‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 254 sur 489 · ROUTE 56] REMIREMONT. — MONUMENTS · texte numérisé non relu

ROUTE 56] REMIREMONT. — MONUMENTS

t. XVII), se compose d'une nef principale avec colonnes monocylindriques, à chapiteaux cubiques allemands, et de deux ailes ou collatéraux terminés par des absides. Un autel presque carré et d'un petit diamètre, tel qu'il y en a de représentés dans les bas-reliefs du xiie s., se voit encore dans l'absidiole du collatéral N. de la crypte; il est fait d'un assemblage de plusieurs pierres de taille. Cette crypte peut dater du xi* s. Elle renferme divers tombeaux d'abbesses, qui doivent être anciens ; on n'en voit que les couvercles à ras déterre; ils n'ont pas d'inscriptions.»

Quelques archéologues pensent, contrairement à l'opinion que nous venons de citer, que la crypte est antérieure au xi» s. A leur avis, elle aurait déjà existé à l'époque où les religieuses se retirèrent à Remiremont, c'est-à-dire dès* le x* s. On y a déposé plusieurs cercueils en pierre, et quelques pierres tombales dont les inscriptions sont effacées; sur Tune d'elles cependant se lit encore la date de 1562.

L'ancien palais a&6a(ïaf Reconstruit en 1750, par l'architecte Jennesson,de Nancy, présente deux corps de logis se joignant presque à angle droit et appuyés au chevet de l'église. Le tribunal de première instance, la mairie et la bibliothèque publique y sont aujourd'hui installés. La splendeur de cette résidence vraiment princière se devine encore au large escalier qui remplit le vestibule donnant sur la place de Péglise (rampe en fer d'un» excellent travail) et aux grandes proportions de diverses salles ornées de panneaux à riches moulures. Nous signalerons, entre autres : au rez-de-chaussée, le salon de réception de la mairie, la bibliothèque, le grand salon et le salon à colonnes (ce dernier, particulièrement remarquable, était, au temps du chapitre, la salle de musique de l'abbesse), enfin, au premier étage, la salle d'audience du tribunal.

VOSGES

Extérieurement, le palais abbatial a mieux conservé son aspect monumental; toute la façade S., sur la rue menant à la route de Luxeuil, est d'un style élevé. Précédée d'un joli parterre qu'enclôt une grille, elle est décorée de médaillons que remplissaient jadis les portraits des princes de la maison de Lorraine.

On voit encore, sur la place de l'église, quelques-unes des maisons canoniales, qui datent toutes du milieu du xvn° s. ou du commencement du xvin». L'une des mieux conservées, en face du portail de l'église, est devenue Vhôtel de la sous-prefecture.

Nous mentionnerons encore : — le collège communal, bel édifice de construction moderne; — la prison cellulaire, l'une des premières qui aient été bâties et dont la chapelle, surmontée d'un dôme, est remarquable ; — Y hôpital (sur la route de Luxeuil), construit en 1722 pour remplacer un hôpital situé dans l'enceinte même du cloître. 11 comprend 12 salles, consacrées aux malades et aux infirmes des deux sexes; — de belles écoles de filles, bâties récemment à peu près en face de l'hôpital, près du chemin du Calvaire.

La bibliothèque publique, fondée en 1825, renferme 6927 vol. imprimés, dont 5 incunables de 1476, 1483, 1484, 1490 et r499, et divers ouvrages sortis des presses de Froben, de Jean de Touroes, d'Aide, de Plantin et des Elzévirs. La bibliothèque possède aussi quelques manuscrits intéressants, relatifs à l'histoire de Remiremont, et plusieurs objets curieux, entre autres, une agate onyx intaille, de grande dimension, qui a longtemps orné le tabernacle de 1 église canoniale, un grand nombre de croix en plomb provenant des sépultures des dames chanoinesses, une double croix en aventurine et une décoration de chanoinesse, en or émaillé.

Parmi les fontaines dont les eaux

vives arrosent Remiremont, nous mentionnerons celle qui fut insu»

gurée, en 1828, lors du séjour de lu duchesse d'Angoulôme à Plombières.

Elle est formée d'une vasque Soutenue par trois dauphins en bronze, et se trouve sur la place de la Courtine, dont elle porte le nom. Le cloître s'étendait jusque vers l'angle 8. E.

de cette place, où se voit encore un débris de pilastre appartenant à l'ancienne entrée.

La promenade du Calvaire, sorte de parc formé de pelouses et de belles allées dessinées sur les pentes inférieures d'une hauteur qui s'élève au S. 0. de Remiremont, doit son nom à un beau calvaire en bronze, qui en occupe le centre. On s'y rend par un chemin en pente douce, s'ouvrant à g. de la route de Luxeuil, un peu au delà de l'hôpital, et aboutissant à un escalier. De cette promenade, qui se prolonge jusqu'à la ferme de Hurte-B(se, dominée par d'immenses rochers de granit , on découvre une vue étendue sur Remiremont, le Saint-Mont et une partie de la vallée de la Moselle.

Remiremont est le principal marché où se rendent les produits agricoles et manufacturiers de l'arrondissement, et notamment de la région de l'E. et du S. E. Ces produits consistent en bois, bestiaux, fromages, hoissellerie, ustensiles en fer battu, etc. Parmi les établissements industriels les plus importants de Rc miremont, on compte deux ateliers de tissage, une fonderie, des scieries, des tanneries, etc.

Les environs de Remiremont offrent des buts d'excursions nombreux, variés et intéressants; nous indiquerons seulement les plus rapprochés.

Le Saint-Mont [l h. à 2 h. 30 min.

de marche, aller et retour). — On sort de Remiremont par la rue qui s'Ou-

vre à dr., à l'entrée de la Grande- Rue (en venant de la gare), et qui redescend vers la Moselle, pour franchir la rivière sur un beau pont moderne, d'où l'on découvre une vue charmante. Ce pont en a remplacé un autre dont l'origine était attribuée à l'époque gallo-romaine. Après avoir dépassé une usine à g.» on tourno bientôt à dr. et l'on ne tarde pas à atteindre à g. (2 kih de Remiremont) Saint- fitienne, v. de 1576 hab., situé à l'O» du Saint-Mont et à la base méridionale des hauteurs do Fossard»

Selon une inscription relevée dans l'ancienne église paroissiale, qui a été reconstruite en 1750, ce village daterait du vu0 s., c'est-a-dire à peu près de l'époque où le Saint-Mont se peuplait de solitaires.

Le Saidt^ Mont, dont on oom~ mence à gravir les pentes À 10 ou 12 min. de Saint-Êtiennè, est une mon* tagne (688 met. d'altit.) isolée, de forme conique, plantée de sapins, de hêtres et de chênes. Il s'abaisse, au S. O. et au S.» sur la vallée de la Moselle par d'énormes escarpements rocheux, tandis qu'il s'étend vers Saint-Etienne en pentes plus douces, que terminent des prairies et quelques monticules revêtus d'un gazon fin et serré, percé çà et là de roches granitiques. Au N. E., le Saint-Mont est séparé des hauteurs de Fossani par une gorge profonde et sauvage.

Deux chemins forestiers conduisent au sommet de la montagne. — • L'un a son origine a l'entrée môme (à dr.) du chemin communal qui traverse Saint-Etienne, llsedévtloppe d'abord entrn de gros blocs de granit, et* après avoir franchi une petite sone de prairies, atteint la base du Saint»

Mont (au N. 0.), qu'il remonte d'abord en ligne droite; h ou 6 min. plus loin, il s'incline à dr. en contournant le revers S. 0. et 8. de la montagne jusque vers le plateau supérieur, qu'il aborde par le côté N. — Le second sentier, dit du Nord, que l'on gagne en traversanten diagonale les prairiesqui

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