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SAINT-DIÉ

sur la route de Gérardmer; — enfin, des écoles communales et une salle d'asile, aussi remarquables par leur aspect extérieur que par leur aménagement intérieur.

Nous signalerons aussi une charmante maison du xvne s., en face du portail de la cathédrale , et les fontaines de la Meurthe et de Stanislas.

La fontaine de la Meurthe occupe le milieu d'une espèce de place bordée d'arcades à dr., et formée par Tévasement de la Grande-Rue à son extrémité N. Elle se compose d'un bassin, appuyé à une élégante colonne cannelée, que surmonte la statue allégorique de la Meurthe. Sur le fût de la colonne sont sculptées les armes de Saint-Dié (la croix de Lorraine, accostée des lettres S. D.).

La fontaine Stanislas, sur la place du Collège (à g. de la rue Stanislas), est une pyramide en marbre noir, ornée d'un médaillon et d'une inscription portant « que cette fontaine, inaugurée le 27 juillet 1827, est consacrée à la mémoire du prince bienfaiteur de Saint-Dié. »

La bibliothèque publique (à l'hôtel de ville) , formée en grande partie d'ouvrages provenant des abbayes d'Étival et de Moyenmoûtier, possède 12 000 vol. imprimés et 68 manuscrits.

Parmi ceux-ci, on remarque : le Graduel de l'église de Saint-Dié, décoré de magnifiques miniatures; le Cartulaire de la collégiale, in-folio, appelé aussi le livre rouge, parce que les grandes initiales y sont peintes en rouge, et diverses pièces relatives à l'histoire de Saint-Dié et de Metz.

Le parc, que Ton remarque à g.

du pont de la Meurthe, en entrant à Saint-Dié, est un charmant jardin dessiné à l'anglaise, sur la rive dr. de la rivière.

La promenade de Gratin, au N. E.

de Saint-Dié, consiste en une suite d'allées bien ombragées qui gravissent en pentes douces, le long de talus gazonnés, un des prolongements de

cette promenade, la vue s'étend sur Saint-Dié, sur la vallée de la Meurthe et sur la chaîne des Vosges, que domine, au S. E., la cime du Honeck. — On se rend au Gratin par la rue de l'Êvêché, qui s'ouvre à dr. un peu au delà de la Grande-Rue, et qui, longeant à g. le palais épiscopal, aboutit au faubourg de Gratin, qu'il faut suivre (1 h. 30 min., aller et retour).

Le chemin de Saint-Dié à Senones, par Robache, au N. de Saint-Dié, au delà du ruisseau de Robache, offre également un agréable but de promenade. Il traverse un vallon tapissé de prairies et parsemé de jolies maisons de campagne. On y voit une tuilerie très-importante, ouverte aux visiteurs.

A 2 kil. au S. de Saint-Dié, s'élève la montagne Saint-Martin. On doit à l'initiative intelligente de M. d'Arance, inspecteur des forêts, la possibilité de visiter ce site pittoresque, entretenu avec un goût qui en fait un charmant but d'excursion. Quand on a dépassé le faubourg Saint-Martin, on trouve, à côté même de la gare, un chemin facile qui gagne le versant de la montagne Saint-Martin et s'y élève, en la contournant par une pente habilement ménagée sous de beaux ombrages, jusqu'au sommet (730 mèt. d'altit.).

Dans ce trajet, on aperçoit successivement, sous leur aspect le plus pittoresque, les environs de Saint-Dié. Au sommet de la côte Saint-Martin, se dressent trois grands rochers séparés l'un de l'autre, et qui, de loin, ressemblent aux tours ruinées d'un château fort. Un escalier, pratiqué sur le côté du plus haut de ces rochers, permet d'atteindre une espèce de terrasse d'où l'on jouit d'un immense panorama. Au N., on voit Saint-Dié, la montagne d'Ormont et le cours de la Meurthe; àl'E., se développe la plaine immense que borne au loin la chaîne des Vosges et que traversent les routes de Schirmeck et de Schlestadt (R. 70); au S., le

la montagne d'Ormont. Du haut de regard plonge sur une magnifique

VOSGES

418 DE LUNÉVILL]

gorge boisée, que ferme, à peu de distance, la montagne de Kemberg; enfin, à l'O., on découvre la vallée de Taintrux (F. ci-dessous) et la montagne de la Madeleine. — La course de Saint-Dié à la côte Saint-Martin mérite d'être spécialement recommandée (2 h. environ, aller et retour).

L'industrie de Saint-Dié comprend des filatures et des tissages de coton, des fabriques de tapis, des teintureries, des tanneries, des papeteries, des forges et tréhlcries, des ateliers de construction de machines agricoles, des scieries mécaniques, etc. 11 existe dans les environs de la ville des gisements de minerai de fer et de cuivre et des carrières de marbre. A proximité de la côte Saint-Martin, se trouvent trois sources minérales :

l'une ferrugineuse, une autre sulfureuse, la troisième acidulée; jusqu'à présent elles sont inexploitées. Les grains, les bestiaux, le lin, le chanvre, les tuiles, les bois et la quincaillerie forment les principaux articles du commerce local.

Excursion à Taintrux et à la montagne de Kemberg.

Course de 7 à 8 h., en y comprenant la visite des environs de Taintrux.

Après avoir suivi, pendant 2 kil.

environ au delà du faubourg Saint- Martin, la route d'Épinal, on prend à g. un chemin qui, croisant le chemin de fer, remonte la vallée agreste du ruisseau de Taintrux, en côtoyant ce petit cours d'eau.

Lorsque l'on a dépassé les hameaux de (3 kil. 1/2) la Bolle et des (4 kil.) Moitresses, on laisse, à 400 ou 500 mèt. plus loin, sur la dr., une gorge latérale dans laquelle décrit de grandes courbes un chemin conduisant à (24 kil. environ de Saint-Dié) Bruyères, par (8 kil. 1/2) la ferme dite le Haut-Jacques. La route de Taintrux continue de longer le ruisseau jusqu'au hameau de (7 kil. de Saint- Dié) Rougivii'r. qu'elle traverse en se dirigeant vers le fond de la vallée.

! A SAINT-DIÊ. [ROUTE 69]

9 kil. de Saint-Dié. Taintrux, v. de 1984 hab., est situé dans une sorte de bassin intermédiaire enveloppé de hautes montagnes couvertes, surtout au N., de belles forêts du milieu desquelles s'élèvent plusieurs grandes roches. Il formait autrefois un des apanages des enfants de la maison de Lor- ' raine. Le village renfermait un vaste château fort dont les quatre tours d'angles, maintenant détruites, subsistaient encore en 1831. Les bâtiments intérieurs du château ont été affectés à une exploitation agricole.

On y remarque surtout la chambre de Justice, où se tenaient les audiences des officiers du seigneur.

A 3 kil. environ à l'K. de Taintrux, se dresse la cime du Kemberg (741 mèt. d'altit.), d'où l'on a une vue analogue à celle qu'offre la côte Saint- Martin. Sur le versant S. K. du Kemberg, s'élève la Roche d'Anozel, qui porte une inscription du 24 août 1402, et dont le sens obscur paraît se rapporter à quelque fait militaire local.

Parmi les autres rochers les plus curieux des environs de Taintrux, nous citerons encore, au N. du village, la pierre de VAitre (637 mèt.d'altit.), qui domine la vallée comme la tour ruinée d'un château féodal, la pierre Percée (695 mèt. d'altit.), et, au S. O., la Roche (654 mèt. d'altit.). Toutes ces pierres sont facilement accessibles, et, des hauteurs qu'elles occupent, on découvre de charmants paysages.

A 2 kil. au S. de la Roche (5 kil.

environ de Taintrux), s élève, à l'extrémité supérieure du vallon des Rouges-Eaux, la colline du Chastel ou de Chazeté , où l'on voit , sur un large plateau façonné de main d'homme, un puits presque entièrement comblé et un amas de pierres frustes, mais qui offrent une coupe régulière. Quelques savants croient reconnaître en cet endroit un lieu de sacrifice du culte druidique (T. Bulletin monumental, t. XIV).

On devra se faire accompagner, dans les excursions autour de Tan-

[Route 70] TAINTRUX. — LE SPITZEMBERG. 419

trux, par un guide que l'on trouvera facilement dans le village.

On peut revenir à Saint-Dié par un chemin de forêt passant 4 côté de la pierre Percée et aboutissant à la jolie route tracée sur les pentes du mont Saint-Martin. Ce chemin est plus court que celui de la vallée, mais il est difficile à suivre sans guide.

Excursion au château de Spltiemberg.

Deux chemins à peu près d'égale longueur (12 à 14 kil.) conduisent au Spitzemberg.

L'un suit la route de Schirmeck (R. 70, B) jusqu'à (11 kil.) Frapelles (N. B. La voiture publique de Saint- Dié à Schirmeck passe à Frapelles).

De l'extrémité N. de ce village, un chemin remonte directement au Spitzemberg. — Le second chemin, qui suit les hauteurs de la montagne d'Ormont, est plus difficile, mais aussi infiniment plus pittoresque. On gagne, par un sentier qui se détache de la route de Senones, au N. de Saint-Dié, au pont de la Robache, la ferme du Paradis (2 kil. de Saint-Dié). De là, un chemin tracé sur la crête de la montagne, dans la direction de l'E., conduit au point culminant des hauteurs d'Ormont (6 kil. de Saint-Dié), puis traverse un petit plateau d'où Ton découvre, à quelque distance au S. E.,le mamelon dont le Spitzemberg occupe le sommet. — 1 kil. plus loin (Il kil. de Saint-Dié), se détache à dr. un sentier redescendant au Spitzemberg.

On peut aussi se rendre à (6 kil. de Saint-Dié) Nayemont-lct-Fosses, v. de 540 hab., situé sur le versant S. de la montagne d'Ormont. Le chemin qui y conduit commence à l'extrémité de là rue de l'Êvêché, à g., à l'entrée du faubourg de Gratin (les avenues de Gratin y conduisent également).

De Nayemont, un large sentier, remontant le flanc de la montagne, aboulit au (6 kil.) Spitzemberg.

Le château de Spitzemberg, l'une des résidences féodales les plus im-

portantes de la Lorraine, s'élevait sur un mamelon (610 mèt. d'altit.), au S. E. de la montagne d'Ormont. Après avoir appartenu aux comtes de Lunéville et de la Petite-Pierre, il fut cédé, en 1243, aux ducs de Lorraine, qui le conservèrent jusqu'au moment de la réunion de la Lorraine à la France. 11 subsistait encore, bien qu'en mauvais état, à la fin du xviu*s.; il n'en reste aujourd'hui qu'un pan de mur épais, des traces de fossés, quelques débris de tourelles et l'emplacement d'un puits. Une végétation parasite a envahi ces ruines.

[ Corresp. à Saint-Dié pour : — (30 kil.) Gérardmer (R. 62) ; - (20 kil.) Corcieux (R. 54); —(39 kil.) Schirmeck (R. 70, B).

Voitures publiques (sans corresp.

avec le chemin de fer) pour : —(24 kil.) Sainte-Marie-aux-Mines (R. 70,4); - (25 kil.) Bruyères (R. 54).]

De Saint-Dié à Paris, R. 53; — à Épinal, par Bruyères ou par Rambervillers, R. 54; — à Remircmont, par Gérardmer, R. 62 ; — à Strasbourg, par Sainte-Marieaux-Mines et Schlestadt, ou par Schirmeck et Mutzig, R. 70; — à Colmar, par la Poutroye, R. 71; — à Senones, par Étival et Moyenmoûtier, R. 73.

A. Par Satnte-Marie-aux-Minea

et Schlestadt.

24 kil. de Saint-Dié à Sainte-Marie-aux-' Mines. — Route de poste. — Service de voitures publiques. — Trajet en 3 h.

30 min. — Prix unique, 5 fr.

22 kil. de Sainte-Marie-aux-Mines à Schlestadt. — Chemin de fer. — Trajet en l h. — 1" cl. 2 fr.; 2« cl. i fr. 55 c; 3«cl. 1 fr. 10 c.

45 kil. de Schlestadt à Strasbourg. — Chemin de fer. — Trajet en l h. 35 min. lr« cl. 3 fr. 95 c; 2« cl. 3 fr. 35 c; 3« cl. 2 fr. 15 c.

La route de Sainte-Marie-aux-Mines, sortant de Saint-Dié par le faubourg

Saint-Martin, traverse à TE. le bassin inférieur de la Fave , qui forme une plaine riante et bien cultivée, dont la pente, sur un parcours de 8 à 10 kil., jusqu'au pied du revers occidental des Vosges, est à peine sensible. Devant soi, on voit se développer la longue ligne de la chaîne des Vosges, entre la Poutroye et les hauteurs de Saales.

3 kil. Sainte-Marguerite y v. de 313 hab. (féculerie, taillanderie avec moulin à l'anglaise), sur la rive dr. de la Meurthe, que l'on y franchit. Suivant les chroniques locales , saint Dié y aurait élevé des oratoires desservis par quelques-uns de ses religieux, et Charlemagne, ayant failli perdre la vie, près de là, en traversant la Meurthe, y aurait fait construire une église qui a disparu. La voie romaine de Langres à Strasbourg passait au-dessus de Sainte-Marguerite.

A 1 kil. de ce village, on laisse à g. la route de Saint-Dié à Strasbourg par Schirmeck et Mutzig. A 800 mèt.

plus loin, se détache à dr. un chemin vicinal qui rejoint la route de Sainte- Marie-aux-Mines à 5 kil. de là, après avoir desservi Coinches (7 kil. de Saint-Dié), v. de 375 hab. (église très-ancienne; forges).

9 kil. Raves, v. de 229 hab., sur le ruisseau de Laveline, au pied de li chaîne des Vosges, dont on commence à remonter le versant occidental par une rampe de plus en plus sensible.

Suivant la tradition, la chapelle de ce village aurait été fondée lors de l'arrivée de Dieudonné ou saint Dié dans les Vosges.

Quand on a dépassé le point de raccordement du chemin de Coinches, on laisse sur la dr., à 1 kil. environ de la route, Laveline, c. de 2272 hab., centre d'une industrie active (filatures et tissage de coton, construction de machines hydrauliques).

12 kil. Gemaingoutte}v. de 317 hab., sur le Blanc-Ruisseau , à l'entrée de la montagne.

1 k kil. Wissembach, v. de 1 139 hab.,

sur le Blanc-Ruisseau, vers le milieu de la vallée pittoresque par laquelle on remonte jusqu'au faîte des Vosges.

Ce village passe pour très-ancien. Uéglise, dont la nef et le chœur ont été rebâtis en 1782, est flanquée d'une vieille tour dont certains archéologues ont fait remonter à tort la construction au ix# s.

On continue de gravir, pendant l'espace d'environ 4 kil., le versant occidental des Vosges par une route très-roide, malgré les nombreux lacets qu'elle décrit. A mesure que l'on s'élève, on jouit, en se retournant, d'une vue de plus en plus étendue sur la vallée de la Meurthe. Enfin, arrivé à la ligne de faîte des Vosges (18 kil. de Saint-Dié), à la limite des départ, des Vosges et du Haut-Rhin, on découvre non-seulement le magnifique panorama des vastes plaines de la Lorraine, à l'O., mais encore la pittoresque vallée de Sainte-Marie-aux-Mines. Les touristes qui aiment les paysages grandioses feront bien, s'ils ont fait jusque là le trajet en voiture, de mettre pied à terre pour parcourir (la route est excellente) les six kilomètres qui séparent ce point de Sainte-Marieaux-Mines.

A la limite des départ, des Vosges et du Haut-Rhin, se trouve, à dr., une auberge. Sur la hauteur qui s'élève à g (891 mèt. d'altit.), le duc Thiébaut avait fait construire, vers la fin du xiuc s. , aux frontières de la Lorraine et de l'Alsace, un château fort, appelé le château sur faite, et dont le nom a été transformé successivement en château de faite et en château de fête. Il ne reste plus d'autres traces de cet édifice, détruit depuis longtemps , qu'une plate-forme, les vestiges d'une enceinte de pierres que cachent à demi des buissons et des mousses, et un enfoncement indiquant l'emplacement d'un puits aujourd'hui comblé.

Parmi les beaux sites que Ton découvre à chaque pas en redescendant vers Sainte- Marie-aux-Mines, nous signalerons spécialement, à dr., le haut

[ROUTE 70] WISSEMBÀCH. — • SAALES. 421

vallon de la Liépvrette et les riches pâturages qui s'étendent jusque vers les hauteurs duBressoirou Brézouard, et qu'encadrent çà et là des forêts de sapins. Ces retraites agrestes renfermer! de .nombreuses métairies, habitées en général par des Réformés, et sun sut pa^ des familles d'Anabaptiste?, dont les habitudes simples et austtres, le costume patriarcal de coule îr noire, rappelant les modes du xvme s., forment un des traits les plus originaux dss mœurs alsaciennes.

On descend constamment entre des montagres revêtues de forêts d'essences variées, parmi lesquelles domine le chêne.

24 kil. Sainte- Marie-aux-Mines et (22 kil.) do Sainte-M?rie-aux-Mines à Schlestadt (R. 84).

46 kil. Sîhlestadt et (45 kil.) de Schlestadt à Strasbourg 'R. 2, en sens inverse).

91 kil. Stn -b?u^ v'rt. 1).

B. Par Sohtrmeck et Motxig.

36 kil. de Saint-Dié à Rothau. — Route de poste. — Service de voitures publique». — Trajet en 4 h. — Prix 4 fr.

35 kil. de Rothau à Mutzig. — Route de poste. — Voitures de correap. du chemin de fer de l'Est. — Trajet en 3 h. -— Prix unique, 2 fr. 70 c.

24 kil. de Mutzig à Strasbourg. — Chemin de fer. Trajet en l h. 25 min. — lr« cl.

I fr. 50 C; 2« cl. 1 fr. 20 c; 3* cl. 80 C

3 kil. Sainte -Marguerite (F. cidessus, A). — A 1 kil. de Sainte-Marguerite , on laisse à dr. la route de Sainte-Marie aux-Mines, puis on franchit la Fave, affluent de la Meurthe.

5 kil. Remomeix, v. de 545 hab.

La route passe entre les hauteurs qui s'étendent au S. de la montagne d'Ormont (à g.) et la Fave (à dr.), dont elle longe le cours jusqu'à Provenchères.

8 kil. Neuviller, v. de 386 hab. — On contourne à dr. une haute colline (425 met. d'altit.), qui sépare un instant la route de la rivière.

II kil. Frapelles, v. de 276 hab.,

entre la montagne d'Ormont et de riantes prairies.

[Fxcursion au (1 h. 30 min., aller et retour) château de Spitzemberg (R. 69) et à la chapelle Sainte-Claire (1 h. aller et retour).]

12 kil. Beulay, v. de 185 hab.

13 kil. Provenchères, v. de 810 hab., autrefois chef-lieu d'une seigneurie, domine la rive dr. de la Fave, qu'on laisse sur la dr. — A 4 kil. au N. 0. de Provenchères, se trouve la Petite-Fosse (356 hab.), dans une situation pittoresque, au N. E. et au pied de la montagne d'Ormont. Ce village est renommé pour la supériorité du kirsch qui s'y distille.

On découvre à dr., à 2 kil. environ, Colroy-la-Grande , v. de 1182 hab., sur un chemin qui , partant de Provenchères, gagne (11 kil.) Villé, à travers une région de montagnes (forges, scieries, huilerie). Dans un coteau peu éloigné de Colroy, ont été reconnues des traces de gisement houiller. — La route remonte, par un tracé sinueux, sur un plateau assez élevé (558 mèt. d'altit.).

19 kil. Saales (hôt. du Commerce), ch.-l. de c. de 1245 hab., est entouré à quelque distance, surtout à l'E. et au S. E., de montagnes couvertes de forêts et de pâturages. Saales, dont M. Gravier fait remonter l'origine jusqu'au commencement du vu* s. , possédait, au moyen âge, des verreries détruites dès le xin* s. par les soldats de l'évêque de Strasbourg, alors en lutte contre Rodolphe de Hapsbourg, et des mines de fer qui ont cessé d'être exploitées au commencement de ce siècle. Aujourd'hui des carrières de pierres, des tuileries et des fours à chaux constituent le principal élément de l'industrie de Saales.

Les environs de ce village offrent quelques sites intéressants. Nous indiquerons surtout : la montagne de Voyemont (804 mèt. d'altit.), au sommet de laquelle on remarque de beaux

blocs do grès rouge appelés roches des Fées, et, à TE. de celle-ci, la montagne Labatteux, dont le flanc présente une curieuse excavation, profonde de 50 mèt.

A Saales, la route se bifurque, en face de l'église. L'embranchement de g., à l'entrée duquel on remarque une pierre triangulaire indiquant les anciennes limites de la Lorraine, de T Alsace et de la principauté de Salm, conduit à Raon-PÉtape par Senones et Moyenmoûtier. L'embranchement de dr. se dirige à l'E., vers

22 kil. Bruche ou Bourg-Bruche, v. de 1346 hab., sur la Bruche, rivière qui prend sa source à TE. de Saales, dans la montagne de Climont.

«— A la sortie de Bruche se détache à dr. un chemin conduisant à (29 kil.) Schlestadt par le val de Villé (R. 84).

La route de Mutzig longe la rive dr. de la Bruche, à travers une contrée accidentée où sont disséminées de nombreuses scieries, des moulins et des métairies. On laisse sur la g., à 1 kil. 1/2 environ au delà de la Bruche, Saulxures, v. de 1129 hab., sur le revers d'une montagne (commerce assez important de bestiaux).

29 kil. Saint-Blai$e-la-Roche , v.

de 341 hab., conserve les ruines d'un château autrefois possédé par les seigneurs d'Andlau. Au loin se trouve sur la g. (2 kil. 1/2 environ), au delà delà rivière, Plaine, v. de 1666 hab., situé sur le chemin de Senones à Schirmeck. C'est dans ce village qu'est né Nicolas Ferry, surnommé Bébé, le célèbre nain du roi Stanislas. Bébé, dont la taille n'était, lors de sa naissance, en 1741, que de 25 cent., et ne dépassa jamais 80 cent, au maximum, mourut à 23 ans avec tous les signes de la décrépitude, après avoir été pendant quinze ou dix-huit ans le joujou fort soigné et môme fort gâté de la cour de Lunéville. Une reproduction en cire de cette fantaisie de la nature se voit au musée anatomique de l'école de médecine à Paris.

— Le hameau de Ponlay (à g. de la

route), dépendant de Plaine, renferme une filature de coton. — La route franchit la Bruche, qu'elle longe à dr.

32 kil. Fouday, v. de 307 hab., est situé au delà de la rivière, à l'extrême limite 0. du départ, du Bas-Hhin, dans une région isolée, âpre, presque sauvage il y a un siècle, désignée sous le nom de Ban-de-la-Roche , et à laquelle se lie intimement le souvenir profondément respectable du pasteur Oberlin.

Le Ban-de-la-Roche, qui doit son nom à un château bâti autrefois sur un haut rocher dominant le village de Belle fosse (402 hab.), est une haute vallée, peu fertile, comprise entre le Champ-du-Feu (Hochfelds), qui la sépare, à l'E., de l'Alsace, le Val de Villé au S., la vallée de la Bruche à PO., et la vallée de Rothau au N.

Le Ban-de-la-Roche renfermait, outre plusieurs fermes et hameaux, huit villages : Bellefosse, Belmont, Fouday, Solbach, Neuwiller, Rothau, Waldbach ou Waldersbach et Wildersbach, appartenant aujourd'hui, les quatre premiers au départ, du Bas-Rhin, et les quatre derniers au départ, des Vosges. C'était anciennement un flef impérial dont fut d'abord investie une branche de la famille de Rathsamhausen. Vendu, en i&84,au prince de Veldenz, la seigneurie passa ensuite en différentes mains sans qu'aucun de ses possesseurs essayât de la tirer de la situation misérable où l'avaient jetée les dures exigences d'une longue servitude féodale, les malheurs de la guerre de Trente ans et des guerres de Louis XIV en Alsace, l'état d'isolement de la contrée, et enfin la stérilité naturelle du sol. Les routes manquaient, les communications avec le reste du pays, et même entre les différents villages du Ban-de-la-Roche, à peine praticables dans la belle saison, devenaient impossibles dès le commencement de l'hiver. Les habitants, sans rela tions avec le dehors, sans moyens d'échange , mal nourris, privés de tout enseignement, parlant un patois à peu près inintelligible, vivaient dans un état a demi sauvage et pouvaient à peine se procurer les choses les plus indispensables à la vie. Vers le commencement du xvin* s., M. d'Angervilliers, qui possédait

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