MULHOUSE
depuis soixante ans. Par ses efforts, son initiative, sa persévérance, elle a con' stamment réalisé d'immenses progrès dans le travail de ses manufactures. En même temps, elle a donné l'exemple des améliorations économiques, des institutions de prévoyance les mieux entendues pour favoriser le bien-être et assurer l'avenir de ses nombreux ouvriers.
Mulhouse renferme un grand nombre de manufactures de toiles peintes et de mousselines imprimées sur coton et sur laine, des tissages où Ton fabrique, soit mécaniquement, soit à bras, des toiles de coton, des mousselines, de riches tissus façonnés en coton, ou en laine et soie, pour ameublements, ainsi que des nappes damassées en lin au métier Jacquart; de grandes filatures de coton et de laine, et des fabriques de drap II y a, en outre, à Mulhouse des établissements considérables de construction de machines, des fonderies, des chaudronneries, des ateliers de gravure pour l'impression, des ateliers de dessinateurs pour fabriques, six lithographies , entre autres celle de Godefroi Kngelmann, fondée en 1815, et l'une des premières établies en France; cet établissement renommé vient de passer dans les mains de M L. L Bader, qui publie le principal journal du Haut-Rhin : V Industriel aisarien, bien connu de tous ceux qui s'occupent de la grande industrie alsacienne. Mulhouse possède encore deux imprimeries typographiques, des fabriques de produits chimiques, de beaux établissements horticoles avec des jardins et des serres remarquables, des brasseries, des tanneries, des teintureries, et enfin des fabriques de faïences, de tuiles et briques, de savon, des taillanderies, des coutelleries, etc.
Parmi les institutions industrielles, scientifiques et de prévoyance les plus importantes, nous citerons, en première ligne, la Société Industrielle, fondée pour le développement, au double point de vue théorique et praliqne, des arts industriels. Mulhouse doit à l'initiative de cette société l'établissement d'une école gratuite de dessin linéaire et de machines, et une académie de peinture, qui ont fourni déjà un grand nombre de sujets distingués à l'industrie de la France entière. La Société industrielle, dont le siège se trouve dans un bel édiûce formant l'un des côtés de la place de la Bourse, publie un Bulletin très-intéressant de ses travaux et possède une bibliothèque de plus de 4000 vol., concernant particulu-
vo'G- s
rement les sciences et les arts, l'histoire naturelle, la statistique, le commerce et l'économie politique; un musée d'histoire naturelle, de zoologie et de minéralogie, et un musée industriel offrant, entre autres richesses, une série d'échantillons recueillis dans toutes les manufactures anciennes et nouvelles de l'Alsace. — Nous mentionnerons ensuite : la' Société pour la création des cités ouvrières. La première pensée de cette utile institution appartient, en effet, à Mulhouse, dont l'exemple a été suivi par la plupart des grandes manufactures de France ; la moison de convalescence pour les ouvrières en couches, les bains et lavoirs publics pour les ouvriers, et Vauberge des pauvres, fondations d'une philanthropie éclairée, dues à l'initiative et au généreux concours de M. Jean Dollfus; un hôpital et un orphelinat fondés et dotés par Jacques Kœchlin. — Enfin, Mulhouse compte huit salles d'asile, nne école primaire ) rincip ile qui reçoit 3000 enfants et renferme une école supérieure de filles, mixte quant au culte, et dont l'enseignement est excellent ; trois école* primaires de quartiers ; une école professionnelle, devenue aujourd'hui collège }>rofessionnel spécial et qu'il ne faut pas confondre avec l'ancien collège classique; une école de tissage, une école de filature, une écolt supérieure de commerce, due à la munificence des frères Siegfried ; un laboratoire de chimie avec application à l'industrie des indiennes; enfin, pour relier entre elles ces diverses écoles techniques, une école supérieure des sciences et des lettres, véritable Faculté industrielle dont le* cours sont très-fréquentés. Mulhouse possède, en outre, une bibliothèque jwblique, un musée consacré à l'histoire locale, un musée de dessin industriel et une société d'orphéonistes. Elle a également été, grâce aux généreux efforts de M. J. Dollfus, de M. Macé et d'autres citoyens dévoués aux progrès des classes ouvrières, une des premières villes où ait été créée une de ces bibliothèques pojmlaires, si utiles à l'instruction des travailleurs, et dont rétablissement s'étend rapidement en Alsace et dans la France entière.
Parmi les personnages nés à Mulhouse, nous nommerons seulement le minnesxnger, ou maître chanteur Wachsmuot von Muilnhusen, poète du xiu* s., le peintre J. G. Heilmann (1718- 17C0), le mathématicien J. H. Lambert, et Godefroi Engelmann (1787-1838), l'un des premiers introducteurs et des plus habiles vulgu-
DE STRASBOURG A BÂLE. [ROUtPE 2]
risateur* de la lithographie. Mais les gloires de Mulhouse sont surtout industrielles; ce sont les familles Kœchlin, DqMûjbs et, parmi les hommes qui ont le plus contribué, dans ces dernières>années, aux améliorations importantes introduites à Mulhouse et au développement de la grande industrie, MM. Schlumberger, G. Steinbâoh, Burnat, Engel, Aug. Dollfus, Thierry, Trapp, Émile Kceohlin, Huguonin, Sohwartz, etc.
Monument* publics. — Cités ouvrières.
La nouvelle église catholique a été construite dans le style du xiu* s. Le portail principal , d'un aspect simple, ne manque pas de grandeur. Au-dessus de la porte ogivale et d'une double galerie , s'élève une tour carrée à trois étages, supportant une toiture en ardoises, ornée à sa naissance de quatre clochetons.
L'intérieur de l'église se compose d'une nef avec triforium, de deux collatéraux, d'un transsept et d'un chœur. Ce choeur, dessiné avec une grande élégance, est décoré de beaux vitraux de couleur, dus à M. Maréchal, de Metz. Le» dimensions de la nouvelle'église, qui est remarquable par son style d'un caractère sobre et pur, sont les suivantes : 85 mèt. de longueur extérieure, 33 mèt. de largeur au transsept , 23 mèt. pour la nef et les bas côtés, et 23 mèt. de hauteur sous clef.
Le nouveau temple protestant (47 mèt. de longueur sur 24 mèt. de largeur et 20 mèt. de hauteur sous les grandes voûtes) est un bel édifice dans le style du xiv# s., terminé seulement en 1865. On y remarque surtout la richesse et le bon goût de l'ornementation. L'intérieur, composé d'une nef centrale entourée de tribunes, est d'un excellent effet.
La synagogue passe pour Tune des plus belles de France. Elle est bâtie en grès rose des Vosges et forme un parallélogramme, de proportions trèsélégantes, se divisant à l'intérieur en trois parties : une nef centrale et deux allées latérales.
Ces trois monuments religieux, qui.
ont remplacé des constructions anciennes, sont dus à M. Schacre, l'habile architecie de la ville.
L'hôtel de ville, situé sur une place de forme assez irrégulière (place da la Réunion, autrefois place Saint- Éliennt), dans le voisinage du nouveau temple protestant, est à peu près le seul édifice historique un peu considérable que renferme Mulhouse. 11 a été construit en 1551 , pour remplacer-une ancienne maison bâtie eu 1431 , et qui, après avoir été longtemps le siège du gouvernement de la ville libre de Mulhouse, fut détruit par un incendie. L'hôtel municipal, à pignons ornementés, présente en façade deux étages auxquels on arrive par un double esoalier extérieur et couvert, d'un aspect très- pittoresque. On pénètre ainsi dans un large vestibule, par une porte au-dessus de laquelle se lit cette inscription latine, accompagnée de sa traduction en allemand : « Non tam pro mœnibus quam pro legibus pugnandum. » (Ce n'est pas tant pour les murailles que pour les lois qu'il faut combattre). A dr. et à g. , sont peintes deux figures allégoriques, l'une de jeune femme, l'autre de vieillard, avec des sentences en latin.
La graiide salle de réunion, ornée de beaux vitraux peints , renferme trois grands cadres où se trouvent les écussons des bourgmestres et maires de Mulhouse, et, au-dessus de ces, cadres héraldiques, les armes des treize cantons, et le serment, du GrUtli. A côté- une inscription , en vers allemands, rappelle l'histoire de la cité, depuis son origine, jusqu'à son entrée dans la Confédération suisse (1515).
11 subsiste aussi, près de la sortie de la ville, appelée porte de Nesle, deux tours, restes des vieilles fortifications de Mulhouse. — Nous indiquerons enfin sur le chemin qui conduit, en longeant l'un des canaux de l'Ill, des cités ouvrières à la ville vieille, un petit mo numenteommémo-