DE LU NÉ VILLE A SAINT-DIÉ. [ROUTE
tombée des arcs. Toute cette partie de la grande nef semble dater de la fin du x* ou du commencement du xie s.
Les chapiteaux, signalés spécialement par M. de Caumont dans le Bulletin monumental (t. XVII), sont ornés de sculptures intéressantes. Le chœur, agrandi par l'adjonction d'une travée de la nef, en deçà du transsept, offre d'élégantes fenêtres en ogive; l'aspect de cette partie de l'édifice est malheureusement gâté par la présence d'un autel dans le goût du xvm# s. Le buffet d'orgues, provenant de l'abbaye de Moyenmoûtier, est remarquable. 11 repose sur une tribune au-dessous de laquelle s'étend une sorte de large vestibule^ à l'entrée de l'église.
A g. du vestibule, une porte donne accès dans un beau cloître, qui établit une communication entre la grande et la petite église. Ce cloître comprend quatre galeries encadrant un large préau sur lequel elles s'ouvrent par une suite de grandes arcades ogivales, subdivisées intérieurement en quatre compartiments également en ogive, et sur lesquels repose une ouverture tréflée. Malheureusement, cette charmante disposition a été presque complètement détruite, et trois côtés du cloître ne conservent que les grandes arcades. Autrefois le cloître tout entier avait une voûte en ogive, à nervures délicates; il n'en subsiste plus qu'une partie ; dans deux galeries, cette voûte a été remplacée par un simple plafond. Sur l'un des côtés du préau, on remarque une chaire en pierre, d'un beau travail.
A l'extrémité de la galerie qui sert de passage, un escalier de quelques marches aboutit à la petite place solitaire sur laquelle s'élève la petite église, édifice parfaitement conservé et appartenant au style roman primitif. La construction en remonte au ix* s. ou, tout au moins, à une époque antérieure à celle des parties les plus anciennes de la cathédrale.
La petite église est très-remarquable, tout à la fois par sa simplicité,
par le caractère imposant de sa construction et par la délicatesse de plusieurs détails. Elle présente en façade un avant-corps majestueux, terminé par un pignon et décoré de deux arcs en plein cintre qui reposent sur des pilastres engagés. On pénètre dans l'église par un vestibule aujourd'hui fermé sur les côtés, mais qui, selon M. de Caumont, aurait. été d'abord entièrement ouvert. Les arceaux de la voûte de ce vestibule retombent, aux quatre angles, sur de courtes et solides colonnes à chapiteaux curieusement sculptés. L'église est partagée en trois nefs, se terminant chacune par une abside.
Les travées sont formées par un double arc cintré compris dans une grande arcade s'élevant jusqu'à la voûte et percée à son sommet d'une fenêtre à deux baies. Les colonnes rondes auxquelles s'appuient les arcs inférieurs sont surmontées de chapiteaux cubiques ; une colonne ou pilastre s'élève, en outre, jusqu'à la voûte, dont la naissance est indiquée par une suite de modillong.
Le temple protestant (dans la rue du Temple, à dr. de la rue Stanislas, et en face du collège) est une trèsjolie construction moderne, en grès rouge, dans le style roman de transition. Xa façade, à pignon, percée à son sommet d'une ouverture circulaire ou rose divisée en six parties par des rayons en pierre, est surmontée d'une tour avec flèche.
Vévêché (très-beaux jardins en terrasses) a son entrée à dr. de la cathédrale. Elle se compose d'une ordonnance de colonnesdoriques supportant un fronton.
Saint-Dié possède, en outre : — un hôtel de ville (à l'angle de la Grande- Rue et de la rue Stanislas) ; — un collège communal; — un hôtel de la sous-préfecture; — un palais de justice (ces trois derniers édifices sont situés rue Stanislas); — un vaste hôpital, à l'entrée de la route de Gratin, — et un grand séminaire,