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ROUTE 2] RIBEAUVILLÉ

villé se déyeloppa sous leur influence et leur dut notamment son titre de ville, ses privilèges, ses institutions communales et ses principaux monuments. » La maison de Rappolatein ou de Ribeaupierre a été longtemps l'une des familles les plus importantes de l'Alsace. Elle figure, au temps des croisades, à la suite de Godefroy de Bouillon, et s'est alliée à diverses reprises, par des mariages, aux empereurs d'Allemagne. Après la réunion de cette province à la France, les derniers descendants directs de cette famille étant morts sans postérité, la seigneurie fut attribuée, par Louis XIV, aux ducs de Birkenfeld et de Deux-Ponts, qui se trouvaient au nombre des héritiers de Ribeaupierre. Le dernier seigneur de Ribeaupierre fut Maximilien-Joseph, colonel du régiment d'Alsace, devenu duc de Deux-Ponts en 1793, par la mort de son frère Charles II, et plus tard roi de Bavière et chef de la famille aujourd'hui régnante. Le roi de Bavière actuel est l'arriére petit-fils du duc Maximilien de Deux-Ponts.

Ribeauvillé, devenu ch.-l. de c.

après la Révolution, est partagé en quatre quartiers principaux : la ville haute y la ville moyenne et la ville vieille qui comprend la ville basse formant la quatrième section. Autrefois chacun de ces quartiers , outre l'enceinte générale fortifiée , dont on voit encore des restes assez importants , avait son enceinte particulière qui en faisait une cité distincte. Cette clôture spéciale, établie antérieurement aux fortifications qui entouraient la ville , subsista longtemps encore après que celles ci eurent été élevées. On communiquait d'un quartier *à l'autre par une porte fortifiée. La tour de la Boucherie (le Metzgerthurm), située près de la place du Marché, est la seule des trois tours où se trouvaient les portes de communication intérieure qui ait été conservée. C'est une sorte de grand donjon carré , à cinq étages , percé à sa base d'une porte ogivale et terminé par une balustrade en pierre à l'extérieur de laquelle sont sculptées les armes de Ribeaupierre, entourées du collier de la Toison d'or. Les quatres gargouilles

par lesquelles se déversent les eaux pluviales du haut de la plate-forme, sont formées de figures symboliques représentant un chevalier armé de pied en cap, un valet ou manant à grosses moustaches et oreilles d'âne, un lion à tête de moine et un fou coiffé du bonnet à grelots. Cette vieille tour et plusieurs maisons du xv« et du xvie s., formant autrefois des fiefs dits de domicile, accordés par les seigneurs de Ribeaupierre à des familles Dobles , donnent à Ribeauvillé une physionomie très-curieuse.

L'église paroissiale est une construction ogivale, terminée en 1473, comme le constate la date sculptée sur la dernière clef de voûte de la nef. Au milieu du chœur, se trouvait le caveau sépulcral, aujourd'hui comblé, des seigneurs de Ribeaupierre, dont les monuments funèbres décoraient le pourtour du chœur. Le tympan de l'entrée principale de l'église représente, en bas-relief, la Vierge assise tenant l'Enfant Jésus sur ses genoux. On remarque aussi à la porte d'entrée une ferrure rampante, d'exécution ancienne, décorée d'arabesques élégantes. Enfin une chapelle moderne, du côte du N., renferme une belle statue de la Vierge en bois sculpté, datant du xv* s. La figure de la Vierge est surtout remarquable par son expression.

La chapelle ogivale du couvent des sœurs de la Providence (ancien couvent d'Augustins) , dans la ville basse, date de la fin du xm* s. ; mais les bâtiments d'habitation de la communauté ne remontent pas au delà du xvtne s. Les sœurs de la Providence, dont la maison mère est à Ri beau villé, fournissent un grand nombre d'institutrices aux deux départements du Haut et du Bas-Rhin. Elles ont, en outre, fondé à Ribeauvillé un orphelinat et une maison d'éducation correctionnelle, qui ouvre aux jeunes filles acquittées par les tribunaux, pour avoir agi sans discernement, un refuge analogue, par son but et son

organisation, à celui qu'Ostwald offre aux garçons.

La chapelle de l'ancien hospice a été convertie depuis 1811 en halle aux blés. La voûte du chœur est d'une belle construction.

Vhôiel de ville, moderne, renferme un intéressant musée local , où l'on a réuni des armes anciennes, une cotte de mailles trcuvée dans un puits en 1842 , plusieurs hanaps destinés à contenir le vin d'honneur offert aux visiteurs illustres ; des salières en vermeil, etc. — Ribeauvillé possède en outre : un temple protestant ; un collège et une école primaire bâtis dans la seconde moitié du xvm* s.

Parmi les nombreuses maisons anciennes que conserve encore Ribeauvillé, on remarque surtout : dans la rue principale, un ancien hospice, devenu propriété particulière et portant sur la façade une inscription lapidaire ; — et une maison richement sculptée (encorbellement supporté par des figures d'anges ; belle statue de la Vierge) qui fut, pendant 'quelque temps, au moyen âge, le lieu de réunion de la corporation des ménétriers.

Enfin nous signalerons deux /bntaines d'une construction élégante.

La plus remarquable a été construite en 1536 sur la place du Marché, près du Metzgerthurm. Elle se compose d'une colonne s'élevant du milieu d'un bassin octogonal, dans lequel les eaux tombent par quatre mascarons. La colonne, décorée sur ses quatre faces de figures symboliques , supporte un lion qui soutient les armes de Ribeaupierre. — L'autre fontaine, élevée récemment sur la place de la Jauge, en remplacement d une fontaine datant de 1576, est ornée de la statue allégorique de Ribeauvillé, due à M. Friederich. — A l'E. et à l'entrée de la ville, se trouve une charmante promenade appelée Herrengarten (promenade des Seigneurs) , plantée de tilleuls, d'ifs et de marronniers. Créée en 1617 , elle a été agrandie et em- 1

bellie par le duc Mai i m ili en-Joseph , et définitivement acquise par la ville en 1809.

A l'autre extrémité de Ribeauvillé, dans la ville haute, au pied des montagnes, s'élevait autrefois un château bâti dans le goût de la Renaissance et entouré de jardins. Ce fut la résidence des derniers seigneurs de Ribeaupierre, après qu'ils eurent abandonné les demeures fortifiées qu'ils habitaient précédemment. Louis XIV y passa une journée en 1673 , en se rendant à Brisach ; Stanislas , roi de Pologne, y résida quelques jours en 1725. Ce château, après avoir servi de prison pendant la Révolution, a été vendu et converti en maisons particulières dans lesquelles on en voit encore quelques vestiges.

L'industrie de Ribeauvillé est assez considérab'e. On y compte : une filature mécanique de coton (16 000 broches); 3 manufactures de cotonnades ; une manufacture de toiles peintes, avec teinturerie, principalement pour le rouge d'Andrinople ; 9 moulins à farine; des tanneries; des brasseries; des huileries, etc. Cette ville fait aussi un commerce de vins important; les crus des environs sont très-estimés.

Ribeauvillé possédait autrefois une source chaude assez renommée ; il en est fait mention dans un cartulaire du xv" s. On croit en reconnaître la trace dans un ruisseau dont l'eau se maintient à sa source à une température de lu* centigrades et qui traverse la route de Ribeauvillé à Bergheim,à peu de distance au N. de Ribeauvillé.

Des recherches ont été entreprises et se continuent afin de retrouver cette source thermale probablement obstruée et perdue pendant les guerres du xvi« ou du xvii* s.

Parmi les buts d'excursions que l'on peut faire autour de Ribeauvillé, nous indiquerons spécialement la montagne des Trois-Châteaux, l'ancienne chapelle de Dusenbach, les hauteurs d' Aubure et le Thannenltirch,

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