‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 125 sur 489 · ROUTE 3] TROYES · texte numérisé non relu

ROUTE 3] TROYES

monumental t sont un véritable chef- I longueur de la façade ; on en refait d'oeuvre de finesse et d'audace sculp- I la décoration qui n'est pas achevée.

turales. — L'une des chapelles les plus remarquables est celle de la famille Molé. Cette famille, déjà riche et puissante à Troyes au xvr s., s'est éteinte, il y a peu d'années, en la personne de M. le comte Molé.

La chapelle de Saint-Gilles (mon.

hist.), à rentrée et à dr. du faubourg de Groncels, au S. de Troyes, date de la fin du xv* s., sauf les bras du transseptet la façade occidentale, qui sont du xvr. Le plan est en forme de croix latine. Cette église, toute en bois, est ornée de nombreuses peintures sur bois du xvr* s.; elle renferme : quelques statuettes , des fragments de vitraux héraldiques , et de nombreux bancs de toutes les formes, qui remontent à Louis XIII et à Louis XIV.

Un temple protestant a été inauguré à Troyes en 1859.

Édifice» civils.

L'hôtel de ville , commencé en 1624 et achevé en 1670, présente en façade 23 met. 38 cent, de longueur sur 11 mèt. 70 cent, de hauteur jusqu'à la toiture. 11 a pour décoration principale un double rang de colonnes ioniques et corinthiennes superposées.

L'entrée principale, à laquelle on montre par quelques degrés, est encadrée entre deux colonnes à tambour supportant un fronton. Une tribune en dôme surmonte la partie centrale de l'édifice. Au-dessous, entre le couronnement du premier étage et l'entablement du rez-de-chaussée, s'ouvre une niche où avait été placée, en 1687, une statue de Louis XIV par François Mignot. Cette statue fut détruite* en 1793 et remplacée par une statue de la Liberté, dont la Restauration fit une Minerve^ en y ajoutant un bouclier et un casque, aujourd'hui en très-mauvais état et qui menacent de laisser reparaître la figure révolutionnaire. La grande salle , dont les proportions sont fort belles, occupe au rez-de-chaussée presque toute la

Les bustes en marbre de Pierre Pithou, de Jean Passerat, de Pierre Mignard, de François Girardon, du P. Lecointe, du chancelier Boucherat et de Pierre Grosley, qui la décoraient avant que les travaux de réparation fussent entrepris, sont aujourd'hui déposés au musée (F. ci-dessous).

L'extrémité orientale de cette salle est ornée du médaillon en marbre blanc de Louis XIV, remarquable ouvrage de Girardon.

L'hôtel-Dieu est un vaste édifice élevé vers le milieu du xvui" s. et remplaçant d'anciennes constructions.

Cet hôpital comprend plusieurs belles et grandes salles pour les malades, deux chapelles, un service temporaire pour les aliénés, un dispensaire, une salle dite de la Maternité, destinée aux femmes en couches, une autre salle pour les filles-mères , une pharmacie établie dans d'excellentes conditions. La grille en fer qui clôt le jardin du côté de la rue de la Cité est un chef-d'œuvre de serrurerie; elle date de 1758; la porte, surmontée de la couronne royale et de l'écusson fleurdelisé, est surtout admirable de richesse et d'élégance. — L'ancienne abbaye de Saint-Martin-ès- Aires, aujourd'hui dépendance des hospices, et où l'administration hospitalière entretient 80 orphelines, possède un très-beau cloître construit sous Louis XIII et entourant une grande cour. — Vhospice Saint-Nicolas, bâti il y a environ vingt ans, est destiné aux vieillards des deux sexes (80) et aux jeunes orphelins (40).

L'ancien collège de /Troyes, créé en 1522, considérablement augmenté par les dons de François Pithou , en 1617, et transformé en lycée en 1853, a été transféré dans un nouvel et vaste édifice. Ce lycée est l'un des plus beaux de France , tant par son étendue que par ses heureuses dispositions; la décoration de la chapelle est du meilleur goût.

DE PARIS A

Nous signalerons encore, parmi les édifices publics de Troyes : — Yhôlel de la préfecture ; — la halle au blé, belle construction moderne, située près la gare d'eau du canal de la Seine supérieure; — les archives départementales ; — le théâtre, nouvellement reconstruit (la salle et le foyer sont remarquables) ; — la halle aux marchandises.

De ses anciennes fortifications , qui remontaient au xvie s. , Troyes n'a conservé que deux ponts. Les édifices privés de la même époque y subsistent au contraire en très-grand nombre. La plupart sont en bois, quelques-uns en pierre et en bois, d'autres entièrement en pierre. Nous citerons principalement : — Y hôtel de Vauluisant (place Saint-Pantaléon), où l'on remarque surtout (à dr. en entrant dans la cour) la riche façade du pavillon à tourelles, dont une grande salle décorée de peintures mythologiques occupe le rez-de-chaussée ; — Yhôtel de Mauroy (rue de la Trinité), plus tard hôpital de la Trinité , aujourd'hui demeure particulière. Après avoir traversé un joli vestibule formant galerie, on entre dans une cour entourée de quatre corps de logis, dont deux sont ornés de colonnes d'une délicatesse etd'une élégance rares. En avant de l'un de ces bâtiments, s'élève une sorte de tour revêtue d'écailles. Les appartements intérieurs méritent d'être visités. Ce charmant édifice a été récemment l'objet de réparations dirigées par M. Millet ; — Yhôtel des Ursins (rue Champeaux), qui possède une assez jolie tourelle et des vitraux d'une très-belle exécution, représentant le Christ en croix et les figures des propriétaires; — Yhôtel de Chapelaines (rue de Croncels), où logèrent successivement, en 1814, Napoléon 1er et l'empereur d'Autriche ; — la maison de V Élection; — le Petit Louvre; — uhe maison avec tourelle octogonale , à l'angle des rues Quinze-Vingts et Charbonnet, dite hôtel de Marisxs, etc.

Musé*. — Bibliothèque. — Goll cotions.

Le musée (ouvert au public tous les dimanches de midi à 3 h., et le jeudi aux mêmes heures pour les étudiants munis d'une carte), fondé en 1831, occupe le rez-de-chaussée de la maison abbatiale de Saint- Loup. Il comprend neuf collections différentes de sciences et d'arts, inscrites sous les chapitres suivants :

peinture ; — sculpture ancienne et moderne ; — archéologie et épigraphie; — médailles; — conservatoire industriel ; — ethnographie ; — zoologie; — botanique; — minéralogie.

Dans la galerie de peinture, nous signalerons :

1. Abel de Pujol. Monime recevant le poison. — 2. École de VAlbane. Christ en croix. — 5. Balfourier. Rade d'Hyères.

— 7. Berghem. Paysage et animaux. — 8. Biennoury. Le mauvais riche. — 9. Bloemen. Paysage et animaux. — 10. Boucher. Les Beaux-Arts. — 12. Bon Boulongne.

Bacchuset Vénus. — 13, 14, 15 etlô.Lout* de Boulongne. Le Veau d'or; le Jugement de Salomon; Baptême de l'eunuque de la reine Candace; Conversion de saint Paul.

— 18. Breughel (attribué à). Paysage. — 21. Cabat (Louis). Un étang dans un bofs.

— 32. Desportes. Gibier gardé par des chiens. — Z9..Garnier. Ajax sortant des eaux. — 41. Greuze. Portrait. — 54. Maison. Chrétiens surpris dans les Catacombes. — 56. Van der Meulen. Portrait équestre de Louis XIV. — 57. Mignard.

Un portrait de femme, mi-grandeur, soutenu par les trois Grâces. — De 62 à 72. Natoire. Divers sujets mythologiques.

— 73. Nattier (Jean-Marc). Portrait de Nicolas-René Berryer. — 80 à 83. Trois toiles de l'École de Guido Beni. — 85. Hubert Bobert. Ruines d'un pont dans un riche paysage. — 92 à loi. Richard Tassel. Sujets variés. — 110. Watteau (Antoine).

L'Enchanteur — lli. Le même. L'Aventurière.

Le catalogue, renfermant 193 n««, mentionne, en outre, des toiles sorties des mains de MM. Paillot de Montabert, Schitz , Dussaussoy , Valtan, Truelle, etc. , professeurs ou amateurs originaires de Troyes et du département de l'Aube, ainsi que bon nombre de toiles dont le nom des auteurs n'a pu être constaté.

TROYES

La galerie de peinture renferme, en outre, un certain nombre d'émaux et de vitraux, dignes d'attention.

Outre un grand nombre de chapiteaux, de fûts, de soubassements, de clefs de voûtes, etc., provenant d'édifices du moyen âge ou de la Renaissance aujourd'hui détruits, on remarque principalement dans la galerie de sculpture :

il. Bosio. Buste de Louis XVIII. — 13. Paul Carpentier. Buste de Paillot de Montabert. — 16. David d'Angers. Portrait de Casimir Périer.— 19. Duret. Buste de Simart, sculpteur. — 21,22. Girardon. Bustes de Louis XIV et de Marie-Thérèse, en marbre ; Christ, en bois : Scène d'inhumation. — 23 à 26. Bamus. David combattant Goliath. — Dubois (de Nogentsur-Seine). Le Chanteur florentin et saint Jean-Baptiste, plâtres.— 33 à 1 1 1. Œuvres de Simart. — 113 à 118. Vassé (Louis- Claude). Bustes en marbre de Troyens célèbres.

Ce qui fait surtout la richesse du musée de sculpture, c'est l'œuvre de Simart, due à la générosité de Simart lui-même, de Mme Vve Simart, de M. le duc de Luynes, de M. Gabriel de Vendeuvre. Cette œuvre comprend 78 numéros reproduisant les principaux ouvrages du célèbre artiste, mort si prématurément, et notamment : les bas-reltefs du tombeau de Napoléon 7er; la Minerve de M. le duc de Luynes; des Scènes de la vie d'Orphée; les travaux de Simart an nouveau Louvre, etc.

Parmi les objets que renferme la galerie consacrée à l'archéologie, les plus intéressants sont :

241. Les armes, bijoux et ornements en or et grenat, trouvés à Pouan, en 1842, achetés par l'Empereur et donnés par lui, en 1860, à la Société académique de VÂube. — 242. Une statue d'Apollon, migrandeur, trouvée, en 1813, à Vaupoisson. — Une belle collection de haches, en silex et en bronze, de modèles très-variés, et trouvées dans le département de l'Aube.— Un grand nombre de vases en verre et en terre, depuis l'époque de la pierre jusqu'aux temps modernes, et de vases galloromains, avec noms de potiers, provenant surtout du département de l'Aube. — 246. Un moulage, en plâtre, d'an buste antique, en marbre, de Bacchus ou de Silène. —

Meules de granit, provenant de moulins antiques. — Carreaux émaillés, très- variés de modèle et de dessin. — Trois cheminées monumentales du xvi« s. — Émaux, clefs, poids, bois sculptés. — Magniûque piscine en mosaïque unicolore, trouvée à Neuville-sur-Seine (Aube). — Mosaïque (fragment) de la plus grande beauté, découverte dans la villa de Paisy-Cosdon (Aube). — Deux autres mosaïques, presque entières, trouvées à Troyes, sur l'emplacement de l'abattoir actuel.

Nous mentionnerons encore : une collection ethnographique très-intéressante et des collections, fort belles et fort complètes, d*histoire naturelle, formées depuis 40 ans, augmentées chaque jour et embrassant la géologie, la paléontologie, la météorologie, la zoologie, la botanique, l'entomologie, etc.; un muiée industriel, renfermant des instruments aratoires, des modèles d'appareils hydrauliques et mécaniques.

La conservation des collections du Musée est confiée aux soins zélés et désintéressés de MM. Schiltz pour la peinture et la sculpture, Coffinet pour l'archéologie, et Ray pour l'histoire naturelle, tous trois membres de la Société académique de VAube, qui a fondé ces établissements.

La Bibliothèque, installée dans l'ancienne abbaye de Saint-Loup, renferme plus de 110 000 vol. imprimés, et 2427 manuscrits. La salle principale mesure 50 mèt. de longueur, 10 mèt. de largeur et 7 mèt. de hauteur. On y remarque, à juste titre, 14 panneaux de vitraux peints par Linard Gonthier, en 1621. Les sujets s'appliquent à divers événements de la vie d'Henri IV et de Louis XIII :

la bataille d'Ivry, l'entrée d'Henri IV à Paris par la porte Saint-Denis, le combat des Ponts-de-Cé, etc. — La bibliothèque renferme aussi une collection très-intéressante de publications sur Troyes et la Champagne, formée par les conservateurs actuels, MM.Harmant et E. Socard.

Les collections particulières sont

très-nombreuses à Troyes. Quelquesunes sont très- curieuses et d'une grande richesse. Il faut citer en particulier les collections de M. Camusat de Vaugourdon, de M. l'abbé Coffinet, de M. Julien Gréau; la collection de numismatique romaine de M. Anatole Chanoine, celle de M. Rivière, et la collection de vitraux de M. Eugène le Brun.

Commerce. — Industrie.

Troyes est le centre d'une industrie importante, qui a pour élément principal la fabrication des tissus de laine et de coton, et surtout de la bonneterie.

On y compte plusieurs filatures de laine et de coton, dont la production annuelle est évaluée à 8 millions de fr.; de nombreuses fabriques de bas, mitaines et gants tricotés, bonneteries, etc., dont les produits représentent une valeur annuelle de 3 millions; des fabriques de couvertures de laine, etc. Troyes renferme, en outre, des charcuteries renommées, des huileries, des tanneries, des brasseries, des carrosseries, etc. Il y existe aussi de belles pépinières. — Le commerce de Troyes consiste surtout en laines brutes, draperies, tissages de diverses sortes, céréales, légumes secs, fromages très-estimés, vins, eaux-de-vie, etc.

Canal de la Seine.

Les promenades plantées d'arbres, ou mails, qui servent de ceinture à l'enceinte de la ville, ont environ 4 kil. de développement. Ces mails suivaient autrefois les contours de l'enceinte fortifiée, dont les séparaient le bras oriental de la Seine et de larges fossés. Le mail septentrional, du canal au faubourg Saint-Martin, est le plus large, le mieux entretenu et le plus fréquenté. Des maisons modernes d'un aspect élégant s'y sont élevées à la place des vieux remparts, détruits il y a quarante ans.

Les environs de Troyes offrent, en outre, quelques buts d'excursion que nous indiquerons sommairement.

On visitera avec intérêt, à 3 kil. environ au S. de Troyes, l'église de Saint- André, v. de 754 hab. Après

avoir traversé le faubourg de Croncels, on prend la route d'Auxerre, à dr. de la route de Troyes à Dijon , et Ton croise bientôt le chemin de fer. A 2 kil. plus loin, se trouve Saint- André à dr., à 500 met. de la route.

L'église de Saint-André est un édifice du xvi* s. , dont le portail principal (1588) est un chef-d'œuvre d'architecture et de décoration sculpturale.

Il offre deux ordres superposés, le corinthien au rez-de-chaussée, le composite au premier étage. La statue de saint André appuyé sur sa croix occupe le milieu de quatre colonnes élevées sur le devant du premier étage.

Partout des bas-reliefs, fouillés dans la pierre avec une incomparable finesse de ciseau, témoignent de l'habileté deFrançois Gentil, à qui est due cette merveille d'imagination et de grâce. L'intérieur de l'église, dont la grande nef n'a point de fenêtres, n'offre rien de remarquable. L'édifice, sans arcs-boutants, est d'une élévation médiocre.

L'église Saint- And ré possède un tabernacle en bois sculpté, du xvr* s., une chaire qui offre quelque intérêt, deux retables, et un bas-relief représentant le Christ au tombeau.

En regagnant la route de Dijon (4 kil.) par un chemin communal s'ouvrant en face de celui qui mène à Saint-André, on rencontre, à dr., un peu au delà de Rosières, v. de 250 hab. , une belle avenue aboutissant au joli château de Rosières, dont le parc est orné de charmilles taillées dans le goût de celles de Versailles. Les bâtiments conservent des parties importantes du xvr s., date écrite en quelque sorte par le croissant de Diane de Poitiers, placé en amortissement audessus de plusieurs croisées. Dans la chapelle, on remarque un tableau du xvie s., peint sur bois et représentant Notre-Dame de Lorelte.

Al kil. environ à l'E. du château de Rosières, on atteint la route de Dijon par laquelle, en tournant à g., on revient vers Troyes.

TROYES

Au N. de Troyes et sur la rive dr.

de la Seine, en sortant par le faubourg Saint-Jacques, se trouve (2 kil. 1/2 environ) Pont-Sainte- Marie (632 hab.), dont Y église y faisant face à une belle prairie, se réfléchit dans les eaux de la Seine qui coule à ses pieds. Cet édifice est une œuvre charmante du xvi« s., marquée aussi des croissants de Diane de Poitiers, qui s'y entremêlent aux ornements du portail occidental. A l'intérieur, on remarque un beau retable du xvi" s, à trois panneaux peints sur bois, et les stalles du chœur, dont les sculptures présentent des sujets satiriques traités avec la plus libre fantaisie.

Après avoir traversé plusieurs hameaux, on arrive à (7 kil. de Troyes) Sainte-Maure {696 hab.). L'église de ce village, bel édifice du xvi* s., est assise sur un coteau d'où Ton domine la vallée de la Seine sur une grande étendue. Cette église renferme : un ancien cercueil en pierre qui passe pour celui de sainte Maure, originaire de la paroisse dont elle est la patronne; un retable du xvics., orné de trois bas-reliefs, et un banc seigneurial de la même époque, en forme de tribune, avec balustrade sculptée.

— Près de l'église s'étend le vaste parc de Sainte-Maure, dans lequel s'élève un château du xvmc s., construit dans le style italien. 11 est entouré de magnifiques jardins disposés en terrasses, et dont les points de vue, habilement ménagés entre de vigoureuses plantations, s'étendent du côté de la Seine. Cette propriété, possédée pendant deux siècles par la famille de Chavaudan, est aujourd'hui passée, par alliance, à M. Henri de Faucigny, prince de Lucinge, qui en fait le dépôt de nombreux objets d'art et de livres rares.

A 2 kil. au delà du paie de Sainte- Maure, et après avoir passé devant l'église de Vanne (xir et xvi- s.), on aperçoit le joli portail du château de Vermoise, qui a conservé presque tous ses détails du xvr s.

Nous signalerons enfin, au N. E.de Troyes, les importantes usines de la Moline , de la liave et de Notre-Dame, et la belle papeterie du Moulin-le- Roi.

Le canal latéral de la Seine aupérieare

a son origine à Troyes, où sa première section se forme d'un bras canalisé de la Seine. Ce canal, dont la pensée primitive remonte au xrv« s., après avoir été longtemps ajourné, fut enfin exécuté en partie à la lin du xvir» s., mais dans des conditions insuffisantes pour une navigation régulière et active. L'amélioration et l'achèvement de cette voie navigable, telle qu'elle existe actuellement, ont été décidés par une loi du 8 juillet 1840. Le canal a été définitivement ouvert sur tout son parcours en 1851. Son développement, de Troyes à Marcilly, est de 43 728 mèt.; la pente entre ces deux points est de 38 met., rachetée par 15 écluses.

De Troyes à Êpernay, R. 17 ; — à Châlons- sur -Marne, par Arcis- sur -Aube, R. 18; — à Vitry-le-François, R. 19; — à Châtillon-sur-Seine, par Bar-sur-Seine, R. 89; — à Tonnerre, à Auxerre, à Sens, V. Vitinéraire général de la France, Bourgogne, Franche-Comté, Savoie, par Ad. Joanne.

Le chemin de fer longe à g. le faubourg de Croncels, croise successivement la route de Troyes à Auxerre et celle de Troyes à Dijon , et laisse presque aussitôt, à 600 mèt. environ à g. de la voie, Saint- Julien , v. de 618 hab., au milieu de prairies, sur la rive g. de la Seine. Uéglûe, surmontée d'une fine aiguille, date du commencement du xvie s.; elle renferme un magnifique triptyque orné de peintures sur bois, et de beaux vitraux, du xvi* s. Au N. du village, se trouve le Chdteau-des- Cours, édifice du xviii- s., bâti au milieu de vastes jardins bordés et arrosés par un bras de la Seine. — On laisse à dr. l'embranchement de Troyes à Barsur-Seine; puis, à 1 kil. environ de Saint-Julien, on franchit une dernière fois la Seiae.

175 kil. Rouilly- Saint-Loup, v. de 386 hab. , se montre immédiatement, à g. du chemin de fer, avant la station. L'église est de deux époques:

le portail occidental, les murs de la nef et une partie du mur du sanctuaire sont du m* s. ; le transsept, les fenêtres et leurs vitraux ne datent que du xvi« s.

Au delà de la petite rivière de Rance, affluent de la Barse, après avoir laissé au loin, à dr., les hameaux de Montabert et de Daudes, on longe, du même côté, Montaulin, v. de 460 hab.. dont l'église, du xv« s., conserve une fenêtre du xu° s. — On croise la Civanne, autre affluent de la Barse, et Ton passe, à dr., à l'extrémité N. des bois de Lusigny.

182 kil. Lusigny, ch.-l.de c. de 1 146 hab., à peu de distance et à g. de la voie, entre la route de terre de Mulhouse et la Barse. En 1814, sur la demande du prince de Schwartzemberg, des conférences eurent lieu à Lusigny, dans les journées des 25 et 26 février, pour fixer un armistice entre Napoléon et les armées alliées ; mais , après deux jours de discussion , elles furent rompues sans aucun résultat. Véglise date du xvi* s., sauf la nef qui est de construction plus récente. Au N. de Lusigny se trouvent quelques dépendances de l'ancienne abbaye de la Hivaur, fondée au xn* s.

et supprimée à la fin du xvin0. Ces dépendances sont actuellement occupées par diverses exploitations agricoles.

Quand on a traversé une tranchée assez longue, on découvre des prairies plantées d'arbres et arrosées par la Barse que le chemin de fer franchit, en laissant à dr., à 1 kil., Jfontreuil, v. de 530 hab., dont Véglise., en partie du xvi- s., s'appuie à une tour (16 met. de hauteur) percée de deux fenêtres en plein cintre sur chaque face. Le porche et une nef datent du xii" s. D<ms le même village se trouve une maison du xvi' s., en briques et en craie, où Ton remarque diverses inscriptions du xvi« et du

xvii# s. — On traverse ensuite une profonde tranchée.

189 kil. Montiéramey, v. de 641 hab., à dr. entre le chemin de fer et la rive dr. de la Barse. — Véglise (mon. hist.),dont lanef date du xn's., et l'abside du xvie, a un joli portail roman. Les fenêtres sont ornées de vitraux du xvi« s. — Montiéramey possédait une abbaye de Bénédictins fondée au ix# s.; il n'en reste que quelques bâtiments des xviie et xvme s.

De la gare de Montiéramey, on découvre une jolie vue (à dr.) sur la vallée de la Barse et le vallon de la Boderonne ; ce vallon est dominé, audessus de Chaufour (224 hab.), dont Véglise renferme 24 panneaux en bois (xvie s ) d'une exécution remarquable, par un coteau qui porte le château de Marolles, habité au xvn« s. par la belle Sidonia de Lenoncourt, alliée à la famille de Rambouillet, et dont les relations avec Louvois excitèrent quelques rumeurs à la cour de Louis XIV. — Au loin, apparaît à la limite de l'horizon, à g. , la vaste forêt du Grand-Orient.

On laisse à g., à 2 kil. 1/2 du chemin de fer, Mesnil-Saint-Père , v. de 577 hab., qui possède une église de diverses époques (xii* et xvi« s.), renfermant d'anciens carreaux émaillés et une pierre tumulaire de 1554. — Après avoir traversé dans une tranchée les bois de Briel, on découvre au loin, à dr.près de la Barse, le château de Briel. On aperçoit ensuite, à g., à 1 kil. de distance environ, le clocher moderne qui surmonte l'église du xn- s. de Villeneuve-aux- Chênes (780 hab.). Plus loin, à g., l'attention est attirée par une grande usine avec hauts fourneaux, établie depuis 25 ans, et approvisionnée de minerai de fer recueilli dans le voisinage. On franchit de nouveau la Barse, à deux reprises, et, la seconde fois, sur un beau viaduc de 21 arches de 10 met.

de hauteur, au delà de la route de terre de Paris à Mulhouse.

199 kil. Vendeuse, ch.-l. de c. de

[ROUTE 3] LUSIGNY. — VENDEUVRE. — JESSA1NS.

2112 hab., situé à dr., sur la route de Mulhouse et à la naissance de la Barse, qui a sa source principale dans le château de Vendeuyre. Ce château, bâti sur une éminence, à l'E. du village, date du xir»' et du xvie s. Remanié au xvne s., il a néanmoins conservé plusieurs parties intéressantes des constructions primitives. Le corps de logis qui servait d'habitation au me s. subsiste toujours et forme la partie orientale du château actuel. On voit également une porte en plein cintre avec la coulisse de la herse, et un corridor voûté, divisé en deux travées inégales par un arc doubleau. Audessus de cette porte et du couloir, s'élève une tour qui a 20 met. de hauteur et dont les murs présentent une épaisseur de 2 met. On remarque, en outre, une large salle voûtée en berceau, avec piliers cylindriques, et divisée en deux nefs, ainsi qu'un magnifique escalier, qui, placé dans la partie rebâtie au xvi* s., appartient cependant à laconstruction originaire.

Le château de Vendeuvre était autrefois entouré de murs, dont quelques substructions sont reconnaissables, et de fossés aujourd'hui comblés en grande partie.

Vendeuvre possède une belle églis£ paroissiale du xvi' s. (1510), dédice à saint Pierre. C'est un édifice complet et homogène, avec un beau portail orné de sculptures peintes, dans le style de la Renaissance. L'église Saint- Pierre renferme : un autel daté de 1539 ; une chaire provenant de l'abbaye de Clairvaux, de la fin du règne de Louis XIV ; un beau retable du xvi' s. au dossier du banc-d'œuvre ; un tableau sur bois , dans le genre du Pérugin, représentant Y Arrivée des onze mille vierges à Colonne; et enfin trois belles verrières du xv]e s. — L'église prieurale de Saint- Jean possède un choeur et un sanctuaire du xii* s. ,et une nef du xvne s.) .

A 2 kil. au N. de Vendeuvre, près de la ferme de Valsuzenayti à dr.

du chemin de Vendeuvre à Brienne- Napoléon, se trouvent les restes de la chapelle, de Valsmenay, construction du xii* s., qui conserve un sanctuaire carré et une portion de nef. — Enfin, à 1 kil. à TE. de Vendeuvre, dans la direction de Jessains, s'ouvre une faille très-remarquable, avec gouffres nombreux perforant le calcaire à spatangues et môme le calcaire jurassique, et absorbant les eaux.

Dans le voisinage de ce curieux accident géologique, on trouve des lignites, du fer sulfuré blanc remplissant les interstices des végétaux passés à l'état de lignites , des sulfates de chaux cristallisés.

Le chemin de fer traverse plusieurs tranchées, longues de 1500, 1800 et 2400 met., entre lesquelles on commence à apercevoir, à dr. et à g., les grandes plantations de sapins introduites il y a quelques années dans la Champagne afin d'en améliorer le sol.

210 kil. Jessains y v. de 340 hab. à 1 kil. à g. de la station, sur la rive g. de l'Aube.

[Corresp.pour: — (1 1 kil.) Dienvilley v. de 1159 hab., — (15 kil.) Brienne- Napoléon, dont le château montre dans le lointain sa masse blanche sur une hauteur. Pour se rendre de la station à Brienne, on remonte, dans la direction du N., le chemin conduisant à Jessains, où l'on traverse l'Aube, pour rejoindre à Trannes la route de Bar-sur-Àube à Vitry, par Brienne (R. 20).]

La contrée prend un aspect plus riant , à partir de Bossancourt, v. de 519 hab., sur l'Aube. Bossancourt possède une église du xir* s., remaniée au xvi#, et un joli château moderne. — On se rapproche de l'Aube, que la voie longe à g., à une distance moyenne de 500 à 600 mèt. Croisant la route de terre de Mulhouse, on laisse, à dr., Dolancourt, v. de 335 \i3.b.*Ve'glise de Dolancourt (xiie s.) renferme une curieuse pierre sépulcrale sur laquelle est représentée la

208 DE PARIS A

figure d'un prêtre, surmontée d'un dais d'architecture avec la date de

215 kil. Arsonral-Jaucourt (halte), qui dessert Arsonval, v. de 444 hab., à 1 kil. à g. de la voie, sur la rive dr. de l'Aube; et Jaucourt, v. de 349 hab., à dr. — Jaucourt, qui n'est séparé de l'Aube que par le chemin de fer, possède une église dont le chœur remonte à la seconde moitié du xii« s. et qui renferme un joli reliquaire byzantin en vermeil, avec pied du xiv« s. On remarque dans la même localité les ruines importantes d'un château , bâti du xiv* au xv* s. et qui appartenait, ainsi que Jaucourt, aux ducs de Bourgogne de la branche des Valois. Une tour, en partie conservée, et s'élevant encore à une hauteur de 12 met., des fossés et quelques portions de l'enceinte fortifiée forment les derniers restes du château de Jaucourt. — Arsonval possède une église du xn* s. avec une tour romane au-dessus du chœur.

Entre Jaucourt et Montier-en~VIle, y. de 465 hab., le chemin de fer passe de la rive g. sur la rive dr. de l'Aube. De Jessains à Bar-sur-Aube, les hauteurs s'accentuent à dr., et l'on découvre au loin, à g., des bois de sapins ou d'essences variées. Enfin l'on rencontre quelques jolis sites sur les bords de l'Aube, qui traverse de charmantes prairies. Le chemin de fer effleure, à g. Ailleville, v. de 252 hab., dont le château, du xvn° s., est flanqué de tourelles et entouré de fossés.

221 kil. Bar-sur-Aube (omnibus :

30c; 50 c. avec bagages; hôt. : de la Poste, de la Pomme-d'Or), ch.-l.

d'arrond. du départ, de l'Aube ; V. de 4809 hab., située sur la rive dr. de l'Aube, à dr. et un peu au delà de la station, dans une agréable position.

Bar-sur-Aube est dominée au S.

par des coteaux de 349 mèt. d'altit., en partie boisés, en partie cultivés i et sur le versant desquels s'ouvrent »le jolis vallons latéraux. !

Bar-sur-Aube, qui parait avoir originairement occupé le sommet de la colline s'élèvant au S., aurait été, dans le principe, une forteresse romaine ; les traces de constructions et les nombreux débris d'antiquités (fragments de poteries, statuettes.en bronze, fûts de colonnes, etc.) trouvés sur la colline et à ses abords, confirment cette opinion. La ville ancienne ayant été détruite lors des invasions de la Gaule, et en particulier lors de l'invasion des Huns (4SI), elle aurait été reconstruite sur les bords de l'Aube. Quoi qu'il en soit, elle appartenait au x« s., avec le reste de la Champagne, à la maison de Yermandois. Au commencement de 1441, le roi Charles VII se rendit en Champagne pour faire rentrer dans le devoir les seigneurs révoltés, à la tête desquels était le bâtard Alexandre de Bourbon, frère du duc de Bourbon, devenu un objet d'horreur pour le pays, à cause de ses atrocités. Alexandre de Bourbon fut cousu dans un sac et jeté dans l'Aube, à Bar; mais ses amis repéchèrent son cadavre et obtinrent du roi la permission d'ériger à sa mémoire, à l'endroit où il avait été lancé à la rivière, sur le pont de l'Aube (au S. de la ville), une chapelle commémorative qui subsiste encore. De 1636 à 1648, la peste sévit, presque sans discontinuer, à Bar-sur-Aube et fit perdre à cette ville ses foires franches, qui furent transférées à Lyon. Barsur-Aube fut en 1814 le théâtre d'un combat sanglant, dans lequel le maréchal Mortier repoussa l'avant-garde du prince de Schwartzemberg.

' Bar a vu naître : Jeanne de Navarre, dernière comtesse de Champagne; le littérateur des Perriers; Claude Robert, l'auteur de la Gallia Christiana, et le savant archéologue duSommerard.

V église Saint-Pierre, commencée au xir s., a été achevée au xni". Le portail principal est de la première époque ; la porte du S. appartient à la seconde. Les porches qui les abritent sont remarquables. Une tour massive est accolée au flanc méridional de l'église ; sur le même côté régnent des galeries en bois du xvi* s. « L'aspect de l'abside, dit M. Aufauvre, est d'une grande majesté. Sur le plan circulaire qui ia ferme, la superposition à l'ogive des travées de la galerie romane et des fenêtres, le jeu

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