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OE STRASBOURG A WASSELONNE

PAR MOLSHEIM

S5 kil. — Chemin de fer. — Trajet en 2 h. — 1" cl. 2 fr. 25 c; 2« cl. i fr. 75 c; 3e cl. 1 fr. 25 C.

Le chemin de fer de Strasbourg à Wasselonne fait partie d'an réseau de chemins de fer vicinaux comprenant deux autres embranchements sur Barr et Mutzig. Tous trois se détachent à Molsheim d'un tronc commun, long de 21 kil. C'est en 1858 que

M. Migneret, préfet du Bas-Rhin, conçut la pensée d'appliquer la loi de 1833 sur les chemins vicinaux à la création de voies ferrées construites dans des conditions économiques et devant desservir les principaux chefs-lieux de canton du département. L'initiative du préfet du Bas- Rhin, fortement appuyée par le conseil général, a ainsi doté le département des voies de communication suivantes : — 1» de Strasbourg à Wasselonne, à Mutzig et à Barr ; — 2° de Haguenau à Niederbronn ; — 3° de Schlestadt à Sainte-Marie -aux- Mines; — 4" de Hochfelden à Bouxwiller (chemin en construction). Ces diverses lignes ont été exécutées, pour l'acquisition des terrains, les terrassements et les ouvrages d'art, aux frais des communes et du département; la Compagnie des chemins de fer de l'Est s'est chargée de la pose des rails et de la construction du matériel roulant, et reste chargée de l'exploitation. Les chemins de fer vicinaux du Bas-Rhin n'ont qu'une voie. L'admission de courbes à petit rayon et de pentes plus fortes que sur les grandes lignes a permis d'adopter un tracé réduisant autant que possible le nombre des terrassements et des grands ouvrages d'art. Dans ces conditions, on évalue à 45 000 fr. par kil., en moyenne, la dépense mise à la charge des communes et du département, et à 60 000 fr. par kil. celle qui incombe à la Compagnie de l'Est. Enfin, le maximum de vitesse des trains sur les chemins vicinaux étant très-inférieur à celui de la vitesse des trains sur les grandes lignes, les frais d'exploitation sont aussi beaucoup moins élevés.

Grâce aux efforts persévérants de M. Migneret et de M. Coumes, ingénieur de la Compagnie de l'Est, et au concours du conseil général, le premier réseau des chemins de fer vicinaux du Bas-Rhin, comprenant les embranchements de Barr, de Wasselonne et de Mutzig, a pu être inauguré le dimanche 25 septembre 1864, après trois ans et demi de travaux. Les embranchements de Schlestadt à Sainte- Marie-aux- Mines et de Haguenau à Niederbronn ont été successivement ouverts peu de tempes après.

L'ensemble des embranchements sur lesquels la circulation est actuellement établie représente un développement total de 98 kil., en tenant compte, il est vrai, de 6 kil. environ de parcours sur la ligne de Strasbourg à Baie.

L'embranchement de Strasbourg à Wasselonne, à Mutzig et à Barr, se

détache de la ligne de Bâle (R. 2) à 1 kil. au delà du canal de la Bruche, pour prendre la direction de TE. à l'O.

8 kil. Lingolsheim, v. de 1157 hab., à g. de la station. — De Lingolsheim à Molsheim, le chemin de fer traverse la plaine de l'Alsace, où les travaux d'art se bornent à quelques petites tranchées et à un pont sur une dérivation de la Bruche.

9 kil. Holtsheim, v. de 951 hab., situé sur la Bruche, à dr. et à 2 kil. environ au N. 0. de la station (fabrication de poterie rouge ; belles pépinières).

12 kil. Enttheim, v. de 766 hab., à g. et à 1 kil. 1/2 de la station, au point de bifurcation des routes de terre de Strasbourg à Schirmeck et à Barr. — Entre ce village et celui de Holtzheim, les Français, sous les ordres de Turenne, livrèrent, le 4 octobre 1674, une bataille sanglante aux Impériaux , commandés par le duc de Lorraine. Bien que le résultat en fût resté indécis , Louis XIV fit frapper une médaille en souvenir de cette journée.

15 kil. Duppigheim, v. de 1077 hab., à g. et à 2 kil. 1/2 de la station, entre la rive dr. de la Bruche et la route de Strasbourg à Schirmeck, possède une fabrique de tuyaux de chanvre et de seaux à incendie , une féculerie et une tuilerie.

Entre Duppigheim et la station suivante, on aperçoit, à 2 kil. sur la dr. , Kolbsheim, v. de 585 hab., situé près du canal de la Bruche. Ce village possédait autrefois un double château : l'un supérieur, l'autre inférieur. Ce dernier fut brûlé en 1261 par les Strasbourgeois; il n'en reste plus de traces. Le château supérieur, transformé aujourd'hui en une élégante habitation moderne , qui appartient à la famille Humann , est entouré d'un magnifique parc renfermant une serre tempérée remarquable, un potager, un verger, des vignes et un jardin pittoresque planté de beaux arbres, avec étangs et eaux

vives. On aperçoit très-distinctement, du chemin de fer, ce château bâti sur une hauteur.

16 kil. Duttlenheim, v. de 1577 hab., à g. et à 2 kil. 1/2 de la station , renferme plusieurs établissements industriels, entre autres des féculeries et des amidonneries.

19 kil. Dachstein, v. de 598 hab., à 2 kil. à dr. de la station, non loin du canal de la Bruche et sur le chemin de Mutzig à Brumath.

Dachstein était autrefois une petite ville protégée par des fortifications et un château qu'avait construit, en 1214, l'évêque de Strasbourg Henri II, pour en faire sa principale place de défense. 11 fut plusieurs fois assiégé dans le cours du moyen âge, d'abord par les Strasbourgeois en guerre contre leur évêque (1262) , puis par les Armagnacs (1439), et de nouveau en 1 592 par les Strasbourgeois, Les Suédois l'occupèrent pendant la guerre de Trente ans; enfin, en 1675, Turenne s'en empara après l'avoir bombardé pendant quatre jours et quatre nuits. Le château et les fortifications ont complètement disparu , et Dachstein n'est plus qu'un village où l'on ne remarque que deux jolies maisons de campagne. La villa de M. Hervé, dont le jardin contient de beaux arbres exotiques, entre autres un magnifique cèdre du Liban, planté en 1737 , et qui atteint 18 met. de hauteur, mérite particulièrement d'être visitée.

En face de la station de Dachstein , on aperçoit, à 1 kil. 1/2 environ à g. du chemin de fer, le clocher de l'église d'y! Uorf,\. de 920 hab. Cette église, en partie du xue et en partie du xviu* s., dépendait d'une abbaye importante de Bénédictins, fondée en 960 et qui jouit jusqu'au xnie s. du droit de battre monnaie. Cette communauté a été supprimée à l'époque de la Révolution.

Dans le collatéral S. de l'église on remarque des fonts baptismaux du xv' s.

et, sur un des autels latéraux (côtéN.), un reliquaire en bois sculpté repré-

[ROUTE 81J DAGHSTEIN.

MOLSHEIM

sentant le buste de saint Cyriaque (la poitrine du saint porte des plaques de métal ornées de dessins en relief qui semblent indiquer le xni" s.).

21 kil. Molsheim (hôt. : de la Cliarrue-d'Or, des Deux-Clefs), ch.-l.

de c, V. de 35fi0 hab. , est située à AOO ou 500 mî't. de la station, sur la Brucbe , au pied d'un grand coteau planté de vignes dont les produits sont très-estimés.

Les évéques de Strasbourg avaient, dès le x« s , des droits considérables à Molsheim, qui leur fut cédée, en 1308, par l'empereur d'Allemagne Henri VII, à la condition de renoncer à leurs prétentions sur Mulhouse. Ils agrandirent alors les fortifications, construisirent un château et firent de Molsheim une cité importante. L'empereur Charles IV y eut, en 13S3, une entrevue avec l'évéque Berthold. Molsheim eut beaucoup à souffrir au xiv* et au xv« s., soit des luttes des évéques contre l'Empire, soit des guerres locales. La ville fut pillée et incendiée à plusieurs reprises ; mais, malgré ces désastres, elle parait avoir toujours tenu un rang assez considérable en Alsace, car, en 1573, l'évéque Jean IV y établit un hôtel des monnaies.

Le général Westermann, qui a joué un certain rôle pendant la Révolution et qui mourut sur l'ëchafaud en 1794, à l'âge de trente-un ans, est né à Molsheim.

Molsheim renferme quelques édifices et plusieurs maisons de date ancienne, qui, avec les restes bien conservés de ses fortifications , lui donnent une physionomie pittoresque.

L'église paroissiale, construite au xvc s., appartient au style ogival, sauf les deux chapelles latérales qui datent du xvie s. Le chœur, la nef principale et le transsept sont surtout remarquables par leurs vastes proportions et l'élégance de leur disposition.

Les piliers de la nef, formés de colonnes rondes à chapiteaux corinthiens, annoncent déjà le goût de la Renaissance. Les clochers, que l'on aperçoit du chemin de fer (à dr.), se signalent par la légèreté hardie de leur construction.

Le courent des religieuses de Aotre-Dame, qui renferme un pensionnat

très -fréquenté, occupe les bâtiments d une ancienne maison de Jésuites.

Il possède une jolie chapelle ogivale moderne.

L'ancien hôtel de ville , sur la place du Marché, est un charmant édifice, récemment restauré avec soin. Ses deux façades à pignons élégamment historiés, le beau balcon qui se développe sur les trois côtés du premier étage et son escalier double aboutissant à une tourelle centrale et rappelant un peu par sa disposition le bel escalier de l'hôtel de ville de Mulhouse, donnent à cette construction un caractère d'un grand effet monumental.

Vhôtel de ville actuel, dont la halle occupe le rez-de-chaussée, de l'autre côté et à l'extrémité de la place du Marché, est un vaste bâtiment, avec fronton triangulaire dans le goût moderne.

En face de l'ancien hôtel de ville , s'élève une jolie fontaine, à double vasque, s'appuyant à une colonne cannelée, que surmonte une figure hé-»

raldique de cheval. — Nous signalerons aussi, sur la place du Marché, plusieurs maisons des xvr* et xvn* s.

Des fortifications du moyen âge, presque entières, entourent encore Molsheim. On remarque notamment, à l'entrée de la ville en y arrivant du chemin de fer, un vaste donjon carré qui porte, à l'intérieur, l'image peinte de la Vierge.

Molsheim, dont le commerce consiste surtout en vins, grains et autres produits agricoles, possède des brasseries, des tanneries, des fabriques de savon et de chandelles , et une fabrique très-importante et renommée de grosse quincaillerie. Cet établissement a des succursales à Grcsswillcr, à Urmatt, à Dinshcim et à Klingenthal.

De Molsheim à Mutzig, R. 82 ; — à Barr, R. 83.

L'ombranchement de Wasselonne >c détache, à Molsheim, du tronc

commun , et se dirige à dr. vers le N. en longeant une dérivation de la Bruche, qu'il franchit à 1 500 met. environ du point de bifurcation, sur un lieau pont en pierre, de quatre arches. A dr. s'étend au loin la plaine de l'Alsace; à g. s'élèvent des coteaux (364 mèt. d'altit.) couverts de vignobles, au pied ou à mi-côte desquels se développe la route de terre de Saverne.

24 kil. Avolsheim, v. de 696 hab., situé à dr. du chemin de fer sur le canal de la Bruche. A 400 mèt., à peu près, au S. du village, se trouve une des plus anciennes églises de l'Alsace, sinon la plus ancienne. Elle est connue sous le nom d'église de Dom-Peter {Domus Pétri) et sert d'église paroissiale au village. Elle paraît remonter au vu* s. , ou au moins, selon quelques archéologues, au commencement du ixa s. ; mais elle a été remaniée à diverses époques et a subi quelques réparations peu judicieuses. La tour, qui s'élève au-dessus de la façade occidentale, a été construite en 1767 en remplacement d'une tour du style romanobyzantin, détruite par la foudre en 1766. L'édifice conserve encore son plan originaire et plusieurs parties de sa construction primitive, entre autres la base de l'ancienne tour, qui fut épargnée par le feu , des sculptures curieuses placées au-dessus de la porte latérale, des pilastres qui supportaient Tare séparant le sanctuaire de la nef, etc. L'église de Dom-Peter a longtemps renfermé un cercueil contenant des restes que l'on croyait être ceux de sainte Pétronille; mais il a été démontré que ce tombeau était celui d'une femme nommée Terentia Auguslula. Ce cercueil est actuellement déposé au musée archéologique de la bibliothèque de Strasbourg. Lorsque Turenne vint assiéger Dachstein en 1675, l'église de Dom- Peter formait le centre des lignes d'attaque des Français. — A quelques pas de cet édifice, se trouve, sous une con-

struction rustique, une fontaine dite fontaine de Sainte -Pétronille, dont les eaux étaient autrefois considérées comme très-efficaces contre les fièvres intermittentes. Ce petit bâtiment, ainsi que l'église, est entouré d'arbres magnifiques, parmi lesquels on remarque surtout un tilleul dont le tronc a 2 mèt. de diamètre.

Avolsheim renferme une autre chapelle remontant également à une date fort reculée. La nef et le chœur en ont été reconstruits en 1744; mais on » voit encore des traces de la construction antérieure.

A 1 kil. 1/2 au N. E. d'Avolsheirn et au delà du canal de la Bruche, se trouve Wolxheim, v. de 1123 hab. , dominé au N. par une colline très-étendue, de calcaire oolithique (316 mèt.

d'altit.), qui s'abaisse à l'O. en un revers escarpé sur la Mossig , et qui s'incline à l'E., vers la plaine, en une pente douce. Les flancs de cette colline sont occupés par un vignoble renommé produisant des vins blancs qui comptent parmi les meilleurs du Bas- Rhin. Le versant septentrional porte une chapelle dédiée à la Vierge et connue sous le nom de pèlerinage d'Altbrunn. — Lorsque l'on sort de Wohheim par la route de Soultz-les- Bains (F. ci-dessous), on trouve à dr.

un chemin qui monte au sommet de la colline, et près duquel se trouve la chapelle Saint-Denis, au milieu du cimetière du village. — Enfin, nous indiquerons encore : une autre chapelle construite près du canal, en 1864; — Y ermitage de Saint-Armuth, entre Wolxheim et Avolsheim ; — et une belle maison de campagne avec serre, I>arc et belvédère , appartenant a M. Prost, et située entre Wolxheim et Soultz-les-Bains.

Le chemin de fer, après avoir franchi le canal de la Bruche, pénètre dans la vallée de la Mossig.

25 kil. Soultz les Bains ou Soultzbad (chambres et appartements meublés à l'établissement des eaux), v. de 826 hab. , est situé sur la Mossig et

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