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ROUTE 2] ROUFFACH

Il existe à Rouffach quelques vieilles maisons à pignon dentelé, et une ancienne tout munie de créneaux. — A V hôtel de ville, dans la salle des séances du conseil municipal, se voit un buste du maréchal Lefèvre, œuvre de David (d'Angers), donné à la ville par la veuve du maréchal.

C'est habituellement de Rouffach que l'on part pour se rendre au pèlerinnge de (4 à 5 kil.) Schauenberg en passant par Pfaffenheim (F. ci-dessus). — A3 kil. au S. 0. de la ville s'élève la colline du Bollenberg, qui forme également un des principaux buts d'excursion des environs de Rouffach (V. ci-dessous, p. 164).

(7 kil. de la station de Rouffach à Soultzmatt. — Voit, de corresp. — Trajet en 45 min. — Prix des places, 60 c.)

On traverse Rouffach pour prendre, A l'extrémité- S. 0. de la ville, la route de Colmar à Bel fort, que l'on suit pendant 2 kil. 1/2 enùron, jusqu'auprès de la haute colline de Bollenberg. On prend alors à dr. un chemin qui , passant à la base N. E. de cette colline, remonte le petit vallon du Rothbach, dit aussi vallon de Saint-Georges ou de Soultzmatt. Le village et les bains de Soultzmatt sont situés au fond de ce vallon , dont l'entrée se trouve resserrée entre le Bollenberg, à g., et le Sonnenkœpfle, à dr. — A 6 kil. de la station de Rouffach, on rencontre Westhak en, v. de 1007 hab., situé à 248 mèt. d'altit., sur le Rothbach, et adossé au Sonnenkœpfle (400 mèt. d'altit.). Ce village, renommé pour ses arbres fruitiers, possède un tissage mécanique et une scierie. Son église, moderne (1839), mérite d'être visitée pour la richesse de sa décoration et de ses sculptures d'ornement.

7 kil. Soultzmatt (hôt. des Bains) , v. de 2698 hab., ancienne dépendance du domaine de Rouffach, est trèsagréablement situé dans un vallon

SOULTZMATT. 163

étroit, aboutissant à un vaste cirque

qui contient (2 kil. au N. 0. de Soultzmatt) Qaenback, v. de 676 hab., où s'exploitent, dans un pays pittoresque, de belles carrières de grès vosgien et de grès bigarré. — Véglise de Soultzmatt renferme un très-grand nombre de monuments funéraires.

L'un des plus curieux, décoré d'un bas-relief qui représente l'Annonciation, est fixé dans le mur au pied de l'autel de la Vierge. Il porte la date de 1495. Une inscription en allemand apprend qu'il est consacré à un membre d'une famille noble de la haute Alsace, du nom de Capîer. Autour du village se trouvent plusieurs cliapelles commémoratives parmi lesquelles nous citerons celle de Sch.vfferthal .

qui est le but d'un pèlerinage. L'industrie de Soultzmatt comprend une filature de coton (15 000 hroches), une filature de bourre de soie, une taillauderie, une tannerie mécanique, une scierie; des moulins à farine, à huile, à plâtre ; des carrières de pierre et de gypse, etc.

Des collines hautes de 350 à 400 mèt., plantées en vignes sur leur versant et offrant à leur sommet, quelques-unes des bois de hêtres et de chênes, la plupart des pâturages mêlés de rochers, entourent Soultzmatt à peu près de tous les côtés.

On voit, également non loin de Soultzmatt, les restes bien conservés du château des seigneurs de Laudenberg.

L'Établissement des eaux et bains de Soultzmatt est bâti au fond du vallon, à 275 mèt. d'altit. et à 500 ou G00 mit. au N. 0. du village, à l'extrémité d'une belle avenue de tilleuls, Les divers bâtiments tl habi talion et d'exploitation, contenant 16 cabinets de bains, dont 4 à deux baignoires , s'élèvent su point où la vallée est le plus resserrée entre la montagne de Heidenberg (366 mèt.

d'altit.), au N., et celle de Pfingsberq (420 mH. d'alt.), au S.

Les sources minérales, qui sour-

dent au pied du Heidenberg, pa- j raissent avoir été découvertes, en partie du moins, au xv« s.; mais leur analyse et leur emploi régulier ne ( remonterait guère au delà du xvm's. .

Elles sont au nombre de onze ; la .

source principale, source acidulée, \ la plus gazeuse de toutes, est seule employée pour l'usage interne ; les ( autres sources desservent les bains, qui sont d'ailleurs d'un usage restreint.

Les eaux de Soultzmatt, qui présentent beaucoup d'analogie avec celles de Soultzbach (à l'exception d'une faible proportion de bicarbonate ferreux que renferment ces dernières), et surtout avec les eaux de Seltz, sont limpides, incolores, dégageant dans le verre de nombreuses bulles de gaz Elles ont une saveur d'acide carbonique, un goût frais, piquant, aci dulé, un peu alcalescent, très-agréable ; on en exporte, chaque jour, 1200 bouteilles pour Paris. — La savante analyse de ces eaux, faite en 1851 par M. Be champ, et complétant celles qui avaient été faites antérieurement, y a constaté comme éléments principaux : l'acide carbonique libre, qui en constitue la nature dominante ; puis , dans une proportion plus ou moins grande, des bicarbonates de soude, de chaux, de magnésie, du sulfate de potasse, du chlorure de sodium, de l'acide silicique, etc. La température de ces eaux est de 10 à 12°. M. le Dr Bach, médecin-inspecteur de Soultzmatt, en rappelant l'analyse de M. Bechamp, ajoute : « Les recherches de M. Bechamp et les miennes ont révélé un fait important, c'est que les eaux de Soultzmatt contiennent plus de gaz acide carbonique que les eaux de Selters, et qu'elles ont beaucoup d'analogie avec celles de Contrexéville, de Vichy et d'Ems, dont elles ne diffèrent réellement que par les proportions des principes basiques. Cette eau a, en effet, le pétillant et le goût agréable de celle de Selters, en même temps qu'elle partage, sous bien des rapports, l'action thérapeutique de celles d'Ems, de Vichy et de Contrexéville. »

Les eaux de Soultzmatt sont principalement en usage dans les maladies des femmes, les maladies des voies urinaires, les affections rhumatismales, celles de la peau et du système nerveux. L'eau de Soultzmatt agit surtout par l'acide carbo-

nique qu'elle renferme; l'absence à peu près complète du fer la rend précieuse dans les cas où les martiaux sont contreindiquéa (V. les Bains d'Europe par Ad. Joannk et Le Pilelr). On Lit également à Soultzmatt des cures de petit-lait et des cures au raisin. Le climat, en /aison des montagnes qui couvrent les bains de toutes parts, excepté au S. E., est plus doux que sur les plateaux voisins; toutefois, les matinées et les soirées ont à Soultzmatt une iraicheur contre laquelle il faut se précautionner.

La saison s'ouvre le 15 mai et se termine dans les derniers jours de septembre (consulter, pour plus de renseignements, l'ouvrage du Dr Bach, intitulé : Eaur gazeuses alcalines de Soultzmatt, Haut- Rhin).

Les montagnes voisines de Soultzmatt offrent des promenades aj/réa"bles, d'où l'on découvre des vues charmantes sur les cimes environnantes, sur la plaine de l'Alsace et sur la Forêt- Noire.

Le Heidenberg , couvert de beaux arbres , et dont l'accès est facilité par de nombreux et jolis sentiers habilement tracés, forme un véritable parc de plaisance à côté des bains.

En remontant le vallon, derrière l'établissement des eaux, à une distance d'environ 2 kil., dans la direction du hameau de Winlzfelden , on trouve des carrières de marbre autrefois exploitées, ainsi que la trace des fondations de la tour de Blumenstein.

Enfin l'ascension du Bollenborg, par la chapelle et le plateau de Schaefferlhal et Orschwihr, offre une course très-intéressante. On gravit, au S. de l'établissement, la montagne de Pfi ngsberg, d'où l'on gagne la chapelle et le haut plateau couvert de champs et de pâturages de Scha fferlhal. Dans le Scbaefferthal, se trouve une longue pierre appelée « der Langenstein , »

et qui, selon les traditions locales, se soulève pendant certaines nuits mystérieuses et tourne sur elle-même, tandis que des fées l'entourent en dansant des rondes. Elle est généra lement considérée comme un vérita-

[ROUTE 2] SOULTZUATr. — BOLLWILLER. 165

ble menhir. Près de la ferme de Schaeflerthal, on remarque les restes d'un cimetière mérovingien De la chapelle, un sentier, se dirigeant vers le S. E., conduit directement, dans un petit vallon ouvert entre le plateau du Schaeflerthal et le Bollenberg, à (3 kil. environ) Orschwihr, v. de 1293 hab. dont le territoire produit d'excellents vins. — Près de l'église d'Orschwihr subsiste encore une ancienne demeure seigneuriale, entourée de fossés profonds. — A peu de distance du village, au milieu des bois, se voit une tour carrée qui faisait sans doute partie d'un château fortifié construit antérieurement à celui que l'on remarque à côté de l'église. — A 5 min. au S. d'Orschwihr est situé le petit village de Bergholtx-Zell (422 hab.) , dont V église, l'une des plus anciennes de l'Alsace, fut consacrée par le pape Léon IX.

En sortant d'Orschwihr parle S. 0 , on suit pendant quelques instants le chemin de (2 kil.) Bergholtz, v. de 478 hab.. qui avait autrefois un château fortifié; puis on prend à g. un autre chemin qui, gravissant par une pente assez douce le revers occidental du Bollenherg, conduit sur le plateau. Le Bollenherg, grande colline oolithique, d'environ 1500 met. de longueur sur 800 mèt. de largeur, présente trois cimes distinctes, de hauteurs différentes. La plus élevée, désignée sous le nom de Grand Bollenherg, a 365 mètres d'altit. ; les deux autres, situées au S. de celle-ci, ont, l'une 349 mèt. d'altit., l'autre 316 mèt.

Les lianes de la colline sont occupés par des vignes ; le plateau est couvert d'un maigre gazon, « parsemé de blocs de grès, tantôt présentant, dans leur rapport de position, des angles ou des alignements , tantôt disposés sans symétrie aucune ou imitant quelques cercles naturels. »> Que l'arrangement de ces pierres soit dû à une formation naturelle ou qu'il provienne, en partie du moins , de la main des hommes, on est porté à croire qu'elles

ont dû servir aux sombres solennités du culte druidique.

L'opinion qui fait du Bollenberg un lieu primitivement consacré au culte druidique est fortement appuyée par un archéologue actif et intelligent, M. Zimberlin, curé d'Orschwihr, qui a étudié de près la question et qui considère comme des monuments druidiques les blocs de grès disséminés sur la montagne, aussi bien que la pierre du Schaeflerthal. 11 faut remarquer aussi que la colline du Bollenberg tire son nom de Bel, le dieu du soleil chez les Celtes. Enfin , aujourd'hui encore les habitants des villages voisins ne parlent du Bollenherg qu'avec une certaine crainte, comme du rendez-vous des fttes nocturnes des sorcières d'alentour. Du Bollenberg, un chemin, descendant le versant septentrional de la colline, ramène à Westhalten , d'où l'on regagne Soultzmatt.

A partir de Rouflach, le chemin de fer commence à s'éloigner de la chaîne des Vosges, dont il s'écarte de plus en plus à mesure qu il se rapproche de Mulhouse, et surtout au dplà de Boliwiller. A dr. le regard est attiré par le beau clocher de l'église de Gundolsheim, v. de 762 hab., bâti sur la Lauch , et qui a conservé en partie les fossés qui entouraient son ancien château, maintenant détruit.

87 kil. Merxheim, v. de 853 hab , situé à dr. et h 500 ou 600 mèt. de la station , sur une dérivation de la Lauch. — On laisse successivement à dr. (3 à 4 kil. de la voie) hsenheim, v. de 1728 hab.; — et Rœdersheim, v. de 264 hab., dont Y église, autrefois fortifiée, date de 1490.

94 kil. Boliwiller, v. de 1440 hab., , situé à dr. de la station, sur la route de Mulhouse à Guehwiller. C'est le point où l'embranchement de Belfort à Guebwiiler doit se raccorder à la ligne de Strasbourg à Pâle. — C'était autrefois le chef- lieu d'une seigneurie,

qui après être passée en différentes mains, fut apportée en mariage au prince de Broglie, fils du maréchal de ce nom. On y voit encore l'ancien château seigneurial, avec porte ogivale et entouré de larges fossés, aujourd'hui occupé par un tissage do coton. — Bollwiller est surtout renommé pour les magnifiques prpinièret qu'y possèdent de père en fils, depuis plus d'un siècle , MM. Bau— mann (collections d'arbres, d'arbustes, de fleurs indigènes et exotiques, etc.).

[Corresp. pour : — (7 kil.) Guebwil- Ier, par (4 kil.) Soultz (V, ci-dessous); — (9 kil.) Ensisheim (V. cidessous).]

Excursion au ballon de Guebwilîer, par Soolts, Guebwilîer et Murbach.

Cette course, que l'on ne saurait trop recommander, romme l'une des plus intéressantes qu'offre la chaîne des Vosges, demande 2 ou 3 jours (aller et retour). Le ballon de Guebwilîer est le sommet le plus élevé des Vosges. — Des voitures de corresp. conduisent de BollwilLer à (4 kil.) Soultz, pour 40 c, et à (7 kil ) Guebwilîer, pour 60 c. Trajet: 33 et 45 min.

On croise la route de Colmar à Belfort avant d'atteindre (4 kil.) Soultz (hôt. des Deux- Clefs), ch.-l.

de c, V. de 4635 hab., qui doit son nom aux sources salines situées sur son territoire. L'industrie de Soultz, moins considérable que celle de Guebwilîer, a cependant une certaine importance : elle compte deux fabriques de rubans, quelques métiers pour le tissage du coton, deux brasseries, une tannerie, une fabrique d'huile, une scierie, etc.

Soultz, dont le nom est mentionné dès 66*7, fût incorporée au Haut-Mundat en 1079, et devint la propriété des évêques de Strasbourg, qui conservèrent ce domaine jusqu'en 1789. — Une chapelle, qui dépendait autrefois d'une commanderie de Saint -Jean, est aujourd'hui convertie en grange.

On y voit plusieurs pierres tombales encastrées dans un mur. — LTtos-

pice occupe un ancien couvent deCapucins, construit en 1639. —Uéglise paroissiale, de style ogival et d'un caractère simple et harmonieux, est surmontée d'une tour octogonale à 2 étages, que termine une flèche élégante. — Nous signalerons aussi :

Vhôtel de ville; — plusieurs jolies maisons du xvic s. (1515-1590) avec escalier en spirale renfermé dans une tourelle ; — enfin des restes de tours et de murailles des anciennes fortifications. Des fouilles faites récemment, par les soins de M. Schlumberger- Hartmann, sur une hauteur appelée Schimmelrain, au S. de la ville, y ont l'ait découvrir des fragments de poteries, de tombes, de mosaïque et le torse d'un aigle en marbre blanc, d'origine romaine.

Soultz est la patrie de François Megîin, médecin renommé, à la mémoire de qui est consacré un monument (le Christ sur la croix) sur la route de Colmar à Wintzenheim; et des généraux du premier Empire Waldner de Freundstein et Wehrlé.

N. B. — On peut se rendre directement de Soultz au ballon de Guebwilîer par Jungholtz et Rimbach ; nous indiquerons plus loin cette route, moins intéressante que celle qui passe par Guebwilîer et Murbach.

En deçà de Guebwilîer, s'élève à dr. VObêrlinger (581 met. d'altit.) couvert de vignobles renommés.

7 kil. Guebwilîer (bot : de l'Ange, du IJon-d'Or, du Connu-d'Or) , ch.-l.

de cant., V. de 12 218 hab., située sur la Lauch, à l'entrée de la vallée, est assez régulièrement construite et renferme un grand nombre de jolies habitations particulières.

Simple ferme ou villa au vin* s., Guebwilîer avait au xni« s. le litre de vitle^t fut à cette époque entourée de murs. Elle dépendait alors de l'abbaye de Murbach, contre laquelle elle fut souvent en lutte. Les Routiers, en 13T6, et les Armagnacs, en 1445, l'attaquèrent en vain. En lias, les habitants entrèrent dans la ligue des paysans. Au xvu* s., pendant la guerre de

[route 2] soultz. — guebwiller.

Trente ans, ils eurent beaucoup à souffrir de l'invasion des Suédois, puis de la famine et de la peste. Vers la fin de 1740, à la suite d'un immense éboulement, les eaux du lac du Ballon, rompant le barrage que Vauban y avait fait établir pour en régler le débit, lors de la eonstroction de Tfeuf-Brisach , se précipitèrent en un formidable torrent dans la vallée, ruinant tout sur leur passage.. G uebwiller échappa, grâce à ses murailles, à leur irruption; mais les ponts sur la Lauch furent emportés, ainsi qu'une tuilerie, située hors de la Yiïle.

G uebwiller est un des centrée industriels les plue considérables de l'Alsace. On y compte six vastes filatures et tissages de coton, dont les bâtiments méritent une visite; des ateliers de construction de machines, où se confectionnent surtout les machines à filer le lin , le coton et la laine ; des filatures de lin et de laine; des fabriques de draps et de ruban ne rie de soie ; des blanchisseries de toiles; des teintureries; des brasseries; une imprimerie-, des tanneries; plusieurs moulins; des tuileries, des pépinières, etc. Les vins de "Guebwiller, dont le cru de Kitterlé est le plus renommé, comptent parmi les meilleurs de l'Alsace. Guebwiller possède aussi de nombreuses écoles, une Société philharmonique et une Société orphéonique ; un collège communal : une Société d'h rticullure; une Société gymnastique ; une Société d*; tir à la ca rabine, et enfin un cours d'adultes et une bibliothèque populaire, leB premiers qui aient été fondés en France.

Vancimne église paroissiale Saint- Léger, dont la construction remonte au xii° s., est certainement l'un des plus beaux monuments religieux de l'Alsace. Elle appartient au style de transition entre le roman et l'ogive; mais le style roman y domine. A l'extérieur, on en remarque les trois tours magnifiques, à quatre* étages :

Tune, octogonale, au-dessus du transsept ; les deux autres, carrées, de chaque côté de la façade. Les étages supérieurs de ces tours sont percés de fenêtres en pl<>in cintre, divisées en deux par un meueau et richement décorées. A la base des tours s'ouvre un large porche. Le portail principal se termine, au-dessus d'une double

galerie, par un pignon quadrillé et orné darcatures. L'intérieur de l'église se divise en cinq nefs, dont la principale est remarquable par sa largeur et son élévation. Les deux nefs extrêmes, occupées par une série de chapelles commémoratives, ont été ajoutées postérieurement à la construction primitive. Elles appartiennent au style ogival, ainsi que l'extrémité de l'abside.

La nouvelle église, construite en 1766, quand le chapitre, quittant l'ancienne abbaye de Murbach, vint se fixer à Guebwiller, est un monument du style préco-romain, en grès rouge.

Le portail, auquel on arrive par un large perron de plusieurs degrés, est orné d'une ordonnance de colonnes ioniques se répétant au rez-de-chaussée et au premier étage. Celui-ci, au milieu duquel s'ouvre une fenêtre centrale, est courenné par un fronton. Deux avant-corps latéraux, sur lesquels reposent les tours, sont également décorés de colonnes. Une seule de ces tours, celle de dr., a été achevée. Elle offre, au-dessus du comble de la nef, deux étages richement ornés, et se termine par une sorte de campanile à calotte sphérique. L'intérieur de l'église se divise en trois nefs, séparées par des colonnes corinthiennes. Entre la nef et le chœur, s'ouvre une coupole d'un bel 'effet. Le maître-autel, disposé dans le style du xvni" s. , avec plus de luxe que de goût, a pour décoration principale une belle Assomption du sculpteur Sporrer; les boiseries du choeur sont dues au ciseau d'Hélène Sporrer, sa fille.

L'ancienne église des Dominicains, affectée aujourd'hui à des services civils, appartient au style ogival et fut commencée le 11 novembre 1312 ainsi que le constate une inscription placée sur un des contre -forts extérieurs. La nef, séparée du chœur par un des rares jubés existant en France, a conservé eu grande partie sa décoration peinte du xiv* s. A dr.

et à g. de la porte principale sont deux peintures colossales représentant sant Christophe et le roi Salomon. L'extrados des ogives de la nef est pourtourné d'un rang de crochets peints se terminant aux sommets par des fleurons qui supportent les figures des Apôtres. Le mur formant le fond du jubé est décoré d'une série de sujets, parmi lesquel son distingue «me vision de sainte Catherine de Sienhe.

La nef est aujourd'hui transformée en marché couvert. Le chœur, situé derrière le jubé, est partagé en salle de réunion et de concert. A l'extérieur de l'église, on remarque, sur la façade du S., une tourelle d'une charmante exécution et une jolie porte cintrée.

Guebwiller possède aussi un temple protestant et une synagogue.

Nous signalerons, en outre : Yhôtel de ville , de la fin du xv" s. ou du commencement du xvi*; — quelques-unes des anciennes maisons canoniales; — une fontaine, décorée d'un dôme soutenu par des pilastres, en face de l'ancienne église Saint- Léger; — une autre fontaine monumentale, due à la générosité de M. Frédéric de Bary, en face de la nouvelle église ; — enfin, plusieurs maisons particulières, pour la plupart entourées de jardins ou de parcs. Les remarquables jardins de MM. Schlumberger méritent surtout une mention particulière.

Guebwiller était autrefois protégée à ses deux extrémités S. K. et N. 0.

par les châteaux fortifiés d'Ungerste in et d'Angreth. Le premier est complètement détruit; mais le second, bien que devenu une simple maison d'habitation, a conservé quelques vestiges des constructions primitives, entre autres le sommet d'une tourelle féodale, à demi caché sous une toiture moderne. — A la pointe extrême de roberliuger, un castellum romain a été mis à jour, il y a peu de temps.

Pour se rendre à Murbach et au Ballon, on traverse la rue principale

' .uebwillerdans toute sa longueur,

depuis la place de la nouvelle église jusqu'à une belle filature , que l'on remarque à dr. à la sortie de la ville. Au delà de cette fi'ature, on verra avec intérêt une cité ouvrière, fondée en 1852 par M. Bourcart père, l'un des principaux fabricants de Guebwiller.

A 1 kil. 500 mèt. de Guebwiller, on aperçoit à g., sur un mamelon, les restes du château de Hugstein, bâti en 1216 par l'abbé de Murbach, Hugues de Rothenbourg. Une tour, en paitie ruinée, et quelques pans d'épaisses murailles sont les derniers vestiges de celte ancienne résidence féoJale des abbés de Murbach. Les ruines du Hugstein, récemment déblayées, sont d'un accès facile. On y a fait placer une simple inscription en, allemand , dont voici la traduction : « Chacun est prié de respecter ces antiques vestiges et de les tenir en honneur. »

A moins de 1 kil. du Hugstein > la route se bifurque. — L'embranchement de dr. dessert ( I kil. env. ) Buhl, v. de 2319 hab. sur la Lauch, possédant plusieurs établissements industriels considérables : filatures de coton et de laine, tissage mécanique, fabrique de mérinos, forge, tuilerie, moulins, carrières, etc. L'église, si* tuée sur une éminence d'où Ton domine le village et la vallée, renferme quelques peintures du moyen âge.

C'est à Buhl que saint Pirmin, fondateur de l'abbaye de Murbach, établit d'abord sa communauté avant d'aller chercher une retraite plus solitaire au fond des montagnes. — L'embranchement de g. conduit à Murbach, en traversant un des plus charmants vallons des Vosges alsaciennes. I e vallon de Murbach, qu'on nomme aussi le Florival ou Blumenthal, est resserré entre de hautes montagnes couvertes de forêts, et présente un fond de fraîches et riantes prairies arrosées par le petit ruisseau de Murbach. Il était autrefois occupé, en partie, par un étang appelé Viva-

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