‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 109 sur 489 · R. 2] LAC BLANC* — LAC DE DAREN. — LOGELBACH · texte numérisé non relu

R. 2] LAC BLANC* — LAC DE DAREN. — LOGELBACH

vers son extrémité supérieure. Après avoir traversé uo petit bois de pins, on se trouve en face d'un rideau de rochers, dans lequel une profonde échancrure désigne remplacement du lac. 30 min., au plus, suffisent alors pour l'atteindre , par un chemin qui se reconnaît aisément, à travers les pierres éboulées au milieu desquelles les eatu sécouJent. — On peut aussi gagner les hauts pâturages par une pente assez facile, en longeant, avant de franchir le pont de la Weiss, les hauteurs qui encaissent La vallée sur la dr. — Enfin, on peut prendre directement, à la sortie d'Orbey, le chemin de montagne qui gravit les hauteurs du Valtin (V. ci -dessus, page 148), et auquel vient s'appuyer l'escarpement rocheux qui se prolonge jusqu'au lac Blanc ; c est la direction la plus facile et la plus sûre

Arrivé au lac Blanc, on se dirige vers le lac de Daren , en remontant les hautes chaumes au-dessus du premier. On les traverse, en se dirigeant au S., vers la route de la Schlucht, jusqu'à la métairie du Gaartlé, la plus considérable de toutes celles qui sont établies sur les hautes charnues (le premier pâtre venu l'indiquera facilement). On pourra s'y faire indiquer le chemin du lac de Daren; au besoin, ménie, on y trouvera un guide.

Le lac de Daren (980 met. d'altit., 8 hect. de superficie) est situé au S. des lacs Blanc et Noir, et à 3 kil. environ de la route de la Schlucht ( R. 63) . Il s'étend au fond d'un bel amphithéâtre de verdure, dont les veisants N. 0. et 0. s'élèvent en gradins couverts de sapins, tandis que le côté S. basse passer un petit canal d'écoulement, qui va se jeter à Munster dans la FechU MM. Hartmann ont fait construire, il y a quelques années, sur ce côté, une belle digue qui permet d'élever les eaux à 4 mèt. au-dessus «le leur ancien niveau, quand les neiges ont été abondantes, et d'en régier la sortie selon les besoins de l'indus- t

trie. De cette digue, qui forme une large jetée, on voit dans son en se table le lac de Daren, véritable pièce d'eau de pare, dont le caractère tout alpestre contraste avec la physionomie plus sévère des deux lacs précédents.

Un chemin bien entretenu , accidenté et pittoresque, où Ton remarqueta la moraine frontaU qui se dresse, comme une vaste colline, devant les pâturages du vallon du lac, conduit en 2 h. (6 à 7 kil.) à Soultzeren. Ce village est situé sur la route de la Schlucht (R. 63). que l'on prend pour gagner (5 kil. de Soultzeren) Munster par Stosswihr. On trouve à Munster une voiture publique pour Colmar ; mais il est préférable de coucher à Munster, pour visiter le lendemain toute la vallée jusqu'à Colmar (pour cette partie de l'excursion, V. la R. 8a, en sens in-

Turckheim et Notre

Pendant la belle saison, un servies de voitures publiques (départ de l'hôtel de Thaun, à Colmar) fait le trajet de Colmar ii Notre-Dame des Trois-ttpis (2 h. environ \ l'un des lieux de villégiature les plus fréquentés des Colmariens.

Sortant de Colmar par le faubourg du Logelbach, on suit un chemin vicinal qui aboutit à Orbey, en passant par Turckheim, les Trois-Épis et la Baroche. Le Lt*gelback , centre principal de l'industrie de Colmar, ne compte que 826 hab. ; mais chaque matin de nombreux ouvriers s'y rendent de la ville, dans les belles et vastes usines qui bordent le canal :

filatures de coton, tissages, papeteries mécaniques, moulins à turbines, etc.

Parmi ces établissements, nous signalerons spécialement la filature remplaçant la fabrique d'indiennes fondée par Jean-Michel Hausmann,à qui appartient l'initiative du développement industriel du Logelbach , et la belle filature de M. Hertaog. Cet

industriel a fait élever au Logelbach une charmante chapelle dans le style ogival du xiii" s., dont la construction et les vitraux lui ont coûté 300000 fr. Il y a fait aussi construire une cité ouvrière intéressante.

La plaine que Ton parcourt, de Colruar à Turckheim, a été le théâtre de l'une des victoires les plus importantes de ïurenne , qui y battit les Impériaux, le 5 janvier 1675.

Les Impériaux, croyant les Français en retraite, accouraient de Strasbourg pour s'emparer de l'Alsace. Turenne , par un mouvement hardi, admiré des plus habiles stratégistes, fit traverser à son armée les Vosges occidentales, et redescendit vers la plaine de l'Alsace par les vallées de Bussang et de la Thur. Après une suite d'engagements heureux depuis Mulhouse, il rencontra, à la hauteur de Col ma r, les Impériaux, les Brandebourgeois et les Brunswickois, commandés par rélecteur de Brandebourg et le duc de Bournonville. Les troupes allemandes, tournant le dos à Strasbourg, appuyaient leur gauche à Colmar et leur droite à Turckheim. Elles étaient protégées par des batteries formidables et par de puissants retranchements élevés sur le Logelbach. Turenne, venant d'Ensisheim, surprit les ennemis, qui ne s'attendaient pas à sa présence, et le combat commença dans l'après-midi . Les Allemands eurent d'abord le dessus, mais l'illustre général, ayant fait avancer les gardes françaises et quelques compagnies anglaises, décida en sa faveur le gain de la journée. Les Impériaux, complètement mis en déroute, reculèrent jusqu'à Strasbourg, où ils repassèrent sur la rive dr. du Rhin. Dès lors l'Alsace fut définitivement acquise à la France. Dans cette bataille, qui coûta aux Français 1800 hommes, Turenne eut un cheval tué sous lui ; deux généraux français , Foucauld et le marquis de Moussy, tombèrent à ses côtés. La perte des Allemands fut plus considérable que la nôtre; mais six mois après la victoire de Turckheim, Turenne, poursuivant les Allemands au delà du Rhin, fut tué à Salzbach( V. VItinéraire de V Allemagne du Nord, par Ad. Joanne; Paris, Hachette et Cie).

7 kil. de Colmar. Turckheim, V. de hab., est située sur la rive g.

de la Fecht, à rentrée de la vallée de

Munster, dans une position très-pittoresque , au pied de grands coteaux qui l'abritent au N. 0. Les flancs de ces coteaux, chargés de vignes et parfaitement exposés au S., produisent un des vins les plus appréciés de l'Alsace ; sa qualité supérieure lui a fait donner, par un auteur allemand, le surnom de Tokay de l'Alsace, et. à la dernière exposition universelle de Londres, il a obtenu une médaille d'honneur. L'espace compris entre la Fecht et le canal du Logelbach, dont la dérivation se trouve un peu audessus de Turckheim , forme une charmante promenade.

L'histoire de Turckheim, qui peut avoir une certaine importance au point de vue de l'organisation et du développement des privilèges municipaux, n'offre que peu d'intérêt au point de vue général et surtout en ce qui concerne la France. A cet égard, la bataille à laquelle ce village a donné son nom en est le fait le plus considérable. Village impérial, au ix* s., Turckheim fut élevé au rang de ville en 1312 Ses habitants étaient placés en partie sous l'autorité impériale, en partie sous celle des archiducs d'Autriche, représentés par les seigneur idu Hohlansperg; enfin, l'abbaye de Munster, investie de certains droits, avait de son côté, pour les exercer, des officiers publics à Turckheim. Ces situations différentes donnèrent lieu fréquemment à des contestations, qui dégénérèrent quelquefois en luttes violentes.

Enfin, en 1485, intervint une transaction aux termes de laquelle tous les habilanU reconnurent l'empereur pour seul maître.

Les seigneurs du Hohlansperg et les abbés de Munster conservèrent néanmoins encore quelques droits, qui disparurent peu à peu. Depuis l'époque de sa réunion à la France, Turckheim a beaucoup perdu de son importance et était redevenu un simple village. Mais dans ces dernières années, les grands établissements industriels qui se sont établis sur le Logelbach ont rendu beaucoup de mouvement et d'activité à cette petite localité.

Turckheim a la forme d'un triangle, dont chaque extrémité est garnie d'une porte voûtée , surmontée d'une tour, reste des anciennes fortifications.

L'une de ces portes s'ouvre à l'O.,

Uigitizeo Dy

[ROUTE 2] TURCKHEIM

Page 1