‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 192 sur 489 · DE PARIS A BOURBON NE-LES-BAINS . [ROUTE · texte numérisé non relu

DE PARIS A BOURBON NE-LES-BAINS . [ROUTE

M. Chevalier, qui avait fait antérieurement une analyse des eaux de Bourbonne, y a reconnu, à l'aide de l'appareil de Marsh, la présence de l'arsenic, et M. Garreau, pharmacien major, celle de l'iode.

Les eaux de Bourbonne se prennent en bains, douches et boissons. Elles sont particulièrement recommandées dans les cas d'hémiplégie, de fièvres intermittentes anciennes, d'hydropisies commençantes, de rhumatismes chroniques, musculaires ou articulaires, provenant soit de cause interne, soit de plaies d'armes à feu, de chute ou de toute autre contusion; enfin ces eaux s'emploient avec succès contre les scrofules, les ulcères, etc.

Les boues de l'eau minérale de Bourbonne, dégagées des impuretés qu'elles contiennent, étaient autrefois utilisées comme un bon moyen curatif dans les cas d'entorse , de luxation, de dartres squammeuses, de vieux ulcères , etc. ; aujourd'hui l'usage en est abandonné ; quelques médecins le considèrent môme comme dangereux; d'autres, au contraire, s'appuyant sur des autorités sérieuses, pensent que ce mode de traitement pourrait être encore recommandé avec efficacité.

La durée de la saison est de 4 mois, du 15 juin au 15 octobre; celle de la cure, de vingt à trente jours. Plusieurs médecins éminents pensent que l'emploi des eaux de Bourbonne n'aurait pas moins d'efficacité pendant l'hiver que durant Tété, et, dans leur opinion, les malades y trouveraient môme quelque avantage sous le rapport du régime général, la convalescence s'accomplissant ainsi dans le printemps et l'été, au litu «l'avoir à traverser presque immédiatement la mauvaise saison.

L'établissement thermal, situé sur un« vaste place, en face de la rue des Bains, fui commencé en 1717 et abandonné après l'incendie de la ville. Les travaux, repris en 1763 par

M. de Chartraire, furent entièrement modifies, quelques années plus tard, par M. de Mesme-Davaux, entre les mains de qui était passée la seigneurie de Bourbonne. Les constructions déjà élevées furent abattues et remplacées, vers 1783, par un corps de bâtiment qui subsiste en partie et pour lequel furent employés les matériaux de l'ancien château, dont les restes disparurent complètement à cette époque. Jusque-là, la propriété de l'établissement thermal et des sources avait appartenu aux seigneurs de Bourbonne; elle fut cédée en 1812 au gouvernement, qui fit d'abord ajouter quelques bâtiments aux constructions principales. En 1837, une partie importante de l'établissement fut reconstruite, mais la masse principale de l'édifice actuel date de 1783. C'est un vaste rectangle, élevé d un premier étage , au-dessus du rez-dechaussée , et dont l'unique décoration consiste en un péristyle d'ordre ionique sous lequel se trouve l'entrée principale. L'édifice, noirci jpar le temps et sans aucun caractère architectural, présente un aspect, sinon délabré, du moins vieux et usé, surtout du côté de l'aile réservée aux hommes. Si l'extérieur est peu satisfaisant , l'intérieur se recommande par une distribution commode. Un large vestibule partage, au rez-dechaussée, l'édifice en deux parties bien distinctes : le côté droit est affecté aux hommes, le côté gauche aux femmes. Ces deux divisions comprennent 20 cabinets de bains, 16 cabinets de douches, 2 piscines ou bassins et 2 étuves. Le rez-de-chaussée renferme, en outre, des salles d'attente et de consultation, 4 salles de service, 2 fontaines d'eau ordinaire et le puisard, d'une profondeur de 10 à 12 mèt., formant le réservoir de la source thermale dont une machine hydraulique él';ve et distribue l'eau selon les besoins. Deux escaliers à dr. et à g. du vestibule, conduisent au premier étage également divisé

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