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SCHIRMECK

ruines du château, on lit une inscription portant que, le 25 octobre 1779, les deux princes descendant de cette illustre famille, et le prince de Hohenlohe-Schillings-Furst, leur allié, sont venus visiter : « ce roc et ancien vestige du château et maison de souche tle Salm-Salm. » La ferme de Salmest exploitée par des Anabaptistes.

La maison de Salin, qui joae un rôle considérable dans l'histoire de la Lorraine et de l'Alsace, descendait d'une branche plus ancienne fixée déjà depuis longtemps dans les Ardennes, et dont un membre, le comte Hermann de Salm, vint s'établir dans les Vosges vers 1090. Il fut nommé, par un évêque de Metz, vové de l'abbaye de Senones, et, dès 1104, il est qualifié comte de Salm. Le comté de Salm fut partagé à la fin du xvi« s. (I f>98) entre deux descendants de cette branche secondaire : le comte Jean IX et le rhingrave Frédéric. Otto, fils de Frédéric, fut déclaré prince de l'Empire, et sa portion héréditaire fut érigée en principauté. Quant à la partie de la seigneurie de Salm attribuée au comte Jean IX, elle entra par mariage dans la maison de Lorraine, ce qui donna lieu, en 1751, à un traité de délimitation qui reconnut à la principauté de Salm 32 villages et 10 000 hab. Senones, qui depuis longtemps appartenait à la maison de Salm, devint alors le chef-lieu de la principauté. Cette principauté, supprimée lors de la Révolution, a laissé dans le pays le souvenir d'une autorite douce et toute paternelle, dont les représentants se distinguaient, en général, par leur simplicité et leur bienfaisance.

L'excursion aux ruines du château de Salm, qui n'a, d'ailleurs, qu'un intérêt historique, demande 4 à 5 h., aller et retour.]

39 kil. Schirmeck (hôt. de la Croix d'Or), ch -1. de c. de 1376 hab., sur la Bruche , à l'entrée du vallon de Grandfontaine (à g.). L'indication officielle de la distance d'un kil.

entre La Broque et Schirmeck se rapporte aux églises des deux communes, car La Broque (rive g.) et Schirmeck (rive dr.), que relie un pont construit sur la Bruche, sont tellement rapprochées qu'elles ne paraissent former qu'une seule ville. —

Schirmeck, profondément encaissée dans la vallée, a, d'un côté, ses maisons appuyées à la montagne, tandis que, de l'autre côté, elles baignent leur base dans la Bruche. Suivant quelques historiens, cette ville serait postérieure au château dont on aperçoit encore quelques restes sur un escarpement rocheux, à mi-hauteur de la montagne dite la Côte du Château, qui couvre la ville au S. E. Ce château, qui paraît n'avoir compris qu'une tour protégée par une enceinte, et dont les ruines donnent une physionomie pittoresque au paysage, fut détruit au xvi* s. 11 avait été cédé en 1336 au comte de Salm par l'évêque de Strasbourg, ainsi que Schirmeck et toute la vallée de la Bruche.

Schirmeck se signale, de même que toutes les communes environnantes, par son activité industrielle.

On y trouve deux filatures de coton, un tissage mécanique, une teinturerie, une brasserie, des scieries. Il s'y fait, en outre, un commerce d'une certaine importance, particulièrement en bois et en planches, et il s'y tient des foires et des marchés très-suivis.

Excursion an Donon.

Cette course, pour laquelle on peut se rendre en voiture jusqu'à la ferme ou auberge du Donon, au-dessus de Grandfontaine, demande, à pied, 5 à fi h.

Vers le haut de la rue principale de Schirmeck, au pont de la Bruche, on prend à g. (en venant de La Broque) la route de Raon-l'Êtape, qui remonte une vallée encaissée, arrosée par le ruisseau de Grandfontaine. On traverse ce cours d'eau à la sortie de Schirmeck, pour en côtoyer constamment la rive g. On laisse d'abord à g. (3 kil. de Schirmeck) le hameau de Vacquenau, dépendant de La Broque; et à dr. celui de Vackembach, fraction de la commune de Schirmeck. Des coteaux auquel s'appuie Vackembach s'extrait du minerai de fer, traité un peu plus loin aux forges de (4 kil.) Framont, v. de 456 hab., qui dépend

de Grandfontaine, et qui est situé à g. de la route, à l'entrée d!un vallon, on pourrait presque dire d'une gorge boisée extrêmement agreste. Selon certains étymologistes , Framont devrait son nom (Ferratus mons) aux richesses métallurgiques qui alimentent depuis des siècles son industrie. Suivant une autre opinion, plus ingénieuse que vraisemblable, le nom de ce village serait le nom défiguré de Pharamond, qui aurait pour tombe colossale le Donon ou montagne de Framont.

C'est vers le milieu du xni' s. que furent découvertes dans la montagne les premières traces de minerai, sur un terrain appartenant à l'abbaye de Senones. Le comte de Salin, sans s'inquiéter de ce droit de propriété, s'empara des mines et établit des forges en ce lieu ; mais, sur la réclamation de l'abbé de Senones, il consentit, en 1261, à mettre l'exploitation en commun. Les ouvriers étrangers, attirés par les franchises accordées pour favoriser le travail des forges, accoururent aux nouvelles mines et c'est probablement ainsi que se développèrent Framont, Grandfontaine et Schirmeck. Les forges de Framont, après avoir subsisté avec beaucoup de succès durant plusieurs siècles, étaient abandonnées en partie depuis un assez grand nombre d'années, lorsque , dans ces derniers temps , l'exploitation en fut reprise avec activité. Elles comprennent un haut fourneau, une aftinerie, etc. , et occupent un assez grand nombre d'ouvriers. Les fers de Framont sont très-estimés. La maison du directeurpropriétaire des forges est entourée d'un vaste et beau parc, dessiné à l'anglaise.

En remontant le vallon latéral qui s'étend au-de:>sus de Framont, on arrive à (2kil. environ) un étang où se jette le ruisseau de la Basse-Madeleine, dont la source se trouve à peu de distance à l'O. des ruines du château de Salm. Après avoir traversé la

forêt qui s'étend depuis Salm et avant de se perdre dans l'étang, ce ruisseau tombe, en bouillonnant, sur des rocs d'une hauteur de 3 à 4 met., où il forme une jolie cascade.

5 kil. Grandfontaine (auberge du Grand-Cerf), v. de 974 hab., à g. de la route, sur le versant oriental d'une charmante vallée dépendant du massif du Donon, et d'où s'échappe un ruisseau affluent de la Bruche. On y trouve une fabrique de coton retors, un tissage mécanique, des carrières de marbre et de porphyre et surtout des mines de fer.

Voici la description que le jeune Évariste Thévenin donne de ces mines {En Vacance- Alsace et Vosges) : « J'avoue que ce n'est pas sans frayeur et sans hésitation que, la lampe à la main, tantôt debout, tantôt courbé, je m'enfonce à trois ou quatre cents mètres au sein de la montagne ; mais, arrivé aux chambres d'extraction, je suis bien dédommagé par l'imposant spectacle qui s'oilre à mes yeux. Les cathédrales me paraissent bien petites, bien mesquines auprès de cette montagne évidée. Le mineur qui nous accompagnait place des pétards dans une des chambres les plus reculées, puis à peine avons nous regagné la galerie de sortie que nous entendons des cascades, des séries de détonations.... De là, nous allons visiter des puits d'où s'extrait le minerai de fer ; mais, à la vue des trous béants et des échelles de fer rouillé qui y conduisent, la prudence ou la poltronnerie nous empêchent d'y descendre. Près de ces puits, nous voyons sourdre la fontaine qui donne son nom au village. Elle jaillit avec une telle force d'impulsion que, contrairement aux lois naturelles et ordinaires, l'eau remonte le flanc de la montagne dans un lit étroit que sa violence lui a creusé; cette heureuse circonstance permet de l'utiliser industriellement à moins de cent mètres de la source. »

Si l'on fait à pied l'excursion au Donon, au lieu de suivre, au delà de Orandfontciine, la route de voitures , qui décrit de nombreux circuits, on abrégera sensiblement en prenant le chemin de montagne qui gagne directement, par une montée un peu roide, le point culminant de la route dit

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