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TOURNAN

Coulommiers que Ton croise deux fois presque immédiatement, le beau château et le parc d'Armainvilliers, situés àla lisière de laïorêt d'Armainvilliers, près du grand étang du même nom.

41 kil. Tournan, ch-1. de c. de 1781 hab., à g. du chemin de fer, dans un petit vallon formé par un ruisseau qui descend des bois reliant au N. la forêt d'Armainvilliers à celle de Crécy. Ce ruisseau va se perdre au S. dans un gouffre, près de Presles (R. 3).

L'origine de Tournan est assez obscure; toutefois ce bourg paraît avoir dépendu, à une époque très-reculée, de l'abbaye de Faremoutters, dont il renfermait une annexe. Le monastère de Tournan, détruit parles Normands au ix° s. , fut remplacé par un chapitre de chanoines, puis, au xi* s., par un prieuré de Bénédictins supprimé à la Révolution. Tournan fut également le siège d'une seigneurie dont l'investiture immédiate appartenait aux évêques de Paris.

L'église paroissiale, ancienne église du prieuré (à l'extrémité de la rue principale), date du xnie ou du xiv s.

— A la mairie, se voient encore quelques vestiges du château forl.

A 1 kil. nu S. de Tournan, à dr.

du chemin de fer, d'où l'on peut apercevoir l'extrémité du parc, arrosé par le ruisseau de Tournan, se trouve le château de Combreux, reconstruit dans une situation agréable depuis quelques années. — Un peu plus loin à l'O. est situé le petit château de Vignoles, dont il est fait mention dès le commencement du xve s.

ICorresp. pour : (27 kil.) Melun ( V. Yltinéraire général de la France, Bourgogne y Franche-Comté, Savoie, par Ad. Joanne).]

On traverse un plateau enveloppé à g. par les forêts d'Armainvilliers et de Crécy, et Ton croise successivement les routes de Tournan à Rosoy et de Meaux à -Melun, en laissant à g. les Chapelles-Bourbon, c. de 102 hab.

50 kil. Maries, v. de 543 hab., à dr. et à 1 kil. 1/2 de la station, possède une église du xv* s. Dans une auberge voisine de cette église, se voient quelques traces de l'ancien château de Maries, où Henri IV séjourna, dit-on, quelquefois.

[Corrcsp. pour: —(1 kil. 1/2) Maries;—(8 kil.) Lumigny, c. de 547 hab., sur une haute plaine , au N. E. de Maries. A 700 ou 800 met. au S. de Lumigny, se trouve un château ancien d'une construction très -irrégulière, où Charles IX, accompagné de sa mère et des maréchaux de Montmorency et d'Atoville, tint, quelque temps seulement avant la Saint-Barthélemy, une conférence mystérieuse avec plusieurs chefs protestants, auxquels il renouvela des assurances mensongères de pacification. Le château de Lumigny, précédé d'une magnifique avenue dans la direction de Maries , possède un vaste parc, au milieu duquel s'élève, à 45 met. au-dessus de la plaine, une colline isolée, portant à son sommet une vieille tour d'où Ton découvre les environs jusqu'à 25 kil. de distance. Le château de Lumigny appartenait, avant la Révolution, à Helvétius, qui y composa, dit- on, son livre de V Esprit. 11 est aujourd'hui la propriété de l'un des descendants du philosophe, M. le marquis de Mun; — (12 kil.) Touquiny c. de 845 hab., près de l'une des sources de l'Yères ; — (3 kil.) la Uoussaye, c. de 702 hab., avec «ne église en partie du xiu* s. et duxiv's. et en partie moderne. On remarque surtout à la Houssaye un magnifique château , flanqué de pavillons avec tourelles, et dont la construction semble appartenir au xvif s. 11 est entouré de fossés et possède un grand et beau parc avec pièces d'eau. Après avoir appartenu aux maisons de Montmorency, de Monceaux, de Coëtlogon, ce château était passé, après la Révolution, dans les mains du maréchal Augereau, qui y reçut, «n 1807, l'em-

pereur Napoléon* A la mort du maréchal, il a été vendu par ses héritiers. En face du parc, de l'autre côté de la route de Meaux à Melun, se voit, près du hameau de Limodin, une habitation appartenant à M. J. Bastide ; elle remplace une ancienne maison où est né le poète Jodelle (xvi* s.) ;

— (4 kil.) Fontenay-Tresigny (R. 8);

— (11 kil.) Rosoy(R. 3).]

Le -chemin de fer décrit une forte courbe dans la direction du N. E.

Après avoir laissé, à 800 mèt. environ sur la g., le village de la Houssaye {V. ci-dessus), on pénètre dans la forêt de Crécy , dont on croise Tune des plus belles avenues.

56 kil. Mortcerf, c. de 1415 hab., à dr., sur le versant d'un coteau faisant face à la forêt do Crécy , et sur le sommet duquel s'élève l'église, appuyée à une grosse tour carrée. — Entre Mortcerf et la forêt de Crécy, qui en est très-rapprochée, se trouve le hameau du Bec-d'Oiscau renfermant quelques restes d'un château fort.

Le chemin de fer, s'éloignant de la forêt de Crécy, passe à Dammarlin-sous-Tigeaux, c. de 510 hab.

(à g.) , dans la vallée du Grand- Morin où se voit encore une ancienne habitation seigneuriale avec parc. La vallée du Grand - Morin , qu'on longe constamment à g., offre un aspect agréable. Dans le fond , s'étendent des prés frais et verts, où des lignes de hauts peupliers indiquent le cours sinueux de la rivière; sur les rives de la rivière et sur les coteaux couverts de vignes et de vergers qui s'élèvent au N., au delà du Grand-Morin, on- aperçoit plusieurs villages, des fermes, des usines ef de grandes habitations avec parcs.

62 kil. Guérard, c. de 1662 hab., à 1500 mèt. à g. du chemin de fer, au fond d'une riante presqu'île formée par le Grand-Morin. De la station, un beau chemin borde d arbres conduit directement, à (15 min.),

[ROUTE 41 MARLES. — FAREMOUTIERS. 235

Guérard, que signale la tour carrée de Véglùe, terminée par un haut clocher en ardoises, s'élevant du milieu des arbres. Ce village avait autrefois une enceinte fortifiée, flanquée de tours, dont les derniers vestiges ont disparu à la fin du xvin* s. Presque en face de Guérard, sur la rive dr. du Grand-Morin , se trouve un beau château dont le parc, tracé avec goût, domine en partie la rivière.

On dépasse bientôt, à dr.,Za Cellesur-Morin, c.de 962 hab. , située sur le versant d'un coteau au pied duquel le Grand-Morin (à g.) contourne une presqu'île symétrique à celle qu'occupe Guérard. Dans le fond de la vallée, immédiatement à g. et audessous du chemin de fer, s'élèvent les ruines de l'église abbatiale de la Celle. L'origine de cette abbaye remonte à un oratoire fondé par saint Blandin au xi* s., dans ce lieu, alors désert et couvert de forêts. Un extrême relâchement de mœurs s'étant bientôt introduit dans ce monastère, il fut attribué aux religieux de Marmoutier à titre de prieuré.

Au xviie s., il fut occupé par des religieux anglais réfugiés en France, et plus tard par une communauté de missionnaires. L'église de la Celle, dont les restes attestent une grande élégance architecturale,date duxm's.

Toutefois, le chœur et les bas côtés montrent partout des retouches faites ou xv" s. et postérieurement. « Le chœur, dit M. Anatole Dauvergne, dans une notice intéressante qu'il a publiée sur l'église de la Celle, s'arrêtait aux transsepts, dont les extrémités étaient surmontées de clochers; et le porche s'ouvrait entre ces deux tours, comme à Jumiéges,àSouvigny, à Saint- Pé-de-Générèz. L'abside est carrée. Je ne sais rien de plus élégant et de plus monumental à la fois (juc cette partie de rédifice, la principale, il est vrai Au-dessus de

l'autel, qui était adossé à l'abside, s'étendait un dais en pierre qui por-

tait la galerie de service ou triforium que l'on voit régner au premier étage. Le crayon seul peut donner une idée de cette charmante disposition de l'abside. » Malheureusement, ces ruines intéressantes reçoivent chaque jour de nouvelles atteintes du temps et des hommes, et si l'on ne veillé pas à leur conservation, elles auront bientôt disparu. — V église de la paroisse, bâtie à côté, est insignifiante.

A moins de 1 kil. à g. du chemin de fer et des restes de l'église de la Celle, on aperçoit, sur la rive g. de la rivière , au hameau de Courtalin , une papeterie fondée en 1767 et qui, après avoir joui d'une grande réputation, devint une dépendance de l'établissement important du Marais.

65 kil. Faremoutiers - Pommeuse, Les deux localités dont la station porte les noms sont situées, la première à dr., à 1 kil. du chemin de fer, la seconde à g., dans la vallée, un peu au delà de la station. ~

Faremoutiers c. de 796 hab., que l'on n'aperçoit pas du chemin de fer, s'élève sur un coteau (136 mèt. d'alt.) baigné à l'E. par l'Aubetin, au-dessus même du confluent de cette petite rivière avec le Grand-Morin. Faremoutiers s'est formé à côté d'une riche abbaye de femmes , fondée au vu* s.

par sainte Fare, fille d'Agneric, l'un des principaux officiers de la cour de Théodebert, roi d'Austrasie. La renommée de sainteté de ce monastère y attirant de nombreux pèlerins, les habitations se multiplièrentàl'entour, et le hameau devint, au moyen âge, une petite ville, entourée de fortifications dont ilne reste plus de traces.

Quant à l'abbaye, supprimée en 1789, elle a été complètement détruite pour faire place à une habitation moderne, entourée d'un parc, d'où l'on a de jolis points de vue sur la vallée. Les caves hautes et voûtées de l'ancienne abbatiale sont cependant encore conservées.

Pommeuse y c. de 1252 hab., est située à 2 kil. au delà de la station,

DE PARIS A COULOMMIERS

près du confluent de l'Aubetin et du Grand-Morin, au milieu de prairies.

L'ancien château seigneurial, datant du xvi* s., est entouré de fossés alimentés par les eaux du Grand-Morin; le parc, clos de murs, est dessiné à l'anglaise. Il existe, près de Pommeuse, les restes d'une voie romaine.

— La partie la plus charmante de la vallée du Grand-Morin est celle qui s'étend de Dammartin à Pommeuse.

Au delà , on rencontre encore de jolis sites ; mais ils n'offrent plus la même variété riante et pittoresque.

Après avoir dépassé la station, on franchit l'Aubetin et l'on aperçoit à g. Pommeuse et son château. On traverse ensuite une longue tranchée.

69 kil. Mouroux, c. de 1824 hab., à dr., dans un fond boisé que domine la station, établie sur un remblai considérable. L'église, du xme s., possède un retable orné d'un Baptême de Clovis, d'une assez bonne exécution.

Dans l'intervalle de plusieurs tranchées, on entrevoit à g. des prairies, les hauteurs bordant la rive dr. du Grand-Morin, des usines, et enfin quelques maisons de campagne, aux abords de Coulommiers.

72 kil. Coulommiers ( hôt. : de France, du Soleil, du Méridien, de l'Ours), ch.-l. d'arrond. du départ, de Seine-et-Marne, V. de 4445 hab., est située sur le Grand-Morin qui l'arrose au S. par son bras principal et par plusieurs dérivations.

Coulommiers, qui renferme cependant quelques rues régulières, a, en général, une physionomie assez insignifiante. A la sortie de la gare, on tourne à g. et l'on entre dans un large faubourg, où l'on traverse le Morin; à dr. s'ouvre une belle place, dont l'hôtel de ville occupe l'un des eûtes. Le faubourg, en pénétrant dans l'intérieur de la ville, se bifurque en deux rues; celle de g. aboutit à la route de Coulommiers à la Ferté-sous-Jouarre ; celle de dr., dans laquelle se montrent, à g., l'église Saint-Denis, à dr. le nouveau palais de justice, s'arrête à l'entrée de la route de Rebais. Là se présente, à g., une promenade plantée sous les murs, flanqués de

tours rondes, des anciennes fortifications. Ce boulevard, après avoir contourné la ville, au N. 0. de laquelle il forme un jardin public orné de pelouses et d'allées de marronniers, s'arrête en terrasse au-dessus du Grand-Morin. Enfin, à la sortie de la gare, et avant de franchir la rivière, on trouve à dr. une rue conduisant à une presqu'île qui renferme, au S. E. de Coulommiers, l'ancienne église des Capucins et les restes d'un château de plaisance, construit, au commencement du xvn« s., par la veuve du duc de Longueville, dame de Coulommiers.

Coulommiers, désignée, dans d'anciens titres, sous le nom de Columbarius, Colomier et Columier, ne parait pas remonter au delà du ix« s. Elle se composait alors de quelques habitations groupées autour d'un château fort, élevé sur la rive dr. du Grand-Morin. Plus tard et à une époque sur laquelle les historiens ne sont pas absolument fixés, s'élevèrent dans la ville naissante les deux églises de Saint- Denis et de Sainte-Foi. En tout cas, le premier acte authentique concernant Coulommiers ne date que du xi« s. On pense que c'est vers ce temps que fut fondé le prieuré de Sainte-Foi , dont dépendait l'église du même nom.

Les comtes de Champagne, qui furent les premiers seigneurs de Coulommiers, agrandirent et fortifièrent le château, où ils résidèrent assez fréquemment. En 1321, Thibaut IV accorda aux habitants des franchises communales. Après avoir beaucoup souffert pendant les guerres du commencement du xv« s., la ville fut prise, pillée et en partie brûlée par les Ligueurs, en 1593.— Coulommiers est la patrie de Valentin, coloriste d'un grand avenir, mort à trente-deux ans. Une pierre portait une inscription commémorative a été récemment encastrée dans la façade de la maison où il est né.

L'église paroissiale Saint-Denis a été construite au xni" s., en remplacement de l'église primitive qui tombait en ruine ; la tour à laquelle s'appuie le portail ne date que du xvi's.

A l'intérieur, l'église comprend une nef principale, deux nefs latérales sur lesquelles s'ouvrent plusieurs chapelles avec voûtes à nervures, et un chœur, d'une disposition élégante, terminé par un sanctuaire en abside. | La nef principale n'a qu'une voûte en

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