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ROUTE 82] NIE DERHASLACH. — LE NIDECK

sberg, et côtoyant constamment la rive g. du ruisseau, dont les eaux font mouvoir de nombreuses scieries. En face de la deuxième scierie, s'élèvent, sur un rocher avec lequel ils se confondent, quelques pans de murs, ruines du château de Hohenstein, détruit au xiv* s. par l'évêque Berthold.

— Un peu plus loin , on laisse à dr.

la vallée de Luttcrbach, qui remonte aux censés de Breitberg (672 mèt.

d'altit.), situées au N. et un peu en arrière du sommet du Ringelsberg.

On continue à suivre la vallée du Haslach, où apparaissent les rochers porphyriques ou euritiques ; le flanc droit de la vallée se garnit de magnifiques forêts. A 5 kil. environ d'Oberhaslach, à la cinquième scierie, on rencontre à dr. l'entrée d'un petit vallon où l'administration des forêts a fait ouvrir un chemin parfaitement entretenu, qui remonte à la cascade du Nideck. Ce chemin traverse une haute futaie de sapins.

Après 20 à 25 min. de marche (2 kil.

env.), on atteint le magnifique amphithéâtre composé d'une enceinte de rochers porphyriques d'où s'élance, presque au pied de la tour du même nom, la cascade du Nideck, formée d'un ruisseau de montagne qui se réunit au ruisseau de Haslach. Des bancs rustiques et un joli chalet, établis en ce lieu par l'administration des forêts, permettent d'admirer à l'aise cette chute d'eau, Tune des plus remarquables des Vosges. La cascade du Nideck tombe d'une hauteur de 20 à 25 mèt. en une colonne d'eau irisée, décrivant une parabole qui permet de passer entre la chute et le rocher.

« Son effet est d'autant plus saisissant, dit M. Lcvrault dans la Revue d'Alsace (3e année), que cette gorge a conservé toute la physionomie sauvage, tout le sombre aspect, toute l'horreur poétique que l'imagination désire volontiers en de pareils lieux. Les sapins semblent s'y dresser plus hauts et plus élancés qu'ailleurs audessus de la corniche du rue nu et

noir. >» Toutefois, la masse d'eau n'y est pas toujours bien considérable, et cela tient en partie à une retenue établie au haut de l'escarpement et qui s'ouvre seulement en faveur de quelques visiteurs recommandés.

Du fond du cirque de rochers , un sentier, maintenant facile, conduit au sommet de l'escarpement, au-dessus de la cascade, d'où l'on domine le gouffre dans lequel elle se précipite, et au pied des ruines du château du Nideck, dont la construction semble dater du xne ou du xm* s. Il reste de l'ancienne demeure féodale une tour carrée haute d'environ 20 mèt. (mur de 3 mèt. d'épaisseur) et quelques pans de murs. Des échelles appliquées à l'intérieur de la tour permettent d'en atteindre le sommet, d'où le regard embrasse les vallées du Nideck, de la Bruche et le massif du Champ-du-Feu.

Le château du Nideck, mentionné pour la première fois dans l'histoire en 1336, fut assiégé en 1448 par les Strasbourgeois, qui obligèrent le seigneur de Nideck à demander une capitulation; l'année suivante, il fut pris par Louis de Lichtenberg ; enfin, il parait avoir été abandonné et ruiné vers le commencement du xviic s.

De la plate-forme du Nideck, on peut gagner Wangenbourg par le Schneeberg (V. R. 75).

Les montagnes qui entourent la cascade du Nideck renferment encore d'autres chutes d'eau , moins importantes, parmi lesquelles nous citerons celles do Rappelbronn et de Gùnsbourg. Cette dernière, située dans un endroit solitaire, au milieu de la vallée du Haslach, est la plus intéressante.

Pour s'y rendre, au lieu de prendre, à la cinquième scierie, le vallon du Nideck, on continue de remonter celui du Haslach, pendant environ 3 kil.

Parvenu à la scierie de Gûnsbourg, vers le point culminant de la montée, ou trouve à g. une gorge latérale menant au Gûnsbourg, dont la cime s'é- I lève à 614 met. d'altit. Ce site, d'un

caractère particulièrement agreste, aurait été anciennement "habité , si Ton en juge par des pierres de taille éparses sur le sol et témoignant d'une construction très-solide, ainsi que par les restes d1une chapelle, qui y ont été découverts en 1855.

Cette chapelle fut bâtie, à ce que l'on suppose, par un évêque de Strasbourg, 'ean II de Lichtenberg. A côté de ces ruines, qui dépassent à peine le niveau du sol, a été édifiée en 1856 une nouvelle chapelle, du style roman.

À 2 kil. au S. E. du Gunsbourg, dans une retraite encore plus reculée de la montagne, sur le double sommet du Katzenberg (1007 mèt. et 914 mèt.

d'altit), se voient d'anciennes pierres de monuments druidiques, et un rocher appelé la Porte de pierre, qui présente un énorme escarpement, appuyé à la plus élevée des cimes du Katzenberg.

D'Oberhaslach, on peut gagner (15 à 18 kil.) Wasselonne, par un chemin qui traverse constamment des forêts jusqu'à environ 1500 mèt. en deçà de Brechlingen, hameau de Wasselonne situé en face de cette ville, sur la rive dr. de la Mossig.

Exoaralon aux ruines du ohâteau de Girbaden, par OresBwlUer, MoUkiroh et Laubenheim.

(Il à 12 kil., par un chemin charmant traversant de belles prairies et des bois).

On suit la route de Schirmeck pendant 1 kil. 1/2 environ. Arrivé en face d'une petite chapelle, on prend à g.

un chemin qui, après avoir franchi la Bruche, traverse (2 kil. 1/2 de Mutzig) Gresswiller, v. de 940 hab.

(ateliers dépendant de la grande fabrique de quincaillerie de Molsheim, et confectionnant des scies, des ressorts de montres et des appareils mécaniques). Tournant de nouveau à g., à la sortie du village, on parcourt, pendant 1500 mèt. environ, une région découverte dans laquelle s'étendent de fraîches prairies. On longe

ensuite à dr., pendant 1 kil., le bot* de Gresswiller, dans lequel on ne tarde pas à pénétrer pour le traverser sur un espace de 3 à 4 kil., jusqu'à une scierie située sur le ruisseau de laMagel, entre Mollkirch (1010 hab.) et le hameau de Laubenheim, qui dépend de ce village. On croise la Magel à Laubenheim ; puis, au hameau de Meyerhoffy on rejoint le chemin forestier remontant aux (2 kil. 1/2 à peu près) ruines du Girbaden (R. 83).

[Corresp. à Mutzig pour (25 kil.) Rothau,par (11 kil.) Urmatt, (14 kil.) Lutzelhausen, ( 16 kil. ) Wisches et (22 kil.) Schirmeck (R. 70, B, en sens inverse).]

De Mutzig à Saint-Dié, par Schirmeck, R. 70, B; — à Raon-l*Étape, R. 72.

PAR MOLSHEIM

38 kil. — Chemin de fer. — Trajet en 2 h. — lM cl. 2 fr. 50 c; 2e cl. 2 fr.; 3« cl. i fr. 30 c.

N. B. — Cette route offre quelques uns des buts d'excursions les plus intéressants et les plus dignes d'être recommandés.

Nous citerons , entre autres : les ruines du Girbaden, le couvent de Sainte-Odile, les châteaux de Landsperg et d'Andlau , l'église d'Andlau, le Howald, le Champdu-Feu, etc.

21 kil. Molsheim (R. 81).

L'embranchement de Barr, formant le prolongement du tronc commun de Strasbourg à Molsheim, décrit une courbe pour prendre la direction du S.

et passer au pied des Vosges, dont on commence à apercevoir, sur la dr., les hauts sommets, surtout aux abords de Rosheim, d'Obernai et de Barr.

Cette vue, toutefois, est assez fréquemment interceptée par des collines couvertes de vignes, qu'on longe de près, et par quelques tranchées. A g.

s'étend l'immense plaine de l'Alsace.

[ROUTE 83] DORLISHEIM.

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