‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 102 sur 489 · ROUTE 2] SCHLESTADT · texte numérisé non relu

ROUTE 2] SCHLESTADT

pierre des absidioles, les vitraux des fenêtres, les peintures polychrômes des murs et les grilles de clôture sont des œuvres récentes dans le style de l'église et dont l'exécution ne laisse rien à désirer. La tour élégante et d'une grande richesse de décoration, à laquelle l'église s'appuie, du côté S. 0., a été aussi réparée. Haute de 59 met. environ, elle offre deux étages percés de grandes fenêtres. A sa base, du côté 0., s'ouvre un portail sévère, surmonté d'une grande baie ogivale, tronquée. « Par suite de la disposition des lieux, dit M. Ringgeisen, l'habile architecte de Schlestadt, la porte S. du narthex est la plus importante. Ses ébrasements sont garnis de groupes de figures récemment restitués, par les soins de M. le curé de Saint- Georges. Cette porte est surmontée d'une galerie à jour et d'une rose très-délicate, ornée d'un charmant vitrail de couleur représentant les Commandements de Dieu. La porte N. du narthex, ainsi que celle ouverte au milieu du bas côté S., sont du style roman de transition et appartiennent à la construction primitive. Les vantaux en sont encore garnis de leurs anciennes peintures; celles de la porte du transsept S. sont d'un fort joli dessin. »

Au S. de Saint-Georges s'étend une petite place, qui servait autrefois de cimetière et que borde l'ancien bâtiment de la grande boucherie, converti en école de garçons. Sur la lace N.

de ce bâtiment, on voit les restes d'une chaire en pierre, du xv« s.

La fausse porte ou tour de l'Horloge , reste des anciennes fortifications, est une large tour carrée, percée à sa base d'une porte voûtée en ogive, et terminée à sa partie supérieure par une jolie galerie flanquée de quatre tourelles, au milieu desquelles s'élève une sorte de clocheton de construction relativement récente.

V arsenal Sainte-Barbe est un grand bâtiment, auquel donnent une physionomie originale des créneaux très-

proéminents qui garnissent les rampants de* pignons. M. de Caumont pense que cette construction, dont le type est assez rare aujourd'hui, a dû appartenir à la corporation des arquebusiers ou à celle des canon ni ers.

Nous signalerons encore : — la vieille nef, l'aiguille délicatement sculptée , et le portail de l'ancienne église des Récollets, occupée naguère par les magasins du génie, mais actuellement restituée à la ville; — le collège communal, installé dans une ancienne Commanderie des chevaliers de Malte ; — les casernes ; — Y hôpital civil et militaire; — la prison; — Y hôtel de viUe; — quelques vieilles maisons construites les unes en bois, les autres en pierre, notamment rue de l'Empereur, une maison de la Renaissance, avec un joli balcon et des inscriptions, et, rue de l'Église, une maison construite au xvu» s., par l'abbaye d'Ébermunster.

Du haut des remparts de Schlestadt, on jouit de beaux points de vue, dans la direction de 10.

Schlestadt, dont le commerce est très-actif, renferme plusieurs tanneries, deux fabriques de toiles métalliques, des tissages de coton, une manufacture de papiers peints , une imprimerie, des distilleries, des scieries, plusieurs moulins à blé, des tuileries, etc.; le commerce y consiste principalement en blés, vins, tabacs, navettes, lin et chanvre.

[L'excursion la plus curieuse que l'on puisse faire dans les environs de Schlestadt est celle de la belle vallée de Sainte-Marie-aux-Mines (R. 84). — Du côté opposé, dans la direction du Rhin, on rencontre, entre les villages de Muttersholtx (2261 hab.), à 7 kil.

de Schlestadt , et de Hilsenheim (1740 hab.), à 14 kil. N. E.,des traces intéressantes de l'occupation romaine. C'est d'abord l'ancienne voie romaine de Bâle à Strasbourg, à 2 kil. à l'E. de Muttersholtz ; puis, au N. de Hilsenheim , une petite éminence

ayant la forme des anciens tumuli romains, et dans laquelle ont été trouvées des monnaies et diverses antiquités. Au S. E. d'Hilsenheim, sur un terrain boisé qui porte encore le nom de Kaisersgarten, ont été découverts quelques restes de bâtiments, également d'origine romaine. Enfin, dans la même direction, vers Mussig, se trouve une agglomération considé rable de tumuli gallo-romains. — Hilsenheim possède un institut agricole, fondé parla famille Mertian, en faveur des orphelins pauvres. — Mutlersholtz, que Ton traverse pour se rendre à Hilsenheim , est mentionné dans des titres du ix' s. Ce village a vu naître Louis Adam (1760), le célèbre pianiste compositeur, père d'Adolphe Adam.

Trois services de voitures publiques relient Schlestadt : — à (16 kil.) Viilé (R. 84); — à (18 kil.) Barr (R. 83) ; — et à (14 kil.) Marckolsheim, ch.-l.

de c, V. de 2499 hab., bâtie près du canal du Rhône au Rhin et à 4 kil.

environ de la rive g. du Rhin. Entourée de murs au xiv* s., cette ville fut prise en 1444 par les troupes du Dauphin, en 1632 par les Impériaux, et enfin réunie à la France avec l'Alsace. On y remarque Vhôtel de ville et une belle église. — Les chevaux élevés dans le canton de Marckolsheim sont trèsrecherchés; le dépôt d'étalons que possédait cette ville a été récemment transféré à Sundhausen(l418 hab.).— Les ruines du château de Limbourg,où naquit, en 1218, Rodolphe de Habsbourg, se trouvent presque en face de Marckolsheim, sur la rive dr. du Rhin.]

Do Schlestadt à Sainte -Marie- aux - Mines, R. 84.

En quittant Schlestadt, le chemin de fer se rapproche encore de la base •des Vosges, qu'il longe à une distance moyenne de 3 à 4 kil. On aperçoit, à dr., sur un mamelon, les ruines du château de Kintzheim, au-dessus desquelles s'élèvent celles du château de Hohenkœnigsbourg , à l'extrémité

d'une montagne qui se présente à la vue de ce côté, comme une immense pyramide. — On passe du département du Bas-Rhin dans celui du Haut* Rhin , à 4 kil. de Schlestadt

49 kil. Saint-Hippolyte, V. de 2241 hab., est située à 3 kil. environ de la station (à dr. et au N. 0.) , dans une position charmante, au pied de la montagne du Hohenkœnigsbourg.

Un bon chemin vicinal conduit de la station à la ville.

Saint-Hippolyte, dont l'origine remonte au viii" s. et qui se nommait primitivement Âudoldivillare , doit son nom actuel aux reliques de saint Hippolyte que Fulrade, abbé de Saint- Denis, y fit transporter dans la seconde moitié du viir s. Placée d'abord sous la protection des ducs de Lorraine, cette ville passa ensuite dans les mains des évêques de Strasbourg^ qui elle fut reprise, en 1379, par ses premiers possesseurs. Après avoir été incendiée, ruinée, dévastée par les divers prétendants qui s'en disputaient la propriétés avoir beaucoup souffert de la présence des Armagnacs, elle revint définitivement à la France, vers la fin du xvni* s. — L'agriculture, et spécialement la culture des vignobles qui l'environnent, forme, avec l'exploitation d'une mine de houille, la principale industrie de cette ville.

Véglise paroissiale, dont le chœur paraît dater du xiv# s., et les restes des anciennes fortifications du xiva et du xv* s., assez mal conservés d'ailleurs, sont les seules constructions de quelque intérêt qu'offre Saint-Hippolyte. — On remarquera sur le pignon de Vhôtel de ville une pierre carrée portant, avec la date de 1566, les armes accolées de la ville et des ducs de Lorraine.

Saint-Hippolyte est généralement le point de départ d'une excursion aux ruines du Hohenkœnigsbourg.

Toutefois une nouvelle route carrossable, ouverte à l'entrée de la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines, aux frais

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