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ROUTE 81] AVOLSHEIM. — SOULTZ-LES-BAINS

la route de Savernc , au versant N.

d'un long coteau mamelonné qui s'étend de Mutzig à Soultz (exploitation de carrières de grès).

L'établissement des eaux (17?

met. d'altit.) est bâti sur la rive g. de la rivière, dans un joli vallon abrite au N. E. et au S. 0. par les collines de Wolxheim et de Soultz, à 1 kil. au N. 0. du premier de ces villages, et à 2;">0 ou 300 mèt. seulement du second, qui en est séparé par la Mossig.

De Soultz, on se rend à l'établissement, soit par la route de Wolxheim, sur laquelle s'ouvre une des entrées des bains (au N. E.), soit par la route de Savernc (au S. 0.), à laquelle il est relié par un pont rustique et une jolie avenue de tilleuls. Les bains de Soultz, malgré leur désignation, sont situés sur le territoire de Wolxbeim.

Les eaux de Soultz-les-Bains ou Soultzbad paraissent avoir été connues et employées drs le moyen Age; mais leur existence n'est constatée dans des documents écrits qu'à partir du xvic s. La source, s'écoulant par deux orifices, jaillit des couches inférieures du grès bigarré, d'où elle est amenée, à l'aide d'une pompe, au niveau du sol dans un bassin circulaire placé au centre de rétablissement.

L'eau de ce bassin est exclusivement employée en boisson. Une deuxième pompe, installée dans unautre local, à peu de distance de la première, sert à l'alimentation du réservoir qui dessert les bains.

L'eau de Soultz est froide (15° 6 centigr.), chlorurée, sodique, bromo-iodurée. La source en débite environ 900 hcctol. par 24 heures.

D'après la dernière analyse, faite en I8.">4, cette eau présente, comme éléments coiistitntif?<, sur 1 kilog. d'eau, le chlorure de sodium, en quantité prédominante (3 gr. 189 sur 4 gr. 417): puis, en quantités moindres, mais également dominantes, le bicarbonate de chaux et les sulfates de

chaux, de soude, de magnésie ; enfin en quantités faibles, le bromure et l iodure de potassium et la silice.

Elle contient, en outre, des traces d'acide phosphorique et d'oxyde de fer. — L'eau de Soultz est particulièrement efficace dans les affections rhumatismales, certaines maladies cutanées ou scrofuleuses, les affections catarrhales de la vessie, etc. (F., pour plus de détails, les Bains d'Europe, par Ad. Joanne et Le Pileur, et Soultsbad : le bain de Soultz, près de Molsheim, par le Dr E. Eissen).

L'établissement, entouré d'un jardin agréable, renferme de nombreuses chambres meublées dont le prix varie de 1 fr. à 3 fr. par jour; la nourriture (déjeuner au café, dincr et souper) coûte 4 fr. 50 à 5 fr. par jour. La saison s'ouvre le 1er mai et se prolonge jusqu'au 15 octobre, grAce à la douceur de la température duc à la position abritée du site.

L'eau de Soultz , limpide, peu gazeuse, incolore, inodore, à saveur fortement salée, se prend en boisson, en bains d'eau ou de vapeur et en douches.

Les environs de Soultz-les-Bains offrent des buts nombreux et intéressants d'excursions, que la création des chemins de fer vicinaux a rendues faciles. Nous nous bornerons à indiquer sommairement ces buts d'excursions, en renvoyant pour les détails aux routes auxquelles ils appartiennent. Ce sont : — la cascade du Nidcck et le château de Girbaden, par Mutzig (R. 82) ; — le couvent de Sainte -Odile et les châteaux d'And- Iau, de Spesbourg et de Landsperg, par Obernai et Barr (R. 83) ; — le château de Scharrach et celui de Wangenbourg, par Wasselonnc(F. cidessous).

Les coteaux qui dominent Soultz de deux côtés présentent, dans un rayon plus rapproché, de jolies promenades où l'on jouit de charmantes perspectives sur les grandes Vosges et la plaine de l'Alsace. Nous cite*

rons, entre autres, la colline de Wolxheim (V. ci-dessus) et celle de Soultz, par laquelle on peut se rendre à (2 kil.) Langolsheim, v. de 651 hab. (église avec tour du xnc s.), qui était entouré d'une enceinte fortifiée dont il reste encore des vestiges. On y remarque aussi quelques maisons du xvi' s.

Au delà de Soultz, le chemin de 1er longe la Mossig, qu'il croise plusieurs fois et sur la rive dr. de laquelle se montrent Hiblenheim, hameau dépendant de Soultz, puis Irmstett, v. de 161 hab.

28 kil. Scharrachbergheim, v. de 639 hab., situé à dr. du chemin de fer, sur le versant N. 0. de la montagne de Scharrach, prolongement de la grande colline de Wolxheim, et à peu de distance de la rive g. de la Mossig. — A l'extrémité E. du village s'élève le petit château fort de Scharrach, dont l'ensemble présente encore, bien que les parties supérieures en aient été dénaturées, un spécimen intéressant de l'architecture militaire du xive s. Ce château appartint successivement aux familles de Scharrach, d'Ochsenstein et de Dettlingen. Il se compose d'un bâtiment carré, à deux étages, flanqué de grosses tourelles à ses angles. — On voit sur la montagne quelques restes d'assises en pierre de taille qui passent pour avoir fait partie d'un château plus ancien , et les vestiges d'ouvrages en terre, élevés par les Suédois pendant la guerre de Trente ans. — Du haut de la montagne de Scharrach, on embrasse une immense étendue de pays.

On aperçoit, à g., au delà de la Mossig, Odratzheim, v. de 473 hab.

30 kil. Kirchheim, v. de 426 hab., sur la Mossig, à dr. de la voie ferrée, eut pour origine un palais ou villa des rois Mérovingiens. Des fouilles récentes ont fait découvrir d'importants vestiges de cette résidence, qui formait un rectangle de 108 mèt. sur 73 mèt. 50 cent. Les murs, de 2 mèt.

d'épaisseur, ont encore une hauteur

de 1 mèt. 50 cent, depuis le fond des caves jusqu'au niveau actuel du sol. La maçonnerie est faite en moellons ordinaires, sans assises réglées. On y a découvert des briques carrées superposées et, au-dessus, des briques rondes formant colonnes. Dans quelques-unes des maisons du village se voient des débris de murs remarquables par la solidité de leur appareil et qui rappellent la construction dite le mur Payen (R. 2).

32 kil. Marlenheim, c. de 1727 hab.

(brasserie, fabriques de chaux et moulins), à la base du revers S. des hauteurs de Kronthal, sur la route «le Strasbourg à Saverne, et à peu de distance de la Mossig, dont elle est séparée par le chemin de fer. Ce village, l'une des plus anciennes localités de l'Alsace, a d'abord formé une villa romaine qui fut remplacée, sous les Mérovingiens , par une résidence royale très-importante, comprenant un gynécée, sorte d'atelier de travail où étaient envoyées des femmes en punition. Il ne subsiste plus de vestiges de cet établissement ancien. — A l'O.

du village, sur une des hauteurs qui dominent le vallon du Kronthal, se trouvent quelques ruines du château de Kronenbourg, bâti au commencement du xinc s.

33 kil. Wangen, v. de 771 hab., à g. et à 500 ou 600 mèt. du chemin de fer, est bâti au pied du Wangenberg, colline dépendant des hauteurs du Kronthal. L'église, construite en 1830, et servant en même temps au culte catholique et au culte protestant, a remplacé un édifice qui datait du commencement du xine s., ainsi que le rappelle une vieille inscription conservée dans l'église actuelle. Wangen était autrefois entouré d'une enceinte fortifiée, et il existe encore, à l'extrémité du village, dans la direction du moulin de Wangen, situé presque en face de la station (tourner à g. pour se rendre à Wangen), une porte surmontée d'une tour avec bretèche.

A Wangen, le chemin de fer s'en-

[ROUTE 81] LE KRONTHAL.

WASSELONNK. 465

gage dans l'étroit vallon, ou plutôt dans la gorge pittoresque et un peu sauvage du Kronthal, gorge tellement resserrée entre deux hautes collines (grès bigarre) qu'elle laisse à peine l'espace nécessaire au passage du chemin de fer, de la route de terre et de la Mossig qui la traversent, en se touchant presque, dans toute sa longueur (environ 2 kil. 1/2). Le chemin de fer y longe à dr. la route de Saverne et franchit la Mossig à quatre reprises.

Le Kronthal passe pour avoir fourni les pierres employées à la construction de la cathédrale de Strasbourg et jouit, à ce titre, d'une renommée toute particulière en Alsace. Toutefois, cette assertion est contestée par M. le docteur Eissen. « C'est là, dit- 11, l'opinion généralement accréditée, mais les hommes du métier savent parfaitement que les carrières du I Kronthal ne fournissent que des moellons et non des pierres de taille. La carrière qui a fourni réellement les matériaux de construction de la cathédrale est située à l'O. de Wassclonne et porte de temps immémorial le nom de Frauenhaus-Grube (carrière de l'œuvre Notre-Dame). »

Le défilé du Kronthal offre aux touristes une charmante promenade, de Wangen à Wasselonnc (3 kil., quitter le chemin de fer à la première de ces stations) .

35 kil. Wasselonne (hôt. de la Pomme d'Or ; — Omnibus à tous les trains; 30 c. par place; 10 c. par colis), ch.-l. de c. de 4308 hab., s'étend en amphithéâtre, à dr. du chemin de fer, sur un prolongement trèsabaissé des hauteurs du Kronthal, vers la rive g. de la Mossig. Cette petite rivière, d'une nature torrentielle, descend des hauteurs du Schneeberg (K. 75), en réunissant toutes les eaux du versant N. de ce massif, et en desservant un grand nombre d'usines, de moulins et de scieries. Après avoir arrosé Wasselonne au S., la Mossig forme un coude très-accen-

VOSGES

tué et sort du vallon du Kronthal, pour se diriger, «lu N. au S., vers le canal de la Bruche dans lequel elle se jette.

Wasselonne formait anciennement une seigneurie, qui, après avoir fait partie du domaine épiscopal de Strasbourg, fut donnée en fief, en 1224, à FrédéricII, en qualité de duc d'Alsace, et passa ensuite entre les mains de plusieurs autres empereurs d'Allemagne. En 1496, la seigneurie impériale fut rachetée par la ville de Strasbourg ; enfin elle entra, au xvnc s., dans la possession de la France avec le reste de l'Alsace.

Wasselonne était anciennement défendue par une enceinte fortifiée et par un château fort, dont il suhsi lo quelques parties (à dr., lorsque l'on sort de Wasselonne dans la direction de Saverne). On remarque surtout les restes d'une tour carrée qui formait l'entrée du château, une autre tour, ronde, et des vestiges de fossés.

V église paroissiale, construite en 1757, sert aux deux cultes catholique et protestant. — Wasselonne possède, en outre, un hôtel de ville moderne et une belle halle aux blés.

Les établissements industriels de Wasselonne sont des fabriques de bas et de chaussons de laine, de produits chimiques, de savon et de chandelles, des brasseries, des tanneries, des filatures de laine, une blanchisserie de toiles, un tissage de coton, des fours à chaux et à plâtre ; enfin des carrières de moellons et de pierres de taille s'exploitent dans les environs.

Wasselonne est le siège d'un consistoire de la confession d Augsbourg.

Excursion à Wangenbourp.

(15 kil. - Voitures de louage à l'hôtel de la Pomme-d'Or. — ir» fr. et 20 fr., aller et retour, selon le nombre des places.)

A l'origine môme de la route de Saverne, on trouve à g. un chemin conduisant à (3 kil.) Romanswiller, v. de 1067 hab., sur la rive g. de la

Mossig (moulins et fabrique d'acier).

A l'entrée rte ce village, une maison particulière a été formée de quelquesuns des bâtiments du château d'JFrlenbourg. Malgré les appropriations nécessitées par cette nouvelle destination, on y retrouve encore des traces de la demeure féodale.

En sortant de Romanswiller, par le 6. 0., on franchit la Mossig et l'on ne tarde pas à pénétrer (2 kil. 1/2 de Romanswiller) dans la belle forêt (TOdenwald, à l'entrée de laquelle on aperçoit à dr., au delà de la rivière, la gorge sauvage du Fuchsloch (trou aux Renards) où est installée une fabrique d'acier, dépendante de l'établissement de Romanswiller.

A 2 kil. environ du Fuchsloch, on passe sur la rive g. de la Mossig et Ton entre dans la forêt de Freudeneck. Le chemin contourne, au N., le mamelon que surmontent les ruines du château de Freudeneck. Après l'avoir dépassé, on trouve à g., près du moulin-scierie de Reinhardt, et en franchissant de nouveau la Mossig, un chemin forestier qui conduit directement à Wangenbourg (pour ce château, K.R.75.)

[Service de voitures publiques à Wasselonne pour : — (8 kil.) Marmoûtier (R. 75); —(14 kil.) Saverne (R. 75).]

De Wasselonne à Saverne, R. 75.

PAR MOLSHEIM

24 kil. — Chemin de fer. — Trajet en t h. 25 min. — tr« cl. t fr. 50 c; 2« cl. l fr.

20 c; 3« cl. 80 c.

21 kil. Molshcim (R. 81)..

[La route de terre de Molsheim à Mutzig (3 kil.) par les hauteurs est charmante et mérite d'être parcourue à pied. A son point culminant, où

l'on trouve un banc pour se reposer, elle offre un magnifique panorama sur les grands contre-forts des Vosges qui dominent la plaine de l'Alsace, particulièrement sur les forêts et les ruines de Girbaden et de Sainte-Odile.]

L'embranchement de Mutzig se détache, à dr., de la ligne de Molsheim à Barr, en décrivant une courbe pour se diriger vers l'O. à travers une riante vallée, où il franchit la Bruche, dont il longe ensuite la rive dr.

24 kil. Mutzig (hôt. : de la Poste, de la Couronne) y V. de 3668 hab., est située à dr. de la station, sur la route de Schirmeck qui traverse la ville et en forme la rue principale. On y entre en franchissant la Bruche sur un beau pont. La ville s'étend sur la rive g. de cette petite rivière, au pied d'une haute colline de grès vosgien (390 mèt. d'altit.), dont le versant, en général escarpé et rocheux, l'abrite au N. En face, et de l'autre côté de la Bruche, s'élève une colline de 400 mèt. d'altit., couronnée par trois sommets distincts auxquels elle doit le nom de Dreispitx (les trois pointes). Du haut de ces collines, plantées de vignes, on jouit d'une belle vue sur la vallée de la Bruche et les montagnes environnantes.

Mutzig, entourée de murailles dans la seconde moitié du xui* s. par l'empereur d'Allemagne Rodolphe de Hapsbourg, possédait un château fortifié, qui n'existe plus. Elle passa, au commencement du xiv* s., sous la domination des évêques de Strasbourg. Attaquée par les Armagnacs, en 1444, elle leur résista vaillamment et avec succès ; mais ses environs furent entièrement ravagés. Au xvn« s., elle eut beaucoup à souffrir pendant la guerre de Trente ans et les guerres de Louis XIV.

Véglise paroissiale (au N. E. de la ville, au pied de la colline) est un édifice intéressant du xuc s., à l'exception du chœur, qui date du xiv*s.

On remarque, à l'intérieur, de belles

[ROUTE 82] MTJTZIG. — NIEDERH ASLAGH .

stalles du xviii* s., une verrière du

XIV s. et de curieuses statues.

A l'entrée de la ville, en venant du

chemin de fer, se dresse une tour,

autrefois l'une des portes de Mutzig.

La route de Schirmeck forme, à

sa sortie de Mutzig, une très-agréable

promenade jusqu'à ( 1 500 mèt ) une

petite chapelle située en face du chemin qui conduit à Gresswiller. A dr.,

de magnifiques escarpements de grès

rouge s'abaissent sur la Bruche,

comme une immense muraille, interrompue çà et là par des vignobles;

à g., on suit le cours de la rivière,

au delà de laquelle se montrent de

belles montagnes boisées, et, au loin,

les ruines du château de Girbaden

(F. ci-dessous et R. 83).

Mutzig, ville très-industrielle, ren ferme une blanchisserie de toiles, des brasseries, des fabriques de chan délies, des tanneries, une papeterie et une féculerie; mais son établissement industriel le plus important et le plus curieux est sans contredit la manufacture d'armes, qui occupe, entre la grande rue (à g.) et la rive g. de la Bruche, l'ancien château de plaisance des évêques de Strasbourg.

Ce magnifique établissement, qui emploie 600 ouvriers, fabrique des fusils, des pistolets et des baïonnettes,* et livre chaque année au gouvernement 18000 à 20000 fusils. Des institutions de prévoyance en faveur des ouvriers malades ont été organisées par les directeurs de la manufacture.

Plusieurs grandes carrières de pierres de taille s'exploitent dans les environs de Mutzig.

faut coucher à Niederhaslach , et Ton fera bien de prendre ce parti, même si I on profite de la voiture publique jusqu'à Urmatt, afin de pouvoir consacrer une journée entière à la visite d'Oberhaslach , de la cascade du Nideck et de ses environs. — En voiture particulière, une journée suffit pour toute excursion.

Dans le cas où l'on voudrait faire le trajet à pied, on adopterait l'itinéraire suivant : Prenant la route de Schirmeck à sa sortie de Mutzig, on la suit jusqu'à (6 kil.) Heiligenberg (R. 70, de Saint-Dié à Mutzig, en sens inverse). A l'entrée de ce village, on trouve à dr. un chemin qui, après avoir contourné la colline dUeiligenberg, traverse, dans sa largeur, le bois de Wassenberg et débouche dans la vallée de Haslach ou de la Hassel. A 1 kil. de la forêt, on aperçoit à g. (12 kil. de MuUig) Niederhaslach (V. ci-dessous), où conduit un petit chemin d'embranchement. — Il vaut beaucoup mieux prendre la voiture d'Urmatt, qui suit la belle vallée de la Bruche On abrège ainsi de moitié le trajet à faire à pied.

Excursion an ch&teau et k la cascade do Mideck, par Niederhaslach et

20 kil. environ de Mutxig au Nideck.

— Voitures publiques jusqu'à Urmatt (It kil Trajet en t h., pour î fr. 25 c.

Course très-intéressante, dans laquelle on parcourt une des plus agrestes et des plus remarquables régions des Vosges.

Si l'on fait toute cette excursion à pied, il

11 kil. Urmatt (R. 70).

D'Urmatt, un bon chemin, remontant vers le N., conduit en 20 ou 25 min. à (13 kil. 1/2 de Mutzig) Niederhaslach (hôt. du TWeul-Vert), v. de 1104 hab., situé sur la Hassel ou Haslach, ruisseau torrentiel qui descend des hauteurs de Lutzelhausen et va se jeter dans la Bruche.

Niederhaslach s'est formé autour d'un monastère fondé par saint Florent et qui s'élevait sur remplacement de l'église actuelle. Saint Florent vivait, dit-on, retiré dans les forêts solitaires de la Bruche, au pied de la colline de Ringelsberg, qui domine Oberhaslach au N. O. Sur sa réputation de sainteté, le roi d'Austrasie Dagobert II eut recours à lui pour obtenir la guérison de sa fille Rothilde-, aveugle et muette. Les prières de saint Florent ayant, en effet, rendu la vue et la parole à Rothilde, le roi lui donna un domaine considérable dont les revenus servirent à fonder l'abbaye de Niederhaslach (vii« s.), convertie, au xi* s., en collégiale. Au xvn«s., les Suédois mirent le feu aux maisons canoniales

*insi qu'à l'église, qui perdit alors une lèche élégante élevée au-dessus de la îçade occidentale.

Cette église collégiale, convertie en église paroissiale (mon. hist.) , est encore l'un des beaux monuments religieux de l'Alsace.

Elle avait été commencée dès 1274 ; mais l'édifice, en cours de construction, fut dévoré parles flammes, et Jacques Erwin, fils de l'illustre architecte de la cathédrale de Strasbourg, fut alors appelé pour reprendre l'œuvre compromise, dont il conduisit les travaux de 1294 à 1316.

C'est à lui qu'on devrait, entre autres parties, la nef et la tour. L'église ne fut entièrement achevée qu'en 1385.

Gravement endommagée à ili verses époques, elle a été, dans ces dernières années, l'objet d'une restauration complète dirigée par M. Bœswillwald. Voici la description concise, u ni , d'une exactitude pour ainsi dire graphique, qi:e M. Spach, le savant archiviste du département du Bas-Rhin, donne de l'église Saint-Florent : « Cette élégante église ogivale est construite sur les ruines d'une église plus ancienne, que saint Florent avait fondée au vnc s. L'édifice offre à l'O.

un portique garni de statuettes; dans le tympan, un bas-relief qui représente Vhhtoire de saint Florent; à dr. et à g. de la porte, les statues de la Vierge et de Y ange Gabriel (cet ange portait autrefois une aile de métal, ainsi que l'indique encore un piton qui servait à la fixer); au-dessus du portail , une rosace ; de chaque côté, des tourelles renfermant un escalier; dans l'intérieur, une nef et deux bas côtés séparés de la nef par douze piliers ; un chœur oblong, trèsprofond, terminé par une élégante abside; sous le côté S. du transsept, une arcade gothique donnant accès dans une chapelle servant aujourd'hui de sacristie. Les fenêtres de l'église sont garnies de vitraux d'une remarquable beauté. Tel est l'aspect général decette église en grande vénération parmi

tous les pèlerins de l'Alsace et de la Lorraine.» Outre les magnifiques verrières du XIVe s., dont les sujets sont empruntés à la vie de saint Florent , on remarque encore , à l'intérieur de l'église, un saint-sépulcre, également du xiv* s., et un Christ au jardin des Oliviers, œuvre intéressante de l'art du moyen âge. Le corps de saint Florent, d'abord inhumé à Saint-Thomas de Strasbourg, a été rendu à l'église de Niederhaslach, ou il est l'objet d'une grande vénération. Le cimetière, qui renferme la tombe d'un chanoine du x<ve s., a reçu, par les soins de M. Bœswillwald, la pierre tumulaire de Jacques Erwin, qui y est scellée dans le mur.

L'église de Niederhaslach s'élève sur une jolie place plantée d arbres, qui se rattache à la principale rue du village par un pont dont les pilastres portent une inscription légendaire, en français et en allemand, tracée en lettres d'or sur deux plaques de marbre noir. — Dans la rue principale, non loin du pont, un bas-relief représentant saint Florent en habits d'évêque, est encastré dans un mur qui ferme une cour.

On gagne, au N. de Niederhaslach, en passant devant l'église, le chemin de Heiligcnberg (F. ci-dessus), par lequel, en tournant à g., on atteint (1 kil.) Oberhasinch,\. de 1025 hab., sur le ruisseau de Haslach (moulins et scieries mécaniques). Une cfiapelle, construite en 1315, au pied du Ringelsbcrg (650 mèt. d altit.), au N. 0. du village, et renouvelée en 1703 et en 1750, indiqua l'emplacement de l'oratoire de saint Florent. — Sur le sommet du Ringelsberg, se trouvent les ruines du château de Ringelsteiny une des six forteresses qui défendaient autrefois la seigneurie de Schirraeck.

Après avoir traversé Oberhaslach, et presque en face de l'église, on pénètre dans la vallée supérieure du Haslach ou de laHassel,que remonte une excellente route de forêt longeant à son début la base du Ringel-

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