ROSHEIM
Pu même côté, on découvre, à 2 kil.
de distance, le clocher d'Altorf.
23 kil. Dorlisheim, c. de 1926 hab., à dr., sur la route de terre de Strasbourg à Schirmeck, que la voie ferrée croise à niveau en quittant la station. Ce village possède une brasserie, une teinturerie, une huilerie et plusieurs tuileries; mais la culture de la vigne constitue la principale industrie des habitants. Après avoir d'abord appartenu aux abbés de Murbach, Dorlishcim fit partie du domaine des évêques de Strasbourg; il passa ensuite dans différentes familles et fut racheté au ive s. par la ville de Strasbourg. Les nombreux démêlés qui s'élevèrent entre les Strasbourgeois et leurs évêques attirèrent fréquemment sur ce village les désastres des guerres locales, notamment en 1261, 1421 et 1592.
Véglise paroissiale, construite en partie sur les fondements d'un édifice antérieur dont elle a conservé divers bas-reliefs, présente des parties intéressantes.—Dans les bâtiments d'une ancienne commanderie de Saint-Jean, on remarque un portail, récemment restauré, et une statue de saint Jean attribuée à Jacques Erwin. — Dans la rue principale (à g. en venant de Strasbourg) existe un puits très-intéressant, de la fin du xvie s. — Sur le territoire de la commune ont été découverts une urne antique, des médailles, des tumuli et les traces d'une voie romaine.
Le chemin de fer traverse deux tranchées profondes et décrit une large courbe ayant son sommet à
26 kil. Rosheim (hôt. : de la Couronne, du Cerf, de l'Arbre- Vert), ch.-l. de c, V. de 3948 hab., dans une charmante situation (190 mèt.
d'altit.), à la limite d'un amphithéâtre de collines que domine à l'O.
la montagne dont les ruines du Girbaden couronnent le sommet.
Rosheim, incendiée en 1132, assiégée vers 1213, fut de nouveau livrée aux flammes en 1385 par les divers
prétendants à sa possession. Les Armagnacs la pillèrent au xve s.; enfin, au xvii* s., à peine remise de ses ruines, elle fut encore une fois livrée au feu et dévastée au commencement de la guerre de Trente ans. Une partic des habitants fut passée au fil de Tépée, ainsi que le rappelle une inscription en langue allemande gravée sur une pierre déposée à l'hôtel de ville. Rosheim ne jouit de quelque repos que depuis l'annexion de l'Alsace à la France.
Rosheim était entourée, au moyen âge, de fortifications dont il reste des parties assez étendues. On pénétrait dans cette ville par quatre portes formées de tours carrées. Deux de ces portes subsistent encore, bien conservées. On passe sous la principale, décorée, à TE., d une image de la Vierge, quand on remonte la Grande»
Rue, en venant de la gare.
L'église Saint-Pierre-et-Saint- Paul, récemment restaurée, sous la directionde M. Ringeissein, avec beaucoup de soin et de goût, est un monument très-remarquable du style romano-byzantin(xn€ s.) auquel l'ogive naissante commence à se mêler, mais avec une extrême sobriété. Cette église est située sur une petite éminence qui s'élève à dr. de la Grande-Rue.
Elle est surmontée, à l'intersection du chœur et du transsept, d'une tour octogonale. De charmantes sculptures décoratives, parmi lesquelles on remarque principalement le cordon qui forme une ceinture élégante à la naissance des toitures, ornent l'extérieur de l'édifice. L'intérieur, très-simple, mais très-harmonieux, comprend trois nefs, dont deux, la nef principale (cinq travées) et la nef latérale N. , correspondent à des absides semi-circulaires. Le. collatéral S. s'ouvre dans l'étage inférieur d'une construction plus ancienne, qui aurait- fait partie d'une église remontant au vin0 s. et qu'a remplacée l'édifice actuel. Un beau transsept sépare les nefs du chœur.
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On remarque, dans le chœur, des vitraux de couleur dus à M. Petit Gérard de Strasbourg, un beau maitre-autel en pierre , sculpté par M. Muller, et, à la voûte , une peinture de M. Richomme,. représentant le Christ portant le livre de vérité, entre saint Piene et saint Paul. A l'entrée du collatéral S., un bénitier porte la date de 1487. Les peintures purement décoratives de l'église, dues à M. Denecken, manquent de proportion et <le style, dans le pourtour de l'abside. La sacristie, dont la voûte est ornée d'une Assomption , par M. Haflner, faisait partie de l'église du vnie s.
Une légende attribue la construction de l'église de Rosheim à un comte de Salen, dont tous les enfants avaient été successivement dévorés par un loup, et à qui un pieux ermite promit d'autres héritiers, s'il faisait bâtir une église à l'endroit que lui indiquerait un oiseau de la forêt.
Divers groupes sculptés sur le faîte de l'édifice rappellent cette tradition.
A la base méridionale du clocher, on voit, comme à Guebwiller, nne figure accroupie et tenant une bourse.
Cette figure a été placée là, dit-on , eu souvenir de la quête que l'architecte dut faire pour continuer les travaux, l'argentdontildisposaitayantété épuisé avant l'achèvement de l'édifice.
a L'église de Rosheim, dit M. Bœswillwald, est un monument exceptionnel dans l'architecture du xue s.
en Alsace et sur les bords du Rhin.
Elle se distingue tout particulièrement par le style , la variété et l'originalité de ses sculptures, ainsi que parla beauté des profils de ses bases et de ses corniches. Le chapiteaux cubiques des colonnes de la nef, tous variés de composition, n'ont d'analogues dans aucun des monuments de la même époque en Alsace. »
A l'extrémité 0. de Rosheim se trouve, dans la ville haute (Grande- Rue), l'église Sainl-Étienne, bel édifice du XVIIIe s., à l'exception du clo-
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cher, qui paraît appartenir au xnc s.
— Nous signalerons, en outre, dans la rue principale, quelques curieuses enseignes sculptées, datant du xvi* s.
et du commencement du xvne. L'une de ces enseignes représente une scène de vendanges; une autre, un cheval à mi-corps avec cette devise : « Si Dens pro nobis, quis contra nos ? » ; une autre encore, les attributs et les produits de la boulangerie.
Les établissements industriels de Rosheim sont des moulins, une blanchisserie de toiles, des taillanderies, une manufacture de produits chimiques, une fabrique de peignes, etc.
Rosheim possède une source d'eau minérale (11° 20), dont les éléments principaux sont des carbonates de chaux, de magnésie, de lithine, des sulfates de lithine et de magnésie, du chlorure de sodium, etc. Ces eaux, qui ne sont pas actuellement exploitées, sont indiquées contre la goutte et les affections nerveuses.
Excursion aux raines du château de Oirbaden.
(9 à io kil.)
Après avoir dépassé l'église Saint- Étienne, on sort de Rosheim par la porte fortifiée de PO., pour prendre aussitôt, en face de cette porte, un chemin carrossable qui longe un coteau planté de vignes. On gravit une côte dont le point culminant est à 400 met. d'alt., puis on traverse le bois d'Eichwald jusqu'au hameau de (5 kil.) Bildliauerhofîi l'un des centres de la congrégation des Anabaptistes de l'Alsace 1 .
Comme complément des renseignements que nous donnons ailleurs au sujet de ces religionnaires, ne us citerons ce que dit M. Spach de leu-s mœurs patriarcales. • Un anabaptiste se reconnaît facilement. Il porte une longue barbe, un chapeau à larges bords; son habit, sans boutons, d'une coupe roide et bizarre, est agrafé. Les femmes et les filles de
(1) Voir l'ouvrage de M. Alfred Michiels.