R. 62] LAC DE GÉRARDMER. — VALLÉE DE GRANGES
monte le coteau, et, qui, passant à la Goutte du Cliat, près de deux métairies, aboutit par une pente escarpée à la route de Rem i remont (l h. 30 min. de marche, aller et retour).
Vallée de Oranges.
La vallée de Granges est située à 2 kil. environ au N. E. de Gérardmer.
On suit d'abord la route de Saint- Dié, et peu après avoir dépassé l'établissement hydrothérapeutique , on trouve à g. un chemin conduisant à la vallée de Granges, dont l'entrée est signalée par une scierie que fait mouvoir la Jamagne. En y pénétrant, on franchit la Vologne près de son confluent avec la Jamagne. C'est, dit-on, un peu au-dessus de ce confluent qu'a été tué, en 1792, le dernier ours qui se soit montré dans les Vosges. La vallée de Granges, d'abord assez large, se resserre bientôt entre deux lignes de hauteurs couvertes de bois et de rochers, au pied desquelles la Vologne arrose une zone de belles prairies. Le site est particulièrement remarquable par son aspect solitaire, calme, d'une fraîcheur pénétrante qui rappelle le frigus opaeum du poète latin.
A la base des hauteurs, principalement sur la dr., on aperçoit çà et là de vastes amas de roches détachées par les eaux du sommet des montagnes. Au fond d'un de ces entassements , si nombreux dans les Vosges oû ils sont désignés sous le nom de mûrier*, se trouve une cavité d'environ 4 mèt. de profondeur sur autant de largeur, et dans laquelle la glace se forme par l'évaporation rapide de l'eau. Ce phénomène ne se produitque pendant les fortes chaleurs de l'été. Vers la fin d'août, cependant, on ne trouve dans la cavité que de très-faibles fragments qui suffisent à peine pour maintenir la renommée de cette glacière naturelle.
La Glacière de la vallée de Granges ou de Kerthoff est située à 2 kil. 1/2 de l'entrée de la vallée, un peu au delà
de la métairie dite du Beau de Pierre. Son emplacement est indiqué par un poteau placé sur la dr. du chemin.
Là, il faut tourner directement à dr.
pour atteindre en 4 ou 5 min. les débris granitiques qui la renferment.
Cette cavité est tellement cachée parmi les rochers, qu'il n'est guère possible de la reconnaître sans l'aide d'un guide. Du reste, on rencontre constamment sur la route des enfants qui y conduisent, moyennant une légère rémunération. L'accès en est très-difficile, et, durant les grandes chaleurs, il n'est pas sans inconvénient de descendre dans ce trou qui n'a d'ailleurs rien de curieux.
La vallée de Granges, longue d'environ 8 à 9 kit., aboutit au N. 0. à la commune de Granges et va toujours en s'élargissant jusqu'à Laval, où la Vologne tourne brusquement au S. 0., pour rejoindre la Moselle à Jarménil (R. 68).
La Vologne a été autrefois célèbre parles coquilles perlières qui se trouvaient assez fréquemment dans son lit, principalement vers sa sortie de la vallée de Granges, en aval de laveline, c. de 2272 hab. Aujourd'hui ces coquilles fluviales sont devenues fort rares et ne se trouvent plus guère que dans le Neuné, affluent de la Vologne. En 1828, la duchesse d'Angoulôme, qui visitait les Vosges, ayant désiré avoir un bracelet de perles de la Vologne, on n'en put réunir assez pour le composer. Les perles de la Vologne, sans avoir la nuance nacrée et brillante des perles d'Orient, offrent des spécimens remarquables par leur forme et leur éclat. Elles varient en dimension, de la grosseur d'un grain de millet à celle d'un gros pois, et ont une teinte, tantôt blanche et rosée, tantôt jaunâtre. Parmi les plus beaux joyaux qu'ait fournis la perle de la Vologne, on cite un collier et des pendants d'oreilles, exécutés pour la duchesse de Lorraine, femme de Léopold I", et un collier qui appartenait à U
princesse Charlotte, sa fille, abbesse de Remiremont.
En revenant à Gérardmer, au lieu de continuer par le chemin que l'on a pris à l'aller, on peut prendre (à g.), à l'entrée de la vallée de Granges, entre la scierie et la maison forestière de Kichompré, un sentier qui conduit, en contournant la montagne, à une sorte de précipice pavé de grandes roches granitiques, de formes pittoresques. Ce précipice s'appelle la Basse de VOurs, en souvenir des hôtes sauvages qui en faisaient jadis leur retraite. De la Basse de l'Ours, en se dirigeant vers TE., on rejoint, après avoir traversé une charmante clairière, au milieu de la forêt, l'ancienne route de Saint-Dié, où l'on trouve plus loin, sur la Vologne, un pont paraissant dater du moyen âge, et nommé le Pont des Fées (une seule arche hardie). Bientôt après on atteint la nouvelle route de Saint-Dié, en deçà de la vallée de la Vologne.
— On fera bien de conserver, pour cette petite excursion , le guide avec lequel on a visité la glacière. La course ne présente pas de grandes difficultés, mais on risquerait de faire des détours inutiles i travers les sentiers qui se croisent dans la forôt.
Le Honeck. — Pierre de Gharlemarne.
— Seat des Gaves. — Laos de Longe mer, de Retournemer et de Liepaon. — Roche dn Diable. — Col de la Sohluoht.
30 à 32 kil. environ, aller et retour.
iV. B. — Nous engageons les touristes qui désirent voir complètement les sites vraiment remarquables qu'offre cette excursion à la faire à pied (il n'y a pas de service de voitures publiques), en se conformant aux indications suivantes :
i° Si Ton veut se trouver au Honeck au lever du soleil, il faut partir de Gérardmer dans l'après-midi, vers 1 h., et aller coucher chez le garde forestier établi près du lac de Retournemer, ou mieux encore, au chalet Hartmann (hôtelrestaurant), à la Schlucht. De là, on se rendra le lendemain , à 3 ou 4 h. du malin, au Honeck, pour redescendre ensuite
à Gérardmer, à moins que Ton ne préfère gagner Munster ou le Valtin (R.63 et 64).
2° Si, au contraire, on veut assister au coucher du soleil du haut du Honeck, on part de Gérardmer vers 10 h. du matin, de façon à visiter les lacs sans se presser et à faire une halte à la maison forestière, d'où l'on monte au Honeck, pour y arriver vers 5 h. — Si l'on doit revenir à Gérardmer, on va souper et coucher chez le garde , au lac de Retournemer. Si l'on veut continuer par la vallée de Munster ou par le Valtin, on prend gîte au chalet Hartmann. Enfin, si Gérardmer forme le point de départ et de retour, on suit à l'aller le chemin des lacs, et l'on redescend au retour par la nouvelle route de la Schlucht.
Dans le cas où l'excursion se ferait en voiture particulière, il faudrait, en allant, quitter la voiture au lac de Longemer, et, après avoir suivi le chemin qui côtoie les lacs, remonter à la Schlucht par le chemin forestier dit chemin des Dames. Au retour, on descend en voiture la nouvelle route, en s'arrètaut aux points les plus remarquables.
On suitla route de Saint-Dié jusqu'au nouveau pont de la Vologne (3 kil.
1/2) ; à 500 mèt. environ avant d'y arriver, on voit à g., un peu en contre-bas de la route, sur le bord de la Vologne, la pierre de Charlemagne, ombragée par quelques sapins et presque cachée sous les broussailles.
C'est un bloc de granit, arrondi à une de ses extrémités et que sa forme et son inclinaison font ressembler, jusqu'à un certain point, à une immense pierre tumulaire. Le pont de la Vologne est formé d'une seule arche dont les culées s'appuient à une masse de rochers avec laquelle elles semblent faire corps. Du milieu de ce pont, le ravin profond où les eaux roulent entre des quartiers de rochers tapissés de mousses épaisses et richement nuancées, forme un tableau pittoresque. De l'autre côté du pont, un poteau indique les distances suivantes : Gérardmer, 3 kil. 200 mèt.; Saint-Dié, 25 kil.; la Schlucht, 11 kil. 700 mèt.; Munster, 28 kil. 700 mèt. La route de Saint-Dié tourne à g. ; le chemin du