BELFORT
goifiques travaux sont destinés à la protection du camp retranché. — La ville, la citadelle elles deux forts renferment des casernes et tous les magasins accessoires, les unes et les autres voûtés, à l'épreuve de la bombe.
La colline de la Miotte porte, à son sommet, une espèce de tour ou pyramide en maçonnerie, d'origine incertaine, mais vraisemblablement galloromaine, dit M. P. Huot (Des Vosges au Rhin ). Les Belfortais et tous les habitants des villages environnants, d'où l'on peut l'apercevoir, professent un respect traditionnel pour ce petit monument qu'ils considèrent comme une sorte de Palladium.
[Voitures publiques (sans corresp.
avec le chemin de fer) pour : — (15 kil.) Giromagny (R. 58); — (22 kil.) Massevaux, ch.-l. de c. de 3570 hab., situé sur la Doller, au pied du ballon d'Alsace.
Massevaux est le but d'une excursion très-agréable. La route qui y conduit longe presque constamment les pentes extrêmes des Vosges au S. K. Au retour, si Ton ne veut pas revenir sur ses pas, on peut monter, par le vallon de Villerbach, au sommet du Rossberg (1196 mèt. d'altit.), d'où Ton découvre une vue magnifique. Par le versant N. E. du Rossberg, on redescend à Moosch et à Malmerspach, dans la vallée de Saint-Araarin (R.87). Cette excursion, dans laquelle on traverse une contrée du caractère le plus agreste , peut se faire en une journée, y compris le trajet en voiture de Belfort à Massevaux.
Massevaux doit son origine à une abbaye de dames nobles, que Mason, petit -fils dÊtichon , duc d'Alsace, avait fondée au commencement du VHP s., et qui subsista jusque vers la fin du xvni* s. Dans l'église se conserve un sarcophage qui, d'après une inscription latine, aurait renfermé les restes du fils de Mason. Massevaux possède un atelier de coustruction, plusieurs filatures et tissages
mécaniques , des tanneries, une fabrique de tuiles réfractaires et une scierie mécanique avec machine à vapeur.]
De Belfort à. Remiremont, R. 58; — à Guebwiller, par Cernay et Soultz, R. loo ; — à Besançon, par Montbéliard, R. 101 ; — à Porrentruy, par Délie , R. 102.
On croise la route de terre de Besançon par Clerval, puis celle de Montbéliard, après avoir laissé à dr.
l'embranchement de Montbéliard qui relie le réseau de l'Est à celui de Paris à Lyon et à la Méditerranée; enfin on franchit la Savoureuse au delà de laquelle on rencontre Danjoutin, c. de 712 hab.. dont le territoire renferme des mines de fer.
On s'engage ensuite dans une profonde tranchée rocheuse. A g., on continue d'apercevoir les grands sommets des Vosges, dont on s'éloigne cependant de plus en plus; à dr. , on découvre de nouveau les hauteurs du Jura.
449 kil. Chèvremont, c. de 529 hab.
à 500 mèt. à g. du chemin de fer, sur le ruisseau de la Clavière. L'église de ce village passe pour avoir été construite par Kléber, lorsque, à son retour de Munich , il exerça la profession d'architecte (1783)."— La voie effleure à g. Petit-Croix (243 hab.).
457 kil. Monlreux-le-Vieux$W hab.)..
[Corr.pour (14 kil.) Délie (R. 102).]
A dr. se montre, pour la première fois, le canal du Rhône au Rhin, que le chemin de fer longe pendant 3 kil.
environ, avant de le franchir sur un beau viaduc . ainsi que la route de terre de Mulhouse qui se développe à g. entre le canal et la voie ferrée. Descendant ensuite dans la vallée de la Largue, on passe sur le viaduc courbe de Rœsbivchel, construit en pierres et en briques, long de 389 mèt. 63 cent. , et composé de 28 arches de 8 mèt. 60 cent, d'ouverture, dont la plus grande hauteur est de 20 mèt.
A ce premier viaduc en succède,
[.route 3J belfort
ALTKIRCII.
à très-pau de distance, un second jeté sur la Largue et bâti tout en briques, ha longueur de ce dernier est de 493 mèt. ,33 cent, et sa plus grande hauteur de 23 nict. 90 cent. 11 a 42 arches en plein cintre, de 8 met. 60 cent, d'ouverture, et une arche centrale de 25 mèt. sous laquelle coule la rivière.
465 kil. Dannemarie, ch.-l. de c.
de 1146 hab., à g. et en deçà de la station, à peu de distance de la Largue et du canal du Rhône au Rhin, qui y franchit cette rivière sur un beau pont-canal. Dannemarie possède une jolie église.
On traverse un terrain marécageux sur un viaduc courbe de 35 arches, en granit rose des Vosges, que l'on aperçoit de la station de Dannemarie; au delà d'une longue et haute tranchée courbe , on découvre la vallée de PHI, dont les riants coleaux se déploient au loin, sur la dr. Plus loin aux abords de la station d'Altkirch, l'Ill, qui décrit à cet endroit un angle assez ai^u, croise la voie ferrée sous deux viaducs en granit rose des Vosges.
475 kil. Àltkirch, ch.-l. de c , V.
de 3193 hab., située dans une position pittoresque, à mi-côte d'une colline que baigne Pilla PO.
Altkirch parait dévoir son origine à une église, aujourd'hui détruite, et dont la construction remontait, dit-on, à l'époque de l'introduction du christianisme en Alsace. Cette église dépendait du prieuré de Saint- Morand, établi dans un vallon voisin de la ville actuelle , et autour duquel se forma une première agglomération de maisons. Un incendie ayant détruit cette petite ville vers la fin du xn* s., les habitants transportèrent leur résidence sur la colline, et la nouvelle cité prit définitivement le nom d'Altkirch {vieille église), en souvenir de l'ancienne église du prieuré. La ville d'Altkirch, après avoir appartenu longtemps aux comtes de Ferrette, passa, par mariage, on même temps qoe Belfort, dans la maison d'Autriche. Celle-ci la conserva jusqu'à l'époque du traité de Westphalie, par lequtl Altkiroh fut comprise dans les cessions faites à la France.
Altkirch, où résidèrent souvent les archiducs», eut beaucoup à souffrir, au xv« s., de la guerre des Armagnacs,et, au commencement du xvne s., de la présence des Suédois, des impériaux et des Français, qui la saccagèrent tour à tour. Précédemment, en 137S , la ville avait été assiégée par les grandes compagnies anglaises et elle faillit être emportée par surprise. Mais, grâce à une intervention miraculeuse qui, selon la tradition, vint éblouir et épouvanter les assaillants, les habitants t'aperçurent à temps du danger et firent subir une défaite complète à leurs ennemis. Le souvenir de cette légende est conservé par une inscription dans la grande salle de l'hôtel de ville, où l'on remarque, avec plus d'intérêt du reste, le buste du célèbre voyageur Hommaire de Hell, né à Altkirch.
Altkirch était, depuis la réorganisation administrative du commencement de ce siècle, le chef-lieu de l'arrondissement ; en 1858, ce titre et les attributions qui y sont jointes ont été transférés à Mulhouse, qui depuis longtemps y avait droit par l'importance de sa population et le développement immense de son commerce et de son industrie.
Véglise paroissiale d'Altkirch, que l'on aperçoit du chemiu de fer, avant d'entrer en gare, a été construite, de 1845 à 1850, sur la partie supérieure de la colline et sur l'emplacement (Schlossgarten) de l'ancien château démoli au xvue s. C'est un bel édifice, bâti dans le style roman, avec une tour à deux étages surmontée d'une flèche. Elle comprend , à l'intérieur, une nef, deux collatéraux, un transsept et un chœur terminé en abside.
Le maître-autel et le tabernacle, en pierre blanche, d'une ornementation trop surchargée, peut-être, sont remarquables, cependant, par la délicatesse et le fini des sculptures. Ils sont l'œuvre de MM. Laurent, de Nancy, à qui est due aussi la chaire également en pierre et ornée de bas -reliefs d'un bon travail. L'abside renferme un beau tableau de M. G. Dauphin : Y Assomption de la Vierge. L'église est couverte en tuiles vernissées , rouges et noires, disposées en losanges ; ce genre de tuiles est le produit d'une
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industrie locale particulièrement renommée.
Nous mentionnerons encore :V ancien palais de justice, construction d'une assez grande apparence, dont l'entrée est surmontée d un beau balcon soutenu par un encorbellement que termine une tête de femme; — la halle aux blés, qui renferme une salle trèsvaste au premier étage; — Y hospice, grand bâtiment situé à 10 min. de la ville, dans le vallon où se trouvait le prieuré de Saint-Morand. — Enfin, tout près de l'église, au centre de la place de la Mairie, sur l'emplacement de l'ancienne église paroissiale démolie en 1850, s'élève une fontaine, petit édifice dans le style du xv* s., d'une exécution bien réussie, et qui a été construite par MM. Laurent. Le clocheton qui termine cette fontaine abrite une statue de la Vierge, débris de l'ancienne église. Une inscription gravée sur une des faces de la fontaine rappelle, comme celle de l'hôtel de ville, la légende de la délivrance miraculeuse d'Altkirch.
La principale industrie d'Altkirch, dont le territoire donne une argile de très-bonne qualité , est la fabrication de poteries, de poêles en faïence, de briques et de tuiles vernissées. Les produits de cette industrie, principalement le dernier, connu sous le nom de tuiles d'Altkirch, sont trôs-estimés.
[Gorresp. pour (6 kil.) Hirsingen, -— (15 kil.) Durmenach et (24 kil.) Ferrette (R. 103).]
D'Altkirch à Ferrette, R. 103.
Le chemin de fer décrit une forle courbe, pour prendre la direction du N. A g., les Vosges n'apparaissent plus que comme une masse d'un bleu foncé, cachée parfois par les coleaux de la rive g. de l'Ill^dont le chemin de fer longe le cours, d'abord. à dr., ensuite à g., jusqu'à Mulhouse. Adr., on commence à entrevoir les hauteurs de la Forét-Noire. Du môme
côté, se montrent, sur V\\l, Walheim, v. de 655 hab., et Tagolsheim , v. de 388 hab., renommé pour les magnifiques vergers qui l'avoisinent. On franchit, à la hauteur de Tagolsheim, l'Ill et la route de Mulhouse, que l'on avait déjà croisée à la sortie d'Altkirch.
482 kil. Illfurth, c. de 1053 hab., à g entre le chemin de fer et le canal du Rhône au Rhin , que l'on côtoie jusqu'à Mulhouse.
Les envi rons d'Illfurt, très-agréables à visiter, renferment quelques restes d'anciennes constructions que les archéologues surtout visiteront avec intérêt.— A 1 h. du village,au S., sur le Britzgyberl ou montagne de Saint- Project, se trouvent les traces nettement accusées d'un camp romain retranché, consistant en un revêtement en terre de 1 mèt. à 1 mèt. 50, s'élevant au N. du plateau. Près de cet emplacement ont été trouvés une urne, quelques pièces de monnaies romaines et deux bracelets en bronze.
Du sommet le plus élevé du Britzgybert, le regard embrasse une vaste étendue de pays, qu'arrosent l'Ill et la Largue, et où se montrent, au S., la ville et le château de Ferrette et les nombreuses ondulations qui se projettent du Jura supérieur vers la plaine — Dans une direction opposée au Britzgybert, est un monticule appelé Kuppeléberg f ou simplement KuppcU , en raison de la forme arrondie de son sommet. Des fouilles pratiquées à l'époque de la construction du chemin de fer y ont fait reconnaître les ruines d'un château fort. M. Briscard, qui a pris l'initiative de ces recherches , pense que ces vestiges appartiennent à une construction antérieure au xn* s. Il parait probable que ce sont les restes du château fort d'Illfurt, dont M. P. Huot pense que l'on peut faire remonter la construction primitive à l'époque gallo-romaine. Le Kuppeléberg , situé à 30 min. au N. d'iîlfurth, en face de Frœningen (F. ci-dessous), do-
[ROUTE 4] ILLFURTH. -
mine la vallée de Ml et le chemin de fer.
On traverse la riante vallée de Ml, bordée de coteaux couverts de vignes, et tapissée de jolies prairies où se dessinent, à g., les lignes de peupliers bordant Ml et le canal. On laisse à g., sur le versant d'une colline, au delà de Ml et du canal du Rhône au Rhin, Froeningen, v, de 696 hab., qui possédait autrefois un château fort dont il ne reste rien , mais qui a été remplacé par une magnifique habitation de plaisance construite au xvw*s.
485 kil. Zillisheim (halte), v. de 1316 hab., situé à g. entre le chemin de fer et le canal. 11 était défendu au xni" s. par un château que les Mulhousiens détruisirent en 1452.
— On laisse encore, à g., Didenheim, c. de 1202 hab., près de Ml; puis, àdr., Brunstatt, c. de 2382 hab., renfermant une belle et vaste église du xviii» s. L'ancien château fort de Brunstatt, dont les derniers débris ont disparu lors de l'établissement du chemin de fer, fut assiégé et pris par 1 es troupes de Turenne (29 décembre 1674), lorsque, au début de sa belle et rapide campagne en Alsace, il eut opéré son célèbre mouvement tournant par le revers occidental des Vosges. — La voie ferrée décrit une légère courbe, en se raccordant à la ligne de Strasbourg à Bâle.
491 kil. Mulhouse (R. 2).
DE PARIS A C0UL0MMIERS
72 kil. — Chemin de fer. — Trajet en 2 h. 25 min. et 2 h. 30 min. — lr0 cl. 7 fr. 50 c; 2e Cl. 5 fr. 60 c; 3e cl. 4 fr. 05 c.
39 kil. Gretz-Armainvilliers (R. 3).
— On laisse à dr. la ligne de Mulhouse, puis Gretz compris dans l'angle formé par la bifurcation des deux lignes. A g. on décoAre à quelque distance , au delà de la route de terre de