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LANGRES

bris de constructions découverts au S. E. de cette localité. Parmi ces ruines, on a particulièrement reconnu l'orifice d'un puits, des restes de mosaïque, un pavage et des fondations d'un caractère tout romain.

Celles-ci renfermaient un tombeau fait d'une seule pierre et une médaille qui paraissait dater de l'empire , mais tellement fruste qu'elle est restée indéchiffrable.

Sur le territoire de Rolampont s'exploitaient autrefois des carrières de tuf dont les cavités présentent encore aujourd'hui de belles stalactites.

Le chemin de fer laisse, près des rives de la Marne, à dr. Chanoy, c.

de 139 hab., puis, entre deux tranchées, Humes, c. de 566 hab. ; et à g. Jorquenay, v. de 228 hab., dont l'église renferme une Vierge mère du xii* s. On ne tarde pas à apercevoir la montagne dont Langres occupe le sommet.

297 kil. Langres (omnibus, 50 c.

sans bagages; 25 c. par colis;— hôt. :

de V Europe , de la Poste ; — libraires : Crapelet, Dallet, Pourtau, Sommier) , autrefois la capitale de la petite province qui s'appelait le Bassigny, ch.-l.

d'arrond. du départ, de la Haute- Marne, place de guerre de lr* cl., siège d'un évêché suffragant de Lyon, est une ville de 8320 hab., située à 2 kil. environ de la station , sur une montagne (473 mèt. d'altitude) qui s'avance au N. vers la vallée de la Marne comme un long promontoire, entre la Marne, à l'E. et au N., et la Bonnelle à l'O. Elle a perdu depuis quelques années l'aspect pittoresque qu'elle offrait autrefois. Ses vieilles murailles du moyen âge, noircies par le temps et couvertes de végétations parasites, ont été en effet remplacées par des fortifications modernes , monotones et nues. Cependant, elle attire encore de loin les regards par sa belle situation et l'ensemble de sa physionomie extérieure. Malheureusement il faut près de 30 minutes pour y monter de la vallée et de la gare du chemin de fer; en outre sa position élevée

l'expose non-seulement à la violence des vents mais à la rigueur du froid.

La ville, dont les rues, larges et bien percées, sont propres mais tristes et inanimées, affecte, dans son plan général, la forme d'un rectangle, légèrement arrondi à ses angles et occupant toute la longueur du promontoire sur lequel elle est construite. A peu près au centre, s'élève sur une place la façade de la cathédrale; à l'extrémité d'une rue ouverte presque en face de l'église, se présente, en dehors d'un bastion du rempart de l'O., la porte gallo-romaine; au N. (à g. en regardant la cathédrale) se groupe l'hospice civil et militaire Saint-Laurent, et, à dr., à l'extrémité d'une longue rue qui partage la ville en deux parties dans toute sa longueur, s'élève la porte des Moulins, la plus remarquable des entrées de Langres; enfin au N. E.

de la ville, prés du rempart, se trouve l'hôpital de la Charité surmonté d'un dôme ; cette construction fut élevée à la fin du xviir s. par l'architecte Forgeot, de Langres, qui bâtit presque tous les grands édifices de la ville à cette époque. A côté de l'hôpital de la Charité se voit le couvent des dames dominicaines.

Du haut des remparts, on jouit déjà d'un point de vue remarquable par son étendue ; mais c'est surtout des tours de la cathédrale que Ton embrasse un immense panorama. Le regard suit le cours de la Marne jusqu'auprès de Chaumont; à l'E., on découvre le Bassigny presque en entier, le commencement de la Lorraine, la montagne boisée de Montcharvot, près de Bourbon ne, et à l'horizon les Vosges ; enfin, au S. et au S. E., se dressent le Mont-Afrique, voisin de Dijon, les collines de la Franche-Comté, et, au delà, la chaîne du Jura; par un temps favorable, on reconnait même, à 260 kil. de distance, le faîte du Mont-Blanc.

tenir compte des traditions qu

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font remonter l'origine de Langres aux époques fabuleuses, il parait hors de doute que cette ville avait déjà une certaine importance bien avant la conquête romaine, et qu'elle formait alors la principale résidence , la capitale , si Ton veut, de la tribu des Lingons. Après l'invasion des Romains, cette tribu conserva longtemps encore une sorte d'autonomie qu'elle dut à des traités de paix avec César et ses successeurs dans les Gaules. Mais les Lingons, ayant voulu secouer complètement le joug de Rome, à l'instigation de Julius Sabinus, dont les infortunes sont une des pages les plus touchantes de l'histoire de l'empire romain, succombèrent dans la lutte, puis se virent réduits à l'état de simple colonie, et Langres fut en partie ruinée. Plus tard les Romains, appréciant l'avantage de cette position, rendirent à la ville toute son importance et y construisirent de nombreux et grands monuments, dont la porte gallo-romaine est un des restes. Au m* s. le pays de Langres fut envahi par des hordes barbares venues d'Allemagne, et le souvenir de Crocus, un de leurs chefs les plus redoutables, s'est toujours conservé dans la tradition du pays. Ce Crocus, après avoir égorgé saint Didier, troisième évèque de Langres, qui était venu implorer sa clémence en faveur des Langrois, s'empara de la ville, la mit au pillage et la réduisit en cendres. Les habitants furent passés au fil de l'épée. Ravagée de nouveau dans les invasions successives des barbares, Langres ne joua aucun rôle dans l'histoire sous les Mérovingiens. En 830, un concile provincial s'y tint en présence de Louis le Débonnaire et de son fils Lothaire; en 859, un second concile y fut encore tenu, et, dès cette époque , l'évéque semble avoir été le seigneur immédiat de la cité Au moyen âge, l'autorité du siège épiscopal ne fit que s'accroître; il fut érigé en duché-pairie par Louis VII, avec le droit pour l'évéque de porter le sceptre au sacre du roi. Dotée, vers le milieu du xu* s., d'une administration communale, Langres se trouva mêlée, pendant le xv*s.. comme les autres villes de la Lorraine et de la Champagne, aux luttes des Bourguignons et des Armagnacs, et fut menacée aussi par les bandes d'écorcheurs qui traversaient la France. Le protestantisme, qui s'y introduisit au xvie s., sans y faire de grands progrès, n'a laissé à Langres que le triste souvenir des rigueurs impitoyables par lesquelles ses manifestations furent réprimées. Néanmoins, à l'é-

mulhouse. [Route 3]

poque de la Ligue , et malgré les succès et l'influence des Guises. Langres resta fidèle à la cause royale, et elle s'imposa, pour la soutenir, de très-grands sacrifices en hommes et en argent, malgré l'évéque et le clergé, qui étaient ligueurs. En 1591, elle fut assiégée par les Lorrains et sauvée par la vigilance d'un boulanger qui découvrit un pétard que l'ennemi plaçait, pendant la nuit du 20 août, contre la porte du marché pour la faire sauter, et pénétrer dans la ville. Il donna l'alarme, et les Lorrains repoussés furent obligés de lever le siège. Depuis cette époque, il se fait tous les ans, le 20 août, une procession solennelle en souvenir de cette circonstance, et le pétard est exposé sur le balcon de l'hôtel de ville. En 1636, le pays fut dévasté tour à tour par les Suédois que commandait le duc de Saxe- Weimar, et par les impériaux qui étaient venus au secours de la ville.

En 1814, après une capitulation honorable, Langres fut occupée par les Autrichiens, qui y entrèrent de nouveau en 1815 et lui imposèrent alors, bien que la guerre fût terminée, des contributions excessives en nature et en argent.

Langres a vu nattre un grand nombre d'hommes illustres dans les lettres, les sciences et les arts ; nous citerons entre autres Jean Buvet, le premier graveur français. On conserve de lui, au musée de Langres, VAjwcalypte, l vol. in-4w de planches gravées du plus haut intérêt ; Denis Diderot, l'un des esprits les mieux doués et les plus ardents de l'école philosophique du xvme s. ; les peintres Pierre, Richard et Jean TasseP; J. Ziegler, à qui sont dues les peintures monumentales de la Madeleine ; M. Lescorné, sculpteur: M. Petitot, également sculpteur, membre de l'Institut.

La cathédrale (mon. hist.), dédiée à saint Mammcs est un magnifique édifice du style de transition, dans lequel le plein cintre et l'ogive sont

1. Les deux derniers, fils et petit-fils de Pierre Tasse), sont les plus connus. C'est à eux qu'il faut attribuer les œuvres de peinture que nous indiquerons plus loin ; mais il est souvent assez difficile de bien déterminer la part de chacun de ces deux peintres, qui ont travaillé ensemble dans la même ville et à la même époque. Nous nous bornerons donc à signaler leurs œuvres par le nom de Tassel, sans distinguer entre le père et le fils.

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