‹ Itinéraire général de la FranceChapitre 255 sur 489 · ROUTE 56] REMI REMONT. — EXCURSION · texte numérisé non relu

ROUTE 56] REMI REMONT. — EXCURSION

s'étendent entre le village et le Saint- Mont, se présente au-dessus d'une petite chaprllc consacrée à sainte Claire, près de la gorge de Fossard, ou'il longe, mi la dominant, pendant quelque temps. 11 tourne ensuite par le versant S. K., et rejoint le premier chemin à peu de distance du sommet de la montagne. — Vuh et l'autre de ces chemins passent sous de beaux ombrages et offrent de charmantes échappées de vue sur la forêt et sur la vallée; aussi devrâ-t-on prendre l'un à l'aller et l'autre au retour. Si l'on se propose de comprendre dans la même excursion les hauteurs de Fossard et la Pierre Kerlinkin [V. ci-dessous), il faudra revenir par le chemin du Nord.

Le sommet du Saint-Mont est couvert d'une magnifique pelouse en demi-cercle, dont le diamètre est en quelque sorte dessiné par un bâtiment d'exploitation rurale, appuyé à deux petites thapclltÈ ou cellules.

Celle de dr., la plus ancienne, occupe, dit-on, remplacement de la cellule île saint Romaric. Celle de g. est bâtie surune plàtc-lbrmedc 15 à 20 met. de côté, derrière laquelle on remarque, à demi engagées dans le sol, quelques pierres qui paraissent avoir formé la base d'Anciens piliers : ce sont les seuls débris qui rappellent l'église du Sainte-Mont. Du haut de la montagne, le regard embrasse un magnifique panorama. Au centre du bassin qu'arrose la Moselle, on aperçoit Remiremont et les montagnes boisées qui l'entourent; à g., on découvre de riants villages au delà • desquels s'ouvrent les vallées de Rochesson et de la Moselottc; dans le lointain, au-dessus de cette dernière vallée, se dresse la cime bleuâtre du Ballon d'Alsace (R. 57). Enfin, en sè tournant vers le N. E., le regard se repose sur la montagne dé Saint- Af~ nould ou du Morthomme, dépendancè de ta forêt de Fossard, dont le revers escarpé et sauvage surplombe presque le Sàint-Mont.

Le pont des Fées. — Quand on arrive, en descendant le chemin du Nord, flans les prairies, en face de la petite chapelle Sainte-Claire, il suffit de redescendre quelques pas à dr.

pour se trouver à l'entrée de la gorge pittoresque qui s'ouvre entre le Saint- Mont et la montagne de Fossard. En remontant pendant 15 min. environ ce ravin, d'un caractère particulièrement agreste et solitaire, on atteint une construction grossière qui bàrrô complètement le défilé, et quo la tradition appelle le pont des Fées, construction qui ne présente, d'ail* leurs, aucune voûte ou arche. « c'est, dit un écrivain local, M. Friry, dàns une description de l'arrondissement de Remiremont, une muraille ou chautsée construite en pierres sèches, sans l'emploi d'aucun instrument tranchant, et qui rappelle certaines constructions cyclopéennes de l'Europe et de l'Asie.... Ce monument remarquable a 28 met. de longueur, 7 mèt. d'élévation et 13 mèt. de largeur. »» M. Friry, l'un des historiens les plus compétents des antiquités de Remiremont, considère le pont des Fées comme une dépendance du camp fortifié établi par les Romains sur le mont Habend, actuellement le Saint'»

Mont ; mais d'autres archéologues croient y voir un monument antérieur à l'époque gallo-romaine, et d'origine celtique.

A dr. de la chapelle Sainte-Claire et d une ferme construite sur l'emplacement d'un couvent de Bé tiédie* tins, on trouve, au delà d'un ruisseau descendant de la gorge do Fossard, un chemin qui rejoint, près de la cascade de Miraumont, celui qui monte à la forêt de Fossard.

Cascade de Mifaumont, pierre Kerlinkin, fontaine Sainte* Sabine, forêt do Fossard, rocher du Thym (3 à 4 h., allèr et retour).

— A l'entrée de Saint-Etienne (F. cidessus), on prend le chemin qui traverse le village et «mtourne l'église.

BicntOt d à 6 diln»), on aperçoit à

g. la route qui s'élève sur les hauteurs de Fossard, et devant soi le ravin, enfermé dans un bouquet de bois, où se trouve la cascade de Miraumont.

À l'époque des grandes eaux, cette cascade mérite peut-être ce nom; mais habituellement ce n'est qu'une longue rigole creusée dans le granit, et d'où s'échappe sans bruit un maigre filet d'eau.

Si Ton remonte la route de la forêt de Fossard, ou de la Piote, nom d'une ferme située sur le versant supérieur de la montagne, on rencontre (30 à 35 min. de marche), à l'entrée de la forêt, la ferme du Poil Sauvage (belle vue). On atteint ensuite, en 30 min. de marche, le plateau de Fossard, qui domine tout le pays environnant; on y trouve, au milieu des bois, de belles et vastes clairières tapissées de gazon. — On entre alors dans un large sentier de forêt, Couvrant presque en face du Saint-Mont, et qui se dirige au N. E. vers Tendon (R. 68) ; en le suivant, on ne tarde pas à apercevoir successivement (15 min. environ) la Pierre Kerlinkin et | (30 min.) la fontaine Sainte-Sabine.

La pierre Kerlinkin, monolithe de crès rouge, s'élève à côté du chemin, au centre d'une petite prairie environnée de bois. C'est une espèce de pyramide grossière, haute de 4 à 5 met., tronquée au sommet, très -large sur deux de ses faces, et d'une épaisseur d'un mèt. à peu près sur les autres côtés. On remarque, sur l'une des faces, quelques caractères paraissant indiquer des dates et des initiales; mais jusqu'ici ces caractères n'ont pu être déchiffrés. La pierre Kerlinkin paraît être un dolmen plutôt qu'un phénomène naturel, et cette opinion semble confirmée par la position de la pyramide, qui repose sur une roche de même nature, mais dont les couches sont horizontales, tandis que celles de la pierre Kerlinkin sont perpendiculaires au sol.

La fontaine Sainte-Sabine, située à dr. du chemin, est, de la part des

jeunes filles des environs, l'objet de pratiques superstitieuses. Celles qui désirent se marier vont jeter une épingle dans la fontaine : si, contrairement aux lois de la pesanteur, cette épingle surnage, la jeune fille se mariera dans l'année; si, au contraire, elle tombe au fond du bassin, le mariage est encore éloigné et pourrait bien ne jamais avoir lieu.

De Sainte-Sabine, en suivant un chemin qui se dirige vers le N. E. à travers la forêt, on gagne la ferme de la Mousse, d'où la vue s'étend à l'E. dans la vallée de Cleurie, puis, dépassant d'énormes roches de poudingue, qui ont l'aspect de cavernes, on se dirige à g. et Ton ne tarde pas à découvrir la Roche du Thym, immenses blocs de grès superposes, qui atteignent une hauteur considérable. Certains archéologues pensent que ces blocs entassés sont des pierres druidiques et indiquent un lieu de sacrifice. On découvre de là un des plus beaux points de vue des environs de Remiremont, s'étendant au N. jusqu'au pont de Charmes et même jusqu'aux côtes de Sion, près de Nancy. De la Roche du Thym, on peut revenir à Remiremont par une route forestière qui côtoie la montagne du Gris-Mouton , au S.

La Vallée d'Hérival (4 à 5 h., aller et retour).— La vallée d'Hérival aboutissant à la route de Luxeuil, à 10 kil. environ de Remiremont, on peut profiter, au moins pour aller, de la voiture publique de Remiremont à Luxeuil; mais l'heure du départ de cette voiture (3 h. de l'après-midi) est peu commode. 11 est donc préférable, à moins de prendre une voiture particulière, de faire la course à pied par le chemin que nous allons indiquer.

On suit d'abord la route de Luxeuil ; puis, lorsqu'on a dépassé les dernières maisons de Remiremont, on prend à g. un chemin très-facile et très-direct, qui conduit à Hérival par les bois du Corroy. Ce chemin traverse quelquos

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