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WISSEMBOURG

conduisait au cloître; — plusieurs peintures y restes très-intéressants de l'art du moyen Age, longtemps cachées sons le badigeon et remises au jour depuis quelques années, dans les chapelle des croisillons. — De ses anciennes verrières, qui se distinguaient par une grande finesse d'exécution, l'église a conservé des fragments importants des xui°, xive et xv« s. — Au haut du collatéral de g., se trouve l'entrée de la sacristie, établie dans une belle salle du xv° s., autrefois la salle capitulaire. — Le long du mur N. de la nef, subsiste une des galeries de l'ancien cloître, œuvre du xive s., remarquable par ses triples baies ogivales et les sculptures de ses chapiteaux qui reproduisent d'après nature une nombreuse série de feuillages empruntés à la flore du pays. A l'extrémité de cette galerie, et à la suite du croisillon N. de l'église, un bâtiment moderne renfeime le plus ancien monument de Wissembourg : une chapelle du xic s.

(consacrée en 1033), divisée en trois nefs par des colonnes monolithes de grès vosgien, à lourds chapiteaux cubiques.

Le temple protestant , ancienne église Saint-Jean, renferme un beau buste de Luther par Ohmacht.

Plusieurs des maisons capitulaires, reconstruites au xvin* s., existent encore auprès de l'église Saint-Pierreet-Saint-Paul ; c'est dans l'une d'elles, ancien hôtel du Doyenné, sur la place qui précède l'entrée du collatéral de dr. qu'est installée la sous-préfecture.

L'hôtel de ville (dans la Grande- Rue) est un assez bel édifice bâti en 1741 , en remplacement de celui qui avait été incendié en 1677.

Nous mentionnerons simplement :

l'église ogivale des Dominicains, aujourd'hui transformée en caserne de cavalerie ; — Y hôpital militaire, ancien couvent de Récollets, etc.

Outre la grande tour appelée la Fausse porte, que Ion voit après avoir dépassé la porte de Landau et

qui sert de prison militaire, on remarque encore à Wissembourg plusieurs débris des fortifications primitives.

Nous signalerons, enfin, quelques vieilles et curieuses maisons dans le quartier de la porte de Bitche, sur le quai du Marais (n°99) et dans la rue de la Laine (n°» 57, 58 et 75). — Les trois portes de Wissembourg, dites portes de Landau, de Haguenau et de Bitche rappellent le style militaire du xviu' s. Les abords de la dernière sont assez pittoresques.

A l kil. environ de cette porte, on découvre une vue très-agréable sur les montagnes et sur la vallée de la Lauter. La route, en cet endroit, longe te flanc d'une hauteur plantée de vignes dont les produits sont très-estimés.

Wissembourg n'a d'autres promenades que quelques maigres allées tracées au centre de la ville, sur le quai de la Lauter, et une jolie esplanade plantée d'arbres près de la porte de Haguenau; mais les environs de cette ville sont charmants, surtout du côté des Vosges, où l'on trouve, soit entre Wissembourg, Niederbronn et Bitche,soit dans la région bavaroise, entre Bergzabern, Daim et Wissembourg (V. les Bords du Rhin illustrés, par Ad. Joanne), des sites magnifiques et des ruines très-curieuses. La route de Wissembourg à (38 kil.) Bitche, entre autres, traverse une des régions les plus remarquables de la Basse-Alsace. Elle offre, depuis la ville jusqu'au lieu dit le Pigeonnier, une promenade (V. cidessous) que Ton ne devra pas manquer de visiter, quand bien môme on ne pourrait pas aller, au delà.

Wissembourg renferme des brasseries, des tanneries, des mégisseries, des fabriques de chemises de flanelle, de broderies en laine et en perles.

Exoursion au Pigeonnier on Soherhold et aux lignes de Wissembourg.

(5 à 6 kil )

La route de Bitche se détache ;i 1500 mèt. environ au delà de la porte

de Haguenau, sur le côtédr. de la route de Strasbourg; mais il est plus court et plus agréable en môme temps de suivre le chemin vicinal que l'on rencontre à dr., à la sortie môme de la porte de Haguenau. Ce chemin passe précisément entre les lignes de Wissembourg et la Lauter, et rejoint la route de Bitche aux abords de la montagne du Pigeonnier.

Le Pigeonnier ou Scherhold, l'un des points culminants ( 507 met.

d'altit.) des environs de Wissembourg, est une montagne située à dr. de la route de Bitche. Elle doit son nom à une tour élevée sur son sommet, et détruite pendant les guerres de- la dévolution. Du haut de cette montagne (40 ou 45 min. de la route), on jouit d'une vue très-étendue sur la vallée de la Lauter, le pays compris entre cette vallée et la forôt de Haguenau, et sur la Forêt-Noire, que l'on y embrasse du regard, de Heidelberg à la vallée de la Kinzig, et notamment dans les environs de Bade. On distingue les clochers de Strasbourg, de Spire, les églises de Carlsruhe et les fortifications de Rastadt.

A 1 extrémité E. du Scherhold commencent les lignes de Wissembourg, si célèbres dans l'histoire militaire de la France, et qui se prolongent, sur 30 kil. environ de longueur, jusqu'à Lauterbourg, cb.-l. de c. de 2156 hab., place forte de 3e cl., située à 21 kil. de Wissembourg, sur une hauteur baignée par la Lauter, à 4 kil. environ de l'embouchure de cette rivière dans le Rhin. Lauterbourg, qui paraît devoir son origine à un fort construit par les Romains, et qui, depuis le moyen âge jusqu'à nos jours, a joué un rôle important dans toutes les luttes qui ont eu la basse Alsace pour théâtre, a surtout beaucoup souffert dans la guerre de Trente ans et dans les guerres de la Révolution.

Les lignes de Wissembourg consistent en une série d'épaulements et de parapets, renforcés de distance en distance par des redoutes, s'élevan

sur la rive dr. de la Lauter. Ces travaux de défense, aujourd'hui nivelés sur plusieurs points par les propriétaires riverains, furent exécutés de 1704 à 1706 par le maréchal de Villars, qui y fit travailler jusqu'à 1 i 000 pionniers. Depuis cette époque, les lignes de Wissembourg ont été plusieurs fois le théâtre d'opérations militaires importantes. Parmi les plus remarquables, nous rappellerons celles qui furent dirigées, avec un succès décisif, contre les Autrichiens, par l'illustre général Hoche.

Les lignes de Wissembourg avaient été envahies, au mois d'octobre 1793, par Wurmser. « Le général Hoche, après avoir laissé plusieurs divisions de son armée sur la Sarre, dit M. Rheinwald dans son intéressante monographie historique, l'Abbaye et la Ville de Wissembourg, vient déboucher des Vosges par la vallée de Nieder- >ronn, accable, le 22 décembre, quelques corps ennemis à FroeschwUler et à Woerth, et les rejette sur l'armée principale, fortement retranchée au Geiaberg, près de Wissembourg. Puis, sans perdre de temps, il réunit sous son commandement les armées du Rhin et de la Moselle, détache une partie de ses forces surLembach et sur Lauterbourg et se porte, avec 35 000 hommes, au centre, en face des Autrichiens de Wurmser, appuyés par les Prussiens du duc de Brunswick et par les émigrés du prince de Condé. Le 26 décembre, il électrise les jeunes soldats en leur annonçant la prise récente de Toulon, enlève, avec son énergie accoutumée, les formidables redoutes du Geisberg, et débloque, le lendemain, la place de Landau. »

Excursion k Lembach et aux ruines des ohateaux de Fle'okenstein, de Wasenstein et de Frœnsburg.

(14 kil. de Wissembourg à Lembach ; 6 kil. environ de Lembach au Fleckenstein.)

Cette excursion, très -intéressante et que I on peut faire, à la rigueur, en une journée, à la condition d'être en voiture et de sacrifier la visite à la Froensburg, exige deux jours, si on la fait à pied. Dans ce cas, on couche à Lembach.

Au lieu de revenir à Wissembourg par le môme chemin, on peut, du

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