvre (F. ci-dessous).
Au S. 0. de la ville s'étend le port du commerce, qui comprend un vas le hfissin à flo( (550 mèt. de longueur sur 60 à 70m?'t. de largeur) et un nort d^^houage, défendu du côté du large par une jetée longue de 6Û0 mèt. eaviroo. Un embranchement reie le port marchand à la gare.
La rade de Lorient, formée par la
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baie qui reçoit les eaux du Blavet, du Scorff et de quelques ruisseaux, est accessible aux navires !u }ilus fort tonnage et leur offre un sur al)ri. Les vents violents du S. 0. et de l O. S, 0. y sont cej)endant à craindre. La rade, douli'cnlrée se trouve à plusde 6 kil.
au Sé de Lorient et h. plus de 2 kil. au delà de Port-Louis, est divisée en deux parties par ViU Sain^^Michelf roclier de p:ranit qui en occupe à peu près le milieu et qui porte un fort, une poudrière, des ateliers d arti lices et divers magasins. La partie de la rade située au N. de Pile s'appelle plus spécialement rade d« Lorient ou de Penmané; la partie comprise au S., rade de Kerso ou de Port-Louis. Les deux rades communiquent par deux passes, Tune à TE., l'autre à l'O, de l'ile; la passe de TO. est seule suivie par les navires. La batterie de Saint- Michel commande les deux passes et toute la rade de Port-Louis, qui est défendue, eî) r»ii!re, à rO.,par iàbailerie de Ki im iei t l le fort de LoqueU ia;iy k l'E. par la citadelle du Tuil- Louis et la l)atterie de Gâvre. La largeur de la passe, à l'entrée de la rade, entre Loqueltas et Gâvre, est de 2100 met., et de 600 mèt. seulOHMnt entre Port-I.f uis et Kernévcd.
La rade de Lorient est Signalée par quatre phares, feux ùxes de 4*" ordre, établis sur le dodwr d» Saint^Louis, le cotean de la FerrUre (an S« Or de la ville), au pied du bastion S. de Port- Louis et un peu au M< dn précédent,
ffreaieaeéee. — itenuilM<A.
Les promenades de Lorient sont :
intra métros^ la Bote, la p/«e dUrmes et la Ptotne, aujourd'hui place Napoléon; extra muros, les quais, le tour des Portes (liu Morbihan et de Plrenipur), l'avenue de Mervillef les allées de Carnet y menant au cimetière et au polygone, le cours ChO' celles, conduisant à la gare et au faubourg de Kerantrech, enfin le hois et le pointe de Kéroman (au S. E. des ailées de Carael) Tune des promit*
DE NANTES A BREST. [ROUTE. 6
nades les plus fréquentées pendant l'été, à cause de sa situation à Temhouchure de la rivière du Ter et en face de l'entrée de la rade. On y trouve le seul établissement complet d'c trôiculture et de pisciculture qui existe dans le Morbihan. De vastes parcs à huîtres et deux grands viviers créés par M. Charles, négociant à Lonent, y attirent les étrangers désireux de connaître et d^étudier toutes les espèces de poissons du littoral.
Kerantrech est un village proT^re et coquet, entouré de nombreuses bastides. Au centre s'élève une belle église en pierre blanche, construite avec sa flèche aérienne, de 1849 à 1854, dans le style ogival fleuri du XV' s. Cette église, érigée en succursale deLorient. est le chef-lieu d'une paroiise qui renferme dans sa circonscription l'ancienne chapelle de Saini-ChTistophe, b&tie au xvi* s. sur les bords du Scorff , seul édifice du . culte que possédassent les Lorientais avant l'érection de la paroisse de Saint-Louis, en 1709. — Au-dessus de Saint-Christophe est ie pont suS' pendu de Keraintnch (une seule travée de 180 mèt de longueur), par lequel on arrivait à Lorient avant l'établissement du chemin de fer.
A 500 mèt. environ en amont de ce jionL, se trouve le château de Tréfa- »:en, construit au xv* s. par Jean de Rostrenen, possédé plus tard par la famille de Rohan-Guéméné, acheté parla marine en 1700 et converti en poudrière depuis 1805. 11 ne reste des constructions primitives qu'une tour cylindrique, large et peu élevée.
laAistfle ooaamevoe.
Lorient tient le premier rang en France pour les constructions navales,
et possède, en outre, un atelier de construction de machines à vapeur, des fonderies, furges, presses hydrauliques, etc. 11 s'y lait de grands armements pour Ut pèche. Les importations de son port consistent principalement en matériaux de constructions nava-
les. Le commerce du poisson irais et des sardines à l'huile donne lieu à un mouvement d'affaires de 35 millions de fr. dans Tarrondissement de Lorient. Les céréales , les farines, les bestiaux et la mercerie forment aussi les principales branches du commerce d'exportation.
■Bowftfoii à Pori-lovlt.
Port-Louis (bateau à vapeur toutes les deux heures de- Lorient à Port- Louis), ch.-l. de c, V. de 3188 hab.,
cl 8 kil. au-dessous de Lorient, mais
de î'î^utre côtf' dp la rade, place forte et citadelle t'ievée sur remplacement du village de Locpezran, s'appelait anciennement Blavet.
Fonde un siècle environ avant Lorient| Port-Louis a été absorbé, pour ainsi dire,
par cette dernière ville, et le nombre de ses habitants a diminué d'un tiers depuis l'époque ou la Compagnie des Indes transféra ses établissements snr la rivedr. du P'avpt. En parcourant les promr:nrîes silencieuses de ses remparts, ses rues désertes dont une herbe épaisse recouvre les pavés, on reconnaît que Port-Louis est mort, que Lorient l'a tué.
Jusqu'au xvi* s., Locpezran n'était qu'un hameau dépendant de la paroisse de Riantec, avec une chapelle qui existe encore et qui porte la date de 1553. Cette chapelle est la constructt on la plus ancienne du Port-Louis.
Pendant ics {guerres de la Ligue, les Royniix, pour dcfpndre l'entrée du pnrt et de la rivière au iiiavet, élevèrent un fort dont le due de Merccinr s'empara en ts90 et qu'il donna comme place dcsi'ireté nnx Espagnols, ses auxiliaires. Les Espagnols occupèrent cette place jusqu'en 1598 , époque à laquelle Mercœur ayant fiitit sa soumission, et le traité de Vervins ayant mis fin à la guerre, le fort du lilavet fut remis i la France ; les Espagnols exigèrent toutefois une somme de 200000 écuç pour les travaux de fortifications qu'ils avaient exécutés durant] leur occupation.
RicheliMl voulant créer à Blavet un port de commerce, le duc de Brissac fut chargé, en i6l(>y de la construction d une citadelle et d*nne ville nouvelle dont II fut le premier gouverneur. Cette ville fut nommée Pori-L>ouis en l'honneur de Louis XIII,