BAR-SUR-AUBE
des colonnettes et des nervures , forment un ensemble aussi harmonieux que grandiose. » On remarque encore l'ornementation sculpturale de la Chapelle des Vignerons. La nef était autrefois décorée d'un triforium qui a été muré.
V église Saint-Maclou est de plusieurs styles. La nef, les bas côtés, le transsept et la première travée du chœur remontent à la période romane; le reste , du style gothique , paraît avoir été reconstruit au xive s. Le portail est du xvin* s. Le clocher central est en bois. Sur le flanc N. de l'édifice s'élève une tour carrée,* en pierres , du xin* s. , percée d'une porte qui était, dit-on, réservée aux comtes de Champagne. La sacristie, qui présente un caractère plus ancien que l'église, passe pour leur ancienne chapelle. On remarque, à l'intérieur de l'église , des pilastres cannelés qui semblent imités de ceux de la cathédrale de Langres. Saint-Maclou renferme des pierres tumulaires du xve et du xvie s., dont deux en marbre noir.
Dans la maison dite le Petit-Clairvaux (r. de l'Épicerie), qui appartenait à l'abbaye du même nom, il existe une magnifique cave de la fin du xji* s. ; cette cave a deux nefs à trois travées , voûtées sur ogives.
Nous signalerons, en outre : — le beau pont de l'Aube et sa chapelle du xv* s. ( F. ci-dessus) ; — la chapelle Saint-Jean, qui appartenait à l'ordre des chevaliers de ce nom (xn* et xin* s.); — Vhôpital Saint-Nicolas, dans lequel on voit une salle du xn' s. servant actuellement de magasin, et une chapelle (fin du xu" s.), qui n'est que le sanctuaire et le chœur d'une ancienne église ; — enfin, dans une maison particulière (rue du faubourg Notre-Dame), un pan de mur percé de fenêtres, seul reste de l'hôpital du Saint-Esprit qui existait dès le xiii0 s.
Bar-sur-Aube ne conserve plus de ses anciennes fortifications, que quel-
VOSGES
ques débris de murailles. Les fossés, en partie comblés, sont occupés par des jardins qui entourent la ville, et par de jolies promenades.
Sur l'un des sommets (299 met.
d'altit.) des hautes collines qui dominent la ville au S., s'élève une chapelle dédiée à sainte Germaine, l'une des victimes d'Attila, dit-on. De ce lieu, on jouit d'une vue étendue sur la vallée pittoresque de l'Aube.
Au S. et en arrière de cette chapelle, se voient les traces d'un camp roma in dont les limites sont fixées, à TE., au N. et à l'O. , par l'escarpement de la montagne, et, au S., par de profonds fossés. — Au N. de Bar-sur-Aube, des substructions romaines considérables s'étendent sur un espace de 600 mèt.
Au N. E., sur la rive dr. de l'Aube, on remarque quelques vestiges, encore très-apparents, de la rote romaine de Ghâlons-sur-Marne à Langres, avec embranchement sur Ch au mont.
Bar-sur-Aube possède des fabrique s de bonneteries, de calicots, de toiles cirées, des distilleries d'eau-de-vie de marc, des clouteries, des tanneries, des meuneries importantes, etc. Cette ville fait aussi un commerce considérable en grains, chanvre, laines, bois et vins.
[ Corresp. pour : — (13 kil.) Villesur-Terre , 120 kil.) Soulaines, (29 kil.) CefTonds, (30 kil.) |Montiérender, (25 kil.) Nully, (29 kil.) Blumerey, (32 kil.) Doulevent et (36 kil.) Cirey-le-Chateau (R. 21) ].
De Bar-sur-Aube à Vitry-le-François, R. 20; - à Saint-Dizier, R. ai.
De Bar-sur-Aube à Clairvaux , la voie ferrée franchit six fois l'Aube, qui fait de nombreux détours, sans qu'on la perde jamais de vue. — Le paysage prend un aspect plus pittoresque, à mesure que l'on s'engage dans la traversée des belles et vastes forêts qui de toutes parts enveloppent Clairvaux.
Après avoir croisé la route de Mulhouse, à la sortie de Bar, et avoir
franchi une première fois l'Aube, sur laquelle on remarque un beau pont de cinq arches, le chemin de fer, croisant la route de Bar-sur-Aube à Cbâtillon- sur -Seine par Clairvaux, la longe à dr., d'assez près, pendant quelque temps. — A 300 ou 400 mèt. à g. se'trouvent, sur les bords de l'Aube, les restes du prieuré de Belroi, (xn* et xin* s ) t parmi lesquels nous signalerons principalement un cellier du s. partagé en deux nefs, une piscine du xiv* s, et deux pièces voûtées et contiguôs, dont Tune aurait servi jadis de sacristie. — * A dr. se montre Bayel, o. de 860 hab. , qui possède une verrerie importante. L'église, dont l'abside et le chœur remontent au xue s. et dont la nef date seulement du xviue s., possède plusieurs statues peintes, entre autres une Vierge mère et une Notre-Dame de Pitié, qui, selon M. d'Arbois de Jubainville (Hépertoir* archéologique du départ, de VAube), pourraient appartenir au Xiv* s. On pénètre dans une des parties les plus remarquables de la vallée de l'Aube, qui coule, là, dans une sorte de défilé resserré des deux côtés par des hauteurs boisées, A l'issue de ce défilé, près de Clairvaux, on remarque à g. des forges et une grande habitation avec un parc très- pittoresque, où s'élèvent, au milieu d'une vaste pelouse, une croix et une statue de la Vierge. Ces forges et cette propriété appartiennent à la famille de M. Harlé, qui fut, sous le règne de Louis-Philippe, successivement député et pair de France.
234 kil. Clairvaux (omnibus : 35 et 30 c. par place, et 15 c. par colis), v. dépendant de lac. de Ville-sous-la- Ferté (2685 hab), est situé à 2 kil. au S* de la station, dans une riante position, au milieu de belles prairies et au pied de coteaux boisés,
Clairvaux, connu aujourd'hui par sa maison centrale de détention, était autrefois le siège d'une abbaye trèscélèbre et très-riche, fondée en 1115 par saint Bernard. Ce ne fut dans
l'origine qu'un oratoire entouré de quelques cellules ; mais les donations se multipliant en faveur de la communauté, qui avait acquis promptement une renommée considérable, Clairvaux devint rapidement Tune des abbayes les plus importantes de France. Le monastère, qui compta jusqu'à 700 religieux, au temps de son plus grand éclat, n'avait plus que 40 moines et 20 frères convers au moment de sa sécularisation, en 1790.
Les bâtiments conventuels, reconstruits à différentes époques, furent presque entièrement refaits au xvin' s.
dans des proportions monumentales.
Il ne reste presque rien des édifices primitifs ; cependant on peut encore signaler, la travée occidentale de Fan ci An ne église et une partie du portail; le cellier, composé d'un rezde-chaussée et d'un étage, offrant tous deux une voûte supportée par des colonnes octogonales à simple moulure; enfin des voûtes du xu* s., dans un large corridor menant de la place d'armes à la cour d'honneur.
( V. le Répertoire archéologique du départ, de l'Aube par M. d'Arbois de Jubainville).
Parmi les constructions datant du xvm* s, , on remarque une grande salle, servant autrefois de réfectoire, et qui a été convertie en chapelle. Les parois en sont revêtues de belles boiseries dont chaque panneau, dans sa partie supérieure, sert de cadre à un tableau de sainteté, peint dans le style plus coquet que religieux du xvi u* s.; dans la chapelle Sainte-Anne on voit un tableau du xvi* s. , sur bois, représentant une Notre-Dame de Pitié.
La Maison centrale, à laquelle ont été ajoutées plusieurs constructions modernes, est vaste et parfaitement distribuée. Klle est affectée, pour treize des départ, de l'E., à la détention des individus condamnés, soit à des peines affliçtives et infamantes, soit à des peines correctionnelles excédant une année d'empri-
Brimant
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CLAIR VAUX. — BRIGON.
sonnement. La maison centrale de Clairvaux, administrée par un directeur ayant sous ses ordres 20 employés, 68 gardiens, et 200 hommes de garnison, renferme un nombre de détenus naturellement variable, mais s'élevant en moyenne à 3000. Les prisonniers y sont soumis au travail obligatoire et au silence,
[ Corresp. pour : — (8 kil,) la Ferté-sur-Aube, c. de 1203 hab., sur la rive g. de l'Aube; — (12 kil.) Sil~ varouvre, c. de 340 hab. , sur la rive dr. de l'Aube : — (14 kil.) Dinteville, v. de 335 hab. , également sur la rive dr. de l'Aube (ancien château entouré d'eaux vives et renfermant de belles tapisseriei; forges); — (20 kil.) Gevrolles, c. de 532 hab. sur la rive g. de l'Aube, (établissement métallurgique considérable , fabriquant des chaînes en tous genres, des fils de fer et des rivets) ; — (24 kil.) Montigny-sur-Aube (rive g.) ch.-l. de c. de 831 hab. possédant un hautfourneau et un château avec un parc]
On entre dans la vallée de PAujon, petit affluent de l'Aube. 3 kil. plus loin, à Longchamp, (à dr.) c. de 576 hab., dont l'église (xvm« s.) renferme yn bas-relief en marbre peint du xvi# SM représentant le Christ en croix, on passe du départ, de l'Aube dans celui de la Haute-Marne. A g. se montre bientôt Rennepont, c. de 260 hab. , à l'entrée d'un vallon qu'arrose la Renne, affluent de l'Aujon. Veglise de Rennepont renferme une ancienne chapelle seigneuriale , récemment restaurée dans le style ogival. Quelques épitaphes des anciens seigneurs y ont été rétablies.
240 kil. Maranville, c. de 466 hab.
située à dr. de la voie, sur les bords de l'Aujon, conserve une ancienne demeure seigneuriale bâtie près de la rive dr. de la rivière, au pied des collines que couronnent les bois de fWmont, que l'on découvre à g. du chemin de fer. On remarque dans le cimetière de Maranville deux ma-
gnifiques statues provenant de l'abbaye de Clairvaux, et qui, malheureusement, demeurent exposées aux intempéries de Pair. — Au delà de Maranville, la contrée que l'on traverse perd la physionomie pittoresque de la vallée de l'Aube, et l'uniformité du paysage est à peine interrompue par quelques prairies et par des coteaux lointains couverts de forêts. On passe à g. près de Vauàremont, c. de 355 hab. qui renferme un château du xvu« s., dont les ailes s'appuient à de grandes tours carrées et qu'entourent des eaux vives. 4 ou 5 kil. plus loin,
m hab8 CÔté BraUX* C'de
250 kil. Bricon, c. de 540 hab. à 500 met. environ à dr, du chemin de fer, est bâti sur le versant S. d'une hauteur que longe la route de terre d Auxerre àChaumont : « Bricon construit sur une voie romaine, dit M Jollibois ( la Haute-Marne ancienne et moderne), est très-ancien, et l'on y a trouvé, à diverses époques, des médailles d'or, d'argent et de bronze avec divers autres objets qui prouvent cette antiquité. Lors de l'établissement de la féodalité , il a eu des seigneurs particuliers qui occupaient un ran<> important dans le pays. » Le château^ construit sur la hauteur qui domino le village, existait encore dans son intégrité à l'époque de la Révolutiom • mais il y a été fait depuis des changements qui en ont complètement dénaturé le caractère et qui permettent a peine d en retrouver les vestiges
A 4 ou 5 kil. de Bricon, on découvre à environ 1 kil. sur la dr., la colline ae Monisaon (305 mèt. d'ilt ) sur laquelle les archéologues ont cru reconnaître les traces d'un camp romain. Au S. E. de cette colline, se trouve Montsaon, c. de 151 hab., dont le territoire donne du minerai de fer en quantité assez considérable, On laisse ensuite, et à quelque dis-
de 140 hab. et le petit bois de Voivrê effleure par le chemin de fer '
uiyiiizeo
257 kil. VilUers-le-Sec, c. de 511 hab. àdr. (halte), fabrique des ^ fromages estimés et possède plusieurs gisements de minerai de fer. L embranchement de Blesmes à Cnau mont (R. 23) vient se soud er a c) à la ligne de Pans a Mulhouse vers l'entrée du bois du 5ayS -A 1500 met du point de fonction le chemin de fer atteint la
viaduc qui compte, a juste titre, varm! les ouvrages d'art les plus remarquables du réseau de l'E. Ce pont- S, construit par MM Delcombe et Zellèr, a 600 met. de longueur et s'élève à 50 mèt. au-dessus du fond de la vallée. 11 est supporté par 50 arides de 10 mèt. d'ouverture , partagées en deux étages aux points extrêmes et en trois étages à l'endroit le Sus'profond de la vallée. Ces étages, formés d'arcades secondaires, présentent chacun, à l'aide d'ouvertures pratiquées dans la largeur des p les, une galerie traversant le viaduc dans ?outegsa longueur, au-dessous du t£ blier supérieur sur lequel passe la voie ferrée. La Suize, dont la vallée profonde , encaissée entre des versants Escarpés a nécessité cette belle et grande construction, est une petite Se, qui, après avoir longe le pied de lamonugne de Chaumont à l O.
va rejoindre la Marne a 2 kil. au N
de la ville. /T1 «v».
262 kil. Chaumont (Butïet, — omnibus, sans ^e^\» c-; avec bagages : 50 c.; - hôt. : de lEcude France, du Commerce, des Postes; 1 libraires : Lhuilier , Gautlner), ch -1. du départ, de la Haute-Marne, V de 8285 hab., ancienne capitale du BassiKny, est située à g. du chemin dffer sur un escarpement élevé (324 met. d'altit.) se prolongeant entre la Suize à l'O. et la Marne a 1 E. , jusqu'au confluent de ces deux rivières Bn sortant de la gare, on a devant soi' une promenade, plantée d'arbres magnifiques, établie sur un ancien bastion des fortifications, près dune
porte actuellement détruite, qui s appelait porte de l'eau et qui commandait un chemin creux menant a la Suize. Cette promenade se termine par une terrasse d'où l'on a une belle vue d'ensemble sur la ville, hn lace de soi, au N., au delà d'une sorte de ravin creusé dans la montagne et jusqu'au rond duquel s'étagent des jardins, s'étendent, sur un petit plateau supérieur, les bâtiments de la préfecture la promenade du Boulingrin, et plusieurs belles maisons particulières. A dr. se trouve la partie centrale de Chaumont, que surmonte le double clocher de l'église ; à g. , on aperçoit e fond de la vallée de la Suize à laquelle on peut descendre par un chemin qui s'ouvre sur la promenade. De l'autre côté, cette promenade aboutit a une rue donnant dans la rue de l Ange , sur le côté dr. de laquelle s'élève 1 église Saint-Jean.
Chaumont, qui tire son nom de sa position sur une montagne aride et nue fCaltut Mons, le Mont-Chauve), doit son origine à un château fortifié, construit vers 940, et autour duquel vinrent se .grouper des habitations. A la fin du x s elle formait déjà une bourgade assez importante. TJn siècle plus tard après avoir constitué longtemps un fief spécial tenu par les comtes du Bassigny et de Bologne, membres de la famille capétienne elle passa en partie dans les m Uns des comtes de Champagne qui au commencement du XHi* s. (m»), en dépouillèrent complètement les titulaires primitifs. En 1328, le Chaumontais et la ? ùe qui en était !• /hef-Meu tai^reunis, avec le reste de la Champagne, ao domaine de la couronne.
Chaumont, sous l'influence des franchises commerciales accordées par les comtes de Champagne, avait pris un certain développement qui se continua sous l'autorité directe du Pouvoir royal. Ut ville fut fortifiée par Louis XII et François I". A l'époque des luttes religieuses du xvf s., elle prit parti pour la Ligue; mais, en 1594, elle fit sa soumission a
Henri IV. . . . .„
C'est à Chaumont que fut signe, le 1" mars 1814, le traité par lequel les souverains alliés s'engagèrent définitivement a
GHAUMONT.
ne pas déposer les armes, jusqu'à ce qu'ils eussent renversé Napoléon et réduit la France à ses limites de 1789.
Chaumont a vu naître le fameux Guillaume Roze, évéque de Senlis et l'un des plus ardents promoteurs de la Ligue , le jésuite Lemoine, le sculpteur Boucbardon, l'amiral Durès et le maréchal Dararémont, tué au siège de Constantine.
L'église Saint-Jean date du xm* s. , mais le chœur, reconstruit au xvie s. daDs le style flamboyant, rappelle, par certains détails, le chœur de Saint- Eustache à Paris. La grande nef jusqu'au transsept et le portail présentent un spécimen très-remarquable de la première époque du style ogival. Le portail d'un goût sévère, mais dont l'austérité ne manque pas de grandeur, est surmonté de deux tours dont les flèches élancées s'aperçoivent à une très-grande distance , notamment des hauteurs de Montcharvot, près de Bourbon ne (56 kil). — L'intérieur de Saint-Jean, bien que de trois époques différentes (les chapelles des collatéraux sont du xv« s.) , offre néanmoins un ensemble très-harmonieux. On remarque : à l'angle g. du transsept, un escalier tournant, renfermé dans une espèce de tourelle à jour, et conduisant aux galeries supérieures; dans une des dernières chapelles latérales, du même côté, un curieux bas-relief sculpté en plein mur et représentant l'arbre deJessé; dans la chapelle de la Vierge, de curieuses peintures murales. Dans l'une d'elles la Vierge est représentée avec des ailes d'aigle. Nous signalerons encore, dans une chapelle à g.
de l'entrée 0., un Saint-Sépulcre, d'un très-beau caractère (1460); audessus d'une des portes latérales, une Décollation de Saint Jean-Baptiste, tableau qui se distingue par la vigueur . du coloris et l'entente de la lumière; la chaire et le banc-d' œuvre , dus à Bouchardon le père; enfin un Saint- Alexis, attribué par les Chaumontais à Andréa del Sarto, et plusieurs tableaux de Richard Tassel, peintre
langrois (xvii" s.). — Les portails latéraux offrent une riche et élégante décoration ; le tympan de celui du S.
renferme un Baptême du Christ, et de chaque côté, des épisodes de la Vie de saint Jean- Baptiste, d'une exécution supérieure.
La chapelle du Lycée, avant la Révolution chapelle d'un collège de Jésuites, est décorée dans le style le plus lourd et le plus maniéré du xvnr* s. , avec une richesse dont la profusion ne rachète pas le mauvais goût : c'est une accumulation de marbres, de dorures de statues, de sculptures; l'ensemble forme cependant un spectacle curieux (s'adresser au concierge du lycée pour visiter la chapelle).
La tour Hautefeuille ou tour du donjon ( xe s.), dernier reste du château des comtes de Champagne à Chaumont, estcontiguë aux bâtiments du palais de justice, où il faut pénétrer pour la visiter. L'étage supérieur a été abattu au xvm" s.; mais la tour Hautefeuille conserve un balustre à jour et des gouttières sculptées, qui sont de charmants spécimens de l'art du moyen âge. La belle salle de la Cour d'assises du palais de justice mérite une visite.
Nous citerons encore, parmi les principaux édifices publics : la préfecture et V école normale, vastes constructions toutes récentes ayant coûté, la première 600000 fr. et la seconde 200000 fr. ; — l'hôpital, dont la chapelle est couronnée par un dôme très-élevé ; — l'arc de triomphe, commencé sous le premier Empire et terminé sous la Restauration. — Chaumont possède aussi une bibliothèque publique renfermant 40 000 vol. et un musée, encore peu considérable, où se trouvent une tête de Christ d'Albert Dûrer, quelques tableaux modernes et plusieurs fragments de tombeaux des princes de la Maison de Lorraine.
Le Boulingrin, formé d'allées de tilleuls entourant une fontaine , et Vallée du fort Lambert, situés l'un et
l'autre au N. de Chaumont, en forment les principales promenades. Le fort Lambert t d'où Ton embrasse un vaste horizon, est contourné à TO. et au N. par le vallon de la Suize, et à TE. par la Marne.
A 5 kil. sur la route de terre de Chaumont à Mulhouse par Langres, et près du chemin de fer, se trouvent d'anciens bâtiments de l'abbaye du Val des Écoliers, entre autres la résidence abbatiale. Ces bâtiments, convertis en habitation particulière, appartenaient jadis à une communauté célèbre, fondée au commencement du xiii* s. Le site assez pittoresque au milieu duquel ils sont situés, et où l'on se rend par Chamarande (F. cidessous), offre un but de promenade intéressant.
[Voit, pour — (21 kil.) Andelot, (24 kil.) Rimaucourt, (31 kil.) Saint- Blin, (44 kil.) Liflbl-ie- Grand, (54 kil.) Neufchâteau (R. 30); — 13 kil.) Biesles, (18 kil.) Mandres (R. 91); — (40 kil.) Clefmont, (50 kil.) Bourmont (R. 40); — (62 kil.) Vrécourt (R. 31); — (28 kil.) Is-en-Bassigny, c. de 950 hab. située à la source du Rognon (415 met. d'altit.), à 3 kil. à g. de la route de Langres à Neufchâteau (R. 40). D'après la tradition le v. d'Is était jadis assez considérable; on rencontre en effet sur son territoire de nombreux restes de bâtiments. Des ossements, des armes, des cercueils en pierre, etc., y ont aussi été découverts. Il y avait autrefois un château fort, détruit au xvu* s. par un incendie. ]
De Chaumont à Paris, par Joinville, Saint-Dizier et Blesrae, R. 23; — à Neufchâteau, R. 30 ; — à Nogent- le-Roi , R. 91 ; — à Châtillon-sur-Seine, R. 90.
Après avoir croisé la route de terre de Mulhouse, le chemin de fer, traversant une tranchée ouverte dans un terrain rocheux, pour pénétrer dans la vallée de la Marne, se porte par une large courbe presque directement au S. vers Langres. — On
laisse à g. Choignes, v. de 212 hab., sur la Marne. En 1837, lors de la restauration de l'église, on a trouvé plusieurs bas-reliefs du xvr* s., abandonnés depuis cette époque aux injures du temps; Chamarande, c. de 152 hab., dans une charmante situation sur la rive g. de la Marne. Sur la rive dr. se montre l'ancien château seigneurial, qui date du xvn* s. — A 2 kil. 1/2 plus loin, on longe à g. le Val des Ecoliers (V. ci-dessus), dépendant de la c. de Verbiesles. Après avoir croisé deux fois encore la route de Mulhouse, on laisse à g. Verbiesles, c. de 234 hab., et Luxy, c. de 360 hab. (haut fourneau). Luzy, qui existait déjà au x' s., formait au moyen âge une seigneurie importante, et possédait un château flanqué de neuf tours, qui fut détruit au commencement du xvne s. L'église paroissiale, du xjr* s., a conservé un autel roman.
274 kil. Foulatn, c. de 300 hab., à dr. et un peu au delà de la station, est située sur une éminence dominant la rive g. de la Marne, dont elle est séparée par le chemin de fer. A g., on aperçoit, aux abords de la station, un beau pont sur la Marne et un pavillon récemment construit.
[Corresp. pour : — (3 kil.) Poulangy, et (13 kil.) Nogent-le-Roi (R. 91).]
Entre Poulain et Rolampont, on remarque un site pittoresque, offrant l'aspect d'un cirque naturel, formé par un amphithéâtre de beaux rochers que couronnent des bouquets, de bois et qui encadrent un magnifique fond de prairies. La voie ferrée franchit deux fois la Marne, et passe dans deux tunnels sous deux collines abruptes.
287 kil. Rolampont, c. de 1312 hab., située à g. de la station, sur les bords de la Marne. Ce village, dont l'origine remonte certainement au ix* s., occupe l'emplacement d'une station romaine, à en juger par les dé-