‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 106 sur 489 · ROUTE 2] LE THANNENKIRCH. — BERGHEIM · texte numérisé non relu

ROUTE 2] LE THANNENKIRCH. — BERGHEIM

nenkireh jusqu'à 1000 ou 1100 mèt.

dans la direction du S. E. au N. 0.

Cette ancienne muraille de défense, de 2 mèt. d'épaisseur sur t mèt. ou 1 mèt. 50 de hauteur, est construite en pierres sèches de moyenne grandeur, grossièrement équarries et reliées entre elles, sur certains points, notamment à Sainte-Odile (R. 83), par des tenons en bois dont on reconnaît encore la place dans les blocs de roches. Cette œuvre gigantesque, qui atteste une rare puissance de travail, a provoqué depuis longtemps les investigations des archéologues. Selon les uns, le mur Payen serait antérieur môme à l'occupation romaine et remonterait à l'époque des Druides ; selon d'autres, il serait dû aux Romains, qui l'auraient élevé le long des Vosges afin d'arrêter les invasions des Germains dans les Gaules. Quelques savants, au contraire, ont considéré cette construction comme une œuvre du moyen âge, due peut-être aux seismeurs de Ribeaupierre. Ce qui paraît le plus vraisemblable, c'est que le mur Payen, primitivement établi par les Romains, a été conservé, réparé, modifié peut-être, à des dates postérieures; à la suite de l'occupation des Gaules par les Francs, comme un ouvrage de défense contre les invasions des Germains; puis, au moyen âge, à titre de fortification purement locale, par les divers seigneurs féodaux sur le territoire desquels se trouvaient des portions de cette vaste construction. A côté du mur Payen, on rencontre, sur le Thanneukirch et aux abords de son sommet, des rochers de forme plus ou moins curieuse que quelques personnes ont considérés comme des monuments druidiques.

Si, du sommet du 'Fhannenkirch, on redescend au village du même nom (1040 hab.), dont les maisons sont disséminées à TE., sur la pente de la montagne, on. peut aller au Hohenkœnigsbourg (l h. à 1 h. 30 min. de

guide est presque indispensable). Si, au contraire, on veut retourner à Ribeauvillé sans revenir sur ses pas on trouve, à l'ext-émité S. E. du village de Thannenkirch, un étroit et pittoresque va!ion vers l'entrée duquel est bâii le moulin de Thannenkirch.

En redescendant ce vallon, le long du ruisseau qui l'arrose, on arrive un peu au-dessus de Bergheim, â la base d'une colline sur laquelle se montrent, à 900 mèt. à g. du chemin, les restes peu considérables de l'ancien château de Reichenberg, mentionné dans une charte du xv* s. sous le nom de Altenthurm (vieille tour).— Continuant en ligne droite, on passe à g., au pied d'un coteau planté de vignes, et à dr. , près d'une habitation rurale connue sous le nom de lempelhof. C'est une construction du xvi' s., qui a remplacé une ancienne commanderie de Templiers. La salle d honneur, dont l'un des trumeaux porte la date de 1558, est éclairée par trois belles fenêtres cintrées, dont lare supérieur s appuie sur une élégante colonne torse. Malheureusement l'affectation actuelle de cette salle et son mauvais état d'entretien ne permettent guère d'en apprécier toute 1 élégance, non plus que celle d'un charmant escalier.

20 min. plus loin, on atteint Bergheim, V. de 3089 hab., déjà connue comme village au vn< s., époque où elle appartenait à l'abbaye de Moyenmoutier, en Lorraine. Bergheim a conservé ses fortifications du xv's., parmi lesquelles on remarque surtout la porte Haute, dans la direction de Ribeauvillé, avec des restes de barbacanes et d'ouvrages avancés. L'église paroissiale, également duxva s a un clocher très-simple dont l'étage supérieur est couronné d'une galerie à jour. Le tympan de la porte principale renferme un bas-relief représentant l'Adoration des Mages. A l'intérieur, derrière le maître-autel, sur la corniche du chœur, sont placées deux

irK lia. a n.* min. oe corniche du chœur, sont placées deux par de belles forêts ( un | statues en bois, de la fin du xv s.l

Au S. 0. de l'église, V ancien hôpital, construit en 1550 , offre quelques beaux motifs de décoration de la Renaissance allemande. — Berghei m est le lieu de naissance du peintre Martin Drolling, mort à Paris en 1817.

Un bon chemin vicinal mène de Bergheim à (4 Ml. env.) lUbeauvillé; mais celui qui passe à mi-côte, à travers quelques vignes et des bois de bouleaux, de hêtres et de sapins, au-dessous de la montagne des Trois- Châteaux, présente plus d'intérêt. En retournant sur ses pas jusqu'au Teinpelhof, on trouve ce chemin à g., un peu au delà de cette habitation. A moitié route à peu près, on aperçoit, sur le flanc de la montagne, une grande roche d'agate, que l'on a pu remarquer déjà en montant au Rappolstein et que sa forme bizarre a fait appeler Schùsselstein (roche de la Clef). Il y a environ 30 min. de marche de ce point à Ribeauvillé.

Zxonralon 4 Notre-Dame de Dusenbach.

(3 kil. environ.)

On sort de Ribeauvillé par la porte Haute {Oberthor) , qui s'ouvre au N. 0. de la ville, sur la route conduisant à Sainte-Marie-aux-Mines, par la vallée duStrcngbach. Au delà d'une filature, on entre dans la vallée, où débouche, à dr. (20 min. de Ribeauvillé), le petit et pittoresque vallon de Dusenbach, dont l'entrée est indiquée par une belle allée de marronniers. En remontant ce vallon pendant l kil. environ, on arrive au site agreste et solitaire où se trouvent les ruines des anciennes chapelles de Dusenbach, les unes au pied, les autres au sommet d'un rocher. Ces débris datent en partie de l'époque ogivale primitive, en partie des xv*, xvn* et ^vnr* s. On y remarque spécialement l^s restes d'une chapelle portant encore quelques traces de décoration polychrome, et ceux d'une tour carrée dont la partie supérieure est bâtie en diagonale sur les assises inférieures.

Un calvaire, érigé au xn« s., fat, dit-on, la première consécration religieuse que reçut ce lieu retiré. Plus tard, vers 1221, Egelolphe II de Ribeaupierre, revenant de la croisade, fit construire, pour remercier Dieu de son heureux retour, une première chapelle, dans laquelle il plaça une petite statue de la Vierge qu'il avait rapportée de la Terre-Sainte. Cette statue, en bois sculpté , se voit dans 1 église de Ribeauvillé. En 1260, deux autres seigneurs de Ribeaupierre édifièrent une seconde chapelle à côté de celle qui avait été bâtie par leur aïeul. Enfin, dans les dernières années du xur* s., Anselme le Téméraire, seigneur de Ribeaupierre , en éleva une troisième qui resta la plus renommée, grâce à la tradition qui s'y rattache. On rapporte, en efTet, qu'Anselme, étant à la chasse, se laissa emporter à la poursuite d'un cerf qui, pour iui échapper, sauta d'un bond dans la vallée du Strengbach, du haut d'un rocher, élevé d'environ 15 mètres. Le cheval du chasseur, entraîné par son propre élan, accomplit à son tour ce saut énorme, sans que son maître fût blessé. Anselme, pour remercier le ciel de cette grâce spéciale, consacra une troisième chapelle à la Vierge de Dusenbach. Détruites en partie, en 1365 , par les Compagnies anglaises, les chapelles de Dusenbach* furent rétablie* vers la fin du xv* s., puis ruinées une seconde fois par les Suédois, en 1632. Elles avaient été restaurées au xvni« s., et une église y avait été ajoutée en 1760-, mais cette église, vendue comme bien national, fut abattue à l'époque de la Révolution, et les chapelles délaissées tombèrent de nouveau en ruine.

Notre-Dame de Dusenbach était la patronne des musiciens de l'Alsace, organisés en confrérie sous la juridiction des seigneurs de Ribeaupierre, à qui les empereurs d'Allemagne avaient conféré , au xve s., le droit de donner des statuts à ces musiciens et de leur nommer un chef qui portait le titre de Roi des Violons (Pfeiffrrkœnig). Les musiciens se réunissaient chaque année â Ribeauvillé, et, après avoir entendu la messe, ils montaient au château pour rendre hommage au seigneur de Ribeaupierre, devant qui ils eiecutaient des morceaux de musique. Au retour, à la suite d'un repas de corps, ils se formaient en assemblée pour régler les taxes, les iuscriptionsdes nouveaux membres, pour statuer sur les infractions aux règlements, etc. Le nombre des membres de la confrérie s'étanl accru, elle se divisa en trois sec-

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